Guerre du Bani-Volta

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Guerre du Bani-Volta
Informations générales
Date - septembre 1916
Lieu Haute-Volta
Issue Victoire des troupes de l'Afrique-Occidentale française
Belligérants
Peuples Marka, Bwa, Samo, Minianka, Bobo, Dakkakari, Nuna, Fulbe, Toussian, Sambla, Winiamas Afrique-Occidentale française Afrique-Occidentale française
Commandants
Dasa François Joseph Clozel, Henri Maubert
Forces en présence
environ 160 000[1] environ 5 000
Pertes
environ 30 000[2]

La guerre du Bani-Volta ou Bona Kele, est une guerre coloniale qui s'est tenue entre 1915 et 1916, dans la région du Bani-Volta en Haute-Volta entre des insurgés et les troupes coloniales françaises.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Elle commença le 17 novembre 1915[1]quand les habitants d'une douzaine de villages se rassemblèrent dans le village de Bona, situé sur les boucles de la Volta, à une cinquante de kilomètres au sud de Dédougou pour prendre les armes contre le pouvoir colonial. Les raisons du mécontentement venaient du recrutement militaire forcé de soldats[3]. Ces régions étaient en effet soumis à un recrutement important de troupes coloniales pour servir sur le front de la Première Guerre mondiale.

En décembre 1915, ces troupes, qui n'étaient armées que d'arcs, de fusils à pierre, et d’un petit nombre de fusils à répétition périmés[3], repoussèrent une colonne militaire de troupes coloniales issues de l’Afrique-Occidentale française, composées de 200 auxiliaires et 24 tirailleurs[1]. Ils repoussèrent ensuite une colonne composée de 800 hommes[1].

La guerre engloba rapidement un nombre important d'ethnies (Marka, Bwa, Samo, Minianka, Bobo, Dakkakari, Nuna, Fulbe, Toussian, Sambla, Winiamas[3]).

Pour faire face à une résistance inattendue, le commandant supérieur des troupes de l’Afrique-Occidentale française, le général Pineau, confia au colonel Molard une mission pour détruire ces résistances[1]. En février 1916, fut lancée une nouvelle colonne militaire, qui organisa une campagne de destruction systématique, avec 750 hommes et deux sections de mitrailleurs. Deux autres colonnes furent lancées en avril 1916[3], quand la révolte était à son apogée, couvrant une surface grande comme plusieurs départements français[1]. Les dernières oppositions armées furent détruites en septembre 1916. 110 villages furent détruits par les troupes coloniales[4].

Les autorités coloniales furent surprises par le caractère supra-tribale de cette guerre[3], et le caractère total de la guerre menée par les troupes anticoloniales[1]. Pour certains auteurs, il s'agit d'une des plus grandes guerres anti-coloniales menées en Afrique[2].

Mention[modifier | modifier le code]

  • La Guerre du Bani-Volta est le sujet du premier roman burkinabè, Crépuscule des temps anciens de Nazi Boni.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Les Africains et la Grande Guerre : L'Appel à l'Afrique (1914-1918), Marc Michel
  2. a et b West African Challenge to Empire - Culture and History in the Volta-Bani Anticolonial War, Mahir Şaul et Patrick Royer, 2002
  3. a, b, c, d et e La guerre coloniale du Bani-Volta, 1915-1916 (Burkina-Faso, Mali), Autrepart, 2003
  4. 14-18 Étions-nous bien défendus ?, Jean-Claude Flament, Société des écrivains, 2014