Offensive Broussilov

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Offensive Broussilov
Description de cette image, également commentée ci-après

Avance pendant l'offensive Broussilov.

Informations générales
Date 4 juin - 20 septembre 1916
Lieu Volhynie, Ukraine
Issue Victoire russe
Belligérants
Drapeau de l'Empire russe Empire russe Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau de l'Empire russe Alexeï Broussilov
Drapeau de l'Empire russe Leonid Lech (en)
Drapeau de l'Empire russe Vladimir Sakharov
Drapeau de l'Empire russe Dmitri Chtcherbatchiov
Drapeau de l'Empire russe Platon Letchitski
Drapeau de l'Empire russe Andreï Selivanov
Drapeau de l'Empire russe Alexeï Kaledine
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Conrad von Hötzendorf
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Joseph-Ferdinand de Habsbourg-Toscane
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Karl Tersztyánszky von Nádas (de)
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Eduard von Böhm-Ermolli
Drapeau de l'Allemagne Alexander von Linsingen
Drapeau de l'Allemagne Felix von Bothmer
Drapeau de l'Empire ottoman Yakub Chevki Pacha
Forces en présence
40 divisions d'infanterie (573 000 hommes)
15 divisions de cavalerie (60 000 hommes)
39 divisions d'infanterie (437 000 hommes)
10 divisions de cavalerie (30 000 hommes)

Première Guerre mondiale

Batailles

Front d'Europe de l’Est
Stallupönen (08-1914) · Gumbinnen (08-1914) · Tannenberg (08-1914) · Île d'Odensholm (08-1914) · Lemberg (08-1914) · Krasnik (08-1914) · Komarów (08-1914) · Lacs de Mazurie (I) (09-1914) · Przemyśl (09-1914) · Vistule (09-1914) · Łódź (11-1914) · Limanowa (12-1914) · Bolimov (01-1915) · Bataille de Zwinin (02-1915) · Lacs de Mazurie (II) (02-1915) · Gorlice-Tarnów (05-1915) · Novogeorgievsk (08-1915) · Varsovie (08-1915) · Sventiany (09-1915) · Lac Narotch (03-1916) · Offensive Broussilov (06-1916) · Turtucaia/Tutrakan (09-1916) · Offensive Flămânda (09-1916) · Offensive Kerenski (07-1917) · Opération Albion (09-10-1917) · Marasesti (08-1917) · Traité de Brest-Litovsk (03-1918) · Bakhmatch (03-1918)


Front italien


Front d'Europe de l’Ouest


Front du Moyen-Orient


Front africain


Bataille de l'Atlantique

L’offensive Broussilov est le nom d'une opération militaire russe d'envergure conduite par le général Alexeï Broussilov en .

Le , sur le front est de la Première Guerre mondiale, les forces russes conduites par le général Broussilov, commandant en chef du front sud-ouest, lancent une grande offensive contre les armées allemandes et austro-hongroises en Pologne et en Autriche-Hongrie. Cette offensive, initialement prévue le , est avancée pour soulager l'Italie de la pression austro-hongroise, le haut commandement italien ayant demandé l'intervention des Russes.

L'attaque russe était prévue pour coïncider avec l'assaut britannique dans la Somme, sur le front occidental. Les attaques russe et britannique avaient pour objectif de soulager une partie de la pression exercée sur les Français à Verdun.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le commandement germano-austro-hongrois[modifier | modifier le code]

Depuis la fin de l'année 1915, l'imbrication croissante des unités allemandes et austro-hongroises crée les conditions d'un commandement centralisé des Empires centraux à l'échelle de la totalité du front.

Ainsi, la double monarchie fournit la majorité des troupes déployées en Galicie mais ces unités sont placée sous un commandement conjoint[1]. La réalité du commandement est assuré par l'Allemand Alexander von Linsingen, assisté d'un état-major composé d'Allemands et d'Austro-hongrois, ce qui occasionne des tensions, les Allemands reprochant aux officiers de la double monarchie leur amateurisme, tandis que les Austro-Hongrois se plaignent du mépris des Allemands à leur égard[2].

Au début de l'été 1916, le commandement austro-hongrois affirme, par la voix du chef d'état-major Franz Conrad von Hötzendorf, ne pas croire à la possibilité d'une attaque russe, au vu des défaites essuyées par l'armée russe, la rendant inapte à toute action offensive jusqu'au moment de l'offensive austro-allemande, selon ses propres mots[1].

La Russie et l'Entente au début de l'année 1916[modifier | modifier le code]

Après les échecs essuyés par l'Entente en 1915, les Alliés décident, au mois de décembre, lors des conférences de Chantilly, de lancer des offensives conjointes sur l'ensemble des fronts, afin de rendre plus difficile pour les puissances centrales le transfert d'unités d'un front à l'autre[3].

Au mois de , l'offensive russe du lac Narotch contre les Allemands, aux confins de la Lituanie et de la Biélorussie, est un échec[1]. L'armée russe, encore mal remise de la Grande Retraite de 1915 en Pologne, est obligée d'attendre l'été avant d'attaquer[4]. Elle bénéficie cependant d'un effort de réarmement intensif : la production russe d'obus est multipliée par 8 par rapport à 1914, à quoi s'ajoutent les livraisons des pays de l'Entente arrivant par le Transsibérien[5]. Les artilleurs russes, formés et équipés par la France, ont considérablement amélioré leurs performances[6].

Les Italiens comme les Français, confrontés aux attaques majeures des Empires centraux dans le Trentin et à Verdun, demandent à la Russie d'accélérer son offensive afin de soulager leurs fronts menacés[1]. Jusqu'à la fin du printemps 1916, une guerre d'escarmouches se déroule le long du front de l'Est, les deux adversaires ayant fortifié leurs lignes respectives[2].

Préparation[modifier | modifier le code]

Alexeï Broussilov en 1916.

Le plan russe du chef d'état-major général Mikhail Alekseïev prévoyait initialement une offensive principale du Front du Nord-Ouest contre les Allemands dans le secteur de Vilnius. L'offensive du Front du Sud-Ouest contre les Austro-Hongrois devait être une simple diversion[5]. Cependant, dans un contexte marqué par le déploiement des troupes austro-hongroises contre l'Italie, au détriment du front de l'Est[7] et par des relations exécrables entre les généraux allemands et austro-hongrois[2], Alekseïev se laisse convaincre de concentrer face aux unités austro-hongroises quatre armées, confiées à Alexeï Broussilov, le vainqueur de Lemberg, chargé de la direction des opérations[8].

Les forces russes mettent en ligne 132 000 soldats de plus que les troupes austro-hongroises qui leur font face ; cette concentration est cependant illusoire, les Russes ne parvenant à obtenir de supériorité écrasante nulle part ; en outre ils disposent d'un nombre de pièces d'artillerie inférieur à celui mis en ligne par les Austro-Allemands[6].

Le déploiement russe ne passe pas inaperçu des services de renseignements de la double monarchie, informés des intentions russes dès les premiers redéploiements d'unités ennemies contre le front austro-hongrois[9].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Fuyards autrichiens a la frontière roumaine. Le Petit Journal, .

Lancée le contre le front autrichien, long de 300 km et composé d'unités disparates germano-austro-hongroises[1], l'offensive, conçue au départ comme une offensive de dégagement, destinée à soulager le front italien, se transforme rapidement en gigantesque opération de rupture contre le front autrichien[8], menaçant la cohésion de l'ensemble du front germano-austro-hongrois[2].

Première phase de l'offensive : la rupture[modifier | modifier le code]

Broussilov mène ses préparatifs avec un professionnalisme inhabituel dans le haut commandement russe de cette période. Il dispose de près d'un million d'hommes et 2 000 canons ; il prévoit un large usage de l'artillerie mais aussi des gaz de combat, déjà employés par les Allemands contre l'armée russe en 1915. Il recourt largement à la photographie aérienne et, en maintenant l'ensemble de ses unités en activité, il parvient à dissimuler aux Austro-Allemands la direction de l'attaque principale[5]. Il prévoit d'avancer sur un large front de 300 km. Cependant, l'effort de son offensive se concentre sur un front de 150 km, de Tarnopol à Loutsk[10].

Les 3e et 8e armées russes ont pour ordre d'attaquer la IVe armée austro-hongroise par le sud des marais du Pripet. Plus au sud, la 7e armée russe est dirigée contre la VIIe armée austro-hongroise, rapidement mise en déroute[10].

L'opération débute par un bombardement de près de 2 000 pièces d'artillerie russes, cependant limité par les stocks d'obus[6]. Les premiers résultats de la percée russe confirment les espoirs placés dans l'attaque[9], le front de Galicie s'écroulant devant l'avance russe. Rapidement une brèche est obtenue dans le front germano-austro-hongrois[2].

Deuxième phase : l'exploitation[modifier | modifier le code]

Artillerie russe en déplacement, National Geographic Magazine, 1917.
Convoi austro-hongrois à Pidhaïtsi (Galicie), 1915.
Canons capturés par les troupes russes pendant l'offensive Broussilov, 1916.

La rupture du front austro-hongrois obtenue à partir du [2], Broussilov, surpris par l'ampleur de la rupture obtenue, engage ses réserves, afin de lancer ses unités dans la brèche qu'une contre-offensive allemande, lancée dans la région de Kovel avec des unités rappelées du front de l'Ouest, échoue à enrayer[8].

Renforcé par l'apport d'unités allemandes et turques, le front de Galicie est cependant débordé au cours d'une attaque lancée à partir du , menaçant l'ensemble du front austro-hongrois, Conrad tentant à plusieurs reprises de ralentir l'avance russe avec les seules unités austro-hongroises, rameutées d'Italie[9].

Cependant, Broussilov multiplie les attaques vers Kovel, centre de communications et d'approvisionnement de l'armée allemande. Le terrain difficile et l'étroitesse du front l'empêchent d'utiliser sa supériorité en cavalerie et il ne peut empêcher le déploiement des renforts allemands. Il prélève en direction de Kovel une part croissante des réserves en hommes et en matériel, malgré les protestations de son supérieur Mikhail Alekseïev, et compromet ainsi la réussite des autres offensives, notamment celle de la 9e armée russe (de) en Bucovine face aux Austro-Hongrois[5].

Les unités austro-hongroises, renforcées par le XVe corps ottoman, parviennent à s'accrocher sur les contreforts de Carpates, appuyées sur les fortifications mises en place pendant la bataille des Carpates au cours de l'hiver 1914-1915 et par une aviation supérieure, empêchant les reconnaissances aériennes russes[11].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Révisions stratégiques des Empires centraux[modifier | modifier le code]

Les puissances centrales se montrent d'abord désemparées devant le succès de l'offensive russe qui modifie les rapports entre l'Allemagne et son « brillant second ». En effet, elle entraîne tout d'abord un changement dans le commandement militaire des puissances centrales, Erich von Falkenhayn étant remplacé par Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff à la tête du Grand État-Major allemand[12], à la demande expresse du chancelier du Reich, Bethmann-Hollweg, qui a manigancé le départ de Falkenhayn[13].

Dans la double monarchie, la structure du haut-commandement, affolée par l'ampleur des succès russes[14], n'est pas remise en cause ; cependant, l'archiduc Joseph-Ferdinand est relevé de son commandement[a],[14],[9], tandis que le prestige de Conrad est remis en cause auprès de l'empereur[15] : Conrad se maintient à son poste, mais il apparaît fragilisé par les défaites[16]. De plus, les responsables du haut-commandement de la double monarchie envisagent pendant quelques jours de replier vers l'Ouest le haut-commandement établi à Teschen[14]. La demande austro-hongroise de renforts allemands aboutit au renforcement de l'influence allemande sur la double monarchie. La gestion du front de l'Est est ainsi confiée au commandement allemand; de grandes unités austro-hongroises sont ainsi placées de fait sous commandement allemand, le commandant austro-hongrois étant confiné à un rôle décoratif[17],[18].

Empereurs et généraux des Empires centraux. Carte postale de propagande, 1916.

De plus, face à la débâcle austro-hongroise, le chancelier du Reich tente d'évincer davantage encore la double monarchie des affaires de la Pologne occupée[19], l'Allemagne renforçant chaque jour davantage son étreinte sur le royaume[20]. Le Reich allemand, par la voie de son chancelier, tente de relancer sa politique de création d'un État polonais fortement lié à l'Allemagne[21], notamment pour disposer de capacités pour lever des troupes[22], mais cette politique se heurte aux sentiments germanophobes de la population et des responsables polonais[21].

Réussite mal exploitée pour l'Entente[modifier | modifier le code]

Le succès rencontré par la Russie dans cette offensive entraîne des conséquences militaires à l'échelle du continent. Elle entraîne l'arrêt d'une offensive austro-hongroise en Italie, tout en permettant au commandement italien de lancer son offensive sur des unités austro-hongroises[3], affaiblies par de vastes transferts en direction de la Galicie[23] menacée. Cette offensive réussit à percer le front austro-hongrois, mais échoue dans la phase d'exploitation à obtenir la rupture recherchée[3].

Commémoration de l'offensive Broussilov. Timbre-poste russe, 2014.

Sur le front de l'Est, la Bucovine autrichienne est reconquise par les Russes, et les Carpates septentrionales menacées par l'avancée russe[17]. Mais l'armée russe, épuisée par de lourdes pertes, n'est pas en mesure d'exploiter son succès initial. L'entrée de la Roumanie dans la Première Guerre mondiale, le 27 août 1916, est trop tardive et trop mal coordonnée avec les opérations de l'état-major russe pour que celui-ci puisse en tirer profit : au contraire, il doit redéployer ses réserves vers le sud pour éviter l'effondrement de la Roumanie face à l'offensive austro-allemande[5].

Pertes[modifier | modifier le code]

Au cours de cette campagne, Alexeï Broussilov affirme que ses troupes ont fait 378 000 prisonniers allemands et austro-hongrois[11], auxquels s'ajoutent un nombre comparable de tués[15]. De plus, les Russes affirment s'être emparés de 400 pièces d'artillerie, 1 300 canons et avoir conquis (ou reconquis) 38 000 km2 de territoires[11].

Les pertes définitives russes s'élèvent à 550 000 hommes, mais le nombre de soldats mis temporairement ou définitivement hors de combat s'élèvent à plus d'un million[17]. La plupart de ces soldats étaient très fidèles au tsar Nicolas II, mais ceux qui les remplacent se montrent moins enclins à le soutenir. Dès la fin de 1916, la propagande révolutionnaire se répand dans l'armée qui perd de plus en plus sa capacité combative[5]. L'ampleur des pertes russes interdit, en dépit du succès, la poursuite ou la reprise de l'offensive contre les puissances centrales[24].

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Forces des Empires centraux[modifier | modifier le code]

Armée impériale allemande — chef d'État-Major général : Erich von Falkenhayn (jusqu'au 29 août 1916) puis Paul von Hindenburg

Armée impériale et royale austro-hongroise — chef d'État-Major général : Franz Conrad von Hötzendorf

Offensive Broussilov, 1916, carte russe. Granat Encyclopedic Dictionary.

Forces russes[modifier | modifier le code]

Armée impériale russe – chef d'État-Major général : Mikhail Alekseïev

Front Ouest — Alexeï Evert

Front Sud-Ouest – Alexeï Broussilov

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le limogeage d'un archiduc crée un précédent qui peut s'avérer funeste par la suite.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Bled, p. 211.
  2. a, b, c, d, e et f Bled, p. 212.
  3. a, b et c Renouvin, p. 371.
  4. Renouvin, p. 356.
  5. a, b, c, d, e et f MacLasha et Lopez 2016, p. 80-85.
  6. a, b et c Schiavon, p. 132.
  7. Renouvin, p. 363.
  8. a, b et c Renouvin, p. 368.
  9. a, b, c et d Schiavon, p. 133.
  10. a et b Renouvin, p. 358.
  11. a, b et c Renouvin, p. 369.
  12. Renouvin, p. 370.
  13. Fischer, p. 255.
  14. a, b et c Bled, p. 214.
  15. a et b Schiavon, p. 135.
  16. Bled, p. 218.
  17. a, b et c Bled, p. 215.
  18. Bled, p. 217.
  19. Soutou, p. 100.
  20. Lacroix-Riz, p. 32.
  21. a et b Fischer, p. 247.
  22. Fischer, p. 252.
  23. Schiavon, p. 134.
  24. Bled, p. 216.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean-Paul Bled, L'Agonie d'une monarchie : Autriche-Hongrie 1914-1920, Paris, Taillandier, , 464 p. (ISBN 979-10-210-0440-5). 
  • Fritz Fischer (trad. Geneviève Migeon et Henri Thiès), Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918) [« Griff nach der Weltmacht »], Paris, Éditions de Trévise, , 654 p. (notice BnF no FRBNF35255571). 
  • Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide, Paris, Armand Colin, coll. « Références Histoire », , 539 p. (ISBN 2-200-21641-6).
  • Yacha MacLasha et Jean Lopez, « Alexeï Broussilov, des Blancs aux Rouges », Guerres et Histoire, no 39,‎ .
  • Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19), (réimpr. 1939, 1948, 1969 et 1972) (1re éd. 1934), 779 p. (notice BnF no FRBNF33152114). 
  • Max Schiavon, L'Autriche-Hongrie la Première Guerre mondiale : La Fin d'un Empire, Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre », , 298 p. (ISBN 978-2-9163-8559-4). 
  • Georges-Henri Soutou, L'Or et le Sang : Les Buts de guerre économiques de la Première Guerre mondiale, Paris, Fayard, , 963 p. (ISBN 2213022151).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]