Bataille de Grand-Champ

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Bataille de Grand-Champ
Description de cette image, également commentée ci-après
Épisode de la Chouannerie, peinture de B. de Gironde, XIXe siècle.
Informations générales
Date 28 mai 1795
Lieu Château de Penhoët,
Grand-Champ
Issue Victoire des Républicains
Belligérants
Flag of France.svg RépublicainsRoyal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Commandants
Balthazar Romand
Jean-Louis Gaspard Josnet de Laviolais
Sébastien de La Haye de Silz
Forces en présence
500 hommes[1]250 hommes[2]
Pertes
~ 20 morts[3]
(selon les Chouans)
3 à 14 morts[3],[1]
5 blessés au moins[3]

Chouannerie

Coordonnées 47° 46′ 01″ nord, 2° 50′ 40″ ouest

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(Voir situation sur carte : Morbihan)
Bataille de Grand-Champ

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Bataille de Grand-Champ

La bataille de Grand-Champ fut un combat de la Chouannerie. Le 28 mai 1795, les Républicains mirent en déroute les troupes de Silz lors d'une attaque surprise.

Prélude[modifier | modifier le code]

Sébastien de La Haye de Silz, chef des Chouans du Morbihan, a signé à regrets le traité de la Mabilais, conclu le 20 avril. Cependant la paix n'a pas été signée de bonne foi. À cette période, l'officier chouan Jean Rohu capture plusieurs soldats républicains.

« Dès le matin du jour suivant, on vint nous prévenir que des soldats de Locmaria-Kaer, au nombre de treize, étaient venus prendre du sel par les marais de Beaumer. Aussitôt j'envoyai enlever le bateau du passage de Kerisper, situé entre Carnac et Locmaria-Kaer et, avec les hommes que je pus réunir, je me portai vers les enleveurs de sel qui ne voulurent pas se défendre, qui me remirent leurs armes, et je les fis conduire au bourg de Grandchamp, où M. le comte de Silz, notre général, avait son quartier[2]. »

— Jean Rohu

À la suite de l'arrestation d'un messager de Cormatin et de la découverte de documents compromettants, le général Lazare Hoche décide de rompre la trêve et donne l'ordre d'attaquer les officiers chouans qui avaient refusé de signer le traité.

Grandchamp est connue des Républicains pour être le quartier général des rebelles[1]. Sur l'ordre de Hoche, les généraux Romand et Josnet rassemblent les troupes à Vannes et se mettent en route pendant la nuit du 27 au 28 mai, prenant la direction du château de Penhoët, situé dans la paroisse de Grand-Champ. Les garnisons de Ploërmel, Josselin, et Auray font également route vers cette commune. Les Républicains, divisés en trois détachements sont forts de 500 hommes[1].

La bataille[modifier | modifier le code]

250 Chouans se trouvaient à Grand-Champ, ils ne soupçonnent pas une attaque et sont sans méfiance. Le combat commence à 3 heures du matin, les sentinelles sont écrasées par les Républicains qui attaquent sur tous les points. Les Chouans, dont la plupart sont logés dans les fermes et les granges situées dans les environs du château, prennent aussitôt la fuite[1].

De Silz se met à la tête de ses hommes, mais il est blessé dès le début du combat. Malgré sa blessure, il abat deux de ses adversaires avant d'être entraîné dans la déroute. Se sachant condamné, il demande à ses hommes de laisser et expire peu de temps après sur le chemin du Loc'h. En plus du général de Silz, 13 Chouans ont été tués lors du combat selon François Cadic, les autres s'enfuient dans les bois de Kerret[1].

Selon une lettre d'officiers chouans à Jean Jan, les pertes des Royalistes sont de 3 hommes tués, dont un sans arme, et de 5 blessés, ils estiment à une vingtaine de tués la perte des assaillants et ajoutent que deux femmes et deux enfants ont été assassinés par les Républicains[3].

Les Républicains pillent le bourg[1], et s'emparent du château où il délivrent 44 des leurs retenus prisonniers.

« Monsieur,

Vous avez sans doute appris avec quel courage 250 des nôtres se sont battus pendant une heure et demie contre 800 Républicains. Forcés de céder au nombre, nous avons été obligés d'évacuer le bourg de Grand-Champ. Les Bleus y ont commis des horreurs. Nous avons perdu deux hommes armés et un sans armes; nous avons cinq blessés. Les nationaux ont assassiné deux femmes et deux enfants. Ils ont eu une vingtaine de tués dans le combat, et on en a tué sept aujourd'hui sans perdre un seul homme. Hier, on en prit deux qui prirent la fuite dès le commencement de l'action.

Nous allons maintenant intercepter toutes les grandes routes, arrêter tous les convois, nous défaire des dénonciateurs qui restent encore. Vous voudrez bien en faire autant de suite et faire passer à MM. Du Chélas, Bonfils, Eonnet, et autres chefs de vos environs, copie de la présente pour qu'ils se comportent de la même manière que ceux auxquels vous écrirez, en donnant connaissance à leurs voisins, et ainsi de suite, de canton en canton.

Nous sommes, etc.[3]. »

— Lettre des officiers Le Mercier, Berthelot, Du Boisberthelot fils et Du Chemin à Jean Jan.

La retraite des Chouans[modifier | modifier le code]

À six kilomètres de là, 500 Chouans sous les ordres de Mercier La Vendée et Jean Rohu campent à l'abbaye de Lanvaux. À l'annonce du combat, Mercier arrive à proximité du champ de bataille, trop tard pour secourir de Silz, il rallie les fuyards au bois de Kerret et retraite sur Bignan afin de rejoindre les troupes de Pierre Guillemot[1].

« À cette époque, les conférences de la Mabilais étant rompues, les Républicains nous faisaient la guerre à outrance. Le général de Silz fut attaqué dans sa poistion de Grand-Champ. Sa troupe fut battue, lui tué, et les prisonniers qu'il tenait, délivrés. Le même jour nous nous trouvions au nombre de cinq cents, sous les ordres de La Vendée, à une lieue et demi du bourg de Grandchamp. Nous avions passé la nuit à l'abbaye de Lanvaux, et quand le matin arriva nous nous dirigeâmes vers le champ de bataille, mais nous ne vîmes que ceux des nôtres qui se sauvaient en déroute vers les taillis de Kerret; on nous fit prendre la même direction et nous ne nous arrêtâmes qu'au bourg de Bignan. Chose extraordinaire! étant couché la nuit sur le plancher en tuile d'une chambre de l'abbaye, la veille du combat dont je viens de parler, nous avions allumé du feu auy milieu de l'appartement et nous étions étendus autour; quelques-uns commençaient à sommeiller, quand tout à coup trois fusils, placés contre la longère, furent jetés au feu sans que personne eût bougé, et un cri: Aux armes! fut entendu dans toute la maison, sans que nous ayons jamais pu savoir, ni alors, di depuis, comment ces fusils avaient été jetés au feu et qui avait poussé le cri d'alarme, qui nous fit descendre à la hâte dans la cour où nous restâmes jusqu'au jour[2]. »

— Mémoires de Jean Rohu

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]