Combat de Louvigné-du-Désert

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Combat de Louvigné-du-Désert
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Église de Louvigné-du-Désert
Informations générales
Date 19 juillet 1795
Lieu Louvigné-du-Désert
Issue Victoire des Chouans
Belligérants
Flag of France.svg RépublicainsRoyal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Commandants
• Lieutenant Flossel-Lamarre †
• Sous-lieutenant François Enquebec
Aimé Picquet du Boisguy
Forces en présence
55 hommes[1]400 à 500 hommes[1]
(selon les républicains)
Pertes
5 à 22 morts[1],[2]aucune

Chouannerie

Coordonnées 48° 28′ 57″ nord, 1° 07′ 23″ ouest
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Combat de Louvigné-du-Désert
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Combat de Louvigné-du-Désert

Le combat de Louvigné-du-Désert se déroula pendant la Chouannerie en 1795.

Le combat[modifier | modifier le code]

Selon les mémoires de Pontbriand, le combat a lieu le 10 juillet 1795[2], cependant le rapport républicain le fixe au 1er thermidor de l'an III, soit le 19 juillet 1795[1].

Ce jour, un détachement de 25 soldats républicains de la garnison de Louvigné-du-Désert, en route pour Saint-Georges-de-Reintembault, est attaqué par les Chouans, au nombre de 400 à 500 selon les Républicains, sur la route de Louvigné à Mellé. À l'annonce de la fusillade, le tocsin retentit à Louvigné, la garnison et la population trouvent refuge dans l'église et le cimetière, transformés en fort[1]. Le lieutenant Lemarre, rassemble 30 hommes et se porte au secours du détachement[1]. Cependant celui-ci est mis en déroute et les renforts sont entrainés dans la fuite presque sans combattre[2]. Par la suite 60 soldats de la garnison de Saint-Hilaire-du-Harcouët arrivent à Louvigné, dont le bourg n'est finalement pas attaqué[1].

Selon Pontbriand, qui a porté le nombre des Républicains à 150, sans compter les renforts, 22 Bleus ont été tués[2]. En revanche lorsque les Républicains explorent le champ de bataille de lendemain, ils trouvent cinq cadavres, entre Pierrelée et Galaiserie[1], dont le lieutenant Lemarre, pris par les Chouans et fusillé[2].

« Ce jour, premier thermidor an 3 de la République une et indivisible, le citoyen Lamarre, commandant de la force armée dans cette commune, lieutenant de la 8e compagnie du troisième bataillon de la demi-brigade d’infanterie légère, envoie à dix heures et demie du matin une ordonnance composée de vingt-cinq hommes, commandée par le citoyen François Enquebec, sous-lieutenant de la dite compagnie, pour porter secours à Saint-Georges-de-Reintembault.

Environ trois heures de l’après-midi, on entend une fusillade sur la route de Louvigné à Sain-Georges. Le commandant averti fit assembler la troupe et les habitants de ce chef-lieu. Il forme ensuite avec trente hommes, y compris huit hommes de la garde nationale, qui sont les citoyens Jean et Pierre Loton, père et fils, Julien Breton, et Pierre, son fils, François Taron, et son fils François, François Chrétien et Michel Roussel, un détachement à la tête duquel il marche secourir le premier renfort qu’il avait envoyé du côté de Saint-Georges-de-Reintambault. La générale est battue et le poste de la troupe de ligne, seul alors, se retire avec les habitants dans le fort de la place.

Le tocsin sonne pour rassembler le plus de monde possible ; pendant ces mouvements d’alarme, plusieurs volontaires du premier et du second détachement arrivent, les uns après les autres, et nous annoncent la déroute que ces deux détachements avaient éprouvée l’un après l’autre, ayant été attaqués par quatre à cinq cents chouans, qui passaient à peu de distance d’eux, former le dessein d’’attaquer de suite ce chef-lieu, sur quoi la municipalité prend le parti d’envoyer un express à Saint-Hilaire pour demander de la force : dans la crainte que ce courrier fut arrêté, cette route ainsi que toutes les autres étant souvent interceptée, il en fut envoyé un second à cinq heures, porteur de la même demande. Pendant ce temps arrivaient encore d’autres volontaires et de ce nombre fut le citoyen Enquebec, commandant le premier détachement. Sept des habitants du bourg qui s’étaient joints à la troupe rentrèrent à différentes fois et se réunirent au fort avec nous.

Entre huit et neuf heures du soir arrive une ordonnance, de trois cavaliers du vingt-quatrième régiment qui nous annoncent un secours de soixante hommes de la garnison de Saint-Hilaire. Après avoir rempli leur mission, ils repartent pour Saint-Hilaire. Un quart d’heure après nous entendons une fusillade sur leur route et les dits cavaliers n’ont pas tardé à se replier sur notre piste en déclarant que cette fusillade avait eu lieu à quelque distance en avant d’eux.

A neuf heures et demie, le secours annoncé est entré dans le fort, il y a bivouaqué avec nous et les habitants.

Nous observons qu’à sept heures du soir le maire est prévenu par un particulier de cette commune qu’il s’était rendu chez lui un volontaire du septième bataillon de la Charente, qui avait été saisi par les Chouans avec lesquels il était depuis trois semaines, sans avoir pu trouver un moment plus favorable que celui de l’affaire dont vous faisons le rapport pour s’échapper de leurs mains.

La nuit s’ est passée assez tranquille et le service s’est fait avec exactitude. A quatre heures du matin, le citoyen Enquebec fait partir un détachement composé de la garnison de Saint-Hilaire, des trois cavaliers d’ordonnance et de chasseurs avec les guides, pour se transporter sur le champ de bataille et voir le résultat de l’affaire d’hier et protéger la rentrée des volontaires, en cas qu’il en eût resté quelques-uns de vivants aux environs.

Le détachement rentré rapporte qu’arrivé au lieu de Pierrelée jusqu’à celui de Galaiserie, en cette commune, situé sur la route de ce chef-lieu à Mellé, il a trouvé, dans le chemin et les champs voisins, cinq cadavres qui ont été reconnus pour être ceux des citoyens Flossel-Lamarre, lieutenant commandant notre cantonnement ; Blanvilain, caporal de la même compagnie ; Jean Folio et Jacques Bodienville, chasseurs de la même compagnie, et Jean Lotton, cordonnier et tisserand, guide des cantonnements depuis plus de deux ans, lesquels ont été égorgés et mutilés à coups de poignards, de sabres et de crosses de fusils ; on avait coupé les oreilles au lieutenant. Tous ont été amenés dans le chef-lieu et inhumés au lieu ordinaire des sépultures.

Nous apprenons encore que les chouans se sont portés cette nuit, au nombre de deux cents, sur la route d’ici à Saint-Hilaire et d’autres sur celle qui va à Fougères ; ce qui prouve l’intention qu’ils avaient de nous attaquer dans la nuit, si nous n’avions reçu le secours demandé et si nous n’avions employé la plus exacte surveillance. [1]. »

— Rapport de l'administration de Louvigné-du-Désert

« Le jeune du Boisguy surprit, entre Mellé et Louvigné, un détachement de la garnison de Saint-Georges-de-Reintembaut, fort de cent cinquante hommes, qui allait chercher des grains, et le battit complètement. La garnison de Louvigné, qui accourait à son secours, fut entrainée, presque sans combattre, dans cette déroute ; le capitaine qui la commandait fut pris et fusillé ; vingt-deux Républicains furent tués dans cette petite action[2]. »

— Mémoires de Toussaint du Breil de Pontbriand

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Toussaint du Breil de Pontbriand, Mémoire du colonel de Pontbriand sur les guerres de la Chouannerie, édition Plon, Paris, (réimpr. Y. Salmon, 1988), p. 172.
  • Théodore Lemas, Le district de Fougères pendant les Guerres de l'Ouest et de la Chouannerie 1793-1800, Rue des Scribes Éditions, , p. 177-179.
  • Christian Le Boutellier, La Révolution dans le Pays de Fougères, Société archéologique et historique de l'arrondissement de Fougères, , p. 428-431.
  • Marie-Paul du Breil de Pontbriand, Un chouan, le général du Boisguy, édition Honoré Champion, Paris, (réimpr. La Découvrance, 1994), p.129-132.

Références[modifier | modifier le code]