Offensive du lac Narotch

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L’offensive du Lac Narotch (en russe : Нарочская операция, Narotchskaïa Operatsiia) est une bataille qui eut lieu en entre l'Empire allemand et l'Empire russe, pendant la Première Guerre mondiale. L’objectif de la Russie était de soulager les troupes françaises qui combattaient à Verdun.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après la défaite de la bataille de Varsovie le commandement russe souhaite reprendre initiative face aux Allemands. Parallèlement, au fur et à mesure que la situation se détériorait à Verdun, le général Joffre fit appel aux Alliés pour qu’ils ouvrent un nouveau front et ainsi obliger les Allemands à retirer une partie de leurs troupes de Verdun.

Le tsar Nicolas II entendit la requête française, et choisit la région du lac Narotch en Russie blanche (actuelle Biélorussie) parce que 350 000 Russes y étaient stationnés, faisant face à seulement 75 000 Allemands de la Xe Armée, sous les ordres du général Eichhorn.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Les troupes russes du front nord, sous la direction d’Alexeï Kouropatkine, et du front ouest, commandées par Alexeï Evert, devaient participer à l'attaque. Les 350 000 soldats russes, répartis en trois groupes (Balouïev, Plechkov et Sierlius), se trouvaient sous la direction d’officiers supérieurs de l’ancienne école, arrivé à de hauts postes à l’ancienneté ou grâce à de bonnes relations.

Groupe Plechkov[modifier | modifier le code]

Le groupe nord du général Plechkov lança l’offensive. Les bombardements préliminaires de l’artillerie russe durèrent deux jours, mais ils furent très imprécis et inefficace face aux blindage des tranchées, laissant l’artillerie allemande presque intacte. De plus les Russes commirent l’erreur de traverser le no man's land, les séparant des Allemands, en groupe, faisant d’eux des cibles faciles pour les mitrailleuses allemandes. Au prix de 20 000 morts dans leurs propres rangs, les assaillants gagnèrent quelques kilomètres, mais n’infligèrent pas de pertes sérieuses aux défenses allemandes — bien organisées et fortifiées —, malgré leur supériorité numérique.

Groupe Balouïev[modifier | modifier le code]

Le groupe central du général Balouïev parvint, grâce à une bonne coordination de l’artillerie et de l'infanterie, à progresser et à capturer environ 1 000 soldats allemands. L'arrivée de renforts côté allemand permis toutefois de contenir la percée russe.

Groupe Sirelius[modifier | modifier le code]

Le général Sirelius, dont l’incompétence avait déjà été condamnée par le général Alekseïev, ne participa pas à l’offensive. Un tiers des forces russes demeura donc dans l’inaction.

Un récit de guerre unique[modifier | modifier le code]

Bien que limitée à une perception du front par le soldat de base, la description qu'en fait Maria Botchkareva reste un document unique. Le fait que cette femme ait combattu au milieu d'une troupe entièrement masculine est exceptionnel pour l'époque. D'autre part, sa description du no man's land exprime avec force l'atrocité du combat vécu par tant de soldats. Celle qui est alors surnommée « Yashka » réalise lors de cette vaste offensive des actes de bravoure qui lui valent l'estime de tous, notamment en se portant volontaire pour retirer des blessés de la « zone de morts ». Proche du lac Narotch, le campement principal de sa troupe occupe l'un des nombreux lieux appelés « Sloboda »[1].

Contrastant avec l'échec général de l'offensive, le récit de « Yashka » rapporte surtout l'éphémère victoire de Pastavy (Postavy, suivant le choix orthographique en français). Au printemps 1916, ainsi qu'elle le raconte dans ses mémoires[1], c'eût été une vraie déconvenue pour Ludendorf et l'armée de l'est si cette percée s'était prolongée. Elle aurait en effet obligé à un large recul sur toute la ligne. Mais la ténacité et l'équipement des contingents allemands permirent d'éviter cette débâcle, d'autant plus que le rapport numérique était ici largement en faveur des Russes.

Conséquences[modifier | modifier le code]

L’offensive russe prit fin en , et tout le terrain gagné fut perdu lors des contre-attaques allemandes. Cette défaite marque la fin de l’influence des anciens officiers supérieurs de l’armée dans la direction des opérations ainsi que l’abandon de tactiques militaires désormais dépassées.

Une attaque similaire près de Riga, le 21 mars, n’eut pas plus de réussite.

En définitive, cette opération fut un échec cuisant. Elle affaiblit le moral des troupes russes sans parvenir à aider les Français.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Maria Botchkareva, « Yashka, ma vie de soldat » (1924)[réf. incomplète]