Basilique Saint-Sauveur de Dinan

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Basilique Saint-Sauveur
Dinan - Saint-Sauveur.jpg
Présentation
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Style
Roman et Gothique.
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La basilique Saint-Sauveur de Dinan est un édifice religieux affecté au culte catholique romain situé à Dinan, en France[1]. Seule église paroissiale comprise intra-muros avec l'église Saint-Malo, il s'agit également d'un lieu de dévotion mariale à Notre-Dame-des-Vertus, bas-relief du XVe siècle autrefois conservé au Couvent des Cordeliers. Objet d'une vénération locale, cette représentation de l'Assomption de la Vierge a permis que l'édifice soit érigé en basilique mineure par le Pape Pie XII le 23 mai 1954[2].

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église est située dans le département français des Côtes-d'Armor, commune de Dinan, au cœur du secteur sauvegardé. Elle surplombe la Rance. Derrière le chevet se trouve le Jardin Anglais, ancien cimetière.

Histoire[modifier | modifier le code]

La tradition attribue à Riwallon le Roux la fondation de Saint-Sauveur de Dinan, en 1112, à son retour de Terre sainte. Fait prisonnier au cours de la première croisade, ce chevalier, petit fils de Josselin Ier de Dinan, fils d'Olivier Ier de Dinan et frère de Geoffroy Ier de Dinan, aurait fait vœu d'édifier une église dédiée au Saint-Sauveur et à la Sainte-Trinité s'il revoyait un jour son pays. Si aucun texte ne vient confirmer cette histoire, une charte de 1123, instituant le partage de la ville entre Olivier II et Alain de Dinan, neveux du fondateur, rappelle que l'édifice et son cimetière appartenait déjà alors à l'abbaye de Saint-Jacut[3]. Prieurale bénédictine jusqu'à la Révolution, Saint-Sauveur de Dinan, dont la fondation s'inscrit dans une riche histoire religieuse déjà ponctuée par les fondations des prieurés Saint-Malo en 1066 et de la Madeleine-du-Pont vers 1070-1080, présente des particularités iconographiques et architecturales qui en font un édifice roman atypique à l'échelle bretonne, où s'exprimerait une possible influence orientale.

L'église Saint Sauveur, restée intacte jusqu'au XVe, est totalement remaniée à la fin du XVe et au XVIe siècle. De la période romane ne subsistent que la partie basse de la façade occidentale et le mur méridional, le reste de l'édifice est reconstruit dans le style gothique, un bas-côté nord est ajouté (le bas côté sud bien que prévu ne sera jamais construit), la partie haute de la façade occidentale est modifiée, le chœur et le transept sont rebâtis. Quelques parties seront restaurées au XIXe[4].

Chronologie[4][modifier | modifier le code]

  • 1112: la tradition attribue la fondation de l'église à Riwallon de Dinan, de retour de croisade.
  • 1123: une charte mentionne l'appartenance du prieuré de Saint-Sauveur à l'abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer.
  • 1480: début de construction du collatéral nord et de la file de chapelles attenantes. Réfection de la façade occidentale avec ouverture d'une large verrière.
  • Vers 1500: une chapelle privative est percée dans la troisième travée du mur méridional de la nef.
  • 1507: les parties basses du chœur sont entreprises.
  • Vers 1510-1520: l'étage de la façade occidentale est reconstruit.
  • 1515-1545: déambulatoire et chapelles rayonnantes reçoivent leurs voûtes.
  • 1547: effondrement du clocher de croisée.
  • Milieu du XVIe siècle: les croisillons sont entrepris.
  • 1557-1558: reconstruction des piliers à la croisée du transept.
  • Vers 1570: triforium et fenêtres hautes du chœur sont montés.
  • Les guerres de religion perturbent l'avancement de travaux.
  • 1646: une charpente lambrissée couvre le chœur et les bras du transept.
  • XVIIIe siècle: des voûtes en bois et plâtre la remplacent sur le chœur.
  • La Révolution transforme l'église en Temple de la Raison.
  • 1801: l'édifice est rendu au culte.
  • 1847: L'architecte Hippolyte Béziers-Lafosse établit une monographie de l'édifice
  • 1851-1852: première campagne de restauration par Hippolyte Béziers-Lafosse (façade ouest, fenestrages).
  • 1855-1864: restauration conduite par Victor Ruprich-Robert (portail, flanc sud de la nef)
  • 1862: l'édifice est classé au titre des monuments historiques[1].
  • 1907: restauration de la façade nord et du croisillon attenant.
  • 1954: le titre de basilique mineure est conféré à Saint-Sauveur de Dinan.
  • 2d semestre 2008-1er trimestre 2009: restauration de la chapelle méridionale de la nef.
  • 1er semestre 2013: restauration des toitures du chœur de la basilique[5]

Architecture[modifier | modifier le code]

Extérieur[modifier | modifier le code]

Intérieur[modifier | modifier le code]

Vitraux[modifier | modifier le code]

Les vitraux de la Basilique datent majoritairement de la seconde moitié du XXe siècle, mis à part le Vitrail aux Évangélistes, placé dans une chapelle du bas-côté Nord. Les deux vitraux du Mur Roman (au sud) les plus proches de la croisée contiennent des fragments de vitraux non-identifiés, probablement antérieurs au XVe siècle.

Mobilier[modifier | modifier le code]

Le mobilier classé[modifier | modifier le code]

Les orgues[modifier | modifier le code]

Le 3 février 1839, Aristide Cavaillé-Coll livre son opus 6 à la paroisse Saint-Sauveur de Dinan. Il compte alors 28 jeux répartis sur trois claviers manuels et un pédalier (12 jeux au grand-orgue, 8 au positif, 4 au récit et 4 la pédale)[6]. L'instrument est placé au revers de la façade occidentale, porté par une lourde tribune classique érigée en 1836-1837[7]. Quatre colonnes à chapiteaux corinthiens soutiennent cette construction dont les angles, en retour d'équerre, sont arrondis. Le buffet, d'un seul tenant, affecte une architecture néoclassique tempérée par des ornements renaissance. Présentant cinq plates-faces, couronné de volutes, il obstrue la fenêtre occidentale[8]. La partie instrumentale est très proche de celle des orgues des églises Notre-Dame-de-la-Joie de Pontivy et Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Lorient. La conduite simultanée de ces trois chantiers permit au facteur d'orgues d'abaisser les coûts de fabrication tout en livrant des instruments, certes quasiment de série, mais à l'esthétique pré-romantique de haute tenue[9].

En 1903, l'instrument connaît une première transformation. Charles Mutin agrandit l'instrument et ne conserve que douze jeux originaux[10]. A nouveau, en 1966, Danion-Gonzalez modifie la composition. Il supprime le buffet et répartit les tuyaux de part et d'autre de la grande fenêtre occidentale. Il ne conserve alors que sept jeux de Cavaillé-Coll.

Aujourd'hui, les grandes-orgues de Saint-Sauveur de Dinan comptent trois claviers manuels et un pédalier. D'esthétique néo-classique, l'instrument, à transmission électrique, n'a plus grand-chose à voir avec l’œuvre de Cavaillé-Coll.

La composition est la suivante (en italiques, les jeux d'origine)[11]:

I Grand-Orgue Ut1-Sol5
Bourdon 16′
Montre 8′
Bourdon 8′
Flûte 8′
Violoncelle 8′
Prestant 4′
Doublette 2'
Nasard 2'23'
Fourniture 4 rangs
Cornet 5 rangs
Trompette 8'
Clairon 4'
II Positif Ut1-Sol5
Principal 8′
Cor de nuit 8′
Salicet 4′
Doublette 2'
Sesquialtera 2 rangs
Cromorne 8′
III Récit Ut1-Sol5
Quintaton 16'
Diapason 8'
Flûte traversière 8'
Voix céleste 8'
Principal 4'
Doublette 2'
Plein-Jeu 4 rangs
Basson 16'
Trompette 8'
Basson-Hautbois 8'
Voix humaine 8'
Clairon 4'
Pédale Ut1-Sol3
Soubasse 16'
Flûte 16'
Bourdon 8'
Flûte 4'
Tirasses et copulas
Copulas III/I, II/I, III/II
Tirasses I, II, III
Appel Anches I, II, III
Appel octaves 16 et 4 I, II, III
Pédale d'expression (Récit)

Les cloches[modifier | modifier le code]

La Basilique possède actuellement trois cloches, qui se trouvent à l'étage inférieur du clocher (partie en pierre).

Avant la révolution, la Basilique en possédait quatre, mais elles furent vendues. Les cloches ont été placées successivement en 1832, 1868 et 1873. Cette dernière a été remplacée en 1961.

  • Le Bourdon, Elisabeth, sonne en La2 (haut) et pèse environ 2.516kg. Son diamètre à la pince est de 1.620mm. Elle a été coulé en 1868 par Viel-Tétrel à Villedieu-les-Poêles. Elle a été donné par Mademoiselle Marie-Jospéhine Habrington et a pour parrain M. Henri-Pierre Flaud, maire de Dinan de 1861 à 1874.
  • La cloche N°2, cloche sans nom de baptême, sonne en Do#3 (haut) et pèse environ 1.250kg. Son diamètre à la pince est de 1.285mm. Fondue en 1832 par Viel-Tétrel, Marquet-Viel et Viel-Ozenne frères, de Villedieu-les-Poêles, elle a pour marraine Mademoiselle Célestine Bazin et pour parrain Monsieur Paul Paterne de Saint Pern de Couëllan, fils de Joseph, maire de Dinan de 1830 à 1835.
  • La cloche N°3, Anne Cécile, sonne en Ré3 (haut) et pèse entre 845 et 900kg. Son diamètre à la pince est de 1.150mm. Fondue en 1961 par Cornille-Havard, de Villedieu-les-Poêles. Sur la face arrière, on peut y lire  :

« Nomée Anne Cécile, j'ai pour parrain M. Joseph Daniel et pour marraine Mme Aubert née Anne Fournis. Je remplace Louise-Pauline donnée par la famille Larere en 1873. »

C'est la plus petite des trois cloches qui sonne, trois fois par jour, à 8h02, 12h02 et 19h02, les Angélus (cliquer pour écouter celui de la basilique).

La sonnerie en vidéo est disponible dans "liens externes"

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Basilique Saint-Sauveur », notice no PA00089077, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Mathurin-Eugène Monier, Dinan Mille ans d'histoire, Mayenne, Jean Floch Imprimeur Éditeur, 1977, 2e édition, 582p., p.94.
  3. André Chédeville, Dinan au Moyen âge, Dinan, Le Pays de Dinan, , 354 p. (ISBN 2-905952-01-6, SUDOC 060493186), « Dinan au temps des seigneurs, des origines à 1283 », p. 15-30
    Ouvrage collectif la direction de Loïc-René Vilbert
  4. a et b Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Bretagne gothique, Paris, Picard, coll. « Les Monuments de la France gothique », , 485 p. (ISBN 978-2-7084-0883-8), p. 132-136
  5. Article paru dans le Télégramme le 15 décembre 2012
  6. Catalogue des orgues construits en France, en province, sur le site de l'Association Aristide Cavaillé-Coll.
  7. Mathurin-Eugène Monier, Dinan Mille ans d'histoire, Mayenne, Jean Floch Imprimeur Éditeur, 1977, 2e édition, 582p., p.76.
  8. Photographie du buffet sur la base Palissy.
  9. Michel Cocheril, Les orgues en Bretagne, Collection Images du patrimoine, n°42, Éditions Ursa, Baillé, 1988, 32p., (ISBN 2-86934-010-9), p.18-19.
  10. Henri Corbes, Les Orgues du Département des Côtes-du-Nord (Esquisse historique) Deuxième partie, in Bulletins et mémoires de la Société d'Émulation des Côtes-du-Nord, tome XCIV, 1966, p.48-81.
  11. Michel Cocheril, Recensement des orgues de Bretagne, Arcodam Bretagne, 1987, 642p.

Annexes[modifier | modifier le code]

Cénotaphe du cœur de Bertrand Du Guesclin dans la basilique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Iconographie[modifier | modifier le code]

  • 1870 - Portail de l'église Saint-Sauveur de Dinan, fusain sur papier cartonné, sdlbd au crayon, par Charles-Henri Michel, (musée Alfred-Danicourt).
  • 1871 ca - Église Saint-Sauveur de Dinan, fusain sur papier par Charles-Henri Michel, œuvre conservée au musée Alfred-Danicourt à Péronne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mathurin-Eugène Monier, Dinan Mille ans d'histoire, Mayenne, Jean Floch Imprimeur Éditeur, 1977, 2e édition, 582p., p. 45-110.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gérard Malherbe, L'église Saint-Sauveur de Dinan, Plan guide, s.d., 4p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Louise-Marie Tillet, Bretagne romane, Éditions Zodiaque, Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-Qui-Vire, Saint-Léger-Vauban, 1982, Collection "La nuit des temps", no 58, 348p., p. 115-119.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Dictionnaire guide du patrimoine Bretagne, Éditions du patrimoine, Paris, 2002, 531p., (ISBN 2-85822-728-4), p. 219-224.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Anne Autissier, La sculpture romane en Bretagne XIe-XIIe siècles, Presses universitaires de Rennes, Collection "Art et société", Rennes, 2005, 380p., (ISBN 2-7535-0066-5), p. 266-268.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Françoise Gatouillat et Michel Hérold, Les vitraux de Bretagne, Collection "Corpus Vitrearum", Vol. VII, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2005, 367p., (ISBN 2753501513), p. 61-63.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Maurice Dilasser (dir.), Patrimoine religieux de Bretagne Histoire et inventaire, Brest, Le Télégramme, 2006, 381 p. (ISBN 2-84833-173-9), p. 82-83.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Chantal Leroy et Dominique de La Rivière, Cathédrales et basiliques de Bretagne, Éditions Ereme, Paris, 2009, 207p., (ISBN 978-2-9153-3769-3), p. 16-23.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Bretagne gothique, Éditions Picard, Paris, septembre 2010, 485p., (ISBN 978-2-7084-0883-8), p. 132-137.Document utilisé pour la rédaction de l’article