Bataille de Valennes

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Bataille de Valennes

Informations générales
Date
Lieu Près du Ferré et de Poilley
Issue Victoire des Républicains
Belligérants
Flag of France.svg RépublicainsRoyal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Commandants
Adjudant-général BernardAimé Picquet du Boisguy
Forces en présence
inconnues1 500 hommes
Pertes
inconnues
2 prisonniers[1]
14 morts[1]
30 blessés[1]

Chouannerie

Coordonnées 48° 29′ 36″ nord, 1° 17′ 34″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Ille-et-Vilaine
(Voir situation sur carte : Ille-et-Vilaine)
Bataille de Valennes
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Bataille de Valennes
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(Voir situation sur carte : France)
Bataille de Valennes

La bataille de Valennes ou bataille de Valeines a lieu le [2] lors de la Chouannerie.

Prélude[modifier | modifier le code]

Le , Louis de Frotté, général des chouans de Normandie, s'était rendu à Parigné pour tenir un conseil militaire avec Aimé Picquet du Boisguy. Toussaint du Breil de Pontbriand s'y rendit également pour représenter la division de Vitré. Le projet de Frotté était de tenir la côte afin de permettre aux Anglais d'opérer un débarquement d'armes et de munition dans la baie du Mont-Saint-Michel. Boisguy promit de le seconder dans son entreprise. Il fut également question de la colonne normande de Saint-James, celle-ci avait été placée récemment sous le commandement de Frotté mais combattait avec Boisguy depuis 1794. Frotté laissa toutefois à Boisguy le commandement de cette colonne.

Le lendemain de la réunion, Frotté repartit pour la Normandie, escorté par les troupes de Boisguy et Pontbriand. Arrivé à Poilley, ils rencontrent et mette en fuite une petite troupe des républicains.

« Ils rencontrèrent dans cette route l'arrière-garde d'une colonne commandée par l'adjudant-général Bernard, qui venait d'avoir une affaire peu importante avec Louvières et quatre compagnies de la colonne du centre, à un lieu-dit le Bois-Rouland et qui se retirait à Saint-James. Du Boisguy, contre l'avis de Frotté, voulut charger cette arrière-garde. Il n'avait avec lui qu'une trentaine d'hommes à cheval. Il faillit payer de sa vie sa témérité, car un grenadier isolé, ayant sauté un fossé pour éviter sa poursuite, l'attendit ensuite et le coucha en joue à bout portant: « Rends-toi, lui dit du Boisguy, tu es un brave, je veux que tu serves avec moi ». « Je le veux bien » reprit le grenadier en lui offrant son fusil et le suivit aussitôt. « Vous avez failli périr comme La Rochejacquelein, lui dit Frotté en arrivant, et votre mort eût été, comme la sienne, inutile à la cause que nous servons ». « Vous avez raison », lui répondit du Boisguy en riant. « Laissez donc filer tranquillement cette arrière-garde, ajouta Frotté, et soyez plus prudent une autre fois. Songez que vous vous devez à vos camarades, que vous êtes l'âme de votre division et que votre perte serait irréparable ». Les deux braves généraux se quittèrent à Poilley où du Boisguy avait donné rendez-vous aux colonnes Normandes et du centre[1]. »

— Mémoires de Toussaint du Breil de Pontbriand

Le combat[modifier | modifier le code]

Le lendemain, à Poilley, Pontbriand quitte également la troupe et repart pour Vitré. Boisguy se trouve toujours dans le bourg lorsqu'il apprend que l'adjudant-général Bernard se trouve à Montours et marche sur Le Ferré. Il se porte alors à sa rencontre et les deux troupes se croisent près du village de Valennes. Dauguet, dit « Fleur-de-Rose », est chargé de défendre la chaussée de l'étang, Boisguy mêne la charge de son côté, croyant que les républicains ne sont pas plus nombreux que la veille, et repousse les premières troupes qu'il rencontre. En revanche, les Normands sont rapidement mise en déroute. Boisguy en est informé et apprend également par deux prisonniers le nombre de ses ennemis. Il fait alors replier toutes ses troupes et fixe Parigné comme point de ralliement. Le combat a duré une heure et demie et Boisguy rejoint dans sa retraite, les troupes de Pontbriand qui ayant entendu la fusillade, faisaient marche arrière. Les chouans déplorent 14 morts et 30 blessés, le grenadier, qui s'était rendu la veille à Boisguy, a été tué dès le début du combat[1].

« Le lendemain du départ de Frotté, du Boisguy ayant réuni ses colonnes du Centre et Normande, fit appeler le grenadier qui s’était rendu à lui et le présenta à ses officiers en leur disant : « Messieurs, je dois la vie à ce brave homme ; Louvières, je vous le recommande, placez-le dans vos grenadiers et ayez soin qu’il soit bien traité. » Louvières l’incorpora aussitôt dans les grenadiers de sa colonne, où il fut reçu aux cris de « Vive le Roi ! »

Pontbriand, qui avait suivi Frotté et du Boisguy jusqu’à Poillé, les quitta dans ce lieu pour retourner à Vitré. La Tuolais, qui avait la fièvre, et l’abbé Frétigny devaient l’accompagner jusqu’à Landéan. Ils n’avaient pas encore fait une lieue, quand ils entendirent une terrible fusillade, qui dura une heure et demie. Comme le feu semblait se rapprocher d’eux, ils marchaient avec précaution, lorsqu’ils aperçurent un groupe de cavaliers qui venaient au galop dans un chemin creux, sur la paroisse de Parigné, et bientôt, ils reconnurent du Boisguy, qui leur dit en arrivant à eux : « Messieurs, la danse est pour aujourd’hui ; à peine veniez-vous de nous quitter, qu’on vint me prévenir que l’adjudant-général Bernard venait d’arriver à Montours et marchait sur Le Ferré ; j’ai cru qu’il n’avait que les troupes que quatre de nos compagnies ont combattu hier, et j’ai marché contre lui ; ils étaient auprès du village de Valennes quand je les ai rencontrés ; j’ai chargé Dauguet, avec ses Normands, de défendre la chaussée de l’étang, et j’ai attaqué de l’autre côté ; déjà, j’avais poussé assez loin ce qui était devant moi, quoique les ennemis me parussent plus nombreux que je ne le croyais, lorsqu’on vint me dire que mes Normands étaient en déroute et que j’avais affaire à plus de trois mille hommes, ce qui me fut confirmé par deux prisonniers. J’ai commandé la retraite et indiqué Parigné pour point de ralliement ; j’y vais ; dans deux heures j’aurai tout mon monde, et j’espère avoir bientôt ma revanche. Adieu. »

Le général Bernard s’était rendu, la veille, à Saint-James, au devant d’un corps de huit cents hommes qui venaient de Pontorson ; une autre troupe, forte de deux mille hommes, arrivait d’Avranches, et ce fut cette dernière qui rompit les Normands et décida la déroute.

Du Boisguy eut quatorze hommes tués et trente blessés, parmi lesquels les lieutenants Michel Desrues, de Louvigné-du-Désert ; Armand Bigot, de Bazouges, et Charles Fontaine, de Vessay ; Jean Lagogué, de Fougères, Julien Hellier, du Ferré ; François Auguet, de Huisnes, et Jean Forget, de Vessay, soldats, qui le furent grièvement.

Le grenadier qui s’était rendu la veille à du Boisguy fut tué dès le commencement de l’action. Du Boisguy lui donna des regrets ; dix-huit heures auparavant, il tenait sa vie entre ses mains, et, au lieu de le tuer, il lui sacrifia la sienne et périt en combattant pour lui. Quelle étrange destinée, et combien les desseins de Dieu sont incompréhensibles. »

— Mémoires de Toussaint du Breil de Pontbriand[1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Toussaint du Breil de Pontbriand, Mémoire du colonel de Pontbriand sur les guerres de la Chouannerie, édition Plon, Paris, (réimpr. Y. Salmon, 1988), p. 342-344.
  • Christian Le Boutellier, La Révolution dans le Pays de Fougères, Société archéologique et historique de l'arrondissement de Fougères, , p. 357-358.
  • Mémoires de la Société académique du Cotentin (archéologie, belles-lettres, sciences et beaux-arts), t. X, Avranches, Imprimerie Alfred Perrin, , 180 p. (lire en ligne). 

Références[modifier | modifier le code]