Bataille de Saint-James (1800)

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Bataille de Saint-James
Informations générales
Date
Lieu Saint-James, La Croix-Avranchin et Montanel
Issue Victoire des chouans
Belligérants
Flag of France.svg Républicains Royal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Commandants
Charles Dumoulin Aimé Picquet du Boisguy
Auguste Hay de Bonteville
Louis Picquet du Boisguy
• François Julien Morel d'Escures
• Bertrand de Saint-Gilles
Forces en présence
600 à 1 000 hommes[1],[2] 2 200 hommes[3]
Pertes
22 morts[1]
30 à 35 blessés[1]
80 morts ou blessés[3]

Chouannerie

Batailles

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Coordonnées 48° 31′ 25″ nord, 1° 19′ 24″ ouest

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Bataille de Saint-James

La deuxième bataille de Saint-James a lieu pendant la Chouannerie. Le , la trêve est rompue après des escarmouches dans les environs de Saint-James, les chouans et les républicains engagent le combat qui tourne à l'avantage des royalistes.

Prélude[modifier | modifier le code]

La troisième chouannerie a commencé le 25 octobre 1799, mais dès le 18 décembre, une trêve a été conclue entre les belligérants, à la suite de la chute du Directoire. Évadé de la prison de Saumur, Aimé Picquet du Boisguy reprend le commandement de sa division de Fougères à la fin du mois de décembre 1799. Il réorganise ses troupes, mais peu de temps après son arrivée il se rend à la conférence de Pouancé où républicains et royalistes négocient sur de possibles conditions de paix[3].

Du Boisguy figure parmi les généraux royalistes qui sont pour continuer la guerre. Ayant appris que le général Brune arrivait en Bretagne avec d'importantes troupes, il regagne rapidement le pays de Fougères et y rassemble une partie de ses forces, mais ne veut pas rompre lui-même la trêve[3].

Une première escarmouche a lieu le 16 janvier, lorsque les républicains de la garnison de Saint-James repoussent une incursion de 150 chouans qui laissent quatre ou cinq morts[4],[2]. Puis le 20 ou le 22, François Julien Morel d'Escures, colonel de la division de Saint-James, de l'Armée catholique et royale de Normandie, est attaqué avec ses 200 hommes par les troupes républicaines venues d'Avranches et fortes de 800 hommes selon Pontbriand. Le chef normand trouve alors refuge avec ses hommes dans la division de Boisguy à Parigné. Du Boisguy décide alors de contre-attaquer et se porte avec sa troupe au village de Montjoie-Saint-Martin, près de Saint-James, afin d'attaquer cette place pour le lendemain[3].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Selon les mémoires de Toussaint du Breil de Pontbriand, les chouans engagent 2 200 hommes dans l'affrontement, soit les 200 Normands commandés par Descures, tandis que du Boisguy a initialement 1 100 Bretons avec lui. Ces forces sont renforcées pendant la bataille par la colonne d'Auguste Hay de Bonteville, forte de 800 à 900 hommes[3].

Toujours selon Pontbriand, les forces républicaines sont bien plus nombreuses, il écrit que la garnison de Saint-James était forte de 400 hommes et que le général Dumoulin disposait de 4 000 soldats. Ce nombre aurait été donné par un soldat républicain fait prisonnier[3].

Mais cette estimation semble surévaluée, selon des sources républicaines de l'administration de Fougères, la colonne du général Dumoulin ne comptait que 500 à 600 hommes de troupes de ligne[1].

D'après Pontbriand, Dumoulin estima le nombre des chouans à 5 000[3].

De son côté, l'administration républicaine d'Avranches écrivit dans un courrier daté du 8 pluviôse (28 janvier) et adressé à l'administration municipale du canton de Villedieu-les-Poêles, que le combat opposa 130 hommes commandés par Dumoulin à 250 chouans sur les hauteurs de la Palluelle, puis 1 000 à 1 200 autres au bourg de La Croix-Avranchin[2]. Selon l'historien Félix Jourdan, d'autres sources républicaines évoquent un affrontement opposant 400 soldats sortis de Saint-James à 1 200 ou 1 500 chouans[2].

La bataille[modifier | modifier le code]

Dans ses mémoires, Pontbriand fixe la date du combat au [3], en revanche les documents républicains le placent au 3 pluviôse, soit le 23 janvier[1].

Les chouans commandés par Aimé Picquet du Boisguy se divisent en deux colonnes égales, la première se porte à la vue de la garnison de Saint-James afin de la pousser à faire une sortie, tandis que la deuxième est chargée de prendre les républicains à revers. La garnison se porte effectivement à la rencontre des chouans mais elle se replie très rapidement, ayant sans doute deviné le piège. Selon Pontbriand, 26 républicains sont tués dans ce combat[3].

Les chouans se rendent alors ensuite à La Croix-Avranchin puis prennent la route de Montanel après avoir pris du repos. Les républicains de Saint-James font alors une nouvelle sortie et se portent à la rencontre des chouans. Mais Louis Picquet du Boisguy, frère d'Aimé du Boisguy et commandant de l'avant-garde, en est informé et les républicains tombent dans une embuscade entre La Croix-Avranchin et Montanel[3].

Ces derniers sont mis en déroute en un quart d'heure et se replient sur le village de Vauzel, sur la route de Saint-James. C'est à ce moment que le général Dumoulin arrive en renfort avec sa colonne. Il commence par rallier les fuyards puis fait poster ses hommes en embuscade. Les chouans menés par Bertrand de Saint-Gilles arrivent alors à Vauzel, lancés dans la poursuite des républicains, mais ils tombent à leur tour dans le piège. Surpris par les républicains embusqués, les royalistes battent aussitôt en retraite et rejoignent le gros des troupes commandées par Aimé Picquet du Boisguy[3].

Dumoulin fait alors mouvement et lance l'attaque sur les forces royalistes. Le combat s'engage alors pendant une demi-heure, mais les chouans ont l'avantage car ils occupent un front plus large. Boisguy reçoit ensuite des renforts, qui leur permet de faire jouer le poids du nombre ; d'abord les 400 hommes de son frère Louis rejoignent le combat et c'est ensuite la colonne d'Auguste Hay de Bonteville qui fait son apparition sur le champ de bataille. Celle-ci, forte de 800 à 900 hommes, attaque les républicains dans leur dos[3].

Dumoulin ordonne alors la retraite qui, selon Pontbriand, se transforma en déroute ; il ne put rallier ses hommes qu'à Saint-James. Pontbriand estime dans ses mémoires que le général républicain fit plusieurs erreurs lors du combat. N'ayant pas attaqué assez vigoureusement après une embuscade réussie, il a laissé le temps aux royalistes de se réorganiser, a ensuite trop massé ses troupes qui ne présentèrent pas un front suffisamment étendu et enfin n'a pas gardé une réserve à opposer à Bonteville[3].

Par la suite, le cantonnement fit une nouvelle sortie pour affronter les rebelles, mais le 25 janvier, profitant du départ de la garnison, un groupe de 200 chouans s'emparèrent du poste qui n'était plus gardé que par des paysans. Ils prirent les fusils dans la mairie et pillèrent ou menacèrent quelques habitants[4].

Les pertes[modifier | modifier le code]

Les pertes des deux camps ne sont pas connues avec certitude, elles furent exagérées ou minimisées des deux côtés[2]. Certains rapports républicains annoncèrent la défaite des chouans, mais le champ de bataille resta à ces derniers[5],[1].

Dans ses mémoires, le colonel chouan Toussaint du Breil de Pontbriand, écrivit que 900 républicains furent tués lors de la bataille et 300 blessés, contre un bilan de 80 morts ou blessés chez les chouans[3].

Selon les administrateurs d'Avranches, les pertes du général Dumoulin furent de 8 morts et 20 blessés sur 130 hommes[2]. De son côté un journal rennais, le Journal du Commerce, évalua les pertes républicaines à 4 tués et 12 blessés contre 500 morts ou blessés sur 1 500 hommes du côté des chouans[1]. Mais cette dernière estimation fut contredite par Hautraye, commissaire de Louvigné-du-Désert, qui écrivit que : « Le général Dumoulin ne s'était pas fait rendre un compte bien exact de la perte de part et d'autre, car il eût appris qu'il y a eu vingt-deux tués et de trente à trente-cinq blessés du côté des républicains et de celui des chouans, à qui resta l'avantage du champ de bataille, soixante à quatre-vingt tués ou blessés, au plus »[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Le Boutellier, La Révolution dans le Pays de Fougères, Société archéologique et historique de l'arrondissement de Fougères, , p.699-701.
  • Toussaint du Breil de Pontbriand, Mémoire du colonel de Pontbriand, , p.424-430.
  • Charles-Louis Chassin, Les pacifications dans l'Ouest, t. III, éditions Paul Dupont, , p. 556-557.
  • Théodore Lemas, Le district de Fougères pendant les Guerres de l'Ouest et de la Chouannerie 1793-1800, Rue des Scribes Editions, , p.336-337.
  • Marie-Paul Du Breil de Pontbriand, Un chouan, le général du Boisguy, édition Honoré Champion, Paris, (réimpr. La Découvrance, 1994), p.426-430.
  • Léon de La Sicotière, Louis de Frotté et les insurrections normandes, 1793-1832, t. II, Plon, , p. 454-456. gallica
  • Félix Jourdan, La chouannerie dans l'Avranchin, 2e partie, , p.247-251. [1], p.238.

Références[modifier | modifier le code]