Basilique Saint-Sauveur de Dinan

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Basilique Saint-Sauveur
Dinan - Saint-Sauveur.jpg
Présentation
Type
Diocèse
Style
Roman et Gothique.
Propriétaire
Commune
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Commune
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La basilique Saint-Sauveur de Dinan est un édifice religieux affecté au culte catholique romain situé à Dinan, en France[1]. Seule église paroissiale comprise intra-muros avec l'église Saint-Malo, il s'agit également d'un lieu de dévotion mariale à Notre-Dame-des-Vertus, bas-relief du XVe siècle autrefois conservé au Couvent des Cordeliers. Objet d'une vénération locale, cette représentation de l'Assomption de la Vierge a permis que l'édifice soit érigé en basilique mineure par le Pape Pie XII le 23 mai 1954[2].

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église est située dans le département français des Côtes-d'Armor, commune de Dinan, au cœur du secteur sauvegardé. Elle surplombe la Rance. Derrière le chevet se trouve le Jardin Anglais, ancien cimetière.

Histoire[modifier | modifier le code]

La tradition attribue à Riwallon le Roux la fondation de Saint-Sauveur de Dinan, en 1112, à son retour de Terre sainte. Fait prisonnier au cours de la première croisade, ce chevalier, petit fils de Josselin Ier de Dinan, fils d'Olivier Ier de Dinan et frère de Geoffroy Ier de Dinan, aurait fait vœu d'édifier une église dédiée au Saint-Sauveur et à la Sainte-Trinité s'il revoyait un jour son pays. Si aucun texte ne vient confirmer cette histoire, une charte de 1123, instituant le partage de la ville entre Olivier II et Alain de Dinan, neveux du fondateur, rappelle que l'édifice et son cimetière appartenait déjà alors à l'abbaye de Saint-Jacut[3]. Prieurale bénédictine jusqu'à la Révolution, Saint-Sauveur de Dinan, dont la fondation s'inscrit dans une riche histoire religieuse déjà ponctuée par les fondations des prieurés Saint-Malo en 1066 et de la Madeleine-du-Pont vers 1070-1080, présente des particularités iconographiques et architecturales qui en font un édifice roman atypique à l'échelle bretonne, où s'exprimerait une possible influence orientale.

L'église Saint Sauveur, restée intacte jusqu'au XVe, est totalement remaniée à la fin du XVe et au XVIe siècle. De la période romane ne subsistent que la partie basse de la façade occidentale et le mur méridional, le reste de l'édifice est reconstruit dans le style gothique, un bas-côté nord est ajouté (le bas côté sud bien que prévu ne sera jamais construit), la partie haute de la façade occidentale est modifiée, le chœur et le transept sont rebâtis. Quelques parties seront restaurées au XIXe[4].

Chronologie[4][modifier | modifier le code]

  • 1112: la tradition attribue la fondation de l'église à Riwallon de Dinan, de retour de croisade.
  • 1123: une charte mentionne l'appartenance du prieuré de Saint-Sauveur à l'abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer.
  • 1480: début de construction du collatéral nord et de la file de chapelles attenantes. Réfection de la façade occidentale avec ouverture d'une large verrière.
  • Vers 1500: une chapelle privative est percée dans la troisième travée du mur méridional de la nef.
  • 1507: les parties basses du chœur sont entreprises.
  • Vers 1510-1520: l'étage de la façade occidentale est reconstruit.
  • 1515-1545: déambulatoire et chapelles rayonnantes reçoivent leurs voûtes.
  • 1547: effondrement du clocher de croisée.
  • Milieu du XVIe siècle: les croisillons sont entrepris.
  • 1557-1558: reconstruction des piliers à la croisée du transept.
  • Vers 1570: triforium et fenêtres hautes du chœur sont montés.
  • Les guerres de religion perturbent l'avancement de travaux.
  • 1646: une charpente lambrissée couvre le chœur et les bras du transept.
  • XVIIIe siècle: des voûtes en bois et plâtre la remplacent sur le chœur.
  • La Révolution transforme l'église en Temple de la Raison.
  • 1801: l'édifice est rendu au culte.
  • 1847: L'architecte Hippolyte Béziers-Lafosse établit une monographie de l'édifice
  • 1851-1852: première campagne de restauration par Hippolyte Béziers-Lafosse (façade ouest, fenestrages).
  • 1855-1864: restauration conduite par Victor Ruprich-Robert (portail, flanc sud de la nef)
  • 1862: l'édifice est classé au titre des monuments historiques[1].
  • 1907: restauration de la façade nord et du croisillon attenant.
  • 1954: le titre de basilique mineure est conféré à Saint-Sauveur de Dinan.
  • 2d semestre 2008-1er trimestre 2009: restauration de la chapelle méridionale de la nef.
  • 1er semestre 2013: restauration des toitures du chœur de la basilique[5]

Architecture[modifier | modifier le code]

L'architecture de la basilique Saint-Sauveur de Dinan se partage en deux ensembles bien distincts :

  • une partie romane du XIIe siècle constituée par le rez de chaussée de la façade occidentale et le mur sud de la nef,
  • une partie gothique occupant le reste de l'édifice (haut de la façade occidentale, mur nord du bas côté de la nef, transept, chœur et chevet).

Architecture romane[modifier | modifier le code]

Extérieur (architecture romane)[modifier | modifier le code]

À l'extérieur, la partie romane est exceptionnelle : la façade occidentale est d'un style très inhabituel en Bretagne et le mur sud semble d'influence byzantine[6]. Plusieurs hypothèses ont été proposées pour expliquer l'origine de cette architecture, certains y voient un style importé du Proche Orient au retour des croisades, d'autres une influence byzantine indirecte par le truchement de monuments poitevins, Roger Grand penche pour cette deuxième hypothèse[6].

La partie basse de la façade occidentale se rapproche effectivement d'un style roman plus répandu dans les régions du Poitou et de la Saintonge qu'en Bretagne (la partie haute reconstruite au XVe siècle appartient au style gothique[7]). Réné Couffon rappelle que certains auteurs la comparent à la façade de l'église Saint Nicolas de Civray[7]. À l'époque de la construction de Saint-Sauveur (XIIe siècle), les Plantagenêt dominaient l'ouest de la France, des courants artistiques provenant de régions plus méridionales ont alors probablement existé.

La partie basse de cette façade se divise en trois arcades plein cintre, chacune d'entre elles à trois voussures.

Les arcades gauche et droite sont aveugles, elles sont subdivisées en deux arcades jumelées supportées par des colonnes torsadées à droite et à gauche, ces quatre arcades sont occupées par des statues méconnaissables, car totalement érodées ou mutilées à une époque inconnue. Colonnes et statues reposent sur des lions également très érodés, chacune des statues est couverte d'un dais sculpté, celui situé le plus au sud représente l'agneau pascal portant la croix. La composition de cet ensemble se rapproche de celle de l'église Saint-Martin de Chadenac (Charente Maritime)[8].

Au-dessus des trois arcades, un bœuf et un lion tous deux ailés et tenant un livre devaient composer un tétramorphe dont l'homme ailé et l'aigle auraient disparu lors de reconstruction de la partie haute de la façade.

Les sculptures des chapiteaux des arcades et du porche central évoquent les péchés capitaux (luxure, orgueil, avarice)[6],[9]. Anne Autissier les décrit ainsi[10] :

  • de gauche à droite, peut-être l'orgueil dévoré par un monstre, un pélican, se perçant le flanc, un homme cornu écartelé par des démons, des lions affrontés (deux chapiteaux), une sirène à double queue, un récit hagiographique sur cinq chapiteaux se terminant par un homme percé d'une épée, trois chapiteaux refaits durant la restauration de l'édifice (dont Samson et le lion),
  • un pèlerin attaqué par un dragon, la luxure (femme mordue par des crapauds), un motif végétal, deux oiseaux adossés buvant dans un vase, des animaux ailés, des lions affrontés, des serpents entrelacés (refait), un monstre torturant un avare, un chapiteau illisible, des serpents entrelacés, un chapiteau illisible, un serpent dévorant un oiseau (refait).
Arcades nord
Arcades sud

Le porche central comporte une arcade à trois voussures, la première non sculptée, la deuxième constituée d'une suite de motifs végétaux entrelacés (restauration du XIXe siècle[11]), la troisième représentant des personnages de la bible[6] ou les vieillards de l'Apocalypse[10]. Le tympan occupé par le Christ bénissant dans une mandorle est beaucoup plus récent[6].

Porche central à trois voussures

Le mur sud est très original, la partie basse reprend la configuration présente à l'intérieur de la basilique : doubles arcatures séparées par des contreforts en colonnes ou pilastres rejoignant la corniche terminale (structure analogue à celle de l'école poitevine[6]). Les arcatures reposent sur des chapiteaux sculptés (représentations de vices et d'animaux). En partie haute, une alternance de fenêtres et de niches concaves rappellent une composition de style byzantin[7]. La corniche repose sur une série de modillons sculptés. La chapelle Saint Jean située au niveau de la troisième travée date du XVe siècle, elle aurait pu être construite à l'emplacement d'une ancienne porte située entre les deux pilastres[7],[11].

Intérieur (architecture romane)[modifier | modifier le code]

De l'architecture du XIIe siècle, on ne peut décrire que la nef et le transept, le chœur ayant été totalement reconstruit aux XVe siècle et XVIe siècle.

Un transept existait avant les modifications du XVe siècle (on peut observer des traces d'arrachement, à l'extérieur, au niveau du mur sud de la nef[11]). La nef et le chœur étaient séparés par un arc triomphal dont on devine les traces au niveau des arcs supportant la voûte du carré du transept. Au-dessus devait s'élever une tour carrée dont témoigne une différence d'appareil entre les parties basses et hautes du clocher actuel[6].

Le mur sud de la nef est entièrement roman (XIIe siècle), il est divisé, dans sa partie basse en couples d'arcades aveugles. Chaque couple d'arcade retombe de chaque côté sur un chapiteau décoré de feuilles à crochets, la retombée centrale reposant sur une simple console. Dans sa partie haute alternent arcatures ouvertes et arcatures aveugles, chacune d'entre elles retombe de chaque côté sur un chapiteau identique à ceux de la partie basse. La première arcade (à l'ouest) repose sur une colonne engagée dont le chapiteau est orné de palmettes.

À l'intérieur de la façade occidentale, plusieurs chapiteaux sculptés subsistent, l'un représente des serpents entrelacés, l'autre deux chameaux affrontés.

Deux chapiteaux sont déposés dans une des chapelles rayonnantes, il pourrait s'agir de copies d'originaux datant de l'époque romane (XIIe siècle)[6], l'un représente la péché originel, l'autre l'annonciation.

Architecture gothique[modifier | modifier le code]

La basilique Saint-Sauveur a été reconstruite aux XVe siècle et XVIe siècle, les constructeurs y ont adopté l'architecture gothique flamboyante comme à l'église Saint-Malo de Dinan dont la construction est contemporaine de celle de la basilique. Compte tenu de la durée des travaux, des éléments Renaissance ont également été introduits au sein de l'architecture (chevet, crédences à l'intérieur des chapelles).

Extérieur (architecture gothique)[modifier | modifier le code]

La partie haute de la façade occidentale, le mur nord de la nef, le transept et le chevet sont bâtis en gothique flamboyant.

La belle fenêtre de la partie haute de la façade occidentale est caractéristique de ce style : assemblage de soufflets et de mouchettes. Les fenêtres du bas côté nord, bien que de compositions différentes, appartiennent au même style, ce mur nord, le premier construit, fût terminé en 1509[7].

Au sud de la nef, une chapelle, construite vers 1500[12], remplace probablement une porte romane qui était flanquée de deux pilastres.

La réalisation du chevet fût laborieuse, plusieurs incidents reportèrent les travaux et la construction des chapelles du déambulatoire, débutée en 1507, se poursuivit jusqu'au XVIIIe siècle. Les contreforts du chevet ne furent jamais achevés[7], le début des arcs-boutants sont bien visibles sur les dessins de Charles Chaussepied consultables à la Médiathèque du patrimoine[13], on les discerne sur place à l'arrière du transept.

Malgré ces difficultés, le chevet représente un "éblouissant exemple du gothique de la Renaissance" (Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult[4]).

La durée des travaux permit le mélange des styles : on devine ainsi des influences Renaissance au sein de l'architecture gothique (colonnes torsadées, décors en méplat, sculptures de la tourelle d'escalier au sud)[14].

Intérieur (architecture gothique)[modifier | modifier le code]

Les constructeurs du XVe siècle ont adjoint un bas-côté nord à la nef, le bas-côté sud bien que projeté n'a jamais été construit (traces des débuts de construction au niveau de la jonction nef-transept sur le mur sud, à l'extérieur).

Nef et bas-côté nord comportent cinq travées, ils communiquent entre eux par de grandes arcades supportées par de puissantes colonnes dont la base a disparu suite à un relèvement du sol au XVIIIe siècle[4]. La nef est lambrissée et ne comporte pas de fenêtres hautes, le bas-côté, voûté sur arcs d'ogives est bordé de chapelles éclairées par de grandes fenêtres de style gothique flamboyant (agencement courant dans les églises bretonnes du XVIe siècle[4]).

Les bras du transept, édifiés plus tardivement (milieu XVIe siècle) que le bas-côté nord, sont lambrissés et éclairés par de grandes fenêtres, la croisée du transept est voûtée.

Le chœur est composé de trois travées terminées par une chapelle à chacune des extrémités et de cinq chapelles rayonnantes, soient onze chapelles dont l'une est transformée en sacristie. Le chœur et le déambulatoire sont voûtés sur arcs d'ogives. Le sanctuaire, beaucoup plus élevé que la nef, est séparé du déambulatoire par de grandes arcades, elles sont surmontées d'une galerie de style Renaissance[7], puis de fenêtres hautes.

Les chapelles latérales et rayonnantes sont couvertes de voûtes simples excepté trois d'entre elles qui sont couvertes d'une voûte à nervures multiples (liernes et tiercerons) et clés pendantes. Les clés de voûtes sont sculptées sous forme de portraits de personnages, l'une d'elle pourrait représenter le voile de Véronique.

Les crédences des chapelles rayonnantes sont remarquables, elles sont abondamment sculptées et représentent des feuillages, des personnages, les instruments de la Passion, ... Celle de la chapelle axiale est longée par un panneau Renaissance (sauvages et griffon) inspiré de l'art grotesque très répandu dans les réalisations de cette époque.

Vitraux[modifier | modifier le code]

Les vitraux de la Basilique datent majoritairement de la seconde moitié du XXe siècle, excepté le Vitrail aux Évangélistes[15], placé dans une chapelle du bas-côté Nord. Les deux vitraux du Mur roman (au sud) les plus proches de la croisée contiennent des fragments de vitraux non-identifiés, probablement antérieurs au XVe siècle.

Mobilier[modifier | modifier le code]

Le mobilier classé[modifier | modifier le code]

Saint-Sauveur contient un grand nombre d'objets classés ou inscrits (tableaux, retables, sculptures).

Tableaux[modifier | modifier le code]

Le tableau de Saint-Michel terrassant le dragon (XVIIIe siècle), inscrit au titre d'objet[16].

Le tableau de Du Guesclin sur son lit de mort (XIXe siècle), classé au titre d'objet[17]

Retables[modifier | modifier le code]

Deux retables classés au titre d'objets :

  • Autel, retable, tableau de sainte Barbe : Martyre de sainte Barbe (XVIIIe siècle), classé[18];
  • Autel, retable, tableau de saint Eloi : Saint Eloi en évêque (de Loyer, peintre et professeur à Rennes, 1817), classé[19].

Huit retables du début du XIXe siècle inscrits au titre d'objets : retable du Rosaire[20], retable de Saint-Roch[21], retable de Saint-Mathurin[22], retable des Saints-Anges[23], retable de Saint-Jean-Baptiste[24], retable du Sauveur[25], retable de Saint-François[26], retable du Saint-Esprit[27].

Bas-reliefs et lutrins[modifier | modifier le code]

Deux bas-reliefs classés :

  • Saint-Eustache (XVIe siècle) ; selon la légende, ses enfantsfurent enlevés l'un par un loup, l'autre par un lion lorsque leur père traversait une rivière[28] ;
  • Notre-Dame des vertus (XVe siècle), œuvre vénérée et valant son titre de basilique mineure à Saint-Sauveur[29]

Deux lutrins classés au titre d'objets :

  • pélican (XVIIIe siècle)[30];
  • aigle (XVIIIe siècle)[31].

Statues[modifier | modifier le code]

Saint-Nicolas (XVIIe siècle)[32]

Baldaquin[modifier | modifier le code]

Maître-autel et baldaquin (XVIIIe siècle)[33]

Bénitier[modifier | modifier le code]

Bénitier (XIIe siècle)[34]

Les orgues[modifier | modifier le code]

Le 3 février 1839, Aristide Cavaillé-Coll livre son opus 6 à la paroisse Saint-Sauveur de Dinan. Il compte alors 28 jeux répartis sur trois claviers manuels et un pédalier (12 jeux au grand-orgue, 8 au positif, 4 au récit et 4 la pédale)[35]. L'instrument est placé au revers de la façade occidentale, porté par une lourde tribune classique érigée en 1836-1837[36]. Quatre colonnes à chapiteaux corinthiens soutiennent cette construction dont les angles, en retour d'équerre, sont arrondis. Le buffet, d'un seul tenant, affecte une architecture néoclassique tempérée par des ornements renaissance. Présentant cinq plates-faces, couronné de volutes, il obstrue la fenêtre occidentale[37]. La partie instrumentale est très proche de celle des orgues des églises Notre-Dame-de-la-Joie de Pontivy et Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Lorient. La conduite simultanée de ces trois chantiers permit au facteur d'orgues d'abaisser les coûts de fabrication tout en livrant des instruments, certes quasiment de série, mais à l'esthétique pré-romantique de haute tenue[38].

En 1903, l'instrument connaît une première transformation. Charles Mutin agrandit l'instrument et ne conserve que douze jeux originaux[39]. À nouveau, en 1966, Danion-Gonzalez modifie la composition. Il supprime le buffet et répartit les tuyaux de part et d'autre de la grande fenêtre occidentale. Il ne conserve alors que sept jeux de Cavaillé-Coll.

Aujourd'hui, les grandes-orgues de Saint-Sauveur de Dinan comptent trois claviers manuels et un pédalier. D'esthétique néo-classique, l'instrument, à transmission électrique, n'a plus grand-chose à voir avec l’œuvre de Cavaillé-Coll.

La composition est la suivante (en italiques, les jeux d'origine)[40]:

I Grand-Orgue Ut1-Sol5
Bourdon 16′
Montre 8′
Bourdon 8′
Flûte 8′
Violoncelle 8′
Prestant 4′
Doublette 2'
Nasard 2'23'
Fourniture 4 rangs
Cornet 5 rangs
Trompette 8'
Clairon 4'
II Positif Ut1-Sol5
Principal 8′
Cor de nuit 8′
Salicet 4′
Doublette 2'
Sesquialtera 2 rangs
Cromorne 8′
III Récit Ut1-Sol5
Quintaton 16'
Diapason 8'
Flûte traversière 8'
Voix céleste 8'
Principal 4'
Doublette 2'
Plein-Jeu 4 rangs
Basson 16'
Trompette 8'
Basson-Hautbois 8'
Voix humaine 8'
Clairon 4'
Pédale Ut1-Sol3
Soubasse 16'
Flûte 16'
Bourdon 8'
Flûte 4'
Tirasses et copulas
Copulas III/I, II/I, III/II
Tirasses I, II, III
Appel Anches I, II, III
Appel octaves 16 et 4 I, II, III
Pédale d'expression (Récit)

Les cloches[modifier | modifier le code]

La Basilique possède actuellement trois cloches, qui se trouvent à l'étage inférieur du clocher (partie en pierre).

Avant la Révolution, la Basilique en possédait quatre, mais elles furent vendues. Les cloches ont été placées successivement en 1832, 1868 et 1873. Cette dernière a été remplacée en 1961.

  • Le Bourdon, Elisabeth, sonne en La2 (haut) et pèse environ 2.516kg. Son diamètre à la pince est de 1.620mm. Elle a été coulé en 1868 par Viel-Tétrel à Villedieu-les-Poêles. Elle a été donné par Mademoiselle Marie-Jospéhine Habrington et a pour parrain M. Henri-Pierre Flaud, maire de Dinan de 1861 à 1874.
  • La cloche N°2, cloche sans nom de baptême, sonne en Do#3 (haut) et pèse environ 1.250kg. Son diamètre à la pince est de 1.285mm. Fondue en 1832 par Viel-Tétrel, Marquet-Viel et Viel-Ozenne frères, de Villedieu-les-Poêles, elle a pour marraine Mademoiselle Célestine Bazin et pour parrain Monsieur Paul Paterne de Saint Pern de Couëllan, fils de Joseph, maire de Dinan de 1830 à 1835.
  • La cloche N°3, Anne Cécile, sonne en Ré3 (haut) et pèse entre 845 et 900kg. Son diamètre à la pince est de 1.150mm. Fondue en 1961 par Cornille-Havard, de Villedieu-les-Poêles. Sur la face arrière, on peut y lire :

« Nomée Anne Cécile, j'ai pour parrain M. Joseph Daniel et pour marraine Mme Aubert née Anne Fournis. Je remplace Louise-Pauline donnée par la famille Larere en 1873. »

C'est la plus petite des trois cloches qui sonne, trois fois par jour, à 8h02, 12h02 et 19h02, les Angélus (cliquer pour écouter celui de la basilique).

La sonnerie en vidéo est disponible dans "liens externes"

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Basilique Saint-Sauveur », notice no PA00089077, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Mathurin-Eugène Monier, Dinan Mille ans d'histoire, Mayenne, Jean Floch Imprimeur Éditeur, 1977, 2e édition, 582p., p. 94.
  3. André Chédeville, Dinan au Moyen âge, Dinan, Le Pays de Dinan, , 354 p. (ISBN 2-905952-01-6, SUDOC 060493186), « Dinan au temps des seigneurs, des origines à 1283 », p. 15-30
    Ouvrage collectif la direction de Loïc-René Vilbert
  4. a, b, c, d et e Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Bretagne gothique, Paris, Picard, coll. « Les Monuments de la France gothique », , 485 p. (ISBN 978-2-7084-0883-8), p. 132-136
  5. Article paru dans le Télégramme le 15 décembre 2012
  6. a, b, c, d, e, f, g et h Grand, Roger, L'art roman en Bretagne, Paris, Picard, , 494 p., p. 259-264
  7. a, b, c, d, e, f et g Couffon, R., « Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier », Bulletins et mémoires - Société d'émulation des Côtes-du-Nord, vol. 70,‎ , p. 96-100 (lire en ligne)
  8. Déceneux, Marc, La Bretagne Romane, Rennes, Ouest-France, , 127 p. (ISBN 2-7373-2262-6), p. 91-92
  9. « Les chapiteaux de l'église Saint-Sauveur de Dinan », sur http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr, (consulté le 26 janvier 2018)
  10. a et b Autissier, Anne, La sculpture romane en Bretagne, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, , 380 p. (ISBN 2-7535-0066-5), p. 266-268
  11. a, b et c « Église paroissiale Saint-Sauveur, érigée Basilique Saint-Sauveur en 1954 », sur http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr, (consulté le 26 janvier 2018)
  12. Bonnet, Philippe et Jean-Jacques Rioult, Bretagne gothique, Paris, Picard, coll. « Les monuments de la France gothique », , 485 p. (ISBN 978-2-7084-0883-8), p. 132-137
  13. Dossiers 0082/022/1002, document 082657, Médiathèque du patrimoine, 11 rue du Séminaire de Conflans, 94 220 Charenton-le-Pont (http://www.mediatheque-patrimoine.culture.gouv.fr)
  14. Mussat, André, Bretagne, architecture et identité, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, , 472 p. (ISBN 2-86847-187-0), p. 383-387
  15. Notice no PM22000146, base Palissy, ministère français de la Culture
  16. Notice no PM22003332, base Palissy, ministère français de la Culture
  17. Notice no PM22000158, base Palissy, ministère français de la Culture
  18. Notice no PM22001451, base Palissy, ministère français de la Culture
  19. Notice no PM22001450, base Palissy, ministère français de la Culture
  20. Notice no PM22002547, base Palissy, ministère français de la Culture
  21. Notice no PM22002489, base Palissy, ministère français de la Culture
  22. Notice no PM22002488, base Palissy, ministère français de la Culture
  23. Notice no PM22002487, base Palissy, ministère français de la Culture
  24. Notice no PM22002486, base Palissy, ministère français de la Culture
  25. Notice no PM22002485, base Palissy, ministère français de la Culture
  26. Notice no PM22002484, base Palissy, ministère français de la Culture
  27. Notice no PM22002483, base Palissy, ministère français de la Culture
  28. Notice no PM22000157, base Palissy, ministère français de la Culture
  29. Notice no PM22000150, base Palissy, ministère français de la Culture
  30. Notice no PM22000156, base Palissy, ministère français de la Culture
  31. Notice no PM22000148, base Palissy, ministère français de la Culture
  32. Notice no PM22000153, base Palissy, ministère français de la Culture
  33. Notice no PM22000152, base Palissy, ministère français de la Culture
  34. Notice no PM22000144, base Palissy, ministère français de la Culture
  35. Catalogue des orgues construits en France, en province, sur le site de l'Association Aristide Cavaillé-Coll.
  36. Mathurin-Eugène Monier, Dinan Mille ans d'histoire, Mayenne, Jean Floch Imprimeur Éditeur, 1977, 2e édition, 582p., p.76.
  37. Photographie du buffet sur la base Palissy.
  38. Michel Cocheril, Les orgues en Bretagne, Collection Images du patrimoine, n°42, Éditions Ursa, Baillé, 1988, 32p., (ISBN 2-86934-010-9), p.18-19.
  39. Henri Corbes, Les Orgues du Département des Côtes-du-Nord (Esquisse historique) Deuxième partie, in Bulletins et mémoires de la Société d'Émulation des Côtes-du-Nord, tome XCIV, 1966, p.48-81.
  40. Michel Cocheril, Recensement des orgues de Bretagne, Arcodam Bretagne, 1987, 642p.

Annexes[modifier | modifier le code]

Cénotaphe du cœur de Bertrand Du Guesclin dans la basilique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Iconographie[modifier | modifier le code]

  • 1870 - Portail de l'église Saint-Sauveur de Dinan, fusain sur papier cartonné, sdlbd au crayon, par Charles-Henri Michel, (musée Alfred-Danicourt).
  • 1871 ca - Église Saint-Sauveur de Dinan, fusain sur papier par Charles-Henri Michel, œuvre conservée au musée Alfred-Danicourt à Péronne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mathurin-Eugène Monier, Dinan Mille ans d'histoire, Mayenne, Jean Floch Imprimeur Éditeur, 1977, 2e édition, 582p., p. 45-110.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gérard Malherbe, L'église Saint-Sauveur de Dinan, Plan guide, s.d., 4p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Louise-Marie Tillet, Bretagne romane, Éditions Zodiaque, Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-Qui-Vire, Saint-Léger-Vauban, 1982, Collection "La nuit des temps", no 58, 348p., p. 115-119.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Dictionnaire guide du patrimoine Bretagne, Éditions du patrimoine, Paris, 2002, 531p., (ISBN 2-85822-728-4), p. 219-224.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Anne Autissier, La sculpture romane en Bretagne XIe-XIIe siècles, Presses universitaires de Rennes, Collection "Art et société", Rennes, 2005, 380p., (ISBN 2-7535-0066-5), p. 266-268.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Françoise Gatouillat et Michel Hérold, Les vitraux de Bretagne, Collection "Corpus Vitrearum", Vol. VII, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2005, 367p., (ISBN 2753501513), p. 61-63.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Maurice Dilasser (dir.), Patrimoine religieux de Bretagne Histoire et inventaire, Brest, Le Télégramme, 2006, 381 p. (ISBN 2-84833-173-9), p. 82-83.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Chantal Leroy et Dominique de La Rivière, Cathédrales et basiliques de Bretagne, Éditions Ereme, Paris, 2009, 207p., (ISBN 978-2-9153-3769-3), p. 16-23.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Bretagne gothique, Éditions Picard, Paris, septembre 2010, 485p., (ISBN 978-2-7084-0883-8), p. 132-137.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel Boccard, « Dinan, Église Saint-Sauveur », Congrès Archéologique de France, session 2015 : Monuments des Côtes-d'Armor - Le "Beau Moyen Âge", Paris, Société Française d'Archéologie, 2017, (ISBN 978-2-901837-70-1), p. 207-221.