Empire ottoman dans la Première Guerre mondiale

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Durant les premiers mois du conflit, l'Empire ottoman reste dans une prudente expectative, malgré les traités qui lient l'empire osmanli au Reich. Rapidement, cependant, la Porte, par ses actes, prend positions en faveur des puissances centrales. Une fois entré dans le conflit, l'empire ottoman est confronté à une offensive alliée visant Constantinople, rapidement circonscrite, et à des actions alliées en Palestine et en Mésopotamie. Le statut du sultan, Calife depuis le XVIe siècle, lui donne également les moyens de tenter de prêcher la guerre sainte contre les Alliés.

L'empire ottoman et la guerre[modifier | modifier le code]

Les buts de guerre ottomans et dans l'Empire ottoman[modifier | modifier le code]

Les buts de guerre ottomans[modifier | modifier le code]

Lors des négociations avec les puissances centrales, les buts de guerre turcs avaient été mis de côté[1]. Mais les projets de réunion de toutes les populations turques dans un seul État, caressés par Enver Pacha, entrent rapidement en opposition avec les projets caucasiens et asiatiques du Reich[2].

Cependant, les Ottomans expriment, en 1915, lors des tentatives de paix avec la Russie, une modification du régime des Détroits, mis en place en 1856 et en 1878[3], et tentent de faire accepter cette solution en 1916 à nouveau. Durant les premiers mois de l'année 1915, avant la conquête de Varsovie, puis en 1916, les diplomates allemands et turcs tentent en effet de négocier un accord avec les Russes pour obtenir la sortie de la Russie du conflit, sans succès[3]. Le régime des détroits n'est pas le seul point de frictions avec la Russie : les frontières avec l'Iran constituent également des pommes de discorde entre la Turquie et l'empire russe : un redécoupage des zones d'influence ottomanes et russes, voire un partage pur et simple de l'Iran font également l'objet de nombreux échanges entre les diplomates des deux empires[4].

Cependant, le 25 décembre 1916, le ministre ottoman des affaires étrangères expose les ambitions ottomanes en cas de victoire des puissances centrales : l'évacuation des territoires occupés par les Alliés depuis 1914, l'annulation des dispositions britanniques prises à l'égard de l'Égypte et de Chypre[1]. Dans le même temps, les responsables ottomans se montrent favorables à des annexions directes sur les côtes de la mer Noire, notamment à Constanza[5]. Rapidement cependant, il apparaît clair aux responsables ottomans que la Porte ne recouvrera pas l'ensemble des territoires ottomans de 1914, et, soutenus par les militaires du Reich, les Ottomans tentent d'obtenir des compensations en Transcaucasie[N 1],[6].

En outre, l'entrée en guerre de la Bulgarie change les perspectives ottomanes en Mer Noire. En effet, le roi Ferdinand a réclamé pour prix de son alliance avec les puissances centrales, une rectification de frontières en Thrace turque[7].

Enfin, en 1918, à la faveur de l'écroulement de la Russie, les négociateurs ottomans obtiennent l'évacuation des territoires ottomans encore occupés par la Russie, tandis que les responsables ottomans émettent des prétention sur de vastes régions du Caucase russe[8].

La réalisation partielle des buts de guerre ottomans[modifier | modifier le code]

Mais c'est la dislocation de la puissance russe dans le Caucase qui aiguise les appétits turcs sur cette région ; en effet, en février 1918, le ministre turc des Affaires étrangères, Nessimy Bey, expose les revendications turques dans le Caucase, mettant ainsi en avant les divergences au sein de l'alliance germano-turque : le port de Batoum et la Transcaucasie pourraient être placés sous influence politique turque, mais devront de tout façon se trouver dans la dépendance économique du Reich[9]. Mais le 11 mai, à Batoum, les négociateurs turcs réclament le retour à la frontières russo-turque de 1828, alors que les responsables du Reich se proposent de mettre en place un État caucasien indépendant placé dans la sphère d'influence politique et économique du Reich. La politique allemande, opposée aux intérêts de son allié, oblige les Turcs à pratiquer la politique du fait accompli, en renforçant leur présence dans le Caucase, et à occuper toujours davantage de territoires, en contravention avec les accords de paix avec la Russie[10]. Cette politique oblige le Reich à rechercher un accord avec le gouvernement ottoman sur le Caucase.

Les buts de guerre dans l'Empire ottoman[modifier | modifier le code]

L'ensemble des puissances européennes engagées dans le conflit sont intéressés à voir l'empire ottoman accélérer sa décadence, certains de ses alliés ayant même des revendications territoriales à présenter sur certains territoires ottomans.

Ainsi, le roi Ferdinand a réclamé pour prix de son alliance avec les puissances centrales, une rectification de frontières en Thrace turque[7]. Le 19 septembre 1918, le gouvernement bulgare revendique, en compensation des avantages obtenus par la Turquie dans le Caucase, des territoires en Thrace turque[11].

Le Reich, principal bailleur de fonds de l'empire ottoman en guerre, réclame, surtout à partir de 1917, des concessions économiques dans l'empire; en effet, dès le mois d'avril, les principaux responsables de la politique commerciale du Reich développent un programme d'expansion politique et économique au sein de l'empire ottoman. Rendue possible par les énormes dettes turques contractées auprès de banques du Reich, le programme de 1917 doit garantir la mise sous tutelle allemande exclusive de l'économie ottomane, prévoyant notamment le contrôle des gisements pétrolifères de Mésopotamie, des concessions minières et des accords sur la navigation sur le Tigre et l'Euphrate accordant au Reich une position privilégiée. Afin de garantir le remboursement des prêts allemands, les responsables politiques et économiques du Reich élaborent le 7 avril 1917 le programme précis des objectifs à atteindre pour le Reich dans l'empire ottoman : contrôle de bassins miniers situés à proximité ou non du Bagdadbahn) par l'octroi de concessions au Reich ou de participations majoritaires dans les sociétés exploitantes. Ce contrôle économique se double d'un contrôle politique, la Turquie devant être liée au Reich par des accords politiques et militaires[12].

Durant l'été 1918, même après le 8 août, la réalisation des buts de guerre allemands, formulés par Ludendorff, doivent aboutir à une mise sous tutelle économique de l'empire ottoman, le Reich, par le biais de ses entreprises, devant contrôler l'ensemble de l'activité économique de l'empire ottoman, à titre de compensation pour ses prêts octroyés pendant le conflit; en effet, dès le 9 août, les diplomates du Reich demandent que le contrôle allemand sur les gisements pétroliers de Mésopotamie soit garantie[13].

De même, la participation ottomane aux côtés des puissances centrales relance les discussions sur le partage des territoires ottomans et de la mise en place de zones d'influence au profit des Alliés. En effet, les projets de partage sont nombreux, mais définitivement fixés dans un mémorandum du 9 mars 1916 : la Syrie littorale, la Cilicie et les vilayets d'Adana et de Mossoul seraient réservés à la France, tandis que la Grande-Bretagne se contenterait de la Mésopotamie; la Russie quant à elle, annexerait l'Arménie et le Kurdistan et obtiendrait le libre passage dans les Détroits. puis, le 19 avril 1917, l'accord de Saint-Jean-de-Maurienne réserve à l'Italie Adalia et la région de Smyrne. Enfin, la Palestine serait internationalisée[3],[14]. Les Russes poursuivent, eux aussi, leurs propres objectifs dans le conflit qui les opposent à l'empire ottoman : en effet, continuateur de la politique d'expansion vers le Sud poursuivie patiemment depuis Pierre le Grand, les Tsars, puis le gouvernement provisoire, affirment souhaiter reconquérir Constantinople et les Détroits[15].

Le soutien allemand[modifier | modifier le code]

Allié du Reich, l'Empire ne participe ni au déclenchement ni au premiers mois du conflit. Cette neutralité ne leurre cependant aucun des participants au conflit[16]. Rapidement, après l'intervention ottomane dans le conflit, le Reich soutient activement son allié, par des voies détournées jusqu'à l'automne 1915, puis directement après la conquête de la Serbie.

Une fausse neutralité[modifier | modifier le code]

Le déclenchement de la guerre en août 1914 prend les dirigeants ottomans de court. En effet, la Turquie ottomane n'est pas prête à participer immédiatement au conflit : ses troupes sont dispersées dans l'ensemble de l'empire et sa capitale, Constantinople, n'est pas à l'abri d'un coup de main allié[16].

Mais une note marginale de Guillaume II sur une demande du chef de la mission allemande à Constantinople, Otto Liman von Sanders, datée du 29 juillet 1914, ne laisse aucun doute sur les intentions ottomanes de participation dans le conflit européen qui s'annonce[17]. Ainsi, avec la complicité du Reich, les responsables ottomans mènent une politique équivoque, maintenant des relations avec les Alliés, négociant même avec eux[16]. Enver Pacha, par exemple, initie des pourparlers avec les Alliés, dès le 9 août : il expose les revendications turques dans les Balkans lors de négociations avec l'ambassadeur de Russie : la rétrocession de la Thrace occidentale et des îles de la mer Égée[18].

Parallèlement à ces contacts avec les Alliés, la saisie de deux navires en construction dans les arsenaux britanniques le 28 juillet achève de pousser la Porte dans le camp allemand[19].

De plus, le 10 août 1914, deux croiseurs allemands se présentent devant les défenses de Constantinople et reçoivent l'autorisation de s'avancer jusqu'à la capitale, en violation de l'accord de 1841 sur le régime des Détroits[19]. Ainsi, l'accueil, dans la zone des détroits de deux croiseurs de bataille allemands[N 2], incite le gouvernement à prendre clairement parti, en faveur du Reich : l'amiral Wilhelm Souchon, commandant l'escadre formée par les deux croiseurs en nommé commandant de la flotte de guerre ottomane, tandis qu'un autre marin allemand, l'amiral Guido von Usedom, prend la responsabilité des défenses côtières de Constantinople[20]. De plus, dans les semaines qui suivent, Ottomans et alliés se livrent à une surenchère de mesures aboutissant à la mise en place d'un blocus de fait des Détroits[19].

De plus, l'intervention ottomane dans le conflit ne pouvait pas générer d'avantages immédiats pour les puissances centrales mais gêner les Alliés à moyen terme : la fermeture des Détroits à la navigation pour les Alliés est de nature à gêner la Russie, qui perdrait ainsi la possibilité de commercer facilement avec ses alliés[18], ou encore la possibilité de lancer des opérations directes contre l’Égypte, alors protectorat britannique, puis contre l'Inde britannique[21].

En outre, l'intervention ottomane dans la guerre contre les Alliés divise le gouvernement ottoman : l'homme fort du régime, Enver Pacha, souhaite une intervention rapide aux côtés des puissances centrales, tandis que d'autres responsables ottomans, comme Izzet Pacha[22], souhaitent continuer à temporiser, alors que le Grand vizir, Saïd Halim Pacha, se montre indécis[18].

La Porte et le Reich[modifier | modifier le code]

Dès la fin du XIXe siècle, les deux empires mènent une politique de rapprochement politique et économique de grande ampleur. En effet, fortement influencé par les géopoliticiens de la période et souhaitant limiter les effets d'un blocus du canal de Suez, Guillaume II envisage la construction et la mise en service d'une ligne ferroviaire directe entre le Reich et le Golfe persique, via Constantinople, Bagdad et Bassorah[23].

Parallèlement à cette politique en direction du folfe persique, le sultan souhaite la construction d'une ligne de chemin de fer dans le Hedjaz, mais la politique britannique, l'obligeant à renoncer à ce projet, pousse davantage encore, à partir de 1906, la Porte dans les bras du Reich[24].

À la fin de l'été 1914, les échecs rencontrés par les puissances centrales, sur la Marne, en Galicie et en Serbie remettent en cause, aux yeux des décideurs ottomans, l'entrée en guerre de leur pays aux côtés des puissances centrales. le 17 septembre, puis le 11 octobre, l'ambassadeur du Reich à Constantinople expose les demandes du Reich, et promet un soutien financier allemand à l'empire ottoman[18].

Dans le même temps, les moyens militaires de la Turquie sont renforcés, par l'achat de croiseurs allemands[25], par des travaux de fortifications dans les Détroits, réalisés sous la supervision d'ingénieurs militaires du Reich[26],[27]; dans le même temps, les détroits du Bosphore et des Dardanelles sont mis en défense, interdisant ainsi l'accès de la Mer de Marmara aux navires alliés[20]. Cet accès est non seulement miné[N 3],[20], mais aussi défendu par une puissante artillerie côtière, d'une centaine de pièces lourdes auxquelles s'ajoutent des tubes lances-torpilles installés sur les rivages asiatiques et européens; cette débauche de moyens permet aux stratèges allemands et turcs de déployer, pour servir ces pièces et assurer la défense de ce secteur stratégique, peu de troupes d'infanterie au début de l'année 1915[28].

Ce soutien allemand, facilité à partir de 1915, permettant une communication directe entre le Reich et l'empire ottoman, se matérialise par l'envoi de fournitures à l'armée ottomane, totalement dépendante de l'industrie de guerre du Reich, de matériel ferroviaire et des fournitures en charbon (les besoins ottomans, civils et militaires, sont de 8 000 tonnes par mois) [29]. Ainsi, en 1916, à la suite du rétablissement de la liaison ferroviaire directe entre le Reich et les territoires ottomans, le Reich expédie aux Ottomans 180 000 tonnes de lignite et 130 000 tonnes de charbon ainsi des armes et du matériel ferroviaire, que les Ottomans paient en envoyant dans le Reich des denrées alimentaires et des matières premières[30].

Le soutien du Reich se matérialise également sur le plan financier : en 1917, le gouvernement a emprunté auprès du Reich 3 milliards de Marks, indispensables à son effort de guerre. Cette dépendance financière donne aux responsables du Reich un moyen de pression sur les responsables ottomans, moyen de pression utile pour faciliter la réalisation des buts de guerre du Reich dans l'empire ottoman[31].

L'intervention dans le conflit[modifier | modifier le code]

Les défaites allemandes de l'été 1914, et le changement de nature du conflit, qui se transforme rapidement en guerre d'usure, incitent le Reich, auquel la Porte est liée par un traité secret, signé le 2 août 1914[16], à demander à son allié une intervention rapide dans le conflit[18].

De plus, à la faveur du régime mis en place dans l'empire ottoman à la suite du coup d'État de 1913[N 4], un triumvirat dirige l'empire ottoman avec le soutien de l'armée. L'entrée en guerre est décidée par les trois Pacha, sans consultation ni du sultan, ni du premier ministre en titre[32].

La déclaration de guerre[modifier | modifier le code]

À la fin du mois d'octobre, deux croiseurs turcs[N 5],[25], tranchent le « nœud gordien »[27] de l'intervention turque en partant bombarder les installations russes d'Odessa, Sébastopol et Novorossisk[18], coulant une canonnière russe et un paquebot français[33], déclenchant ainsi une nouvelle guerre russo-turque[18].

Le sultan ottoman, portant également le titre de Calife, écarté de la prise de décision[34], doit approuver des proclamations appelant à la guerre sainte contre les Alliés.

L'Empire ottoman et la propagande de guerre de la Triplice[modifier | modifier le code]

Article détaillé : panislamisme.

Dans les dernières années du XIXe siècle, le Reich s'était déjà posé en protecteur des musulmans : Ainsi, en 1898, lors de son voyage à Damas, Guillaume II s'était déjà posé en protecteur des Musulmans[35]. L'empereur allemand relance cette propagande dès le 29 juillet 1914, et propose un programme d'action utilisant le sentiment panislamique contre les Alliés[17].

Ainsi, le traité d'alliance du 2 août 1914 prévoit que le Sultan ottoman, de par son statut de Calife, proclame la guerre sainte contre les Alliés[21]. Parmi les premières opérations permises par cet appel au Jihad, un projet de conquête de l'Égypte doit être mené conjointement par des troupes germano-austro-hongroises et turques, soutenues par une intense propagande en faveur du Jihad[36].

Dès les premiers jours de l'intervention ottomane, les Turcs tentent également de renouer des contacts avec des représentants des populations nord-africaines. Ainsi, appuyés par les Ottomans, les Allemands tentent de soulever Arabes et Berbères contre la domination française[37]. Cependant, ces plans grandioses échouent face à la faiblesse des moyens qui leur sont alloués[38].

Parallèlement à ces projets en Afrique du Nord, les puissances centrales souhaitent l'extension du Jihad à l'intérieur des empires coloniaux, français et anglais, et de l'empire russe[39]. pour menacer directement les Indes britanniques, des expéditions mixtes turques et allemandes sont envoyées en Perse[40]. Répondant favorablement aux demandes allemandes, le Sultan proclame le Jihad le 14 novembre 1914[41].

Parallèlement à cette propagande panislamique, les Ottomans utilisent le sentiment loyaliste des Albanais musulmans envers la Porte pour entretenir des foyers d'agitation en Albanie[N 6], dans un premier temps depuis les Pouilles, puis depuis l'île de Corfou[42].

Le sultan ottoman est encouragé dans cette politique par les représentants austro-hongrois[43] et par les diplomates allemands en poste à Constantinople, à la fois l'ambassadeur, mais aussi les principaux responsables de la politique étrangère du Reich[44].

La Porte en Guerre[modifier | modifier le code]

Les Ottomans dans la guerre[modifier | modifier le code]

L'armée ottomane[modifier | modifier le code]

Considérablement renforcée par les réformes mises en place sous la houlette de la mission militaire allemande, l'armée ottomane absorbe à elle seule 6 millions de livres turques, soit la majeure partie du budget de l'empire[45].

Principal acteur du conflit, l'armée doit cependant compter avec les centres de pouvoir mis en place à la suite du coup d'État de 1913 : les comités Union et Progrès, vite marginalisés, et l'Organisation Spéciale, Techkilat-ı Mahsusa, dont les membres s'immiscent dans la gestion des affaires militaires et civiles de l'empire, à la grande colère des militaires[45].

De plus, les unités qui la composent, mal nourries, ne peuvent rivaliser avec les unités alliées qui l'attaquent sur l'ensemble des frontières de l'empire, tandis que l'armée ottomane ne peut espérer durablement faire face aux Alliés au cours de l'année 1918[34]. Ainsi,du fait des carences alimentaires des unités ottomanes, ainsi que de la pénurie de médicaments, les pertes ottomanes sur le champ de bataille ne représentent qu'une faible proportion des pertes militaires[46]

De plus, les stratèges des puissances centrales permettent le déploiement de plus de 120 000 soldats ottomans en Europe, contre les Alliés déployés en Grèce[30].

Vie politique[modifier | modifier le code]

Dans le contexte de la prise du pouvoir par le comité Union et Progrès, l'empire ottoman vit sous une chape de plomb. En effet, le comité Union et progrès contrôle dans un premier temps toute la vie politique de l'empire, tandis qu'il est rapidement évincé par l'organisation spéciale, bicéphale, placée sous la dépendance de Talat pacha et d'Enver Pacha[47].

Blocus et étranglement de l'économie ottomane[modifier | modifier le code]

Dès les premiers jours du conflit, les Alliés mettent en place un sévère blocus des côtes ottomanes, les Français sur les côtes de la Syrie et du Liban, les Britanniques en Mer Rouge[48]. Du fait de l'absence de moyens efficaces pour forcer durablement le blocus imposé par les Alliés, celui-ci se fait au plus près des côtes, ce qui non seulement remet en cause la structure de l'économie ottomane, mais permet aussi l'infiltration d'armes et de matériel à destination de groupes clients de la France et de la Grande-Bretagne[49].

Ce blocus remet en cause les échanges au sein des provinces ottomanes; en effet, il empêche les activités de cabotage entre les ports ottomans, provoquant l'engorgement des voies ferrées, tandis que le commerce en Mer Noire à destination de Constantinople est placé sous le feu de la marine de guerre russe, prinvant la capitale ottomane de charbon anatolien[19].

Les civils dans le conflit[modifier | modifier le code]

La guerre est diversement vécue par les populations ottomanes.

Cependant, le blocus mis en place par les Alliés créent les conditions d'une sévère famine parmi les populations de l'empire, dans les principales villes de l'empire, Istanboul, Smyrne, ou dans les villes du Liban[50]; cette famine se fait cruellement sentir durant la seconde moitié du conflit, à partir de 1916[46]. Ainsi en 1917, la situation est si dramatique que le gouverneur ottoman siègeant à Beyrouth supplie le patriarche maronite d'intervenir auprès du Pape afin de faciliter le ravitaillement, sans succès[51]. Au terme du conflit, les experts militaires alliés estiment que cette famine a coûté la vie à près d'un million de civils, pour moitié musulmans, pour moitié non musulmans[46].

En outre, le blocus incite les autorités à amplifier les vexations à l'encontre des populations civiles, poussant les populations non turques à se révolter contre l'administration ottomane[48]. La révolte arabe, par exemple, se déclenche à partir du déclenchement des réquisitions de chameaux au profit des troupes turques[52].

Génocide des Chrétiens d'Orient[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Génocide arménien.

Dès la mise en place du régime des trois Pachas, au début de l'année 1913, une politique turque nationaliste est mise en place. Le déclenchement du conflit pousse ses initiateurs à l'amplifier.

Ainsi, dès la déclaration de guerre, les Grecs d'Asie Mineure subissent des déportations de grande ampleur, puis, au printemps 1915, les Arméniens sont déportés et massacrés par l'armée ottomane[45], tandis que les populations chrétiennes du Levant ottoman subissent des vexations de la part des autorités ottomanes[50]. De plus, ces populations se trouvent suspectées par les autorités de souhaiter s'émanciper des Turcs[48].

Les fronts ottomans[modifier | modifier le code]

Rapidement, les Ottomans s'engagent dans le conflit, devant rapidement affronter une offensive navale alliée dans les détroits. De plus, le ravitaillement ottoman est handicapé par la discontinuité territoriale entre le Reich et la double monarchie d'une part, et l'empire ottoman de l'autre. Ainsi, aux yeux des planificateurs militaires des puissances centrales, la mise en place d'une continuité territoriale entre le Reich et son allié ottoman s'affirme comme une préoccupation importante dès l'entrée en guerre de la Turquie[7].

Dispersion des troupes[modifier | modifier le code]

L'intervention ottomane ouvre de nouveaux fronts et crée de nouveaux impératifs aussi bien pour les Alliés que pour les Puissances centrales. Ainsi, ce nouvel allié doit recevoir des troupes, du matériel et des vivres des puissances centrales[7], mais il en est séparé par la Serbie, et par la Bulgarie, encore neutre à la fin de l'année 1914. De plus, les opérations alliés en direction de l'Empire ottoman sont également pensées en fonction des richesses minérales ottomanes, donc du front de Mésopotamie, la région étant riche en pétrole[53].

Les Alliés sont les premiers à réagir, la Russie se trouvant obligée de distraire une partie de ses troupes du front européen et de mettre en place un front dans le Caucase, face à la frontière turque[54].

De plus, l'extrême étirement des front facilite la prise de contrôle par les Alliés d'enclaves ou îlots le long des côtes ottomanes, tandis que certaines périphéries, nominalement dépendantes de l'empire ottoman, sont ravitaillées dans des conditions précaires jusqu'à la fin du conflit[48].

Le Caucase[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne du Caucase.

La campagne du Caucase commence très mal pour les Ottomans. Leur première offensive contre les Russes aboutit à un désastre à la bataille de Sarıkamış (décembre 1914-janvier 1915) ; l'armée russe pénètre en Arménie ottomane. La bataille de Kara Killisse, en juillet 1915, est un succès tactique pour les Russes qui ne sont cependant pas en mesure de l'exploiter. En janvier-février 1916, la bataille d'Erzurum tourne à l'avantage des Russes.

Au mois de mars, puis en mai 1918, l'effondrement de l'armée russe et l'éclatement de la vice-royauté du Caucase en républiques indépendantes permettent aux troupes turques d'avancer dans le Caucase, ne rencontrant aucune résistance et se saisissant de nombreux territoires caucasiens convoités par les responsables ottomans. Cette expansion territoriale inquiète les dirigeants de l'Empire allemand, fortement intéressés par les richesses minières et pétrolières de la région[55]. En juin 1918, l'expédition allemande dans le Caucase permet aux Allemands d'occuper la Géorgie et de s'assurer, jusqu'à la fin de la guerre, l'accès à l'oléoduc de Bakou à Batoumi.

Les Dardanelles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : bataille des Dardanelles.

Ainsi, dès le début de l'année 1915, les planificateurs britanniques, influencés par Winston Churchill, alors premier Lord de l'amirauté, pensent à une attaque directe sur la capitale ottomane, tandis que les experts militaires aussi bien britanniques que français, notamment Pierre Loti, pointent la faiblesse de ces projets[56]. l'attaque est basée sur le principe d'un débarquement à l'entrée des détroits et sur une progression de l'infanterie soutenue par les navires de guerre alliés, utilisés en appui-feu[57]. selon les concepteurs alliés de cette attaque, l'apparition de ces navires alliés à Constantinople devrait permettre l'écroulement du régime des jeunes Turcs[56].

L'attaque, lancée le 19 février 1915 par une escadre franco-anglaise considérablement renforcée, bute rapidement sur des défense ottomanes pugnaces et réorganisées sous la direction des experts militaires allemands[28] qui connaissent parfaitement le terrain[58] ; à la suite de cet échec, les alliés préparent un corps expéditionnaire afin de faciliter la prise de contrôle des forts ottomans, situés de part et d'autre du détroit[59].

Le Levant et la péninsule arabique[modifier | modifier le code]

Dans le même temps, une offensive germano-turque contre le canal de Suez est rapidement montée mais échoue, faute des soutiens espérés dans la population égyptienne[N 7],[36], l'attaque se révèle un échec[36], notamment en raison du positionnement de navires de guerre alliés dans le canal[41].

Cet échec se double de la prise de contrôle par les Alliés d'îles le long des côtes du Levant turc, notamment au Liban[N 8],[60].

Des opérations mineures se déroulent en Arabie du Sud où les Britanniques tiennent déjà le protectorat d'Aden.

À partir de juillet 1916, la révolte arabe du Hedjaz, dirigée par le chérif Hussein, compromet la domination ottomane dans la péninsule arabique.

Au début de l'année 1917, les Ottomans n'entretiennent en Palestine qu'une force de 18 000 soldats mal ravitaillés par des chemins de fer déficients et harcelés par les Bédouins; ainsi, durant l'automne 1917, les Britanniques conquièrent rapidement la Palestine : Gaza est prise le 7 novembre 1917, Jaffa le 16 et Jérusalem le 9 décembre[61].

À la suite de ces succès, le front se stabilise jusqu'à l'automne suivant : le 19, le général britannique Allenby lance une offensive achevant la défaite ottomane dans la région; les 35 000soldats allemands et ottomans se révèlent impuissants face aux 150 000 soldats alliés qui défoncent le front et se lancent dans une vaste guerre de mouvement que les troupes rameutées en urgence sont incapables de contrer efficacement : le 1er octobre 1918, alors que la Bulgarie a déjà entériné sa défaite et son retrait du conflit, Damas est occupée par les Britanniques[61].

La Mésopotamie[modifier | modifier le code]

Dès les premiers jours de l'intervention ottomane, un front s'ouvre de fait en Mésopotamie, les Britanniques contrôlant Koweit et sa région. En effet, dès le 5 novembre 1914, un débarquement britannique a lieu dans le fond du golfe persique, afin de sécuriser les intérêts pétroliers des firmes pétrolières britanniques dans la région[41].

Dès la fin de 1914, les unités débarquées dans la région de Koweit commencent à mener des offensives en direction de Bagdad[41]. Cependant, en 1915 et au début de l'année 1916, les Britanniques subissent de lourds échecs dans la région[62].

En 1917, le front s'ébranle à nouveau, les Britanniques s'assurant le contrôle de Bagdad, conquise en mars[63].

Jusqu'aux derniers jours du conflits, des divisions ottomanes se battent en Mésopotamie[22].

L'écroulement[modifier | modifier le code]

À l'automne 1918, les Alliés ont certes remporté de grandes victoires sur les troupes germano-turques en Palestine et en Mésopotamie, mais elles ne sont pas encore en mesure de menacer directement les bases de la puissance ottomane[22].

Lié au front de Salonique, le maintien de la Turquie dans le conflit est conditionné par la résistance bulgare, le territoire bulgare formant un tampon entre les Alliés retranchés en Macédoine et Constantinople. Les demandes d'armistice bulgares du 26 septembre 1918 créent les conditions d'une menace alliée directe sur la capitale ottomane[64]. Dès le 2 octobre, soit quelques jours après l'armistice de Thessalonique, le préfet de Smyrne se rapproche du commandant de l'escadre anglais à Moudros, prélude à des contacts plus approfondis[65].

De plus, l'armistice bulgare remet définitivement en question le soutien direct du Reich aux Ottomans, autre condition essentielle du maintien de la porte dans le conflit; en effet, la liaison ferroviaire directe entre le Reich et la Porte est à nouveau rompue par le retrait bulgare, les unités allemandes engagées au Levant et en Mésopotamie se retrouvent isolées de leurs bases européennes, privées de ravitaillement[61].

En effet, incapables de faire face à une menace directe sur Constantinople, les responsables ottomans se rejettent la responsabilité de la situation les uns sur les autres, Enver Pacha faisant office de bouc émissaire. Le 14 octobre, un nouveau gouvernement est constitué, sous la direction de Izzet Pacha, et demande l'armistice[22].

La sortie du conflit[modifier | modifier le code]

L'Armistice de Moudros[modifier | modifier le code]

Ainsi, le gouvernement constitué le 14 octobre tente plusieurs démarches en vue de prendre contact avec les Alliés. Il tente de se rapprocher de Louis Franchet d'Espérey, commandant du front d'Orient, des représentants alliés à Berne, puis tente une démarche par l'intermédiaire du général Charles Townshend, général britannique, prisonnier depuis 1916[66], ce dernier étant accompagné d'un émissaire ottoman[65].

Négociée par les Britanniques au nom des alliés[N 9],[65], les ottomans ne voulant négocier qu'avec les Britanniques (ce qui soulève de nombreuses objections françaises)[67], la convention est signée le 30 octobre par le ministre de la marine du gouvernement ottoman, R'ouf Bey[65] et doit prendre effet le lendemain à midi[67].

Les Britanniques ont négocié des conditions d'armistice assez vagues, précisées uniquement dans les domaines qui les intéressent en premier lieu, tout en laissant en suspens les conditions à établir lors du traité de paix; les Français sont ainsi écartés dans l'empire, en dépit d'actions de prestige, essentiellement un parade militaire dans les rues de la ville et la réouverture solennelle de l'ambassade de France, organisées par Louis Franchet d'Espérey, commandant français du front de Salonique, à Istanbul[68].

Ainsi, l'armée ottomane doit être démobilisée, les détachements occupant encore des positions en Syrie, en Mésopotamie et en Tripolitaine doivent se rendre aux Alliés, divers points stratégiques doivent être occupés par les Alliés, dans les faits les Britanniques : Les Dardanelles, le Bosphore, les tunnels du Taurus, Batoum et Bakou; dans le même temps, la Turquie doit rompre les relations diplomatiques avec les puissances centrales[69].

Les Traités de paix[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Rapidement, les demandes ottomanes rentrent en opposition avec les objectifs du Reich dans la région.
  2. Ces croiseurs avaient échappé à la flotte de guerre française en se réfugiant dans les eaux ottomanes.
  3. Cette mise en défense par champs de mines contrevient aux dispositions des accords de Paris de 1856.
  4. Le 25 janvier 1913, Enver Pacha, Talat Pacha et Cemal Pacha prennent le pouvoir à la faveur d'un coup d'État.
  5. Ces croiseurs, en réalité allemands, sont stationnés en Méditerranée, vendus à l'empire ottomans encore neutre et servis par des équipages allemands
  6. La principauté est alors occupée par des troupes serbes, monténégrines, grecques et italiennes, tandis que les puissances centrales encouragent un fort climat d'insécurité dans le pays.
  7. . Les Germano-turcs tentent de soulever les population égyptiennes contre la présence britannique.
  8. Des îlots ottomans de la mer Égée et du Sud de l'Anatolie sont aussi conquis par les Alliés, localement appuyés par les populations chrétiennes ou arméniennes des régions concernées.
  9. Les conditions de cessation des hostilités ont été définies lors de conférences interalliées tenues entre le 6 et le 8 octobre, mais les Britanniques font rapidement savoir qu'ils s'estimeraient satisfaits si les quatre premières clauses (sur les vingt-cinq que comporte l'accord entre alliés) sont acceptées par le gouvernement ottoman

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Fischer, 1961, p. 553
  3. a, b et c Fischer, 1961, p. 207
  4. Fischer, 1961, p. 242 à 244
  5. Fischer, 1961, p. 326
  6. Soutou, 1989, p. 691
  7. a, b, c et d Renouvin, 1934, p. 316
  8. Soutou, 1989, p. 690
  9. Fischer, 1961, p. 551
  10. Fischer, 1961, p. 543 à 555
  11. Fischer, 1961, p. 560
  12. Fischer, 1961, p. 579
  13. Fischer, 1961, p. 581
  14. Renouvin, 1934, p. 421
  15. Fischer, 1961, p. 387
  16. a, b, c et d Renouvin, 1934, p. 259
  17. a et b Fischer, 1961, p. 131
  18. a, b, c, d, e, f et g Renouvin, 1934, p. 260
  19. a, b, c et d Motte, 2004, p. 42
  20. a, b et c Schiavon, 2014, p. 25
  21. a et b Fischer, 1961, p. 132
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  25. a et b Renouvin, 1934, p. 261
  26. Schiavon, 2014, p. 26
  27. a et b Renouvin, 1934, p. 262
  28. a et b Schiavon, 2014, p. 43
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  41. a, b, c et d Motte, 2004, p. 44
  42. Jesné, 2014, p. 34
  43. Jesné, 2014, p. 33
  44. Fischer, 1961, p. 134
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  46. a, b et c Motte, 2004, p. 53
  47. Bozarlan, 2014, p. 91
  48. a, b, c et d Motte, 2004, p. 47
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  50. a et b Paolini, 2015, p. 65
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  62. Motte, 2004, p. 45
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  64. Renouvin, 1934, p. 608
  65. a, b, c et d Schiavon, 2014, p. 357
  66. Renouvin, 1934, p. 630
  67. a et b Renouvin, 1934, p. 638
  68. Schiavon, 2014, p. 358
  69. Renouvin, 1934, p. 638 et 639

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]