Mobilisation russe de 1914

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L'empereur Nicolas II présentant une icône à la dévotion de ses soldats.
L'armée impériale montre sa force avant guerre lors des parades organisées en présence des ambassadeurs et attachés militaires étrangers.

La mobilisation russe de 1914 désigne, au tout début de la Première Guerre mondiale, la mise sur le pied de guerre de l'armée impériale russe, c'est-à-dire l'augmentation de ses effectifs et sa concentration aux frontières.

Déclenchée le 30 juillet 1914 en réaction à la montée des tensions avec dans un premier temps l'empire d'Autriche-Hongrie et dans un second l'Empire allemand, cette mobilisation comprend d'une part l'habillement, l'équipement et l'armement des réservistes, et d'autre part le transport par voies ferrées de toutes les troupes vers les frontières de l'Empire russe, principalement à l'ouest.

Article principal : Première Guerre mondiale.

Préparation[modifier | modifier le code]

La révolution industrielle transforme radicalement l'art de la guerre, non seulement par l'évolution de l'armement et de l'équipement, mais surtout par la capacité donnée aux États d'entretenir des effectifs militaires considérables en cas de guerre : d'armées composées de quelques centaines de milliers, on passe à des millions d'hommes. Comme il est économiquement et socialement impossible de tous les maintenir sous l'uniforme en permanence, ils sont laissés à la vie civile pendant le temps de paix, l'État les mobilisant en cas de conflit. L'armée impériale russe est donc, dès la fin du XIXe siècle, une armée de conscription, comme celle de toutes les armées des grandes puissances continentales européennes de l'époque (Empire allemand, République française et empire d'Autriche-Hongrie).

Comme l'Empire russe est le pays le plus peuplé d'Europe avec une population totale estimée à 167 millions d'habitants en 1914, l'armée impériale peut donc s'appuyer sur un énorme réservoir de réservistes. La loi de 1912 fixe un service militaire pour tous les hommes de 20 à 43 ans, ce qui représente théoriquement un total de douze millions d'hommes (quinze si on prend aussi les différents exemptés), à raison d'environ 700 000 hommes pour chacune des 24 classes. À partir de 43 ans les hommes appartiennent à la territoriale, subdivisée en deux classes, destinées aux garnisons et à la surveillance des lignes de communication ; la majorité de ces hommes n'ayant pas connu la conscription, seuls deux millions de territoriaux sont concernés par une mobilisation[1].

Districts militaires[modifier | modifier le code]

Le territoire de l'Empire russe est subdivisé en douze districts militaires, chacun correspondant à plusieurs gouvernements civils[2]. Les grandes unités stationnées sur le territoire d'un district sont structurées en plusieurs grandes unités (corps d'armée, divisions et brigades) et sont sous les ordres du général commandant ce district. En cas de mobilisation, les état-majors des différentes armées sont créés à partir de ceux des districts.

Carte des districts militaires à partir de la réforme de 1913.
Organisation territoriale de l'armée russe en 1914
Districts militaires Sièges de districts Grandes unités Subdivisions civiles
District de Pétersbourg Saint-Pétersbourg Garde, 1er, 18e et 22e corps Saint-Pétersbourg, Olonets, Arkhangelsk, Novgorod, Pskov, Estonie et une partie de la Livonie
District de Vilno Vilnius 2e, 3e, 4e et 20e corps Vilno, Grodno, Kovno, Courlande, Vitebsk, Moguilev, Minsk, Suwałki et une partie de la Livonie
District de Varsovie Varsovie 6e, 14e, 15e, 19e et 23e corps Pologne
District de Kiev Kiev 9e, 10e, 11e, 12e et 21e corps Kiev, Podolie, Volhynie, Tchernigov, Poltava, Kharkov et Koursk
District d'Odessa Odessa 7e et 8e corps Bessarabie, Kherson, Iekaterinoslav et Tauride
District de Moscou Moscou Grenadiers, 5e, 13e, 17e et 25e corps Moscou, Smolensk, Tver, Iaroslavl, Kostroma, Vologda, Vladimir, Nijni Novgorod, Kalouga, Toula, Riazan, Orel, Tambov et Voronej
District de Kazan Kazan 16e et 24e corps Kazan, Viatka, Perm, Oufa, Simbirsk, Samara, Penza, Saratov et Astrakhan
District du Caucase Tiflis 1er, 2e et 3e corps caucasiens Stavropol et Transcaucasie
District du Turkestan Tachkent 1er et 2e corps du Turkestan Syr-Daria, Samarcande et Ferghana
District d'Omsk Omsk 11e division de fusiliers sibériens Tobolsk, Tomsk, Akmolinsk, Semipalatinsk et Semiretchie
District d'Irkoutsk Irkoutsk 2e et 3e corps sibériens Irkoutsk, Ienisseï et Iakoutsk
District de l'Amour Khabarovsk 1er, 4e et 5e corps sibériens Transbaïkalie, Amour, la côte du Pacifique et Sakhaline

Alliance française[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Alliance franco-russe.

L'idée d'une alliance entre l'Empire russe et la République française est évoquée en 1891 d'une part à Saint-Pétersbourg entre le ministre Nicolas Karlovitch de Giers et l'ambassadeur de France Gustave Lannes de Montebello, d'autre part à Paris entre le ministre Alexandre Ribot et l'ambassadeur de Russie Arthur von Mohrenheim. Des négociations secrètes commencent en juillet 1891 entre les représentants des deux états-majors, les généraux de Boisdeffre et Obroutchev : ils signent le 18 août 1892 une convention défensive prévoyant un soutien militaire mutuel des deux pays en cas d'agression de l'un d'eux par l'Empire allemand ou par l'empire d'Autriche-Hongrie[3]. Le texte est finalement ratifié le 27 décembre 1893 par l'empereur Alexandre III et le 4 janvier 1894 par le président Carnot (le retard est du au scandale de Panama, qui a levé le secret sur les discussions franco-russes).

Cette alliance militaire est presque immédiatement connue de toute l'Europe par une série d’événements symboliques : dès la fin juillet 1891, l'escadre française du nord est accueillie dans la base navale russe de Kronstadt, puis, en octobre 1893, l'escadre russe de la mer Noire fait de même à Toulon. En 1896, l'empereur Nicolas II se rend à Paris et pose la première pierre du pont Alexandre-III, tandis qu'en 1897 le président Faure fait de même à Saint-Pétersbourg avec le pont de la Trinité. En septembre 1901, Nicolas II assiste aux grandes manœuvres de l'armée française, qui ont lieu cette année-là en Champagne autour de Bétheny. En mai 1902, le président français Émile Loubet rend la pareil en faisant une visite officielle en Russie, assistant à une imposante revue militaire. En 1909, l'empereur visite la base de Cherbourg. En 1912, le grand-duc Nicolas assiste aux grandes manœuvres françaises. Toujours en 1912, en août, le président du Conseil Poincaré fait une visite officielle en Russie, expérience qu'il renouvelle comme président de la République en juillet 1914.

Cette alliance apporte à la Russie le soutien financier français. Entre 1887 et 1913, des emprunts russes (18 émis par l'État, 32 garantis par elle pour des entreprises et 6 par des grandes villes) sont souscrits par les épargnants européens, les Français participant majoritairement pour un montant total estimé en 1914 à 11,5 milliards de francs-or (auxquels se rajoutent les 2,24 milliards de francs d'investissement directs français en Russie[4]. En 1906, les caisses de l'État russe, mises à mal par la guerre russo-japonaise de 1904-1905, sont renflouées par un emprunt d'État de 2,25 milliards à 5 % (la Russie n'inspire pas confiance à la suite de la révolution de 1905)[5], la moitié souscrit par des banques françaises. Ces emprunts sont assortis d'une condition : qu'ils servent entre autres au développement des lignes stratégiques du réseau ferroviaire russe, les Français insistant en 1898 sur la ligne d'Orenbourg à Tachkent (menaçant l'Afghanistan et les Indes britanniques, dans le contexte de Fachoda)[n 1], puis en 1904 sur celle de Bologoïe (sur la ligne de Moscou à Saint-Pétersbourg) à Siedlce (en Pologne, menaçant l'Allemagne)[7].

L'autre apport français fut technologique, dans les domaines militaires de la construction mécanique et de la chimie : par exemple l'entreprise française Schneider participe au développement en Russie du canon de 76,2 mm modèle 1902 (fabriqué dans l'usine Poutilov de Saint-Pétersbourg, future usine Kirov) et de l'obusier de 152 mm modèle 1910 (construit par Poutilov et par l'usine de Perm, au pied de l'Oural), permettant ainsi de moderniser l'artillerie russe avec des pièces à frein hydro-pneumatique.

Plan 19[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Plan Schlieffen et Plan XVII.

Le plan russe de mobilisation et de déploiement s'appelle le « plan 19 » (la numérotation commence après la guerre russo-turque de 1877-1878)[1], il a été préparé par le général Danilov (ru) en 1910 et a été modifié en mai 1912[8] (avec deux variantes, les plans « 19 A » et « 19 G », permutables jusqu'au 9e jour[9]). Ce plan prévoit le déploiement d'un premier échelon de divisions (toutes d'active) aux frontières, terminant leur concentration du 15e au 20e jour après le début de la mobilisation[10], le second échelon de divisions (essentiellement de réserve) devant arriver à la fin de la mobilisation. Pour respecter les engagements envers les alliés français, qui espèrent que le « rouleau compresseur russe » fonce sur Berlin, le front Nord-Ouest doit passer à l'offensive le plus tôt possible (la promesse renouvelée à Joffre lors des conférences de juillet 1912 et d'août 1913 était que les opérations commenceraient dès le 15e jour)[11], mais les détails du plan restent secrets[12]. La répartition des forces russes n'est communiquée à l'ambassadeur français (qui informe immédiatement par télégramme le ministre des Affaires Étrangères à Paris, qui transmet à Joffre) que le 22 août[13].

« Les troupes de l'armée active mobilisées auront, à l'exception des derniers éléments des trains et convois, terminés leur concentration à la frontière le 15e jour et que l'on s'efforcera de prendre l'offensive dès cette date sans attendre les derniers éléments dont il s'agit et qui ne seront au complet que le 20e jour. »

— Déclaration du général Gilinski au général Dubail, lors de la conférence d'état-major d'août 1911 à Krasnoïe Selo[10].

« Nos alliés s'engageaient à ne pas attendre que la concentration de leurs armées fût complète pour agir. L'offensive serait prise dès que les forces de première ligne seraient en position, ils ont calculé que la frontière russo-allemande pourrait être franchie, grâce à cette mesure, dès le 16e jour. Enfin d'un commun accord, il fut entendu qu'une offensive décidée pourrait seule donner le succès. »

— Déclaration du ministre de la Guerre Messimy au Conseil des ministres français en 1911[14].

Le plan 19 A prévoit de déployer 29 divisions (regroupées en deux armées : 1re et 2e) face aux Allemands et 46 divisions (regroupées en quatre armées : 4e, 5e, 3e et 8e) face aux Autrichiens. La variante 19 G, dans l'éventualité d'un déploiement allemand massif, prévoit l'envoi de la 4e armée en Lituanie[15]. Les armées face à la Prusse-Orientale sont regroupées en un groupe d'armées, le « front Nord-Ouest », tandis que celles face à la Galicie en forme un second, le « front Sud-Ouest » (les Russes sont les premiers à faire cela, avant d'être rapidement imités par les autres puissances)[16]. La 6e armée garde Saint-Pétersbourg et la Finlande, la 7e fait de même avec Odessa et l'Ukraine ; la 9e armée est créée à la fin d'août en Pologne, tandis qu'une 10e armée est prévue quand arriveront les troupes du Turkestan et de Sibérie[13].

La principale innovation du plan 19 de 1910 est la modification du système d'affectation : chaque recrue ou réserviste devait auparavant rejoindre individuellement son unité en garnison aux frontières. Désormais, le système est de type territorial : l'affectation se fait dans une unité en garnison à proximité, qui ensuite est transportée vers la frontière. Cette modification entraine une nouvelle répartition des troupes (200 000 hommes sont redéployés vers l'intérieur)[17], ainsi qu'une évacuation des forces se trouvant dans le saillant polonais, la concentration face à l'Allemagne étant prévue entre Vilnius et Baranavitchy (ainsi couvert par les places fortes de Kovno, Olita et Grodno)[18] et derrière la Narew (places fortes de Pułtusk, Rozan, Ostrolenka, Lomza et d'Osovitse). Un plan 20 était prévu pour être applicable à partir de 1915, avec réduction du délai de déploiement des divisions d'active, entrainant un retard pour les divisions de réserve[19]. Le plan 21 était en préparation pour application à l'horizon 1917, tenant compte de l'augmentation des forces russes prévue par le « Grand Programme », permettant la création d'une nouvelle armée autour de Varsovie[20].

Déclenchement[modifier | modifier le code]

Le Casus belli de l'attentat de Sarajevo le 28 juin 1914 déclenche une succession d'ultimatums, de mobilisations et de déclarations de guerre qui s'étend rapidement à l'Empire russe.

Soutien aux Serbes[modifier | modifier le code]

Le 23 juillet, Vienne envoie à Belgrade un ultimatum avec demande de réponse sous quarante-huit heures. La Serbie appelle le tsar russe à l'aide le 24. Le 25 juillet 1914, le royaume de Serbie décrète sa mobilisation face à l'ultimatum autrichien. En raison du soutien russe envers la Serbie, le 25 l'empire d'Autriche-Hongrie annonce une mobilisation partielle à partir du 26, concernant huit corps d'armée déployés face à la Serbie mais aussi face à la Russie.

Le 25, les grandes manœuvres russes prévues sont annulées ; le 26, l'Empire russe lance des mesures de pré-mobilisation, ce qui inquiète l'ambassadeur allemand Pourtalès (de) :

« J'ai interrogé Sazonov sur la nouvelle répandue parmi les attachés militaires étrangers, d'après laquelle un ordre de mobilisation aurait été adressé à plusieurs corps d'armée russes de la frontière ouest. J'ai à cette occasion attiré son attention sur le grand danger d'une pareille mesure qui pourrait facilement provoquer des contre-mesures. Le Ministre répondit qu'il pouvait me garantir qu'aucun ordre de mobilisation n'avait été donné, qu'au contraire il avait été décidé au Conseil des ministres d'attendre pour prendre cette mesure que l'Autriche-Hongrie eût pris une attitude hostile à l'égard de la Russie. Sazonov convint toutefois qu'on prenait déjà certaines précautions militaires pour ne pas être surpris. »

— Télégramme de l'ambassadeur allemand à Saint-Pétersbourg à son ministre des Affaires Étrangères, le 26 juillet 1914 à 21 h 30[21].

Le 27 au soir, les consulats allemands signalent à leur ministère des Affaires Étrangères des mouvements militaires à Kowno, Riga, Kiev et Varsovie[22]. Le 28, l'Autriche-Hongrie lance sa mobilisation générale et déclare la guerre à la Serbie.

Mobilisation partielle[modifier | modifier le code]

Le 29 au matin, l'empereur russe signe le décret ordonnant une mobilisation générale devant débuter le 30 juillet[23], contre-signé par les ministres de la Guerre, de la Marine et de l'Intérieur, puis y substitue à 11 h une mobilisation partielle : sont concernés seulement les districts de Kiev, Odessa, Moscou et Kazan (qui sont face à l'Autriche-Hongrie)[24]. Sazonov convoque l'ambassadeur Pourtalès, lui expliquant « qu'en Russie la mobilisation ne signifiant nullement la guerre comme dans les États de l'ouest de l'Europe, que l'armée russe resterait éventuellement des semaines entières l'arme au pied sans franchir la frontière »[25]. Nicolas II et Guillaume II échangent le 29 des télégrammes en anglais :

« Dans ce moment si grave, je fais appel à Ton aide. Une guerre ignoble a été déclarée à un pays faible. L'indignation en Russie, indignation que je partage entièrement, est énorme. Je prévois que bientôt je serai entraîné par la pression qui s'exerce sur moi et que je serais forcé de prendre des mesures extrêmes qui conduiront à la guerre. Pour tâcher d'éviter une calamité telle qu'une guerre européenne, je Te prie, au nom de notre vieille amitié, de faire ce que Tu peux pour empêcher tes alliés d'aller trop loin. Nicky. »

— Télégramme du Tsar au Kaiser du 29 juillet à h[26].

« J'ai reçu Ton télégramme et je partage Ton désir du maintien de la paix, mais comme je Te l'ai dit dans mon premier télégramme, je ne peux pas considérer l'action de l'Autriche contre la Serbie comme une guerre « ignoble ». L'Autriche sait par expérience qu'on ne peut absolument pas se fier aux promesses serbes sur le papier. [...] J'estime, en conséquence, qu'il serait parfaitement possible pour la Russie de rester spectatrice du conflit austro-serbe, sans engager l'Europe dans la plus horrible guerre dont elle ait jamais été témoin. Je crois possible et désirable une entente directe entre Ton Gouvernement et Vienne [...]. Évidemment, des mesures militaires de la part de la Russie, qui seraient considérées comme menaçantes pour l'Autriche, précipiteraient une calamité que tous deux nous désirons éviter et compromettraient mon rôle de médiateur que j'ai volontiers accepté sur Ton appel à mon amitié et à mon assistance. Willy. »

— Télégramme du Kaiser au Tsar du 29 juillet à 18 h 30[27].

Mobilisation générale[modifier | modifier le code]

Le décret de mobilisation générale est de nouveau signé le 30 à 16 h 30[28], prévoyant le début de la mise sur le pied de guerre de l'armée et de la flotte pour le lendemain 31 juillet[29]. Le 31, le chancelier allemand Bethmann Hollweg transmet à l'ambassadeur Pourtalès l'ultimatum suivant qui est transmis au gouvernement russe à minuit[30] : « En dépit des négociations de médiations encore en cours, et bien que jusqu'à l'heure actuelle nous n'ayons pris aucune mesure de mobilisation, la Russie a mobilisé toute son armée et sa flotte, donc aussi contre nous. Ces mesures russes nous ont contraints, pour garantir la sécurité de l'Empire, à déclarer l'état de menace de guerre, qui ne signifie pas encore la mobilisation. Mais la mobilisation doit suivre si, dans le délai de douze heures, la Russie n'arrête pas toute mesure de guerre contre nous et l'Autriche-Hongrie et ne nous fait pas une déclaration précise en ce sens »[31]. Le 1er août, Nicolas envoie à son cousin Guillaume un dernier télégramme :

« J'ai reçu Ton télégramme. Je comprends que Tu soies obligé de mobiliser, mais je désire recevoir de Toi les mêmes garanties que celles que je T'ai données ; c'est-à-dire que ces mesures ne signifient pas la guerre et que nous continuerons à négocier pour le bien de nos pays et de la paix universelle chère à nos cœurs. Notre amitié longuement éprouvée doit réussir, avec l'aide de Dieu, à éviter l'effusion de sang. Anxieux, mais plein de confiance, j'attends Ta réponse. »

— Télégramme du Tsar au Kaiser du 1er août à 14 h 6[32].

« Merci de Ton télégramme. J'ai signalé hier à Ton Gouvernement le seul moyen permettant d'éviter la guerre. Bien que j'aie demandé une réponse pour aujourd'hui midi, aucun télégramme de mon ambassadeur me transmettant une réponse de Ton Gouvernement ne m'est encore parvenu. J'ai été, en conséquence obligé de mobiliser mon armée. Une réponse immédiate, affirmative, claire et irrécusable de Ton Gouvernement est le seul moyen d'éviter des calamités sans bornes. Hélas, tant que je n'aurais pas reçu cette réponse, je serai dans l'impossibilité de discuter le sujet de Ton Télégramme. En fait, je dois Te prier d'ordonner immédiatement à Tes troupes de ne pas commettre, sous aucun prétexte, la plus légère violation de nos frontières. »

— Télégramme du Kaiser au Tsar du 1er août à 22 h[33],[n 2].

Le même jour, l'empereur d'Allemagne ordonne à 17 h le début de la mobilisation allemande pour le 2 août[34], tandis que son chancelier déclare la guerre en son nom à l'empereur de Russie par la voix de l'ambassadeur à 19 h (heure russe), en français[35] : « Sa Majesté l'Empereur, mon Auguste Souverain, au nom de l'Empire, relève le défi et Se considère en état de guerre avec la Russie » (déclaration de Pourtalès à Sazonov)[36],[n 3]. L'Autriche-Hongrie déclare elle aussi la guerre à la Russie le 5 août[37] à 12 h[28].

Organisation[modifier | modifier le code]

L'armée impériale russe en temps de paix compte 1 423 000 hommes[38]. 3 115 000 réservistes sont mobilisés à partir du 18 juillet 1914 (selon le calendrier russe, soit le 31 juillet)[n 4], 800 000 territoriaux sont appelés à partir du 22 juillet, auxquels se rajoutent 800 000 territoriaux à partir du 22 septembre, 715 000 recrus à partir du 1er octobre et 200 000 territoriaux à partir des 12 et 20 novembre 1914[39]. Le total mobilisé de 1914 à 1917 est de 15 378 000 hommes[40].

Les dimensions de l'empire et les faiblesses des transports ferroviaires russes font que la mobilisation est beaucoup plus lente que celles des autres puissances : l'armée allemande a besoin de 16 jours, l'armée française de 17 jours et l'armée russe de trois mois[41]. À la fin de la mobilisation, l'armée impériale doit aligner[n 5] 150 divisions, dont 114 d'infanterie et 36 de cavalerie, sans compter les brigades indépendantes (à titre de comparaison, l'armée allemande aligne 105 divisions après sa mobilisation, l'armée française 95, la britannique que 6) :

  • 42 divisions (dont 32 d'infanterie et 10 de cavalerie) sont déployées face à la Prusse-Orientale ;
  • 64 divisions (dont 46 d'infanterie et 18 de cavalerie) face à la Galicie ;
  • 24 divisions (dont 19 d'infanterie et 5 de cavalerie) le long des littoraux de la Baltique et de la mer Noire ;
  • 20 divisions (dont 17 d'infanterie et 3 de cavalerie) en Sibérie et au Turkestan.

Étant donné la lenteur de la mobilisation, seules les grandes unités d'active (formées dès le temps de paix) sont disponibles à la fin du premier mois : les divisions de réserve (composées de réservistes, peu encadrées, mal équipées et armées) ne sont même pas encore arrivées.

Stavka[modifier | modifier le code]

Si l'empereur Nicolas II est théoriquement le commandant en chef de l'armée impériale russe, il délègue ses pouvoirs à partir du 2 août jusqu'à l'été 1915 à son oncle le grand-duc Nicolas Nikolaïevitch, qui était précédemment commandant du district de Saint-Pétersbourg (depuis 1905). Le ministre de la Guerre est alors le général Vladimir Alexandrovitch Soukhomlinov (depuis 1909).

La Stavka (l'état-major général) s'installe à Baranavitchy (puis à Moguilev à partir d'août 1915).

« Considérant que la guerre a été déclarée par l'Allemagne d'abord à la Russie, et que la France, en tant que notre alliée, a estimé comme de son devoir de venir immédiatement à notre aide, il est naturel et indispensable qu'en vertu de nos obligations d'alliés nous soutenions les Français, puisque les Allemands dirigent contre eux leur offensive principale. Cet appui, nous le leur donnerons, en prononçant le plus rapidement possible notre attaque contre les forces allemandes en Prusse-Orientale. Cette attaque, la Ire armée pourra la commencer pour attirer sur elle le plus possible de forces ennemies. [...] L'attaque des armées du front nord-ouest pourrait déjà commencer le quatorzième jour de la mobilisation (13 août). »

— Directive du grand-duc Nicolas au général Jilinski, le 10 août 1914[42].

Front Nord-Ouest[modifier | modifier le code]

Dessin de Georges Scott pour la une de L'Illustration du 29 août 1914 : « Sur la route de Berlin. L'invasion de la Prusse orientale par les avant-gardes cosaques précédent le gros de l'armée russe. ».

Le Front du Nord-Ouest (Severo-Zapadnyi front) est un des deux groupes d'armées russes, celui du Nord-Ouest étant chargé du combat contre l'armée allemande, avec mission d'envahir la Prusse-Orientale. Le front est commandé depuis Lida[43] par le général Yakov Jilinski (précédemment commandant du district de Varsovie), remplacé dès le 3 septembre 1914 par le général Rouzski).

La 1re armée est commandée par le général Paul von Rennenkampf (précédemment commandant du district de Vilnius) depuis Vilnius. Il est remplacé le 5 décembre 1914 par le général Alexandre Litvinov (en).

  • 3e corps d'armée (de Vilnius) : 25e (Dvinsk) et 27e (Vilnius) divisions d'infanterie ;
  • 4e corps (Minsk) : 30e (Minsk) et 40e (Babrouïsk) divisions d'infanterie ;
  • 20e corps (Riga) : 28e (Kovno) et 29e (Riga) divisions d'infanterie ;
  • 5e brigade de fusiliers (Suwałki) ;
  • cavalerie : 1re (Saint-Pétersbourg) et 2e (Saint-Pétersbourg) divisions de cavalerie de la Garde, 1re (Moscou), 2e (Suwałki) et 3e (Kovno) divisions de cavalerie et 1re brigade de cavalerie (Riga) ;
  • réserve : 53e, 56e, 57e, 68e, 72e et 73e divisions d'infanterie[44].

La 2e armée est commandée par le général Alexandre Samsonov (précédemment commandant du district du Turkestan) depuis Volkosyski. L'armée est dissoute le 30 août, à la suite de sa destruction lors de la bataille de Tannenberg et du suicide de son chef.

  • 1er corps (Saint-Pétersbourg) : 22e (Novgorod) et 24e (Pskov) divisions d'infanterie ;
  • 2e corps (Grodno), transféré à la 1re armée le 22 août : 26e (Grodno) et 43e (Vilnius) divisions d'infanterie ;
  • 6e corps (Białystok) : 4e (Łomża) et 16e (Białystok) divisions d'infanterie ;
  • 13e corps (Smolensk) : 1re (Smolensk) et 36e (Orel) divisions d'infanterie ;
  • 15e corps (Varsovie) : 6e (Ostrów) et 8e (Varsovie) divisions d'infanterie ;
  • 23e corps (Varsovie) : 3e division d'infanterie de la Garde (Varsovie) et 2e division d'infanterie (Modlin) ;
  • corps de la Garde (Saint-Pétersbourg), transféré à la 9e armée : 1re (Saint-Pétersbourg) et 2e (Saint-Pétersbourg) divisions d'infanterie de la Garde ;
  • 1re brigade de fusiliers (Łódź) ;
  • cavalerie : 4e (Białystok), 5e (Samara) et 6e (Varsovie) divisions de cavalerie ;
  • réserve : 59e, 76e, 77e et 79e divisions d'infanterie.

Front Sud-Ouest[modifier | modifier le code]

Le Front du Sud-Ouest (Yugo-Zapadnyi front) est le groupe d'armées chargé de combattre l'armée autro-hongroise avec mission d'envahir la Galicie. Le front est commandé par le général Nikolaï Ivanov (précédemment commandant du district de Kiev).

La 4e armée est commandée par le général Anton Saltza (du district de Kazan), remplacé le 22 août 1914 par le général Alexeï Evert (commandant du district d'Irkoutsk).

  • 14e corps (Lublin) : 18e division d'infanterie (Lublin), 1re (Radom) et 2e brigades de tirailleurs (Łódź) ;
  • 16e corps (Kazan) : 41e (Kazan), 45e (Penza) et 47e (Saratov) divisions d'infanterie ;
  • 3e corps caucasien (Vladikavkaz) : 21e (Vladikavkaz) et 52e (Temir-Khan-Choura) divisions d'infanterie ;
  • corps des grenadiers (Moscou) : 1re (Moscou) et 2e (Moscou) divisions de grenadiers ;
  • 2e brigade de fusiliers (Radom) ;
  • cavalerie : 13e (Varsovie) et 14e (Częstochowa) divisions de cavalerie, 3e division de cosaques du Don et brigade de cavalerie de la Garde (Varsovie) ;
  • réserve : 80e, 82e et 83e divisions d'infanterie.

La 5e armée est commandée par le général Pavel von Plehve (district de Moscou), remplacé le 14 janvier 1915 par le général Alexeï Tchourine.

La 3e armée est commandée par le général Nikolaï Rouzski, remplacé le 3 septembre par le général Radko Dimitriev.

  • 9e corps (Kiev) : 5e (Jytomyr) et 42e (Kiev) divisions d'infanterie ;
  • 10e corps (Kharkov) : 9e (Poltava) et 31e (Kharkov) divisions d'infanterie ;
  • 11e corps (Rowno) : 11e (Loutsk) et 32e (Rowno) divisions d'infanterie ;
  • 21e corps (Kiev) : 33e (Kiev) et 44e (Koursk) divisions d'infanterie ;
  • 3e (Jmerinka) brigade de fusiliers ;
  • cavalerie : 9e (Kiev), 10e (Kharkov) et 11e (Doubno) divisions de cavalerie, 3e division de cosaques caucasiens (Vladikavkaz) ;
  • réserve : 58e, 60e, 69e et 78e divisions d'infanterie.

La 8e armée est commandée par le général Alexeï Broussilov jusqu'au 17 mars 1916.

Autres secteurs[modifier | modifier le code]

L'armée impériale ne se déploie pas uniquement le long des frontières avec les Allemands et les Austro-Hongrois, mais aussi face à la Roumanie et l'Empire ottoman, en Asie centrale, ainsi que le long de certains littoraux.

La 6e armée, commandée par le général Konstantin Petrovitch van der Vliet (ru), doit protéger Saint-Pétersbourg, la Finlande et le littoral de la mer Baltique.

La 7e armée, commandée par le général Vladimir Nikolaïevitch Nikitine, doit protéger Odessa, l'Ukraine et le littoral de la mer Noire.

  • 8e corps ;
  • cavalerie : 8e division de cavalerie (Kishinev), régiment de cavalerie de Crimée et 7e régiment de cosaques du Don ;
  • réserve : 62e, 63e, 64e et 71e divisions d'infanterie.

L'armée du Caucase, commandée par le général Illarion Ivanovitch Vorontsov-Dachkov, doit protéger la Transcaucasie :

  • 1er corps caucasien (Alexandropol) : 20e (Akhaltsikhé) et 39e (Alexandropol) divisions d'infanterie ;
  • 2e corps caucasien (Tiflis) : 51e division d'infanterie (Koutaïssi) et division des grenadiers caucasiens (Tiflis) ;
  • 2e corps du Turkestan (Achkhabad) : 4e (Merv) et 5e (Achkhabad) brigades de fusiliers du Turkestan ;
  • 1re division de cavalerie caucasienne (Kars), division de cavalerie caucasienne (Tiflis) et 2e division de cosaques caucasiens (Erevan).

Turkestan (Asie centrale russe) :

  • 1er corps du Turkestan (Tachkent) : 1re (Tachkent), 2e (Skobelev) et 3e (Termez) brigades de fusiliers du Turkestan ;
  • 6e brigade de fusiliers du Turkestan (Vernyi) ;
  • 1re division de cosaques du Turkestan (Samarcande) et brigade de cosaques sibériens (Djarkent).

Sibérie :

  • 1er corps sibérien (Oussouriisk) : 1re (Oussouriisk) et 2e (Razdolnoe) divisions de fusiliers sibériens ;
  • 2e corps sibérien (Tchita) : 4e (Tchita) et 5e (Berezovka près de Verkhneoudinsk) divisions de fusiliers sibériens ;
  • 3e corps sibérien (Irkoutsk) : 7e (Irkoutsk) et 8e (Krasnoïarsk) divisions de fusiliers sibériens ;
  • 11e division de fusiliers sibériens (Omsk).

Extrême-Orient russe :

  • 4e corps sibérien (Vladivostok) : 3e (Vladivostok) et 9e (Vladivostok) divisions de fusiliers sibériens ;
  • 5e corps sibérien (Khabarovsk) : 6e (Khabarovsk) et 10e (Blagovechtchensk) divisions de fusiliers sibériens.

Créations de la fin août[modifier | modifier le code]

La 9e armée est créée à la fin d'août en Pologne pour menacer directement Berlin en ponctionnant des unités sur les autres armées. Elle est commandée par le général Letchitski.

  • 18e corps (pris à la 6e armée) ;
  • 22e corps (pris à la 6e armée) ;
  • corps de la Garde (pris à la 2e armée).

La 10e armée est formée à partir du 11 août par le transfert d'une partie des troupes du Turkestan et de Sibérie, commandée par le général Alexeï Evert (commandant du district d'Irkoutsk), remplacé le 22 août par le général Vasily Flug, puis le 23 septembre par le général Thadeus von Sievers.

  • 2e corps caucasien ;
  • 1er corps sibérien ;
  • 2e corps sibérien ;
  • 3e corps sibérien ;
  • 1er corps du Turkestan ;
  • division de cavalerie caucasienne, 2e division de cosaques caucasiens et 1re division de cosaques du Turkestan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les tensions entre la Russie et le Royaume-Uni en Asie centrale (le Grand Jeu) ne sont réglées que le 31 août 1907 par la signature de la convention anglo-russe entre le ministre Izvolski et l'ambassadeur britannique Nicolson, les Russes renonçant à intervenir en Afghanistan et les Britanniques au Tibet, la Perse étant partagée en deux zones d'influence[6]. Cet accord créé la Triple-Entente.
  2. Le texte a été proposé à l'empereur allemand par Bethmann Hollweg à 21 h 45 : « Sire, Je vous remets respectueusement, ci-annexé, le projet d'un télégramme à S. M. le Tsar. En l'envoyant, l'idée me vient que Votre Majesté pourrait peut-être y ajouter un mot priant le Tsar d'ordonner immédiatement et strictement à ses troupes de s'abstenir de toute violation de frontière. Votre fidèle sujet, v. Bethmann Hollweg. Nous n'avons reçu aucune nouvelle de Pétersbourg ».
  3. Un premier projet utilisait la formule : « Sa Majesté l'Empereur, mon Auguste Souverain, au nom de l'Empire, déclare accepter la guerre qui Lui est octroyée ».
  4. En 1914, la Russie utilise encore le calendrier julien (jusqu'en 1918), alors que les autres États européens utilisent le calendrier grégorien : le retard est alors de treize jours.
  5. Le nombre total de divisions de l'armée impériale varie dès la fin d'août, avec la destruction de la 2e armée lors de la bataille de Tannenberg.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Sergei Dobrorolski, « The Russian Mobilisation of 1914 », sur http://www.vlib.us/wwi/.
  2. (en) « The Russian army, 1914 », sur http://marksrussianmilitaryhistory.info/.
  3. Pierre Rigoux, Tannenberg 1914 : sacrifice russe pour la France ?, Paris, Economica, coll. « Campagnes et stratégies » (no 82), , 136 p. (ISBN 978-2-7178-5831-0), p. 17-18.
  4. Romain Yakemtchouk, La France et la Russie : alliances et discordances, Paris, l'Harmattan, , 261 p. (ISBN 978-2-296-56222-6), p. 69, citant René Girault, Emprunts russes et investissement français en Russie, 1887-1914 : recherches sur l'investissement international, Paris, Armand Colin, coll. « Publications de la Sorbonne » (no 3), , 618 p. (notice BnF no FRBNF35439742).
  5. Rigoux 2010, p. 23.
  6. Yakemtchouk 2011, p. 75-76.
  7. Pierre-Yves Hénin, Le Plan Schlieffen : Un mois de guerre - deux siècles de controverses, Paris, Economica, coll. « Campagne & stratégies » (no 99), , 572 p. (ISBN 978-2-7178-6447-2), p. 292, citant (en) D. N. Collins, « The Franco-Russian Alliance and Russian Railways, 1891-1914 », The Historical Journal, Cambridge University Press, no 162 (4),‎ , p. 779 et (en) D. W. Spring, « Russia and The Franco-Russian Alliance: Dependance or Interdependence? », The Slavonic and East Européean Review, vol. 66, no 4,‎ , p. 568-569.
  8. Rigoux 2010, p. 44.
  9. Hénin 2012, p. 294.
  10. a et b Rigoux 2010, p. 32.
  11. Rigoux 2010, p. 33.
  12. Rigoux 2010, p. 26.
  13. a et b Télégramme de Pétersbourg du 22 août 1914, publié dans Service historique de l'état-major des armées, Les Armées françaises dans la Grande Guerre, t. 1, vol. 2 : annexes 1, , 1070 p. (lire en ligne), p. 101.
  14. Adolphe Messimy, Mes souvenirs, Paris, Éditions Plon, , 428 p. (notice BnF no FRBNF32444394), p. 180.
  15. Hénin 2012, p. 294-296.
  16. Rigoux 2010, p. 45.
  17. Hénin 2012, p. 293.
  18. Rigoux 2010, p. 43.
  19. Hénin 2012, p. 296.
  20. Hénin 2012, p. 297.
  21. Télégramme no 230, publié dans Kautsky 1922, t. 1, p. 286.
  22. Télégrammes du 27 juillet 1914, nos 264, 274, 275 et 276, publiés dans Kautsky 1922, t. 1, p. 320 et 335-336.
  23. Jean-Yves Le Naour, 1914 : La grande illusion, Paris, Perrin, , 404 p. (ISBN 978-2-262-03034-6), p. 95 et 109.
  24. Document no 343 publié dans Kautsky 1922, t. 2, p. 76-77.
  25. Télégramme de l'ambassadeur d'Allemagne à Pétersbourg au ministère des Affaires Étrangères, document no 343, publié dans Kautsky 1922, t. 2, p. 76-77.
  26. Télégramme du Tsar au Kaiser du 29 juillet 1914, document no 332 publié dans Kautsky 1922, t. 2, p. 60.
  27. Télégramme du Kaiser au Tsar du 29 juillet 1914, document no 359 publié dans Kautsky 1922, t. 2, p. 95-97.
  28. a et b Rigoux 2010, p. 35.
  29. Document no 473 publié dans Kautsky 1922, t. 2, p. 236.
  30. Document no 536 publié dans Kautsky 1922, t. 3, p. 50-51.
  31. Télégramme du chancelier allemand à l'ambassadeur à Pétersbourg le 31 juillet 1914, document no 490 publié dans Kautsky 1922, t. 3, p. 10-11.
  32. Télégramme du Tsar au Kaiser du 1er août 1914 à 14 h 6, document no 545 publié dans Kautsky 1922, t. 3, p. 59-60.
  33. Télégramme du Kaiser au Tsar du 1er août 1914 à 22 h, document no 600 publié dans Kautsky 1922, t. 3, p. 106-107.
  34. Document no 628 publié dans Kautsky 1922, t. 3, p. 131.
  35. Télégramme de l'ambassadeur à Saint-Pétersbourg au ministère des Affaires Étrangères, le 1er août 1914, document no 588 publié dans Kautsky 1922, t. 3, p. 95. Pourtalès quitte la capitale à 20 h.
  36. Télégramme du secrétaire d'État des Affaires Étrangères Jagow à l'ambassadeur à Pétersbourg, le 1er août 1914 à 12 h 52, document no 542 publié dans Kautsky 1922, t. 3, p. 55-58.
  37. Document no 879 publié dans Kautsky 1922, t. 4, p. 108
  38. Golovine 1931, p. 47.
  39. Golovine 1931, p. 48.
  40. Golovine 1931, p. 49.
  41. Jean Étienne Valluy et Pierre Dufourcq, La première guerre mondiale, t. 1, Paris, Larousse, , p. 114.
  42. Valluy et Dufourcq 1968, p. 115.
  43. Valluy et Dufourcq 1968, p. 116.
  44. [PDF] (en) « Russian Mobilization Plan, August 1914 », sur http://www.cgsc.edu/.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karl Kautsky (trad. Camille Jordan), Documents allemands relatifs à l'origine de la guerre : collection complète des documents officiels [« Die deutschen Dokumente zum Kriegsausbruch »], Paris, Alfred Costes, , 4 volumes (notice BnF no FRBNF30675245, LCCN a22000350) :
    • Documents allemands..., t. 1 : De l'attentat de Sarajevo à la réception de la réponse serbe, avec quelques documents des semaines qui ont précédé, 381 p. (lire en ligne) ;
    • Documents allemands..., t. 2 : De la réception de la réponse serbe à la nouvelle de la mobilisation générale russe, 265 p. (lire en ligne) ;
    • Documents allemands..., t. 3 : De la nouvelle de la mobilisation générale russe à la déclaration de guerre à la France, 246 p. (lire en ligne) ;
    • Documents allemands..., t. 4 : De la déclaration de guerre à la France à la déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Russie, 280 p. (lire en ligne).
  • Commission historique (trad. commandant Edouard Chapouilly, préf. maréchal Foch), La Grand Guerre, relation de l'état-major russe : concentration des armées, premières opérations en Prusse-Orientale, en Galicie et en Pologne, Paris, Charles Lavauzelle et Cie, , 582 p. (notice BnF no FRBNF32113776).
  • (en) Nikolaï Nikolaevich Golovine (général), The Russian Army in the World War, New Haven, Yale University Press, (réimpr. 1969), 287 p. (LCCN 31035694, lire en ligne).
  • Nikolaï Nikolaevich Golovine, Histoire de la campagne de 1914 sur le front russe, Paris, Direction générale à l'étranger de l'Union des invalides de guerre russes, (notice BnF no FRBNF32178860).
  • (en) Bruce W. Menning, Bayonets before Bullets : The Imperial Russian Army, 1861-1914, Indianapolis, Indiana University Press, (réimpr. 2000), 352 p. (ISBN 978-0-253-21380-8).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]