Combat de La Valette

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Combat de La Valette

Informations générales
Date
Lieu La Valette
Issue Victoire républicaine
Belligérants
Flag of France.svg RépublicainsRoyal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Commandants
Philippe Joseph MalbrancqPicot †
Forces en présence
500 à 1 500 hommes[1]27 à 72 hommes[1],[2]
Pertes
6 morts[2]
8 blessés[2]
25 à 72 morts[1],[2]
2 prisonniers[1]

Chouannerie

Coordonnées 48° 04′ 05″ nord, 1° 22′ 07″ ouest

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Combat de La Valette

Le combat de La Valette se déroula le , lors de la Chouannerie.

Prélude[modifier | modifier le code]

Le combat se déroule après une expédition des chouans contre les communes patriotes de Piré-sur-Seiche, Boistrudan et Amanlis ; ces derniers se retirent alors sur le pays de Vitré, mais la tombée de la nuit décide René Augustin de Chalus, le major-général de l'Armée catholique et royale de Rennes et de Fougères, qui estime ses troupes trop fatiguées, à s'arrêter dans la commune de La Valette pour y passer la nuit. Cette décision se fait malgré l'avis de plusieurs officiers, car la population de La Valette est considérée comme républicaine. En dépit des ordres, la majorité des chouans préfèrent se rendre dans les communes de Cornillé, Domalain, Pocé-les-Bois, où la population leur est acquise. Finalement, seul l'état-major de la division de Vitré, la compagnie des Chevaliers catholiques, la colonne d'Izé commandée par Henri du Boishamon et une partie de la colonne d'Argentré, sous les ordres de Toussaint du Breil de Pontbriand, reste coucher à La Valette. L'état-major loge alors à l'intérieur du bourg, de même que la compagnie de la commune de Princé, dirigée par le capitaine Picot ; les autres compagnies sont dispersées dans les fermes environnantes[1].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Averti des attaques des chouans, le général républicain Philippe Joseph Malbrancq sort de Rennes avec plusieurs centaines de soldats et se rend à Châteaugiron. Là-bas, un paysan de La Valette venu à sa rencontre l'informe qu'il héberge plusieurs insurgés dans sa ferme. Les républicains se rendent au bourg et surprennent les chouans qui imprudemment n'ont laissé aucune sentinelle. Les hommes du capitaine Picot se retrouvent cernés et prennent en otage la famille du fermier qui les a dénoncé. Le combat s'engage à une ou deux heures du matin[1],[2].

Selon les mémoires de Pontbriand, le général Malbrancq attaque avec une première colonne de 800 hommes, bientôt renforcée par une seconde de 700 hommes, tandis que les assiégés menés par Picot ne sont que 27[1]. Le général affirme pour sa part dans sa correspondance avoir affronté 72 chouans[2]. Une autre source royaliste évoque un combat opposant 50 chouans à 500 républicains[1].

Selon Pontbriand, le général républicain décide d'incendier la ferme pour réduire les assiégés[1]. Pour Malbrancq, ce sont les chouans qui allument eux-mêmes le feu accidentellement[2]. Selon le récit de Pontbriand, les royalistes ne croient pas aux cris des républicains qui leur promettent la vie sauve s'ils se rendent et préfèrent périr dans les flammes ; la famille du fermier connaît le même sort[1]. D'après Malbrancq, la plupart des chouans meurent brûlés vifs, d'autres tentent de s'enfuir mais sont abattus dans des embuscades[2]. Le combat s'achève à neuf heures du matin[2].

L'état-major des royalistes est quant à lui réveillé en sursaut alors que la ferme voisine est déjà la proie des flammes. Les officiers chouans, au nombre d'une trentaine, parviennent à s'enfuir sans être repérés. Au matin, les quelques compagnies logées dans les fermes des alentours regagnent le point de rassemblement, sans être inquiétées par les républicains et sans être au courant des affrontements de la nuit[1].

Les pertes[modifier | modifier le code]

Le journal Le Républicain du Nord affirme, d'après la correspondance du général Philippe Joseph Malbrancq, que 72 chouans sont morts lors du combat, dont 22 tués dans des embuscades et 50 brûlés ; les pertes des républicains sont de six morts et huit blessés[2].

Dans ses mémoires, l'officier chouan Toussaint du Breil de Pontbriand affirme que sur les 27 hommes qui ont pris part au combat du côté des royalistes, 25 sont morts brûlés et deux autres, blessés, sont faits prisonniers[1]. Pontbriand évoque une perte de plus de trente hommes du côté des républicains[1]. Des états de services royalistes font également état de la présence d'au moins deux survivants parmi une cinquantaine de combattants à La Valette[1]. Ces derniers sont conduits à la prison de Rennes et relâchés quelques semaines plus tard, lors de la pacification[1].


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Toussaint du Breil de Pontbriand, Mémoire du colonel de Pontbriand sur les guerres de la Chouannerie, édition Plon, Paris, (réimpr. Y. Salmon, 1988)
  • Le Républicain du Nord, t. III, lien.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m n o et p Toussaint du Breil de Pontbriand, p. 372-378.
  2. a b c d e f g h i et j Le Républicain du Nord, numéro 175, p. 2-3.