Guerre civile finlandaise

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Guerre civile finlandaise
Officiers Rouges pendant la guerre civile finlandaise
Officiers Rouges pendant la guerre civile finlandaise
Informations générales
Date Janvier-mai 1918
Lieu Finlande
Issue Victoire des Blancs
Belligérants
Red flag.svg Gardes rouges finlandais
Flag of Russian SFSR (1918-1937).svg Gardes rouges russes
Flag of Russian SFSR (1918-1937).svg Russie soviétique
Suojeluskunta.svg Garde blanche finlandaise
JG27Bannière.jpg Jägers finlandais
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Ali Aaltonen
Eero Haapalainen
Eino Rahja
Kullervo Manner
Carl Gustaf Emil Mannerheim
Lauri Malmberg
Forces en présence
de 20 000 hommes à 90 000 hommes 25 000 hommes
+ 2 000 ex prisonniers de guerre et Jagers prussiens
+ 1 200 volontaires suédois
Pertes
4 500 morts
7 370 exécutés
Alliés : 4 000 morts
1 100 exécutés
Batailles
Tampere

La guerre civile finlandaise est un épisode troublé de l'histoire de la Finlande qui fait à la fois partie de la Première Guerre mondiale (19141918) et de la vague révolutionnaire européenne (19171921) qui commence avec la révolution russe de 1917. La guerre civile s'est déroulée du à la mi-mai 1918 entre les « Rouges » (punaiset) sociaux-démocrates et les « Blancs » (valkoiset), c'est-à-dire des forces commandées par le sénat conservateur. Les Rouges étaient soutenus par la Russie bolchevique jusqu'au traité de Brest-Litovsk tandis que les Blancs bénéficiaient d'une assistance militaire de l'Empire allemand.

Lignes de front initiales de la guerre civile au début février (zones contrôlées par les Rouges (en rouge) et Zones contrôlées par les Blancs (en blanc).

Sa dénomination[modifier | modifier le code]

La guerre civile demeure l'événement le plus controversé et le plus chargé d'émotion de l'histoire moderne de la Finlande et de nombreuses divergences sont survenues sur le nom qu'il fallait lui donner. Les Finlandais donnent donc plusieurs noms à ce conflit :

  • vapaussota (guerre de la liberté),
  • kansalaissota ou sisällissota (guerre civile),
  • luokkasota (guerre des classes),
  • punakapina (rébellion rouge),
  • torpparikapina (la rébellion des métayers),
  • vallankumous (révolution),
  • veljessota (la guerre entre les frères).

Les historiens modernes précisent que toutes ces dénominations ont leurs mérites, bien que leurs significations politiques diffèrent. Les noms les plus neutres pour cette guerre sont : « la guerre civile » et « la guerre de l'année 1918 »[1],[2],[3],[4].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

La défaite au cours de la Première Guerre mondiale et les révolutions de février et d'octobre 1917 avait provoqué un effondrement total de l'Empire russe. À cette crise en Russie correspondit un effondrement similaire de la société finlandaise à partir de la fin de l'année 1916. L'activité industrielle en Finlande s'écroule avec l'arrêt des commandes de guerre. Dans un contexte de difficultés économique et de ravitaillement alimentaire, le chômage explose. Un prix maximum pour de nombreux produits alimentaires est décrété par le Sénat mais ne met pas fin aux difficultés pour la population qui parvient de plus en plus difficilement à trouver de quoi survivre.

Avec l'effondrement de l'Empire russe, le pouvoir exécutif est vacant. Les sociaux-démocrates à gauche et les conservateurs à droite se livrent bataille pour la direction du Sénat de Finlande. En 1917, l'Eduskunta passe de gauche à droite. Les deux groupes politiques collaboraient avec les forces politiques de même bord en Russie, renforçant encore la division interne au pays.

Déroulement du conflit[modifier | modifier le code]

Alors qu'à partir de mars 1917 n'existait plus en Finlande aucune force de police ou militaire acceptée pour maintenir l'ordre, la gauche comme la droite commencèrent à mettre sur pied leurs propres forces de sécurité, menant à l'émergence de deux corps militaires distincts et indépendants, les gardes Rouge et Blanche. Une atmosphère de violence politique et de peur crût rapidement parmi les Finlandais. Des combats éclatèrent au cours de janvier 1918 en raison d'actions menées tant par les Rouges que les Blancs dans une escalade tant militaire que politique.

Les Blancs gagnèrent la guerre aux dépens des Rouges, ce qui mit fin à l'hégémonie russe sur la Finlande et fit passer le pays dans la sphère d'influence allemande. Le Sénat essaya alors d'établir une monarchie constitutionnelle dirigée par Frédéric de Hesse mais au lendemain de la défaite allemande, la Finlande devint finalement une république indépendante et démocratique, mettant ainsi un terme au royaume de Finlande.

Conséquences et bilan[modifier | modifier le code]

Environ 37 000 personnes sont mortes pendant ce conflit, y compris les pertes sur les fronts, les décès causés par les campagnes de terreur politique et la forte mortalité dans les camps de rétention. Les troubles avaient détruit l'économie de la Finlande, coupé en deux sa classe politique et durablement divisé la nation finlandaise. Le pays s'est lentement réunifié grâce aux compromis passés par les groupes politiques modérés aussi bien à gauche qu'à droite de l'échiquier politique.

Victimes de la guerre[modifier | modifier le code]

Victimes
Raison de la mort Rouges Blancs autres Total
Tombés au combat 5 199 3 414 790 9 403
Exécutés, abattus, assassinés 7 370 1 424 926 9 720
Morts en camp de prisonniers 11 652 4 1 790 13 446
Morts lors de la libération des camps de prisonniers 607 - 6 613
Disparus 1 767 46 380 2 193
autres type de décès 443 291 531a 1 265
Total général 27 038 5 179 4 423 36 640
Source [5]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Serieys, « Finlande 30 avril 1918 Ouvriers et métayers massacrés par les Gardes blancs et soldats allemands (Tampere, Helsinki, Vyborg) », Front de gauche,‎ (consulté le 10 mars 2015)
  2. OLIVIER TRUC, « Finlande: retour sur la guerre civile. Un comité de chercheurs va faire la lumière sur cette page sombre. », Libération,‎ (consulté le 10 mars 2015)
  3. « La Guerre d'Indépendance », mannerheim.fi (consulté le 10 mars 2015)
  4. « guerre civile finlandaise 1918 », THEATRUM-BELLI.ORG (consulté le 10 mars 2015)
  5. (fi) « Morts à la guerre », Archives nationales (Kansallisarkisto) (consulté le 10 mars 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edwin Erich Dwinger, Entre les Rouges et les Blancs (1919-1920), Paris, Editions Payot,‎ , 348 p.
  • Jean-Jacques Fol, Accession de la Finlande à l’indépendance 1917-1919, Université de Paris I (Thèse d'Etat),‎
  • Maurice Carrez, La révolution finlandaise de 1918, LES CAHIERS DU MOUVEMENT OUVRIER, coll. « LES CAHIERS DU MOUVEMENT OUVRIER / NUMÉRO 23 », 72 p. (lire en ligne)
  • (en) Alapuro Risto, State and revolution in Finland, Berkeley, University of California Press,‎
  • (en) Hannula J.O., Finland’s war of independence, Londres, Faber and Faber limited,‎
  • (fi) Haapala Perti, Kun yhteiskunta hajosi : Suomi 1914-1920, Helsinki, Painatuskeskus,‎
  • (en) Harjama Leo, Effects of the war on economic and social life in Finland, New Haven, Yale University Press,‎

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Tears of April, film de Aku Luhimies, 2008.
  • Väinö Linna, Les gardes rouges de Tampere (Tome II), Pantin, Éditions Les Bons Caractères, 2011

Galerie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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