Bataille de La Ceriseraie

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Bataille de La Ceriseraie
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L'embuscade, éspisode de la Chouannerie, peinture de Charles-Alexandre Coëssin de la Fosse, 1883.
Informations générales
Date 12 août 1795
Lieu Entre Carquefou et Saint-Mars-du-Désert
Issue Victoire des Chouans
Belligérants
Flag of France.svg RépublicainsRoyal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Commandants
• Antoine Dubois White flag icon.svgRené Palierne
Forces en présence
300 à 500 hommes[1]600 à 700 hommes[1]
Pertes
220 à 300 morts[1]inconnues

Chouannerie

Batailles

Liffré · Expédition de Quiberon · Plouharnel · Quiberon · Segré · 1er Rocher de La Piochais · La Ceriseraie · La Cornuaille · 1re La Croix-Avranchin · La Vieuville · 2e Rocher de La Piochais · 2e La Croix-Avranchin · Auverné · Andigné · Croix-Couverte · Tinchebray · L'Auberge-neuve · Locminé · Saint-Hilaire-des-Landes · Val de Préaux · Le Grand-Celland · Argentré · Noyant-la-Gravoyère · La Hennerie · Le Mans · Nantes · Saint-Brieuc · Le Lorey · Mont-Guéhenno · La Tour d'Elven · 2e Saint-James · Pont du Loc'h · Les Tombettes

Coordonnées 47° 20′ 39″ nord, 1° 28′ 05″ ouest

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Bataille de La Ceriseraie

La bataille de La Ceriseraie ou bataille de Carquefou se déroule pendant la Chouannerie. Le , le 3e bataillon de volontaires d'Arras est détruit dans une embuscade tendue par les Chouans.

Prélude[modifier | modifier le code]

Le , un convoi républicain quitte Nantes et se porte en direction de Châteaubriant. Ce convoi transporte 25 000 livres en numéraire et 1 100 000 en assignats, des armes et des munitions. On compte en outre six voitures chargées de farine et deux autres remplies de rhum et d'eau-de-vie. Le convoi est escorté par le 3e bataillon d'Arras au complet, renforcé par un détachement de volontaires nantais. Le bataillon d'Arras, considéré dans certains récits comme « l'un des plus beaux de la République » s'est distingué vingt jours plus tôt à la bataille de Quiberon où il a été l'un des premiers à entrer dans le fort Penthièvre. Il a par la suite pris part aux exécutions des prisonniers émigrés et chouans[1].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Le nombre de soldats républiciains escortant le convoi varie beaucoup selon les historiens. Du côté des auteurs royalistes, pour Jacques Crétineau-Joly et l'abbé Deniau, les Bleus disposent de 1 800 hommes mais ce nombre est certainement exagéré car largement supérieur à l'effectif réglementaire d'un bataillon. Dans ses mémoires, Palierne estime le nombre de ses adversaires à 1 100. De son côté, Théodore Muret avance le nombre de 500 soldats républicains[1].

Du côté des « Bleus », les historiens républicains Charles-Louis Chassin et Jean Julien Michel Savary s'appuient sur le rapport de l'administration de Nantes au Comité de salut public, qui fixe le nombre de soldats du bataillon de volontaires d'Arras à 300 hommes. Cependant selon Alfred Rouxeau, ce rapport semble oublier les forces du bataillon nantais[1].

Concernant les Chouans, les rapports républicains estiment leur nombre de 4 000 à 5 000. Là encore, selon Alfred Rouxeau, cette estimation est exagérée ; à cette époque la division de Palierne ne comprend pas la moitié de ce nombre, et elle n'était surement pas réunie en totalité. Selon Alfred Rouxeau, les forces de Palierne sont probablement de 600 à 700 hommes[1].

La bataille[modifier | modifier le code]

René Palierne, colonel chouan, commandant de la division d'Ancenis, est informé du départ du convoi la veille. Il charge Esprit Blandin, dit La Garde, capitaine de la compagnie de Carquefou, de se poster en embuscade avec une vingtaine d'hommes au village des Bréheudes, situé à un kilomètre de Carquefou. Il a pour mission d'entraîner les Républicains dans l'embuscade. Celle-ci est tendue par les forces de La Houssaie qui dissimule ses hommes, issus des paroisses de Saint-Mars-du-Désert, Petit-Mars, Ligné et Mouzeil, derrière les fossés, les haies et les bois[1].

Les Républicains entrent dans la petite ville de Carquefou dans la journée, mais ils sont épuisés et assoiffés en raison d'une chaleur accablante. Constatant que les habitants ont déserté le bourg, les soldats se ruent sur toute eau ou boisson qu'ils peuvent trouver, mais plusieurs s'abreuvent d'eau croupie ce qui, combiné avec les combats, la fatigue et l'insolation, sera fatal à plusieurs d'entre eux. Les Républicains ne restent pas longtemps dans le bourg, la présence de Chouans ayant été signalée. Ils se remettent rapidement en route, vers Saint-Mars-du-Désert[1].

Au signal des cornets à bouquin, les Républicains sont assaillis sur deux côtés par les premiers détachements chouans à la hauteur du Clouet. Le commandant républicain décide néanmoins de poursuivre la route et d'accélérer la marche. Continuellement harcelés, les Bleus gagnent la côte de La Ceriseraie et sont contraints de ralentir pour franchir les hauteurs malgré l'ordre du commandant qui a fait doubler les attelages. Les Républicains sont alors assaillis sur leurs deux flancs par le gros des forces chouannes de La Houssaie. Épuisés, les Républicains se débandent et prennent la fuite, poursuivis par les chouans qui les taillent en pièces. Les survivants se regroupent au village de la Banque ; ils parviennent à contenir les Chouans et se replient sur Nort-sur-Erdre[1].

Les pertes[modifier | modifier le code]

L'affaire est désastreuse pour les Républicains, le convoi tout entier est tombé aux mains des Chouans et les pertes sont très importantes. Les prisonniers républicains sont fusillés, y compris les blessés. D'après les récits républicains, même les femmes et les enfants participent au massacre, achevant les blessés et mutilant les cadavres des soldats. La fureur des Chouans était extrême contre les soldats du bataillon d'Arras qui avaient accepté de fusiller des prisonniers émigrés et chouans lors de l'Affaire de Quiberon alors que d'autres bataillons avaient refusé[1].

Le commandant Antoine Dubois, blessé, est capturé et conduit au château de Bourmont, où il est jugé par un tribunal militaire chouan. Il est condamné à mort et fusillé pour avoir présidé la 2e commission militaire de Quiberon qui fit condamner et fusiller des centaines de prisonniers émigrés et chouans[1].

Les auteurs royalistes exagérèrent la victoire des Chouans en laissant entendre que les 1 800 hommes du convoi avaient été entièrement exterminés. Selon Palierne, les pertes des Républicains sont de 300 hommes ; quant au rapport de l'administration de Nantes, il avoue pour le bataillon de volontaires d'Arras, une perte de 220 hommes tués sur 300. Dans un courrier daté du 14 août et adressé au général Josnet, le général Canclaux reconnaît que le bataillon d'Arras a perdu les deux tiers de son effectif. Mais pour Alfred Rouxeau, ces rapports oublient de mentionner les pertes du bataillon nantais[1].

Par la suite le rapport de l'administration de Nort laissa entendre que les soldats avaient été empoisonnés à Carquefou, affirmation démentie cependant par les autopsies, puis un autre rapport des commissaires de la société populaire de Nantes diminua encore le nombre des tués à 50 hommes[1].

Extermination des bataillons de fusilleurs[modifier | modifier le code]

Les deux autres bataillons furent également anéantis mais dans des circonstances moins connues, celui de Paris aurait été détruit par les troupes de Aimé Picquet du Boisguy, de la division de Fougères lors du combat de La Chapelle-Saint-Aubert, quant au bataillon de la Gironde, il fut détruit le par les troupes de Jambe d'Argent, Scépeaux ou Charette. La compagnie belge périt à Brée, près de Laval.

Le , le général Lemoine écrit :

« Vous m'avez demandé de vous fournir une liste des bons patriotes qui m'ont aidé dans les vengeances que j'ai exercées au nom de la nation. On a eu, malgré moi, le tort de les engager, même avant la fin de l'affaire, au milieu de ce pays sauvage et j'ai le regret de vous annoncer que tous ont péri, assassinés par nos lâches ennemis. C'est à peine si les états de situation que je viens de parcourir en présentent quelques-uns sur les cadres. Les brigands avaient juré de les faire tous périr et nous ne pouvons plus qu'honorer leur mémoire républicaine. Je viens de proposer à Hoche de faire une fête funèbre en l'honneur de ces martyrs de la justice nationale. J'espère qu'il accueillera un vœu qui doit moraliser l'armée, dont les officiers et régiments m'ont donné de graves sujets de plainte au sujet de cette expédition[2]. »

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph de Goué, Carquefou, une paroisse bretonne, Lorisse-Le Livre d'Histoire, (ISBN 2-87760-569-8)
  • Alfred Rouxeau, Un chef chouan chouan du pays nantais, Palierne, L. Durancé, .
  • Tanneguy Lehideux, Combats d'un Chouan, Terrien cœur de lion, La Crèche : Geste éditions, , 444 p. (ISBN 978-2-84561-509-0).
  • Charles-Louis Chassin, Les pacifications dans l'Ouest, t. I, éditions Paul Dupont, 1896-1899, p. 587.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m et n Alfred Rouxeau, Un chef chouan chouan du pays nantais, Palierne, p. 149-153.
  2. Christian Le Boutellier, La Révolution dans le Pays de Fougères, Société archéologique et historique de l'arrondissement de Fougères,