Bataille de Varsovie (1915)

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La bataille de Varsovie (également connue sous le nom de Grande Retraite) opposa en 1915, les forces de l'Empire russe à celle de l'Empire allemand, dans le cadre de la Première Guerre mondiale.

Elle s'acheva par une défaite de l'armée russe qui dut se retirer de Pologne. Elle marque le point culminant des défaites russes sur le Front de l'Est cette année.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

En mai-juin 1915, les Austro-Allemands lancent une première offensive dans le sud de la Pologne (offensive de Gorlice-Tarnów) et parviennent à chasser les troupes russes de la région. Ces dernières battent alors en retraite vers la Pologne centrale et notamment vers Varsovie. Les Allemands sont aux portes de la capitale polonaise en juillet 1915. L'armée russe, commandée par le grand-duc Nicolas Nikolaïevitch, manque désespérément de matériel et s'appuie sur des fortifications désuètes. Le 2 juillet 1915, Guillaume II convient avec les deux commandants du Front de l'Est, le maréchal Paul von Hindenburg et le quartier-maître général Erich Ludendorff, d'une nouvelle série d'offensives contre l'armée impériale russe.

Déroulement de la bataille[modifier | modifier le code]

Soldats russes tués près de Przasnysz (front du Narew), carte postale allemande, 1915

Le 29 juin, le groupe d'armées austro-allemand commandé par August von Mackensen, qui avait marqué un temps d'arrêt dans le sud de la Pologne après l'offensive de Gorlice-Tarnów, reprend son avance à l'est de la Vistule. L'offensive du Boug (de) permet de repousser les Russes vers le Boug.

Les 13 et 14 juillet, le groupe d'armées allemand commandé par Max von Gallwitz, en Prusse-Orientale et dans le nord de la Pologne, passe à l'offensive sur le Narew. L'offensive du Narew (de), au nord-est de Varsovie, tourne à l'avantage des Allemands : en quelques semaines, la 1re armée russe (en) doit se replier en ayant perdu 80% de son effectif.

Début août, l'armée russe abandonne la forteresse d'Ivangorod (aujourd'hui Dęblin). Avec le recul continu russe, la 2e armée russe, qui couvrait Varsovie, est menacée d'encerclement et doit battre en retraite : les Russes font sauter le pont Poniatowski, traversant la Vistule à Powiśle (en), afin de couvrir leurs arrières. La XIIe armée allemande, sous les ordres de Gallwitz, y fait son entrée les 4-5 août. La forteresse de Novogeorgievsk, au nord-ouest de Varsovie, au confluent du Narew et de la Vistule, est encerclée : le siège de Novogeorgievsk s'achève par la capitulation de la garnison le 20 août ; les Allemands y font 90 000 prisonniers.

Le 6 août, la forteresse d'Osowiec, à l'extrémité est de la ligne du Narew, est attaquée par les Allemands qui font usage du gaz moutarde (ypérite) : c'est un des premiers emplois des gaz sur le front de l'Est. Cependant, les survivants russes repoussent l'assaut allemand. La forteresse n'est évacuée que le 25 août.

À partir 20 août, les forces austro-hongroises lancent une offensive sur le flanc sud, reprennent l'est de la Galicie occupé par les Russes un an plus tôt et entrent en territoire russe en Volhynie. La bataille de Rivne (de) (en russe, Rovno) est cependant indécise : les forces russes opposent une résistance plus forte que prévu et la 8e armée russe, commandée par Alexeï Broussilov, contre-attaque entre le 13 et le 24 septembre entre Rivne et Loutsk. Il faut l'intervention d'un corps allemand commandé par Friedrich von Gerok (en) pour rétablir la situation et stabiliser le front sur le Styr entre le 25 et le 28 septembre. Les Austro-Hongrois ont subi de lourdes pertes (230 800 hommes pendant l'ensemble de la campagne) pour un avantage limité.

Dans les secteurs centre et nord du front, les Allemands, après avoir reçu des renforts considérables des VIIIe, Xe et XIIe armées, prennent Brest-Litovsk le 25 août. Le 19 septembre, les forces de Hindenburg s'emparent de Vilnius. L'offensive de Sventiany, qui visait à élargir la percée en Lituanie, est cependant arrêtée par la 2e armée russe entre le 15 septembre et le 2 octobre.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La retraite russe en 1915
L'offensive du Narew : lignes allemandes au 5 juillet 1915 (rouge), lignes russes au 5 juillet (bleu) et au 22 juillet (vert)

À la suite de cette bataille désastreuse, le tsar Nicolas II limoge le grand-duc Nicolas Nikolaïevitch et prend le commandement direct des armées, persuadé de faire son devoir envers l'Empire russe.

La retraite de l’armée russe contraint à la fuite 54 % de la population de la Courlande, 46 % de celle de la ville de Vilnius, 26 % de celle de toute la Lituanie. Dans l’intérieur de la Russie, en mai 1916, on compte environ 4 millions de réfugiés, soit 5 % de la population totale. Au début de l’année 1917, ils sont 6 millions[1].

Les Russes se replient sur une ligne Riga-Pinsk-Tchernivtsi. Ils tenteront de reprendre l'initiative en mars 1916 avec l'offensive du lac Narotch et surtout en juin 1916 avec l'offensive Broussilov.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Douglas Wilson Johnson, « The Great Russian Retreat », Geographical Review, American Geographical Society, vol. 1, no 2,‎ , p. 85–109 (DOI 10.2307/207761, JSTOR 207761)