Aristide Cavaillé-Coll

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Aristide Cavaillé-Coll
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Aristide Cavaillé-Coll

Naissance
Montpellier (Hérault)
Décès
Paris
Profession
Cathédrale Saint-Maurice, Angers.

Aristide Cavaillé-Coll (-[1]) est l'un des plus grands facteurs d'orgue du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Né à Montpellier (Hérault), dans une famille de facteurs d'orgues, les Cavaillé-Coll.

Jean-Pierre Cavaillé (1743-1808) fut le premier facteur d'orgue de la famille, il épousa Maria Coll en 1767. Leur fils Dominique-Hycinthe Cavaillé-Coll épousa Jeanne Autard, en 1810 alors que le fils aîné du couple, Vincent, était né le 8 octobre 1808.

Aristide est leur deuxième fils. C'est tout naturellement et très tôt qu'il fit son apprentissage dans cette profession associé à son père et à son frère aîné. La famille vivait alors à Toulouse.

En 1830, Aristide, qui poursuivait des études de mathématiques, inventa, en collaboration avec son frère et son père, un instrument à clavier et à anches libres baptisé " poïkilorgue " ou orgue varié expressif, qui fut remarqué par Rossini lors de la représentation de son opéra Robert le Diable à Toulouse. Celui-ci les incita à venir à Paris.

Créateur et innovateur[modifier | modifier le code]

En 1833, la famille s'installa à Paris[1] à la demande de Rossini qui avait besoin d'un petit orgue pour la représentation d'un opéra. Aristide Cavaillé-Coll se fit connaître en remportant le concours ouvert pour la construction d'un grand orgue à l'abbaye royale de Saint-Denis[1]'[2], avec l'appui des membres de la commission : Boieldieu, Cherubini, Lesueur. Cet instrument colossal comporte, en germe, tout le génie du jeune facteur :

Ce fut une brillante réussite. Cet orgue novateur terminé en 1841, marqua le point de départ d'une éblouissante carrière.

Une carrière professionnelle prestigieuse[modifier | modifier le code]

Avec l'aide de son père et de son frère, il construisit par la suite les orgues de nombreuses églises à Paris comme en province. Après Saint-Denis, les plus prestigieuses paroisses de la capitale firent appel à son talent. Il réalisa ou modifia ainsi les instruments suivants :

En province :

Cathédrale Notre-Dame d'Amiens, les grandes orgues

Il réalisa également de nombreux orgues à l'étranger :

D'autres pays, encore, firent appel à son talent si bien que sa production avoisine les 500 instruments, toutes tailles confondues.

La petite histoire attribue à Aristide l'invention de la scie circulaire, qu'il ne fait cependant qu'améliorer[6].

Disparition d'un artisan d'exception[modifier | modifier le code]

À partir de 1868, les difficultés de tous ordres s’accumulèrent. Sa femme meurt le 30 octobre 1868. La guerre de 1870 aggrava les difficultés : les commandes ne purent être honorées du fait de la mobilisation aux armées du personnel et du siège de Paris, l’entreprise fut momentanément fermée. Aristide Cavaillé-Coll dut emprunter, pour garantir la survie de son entreprise, la Manufacture d'orgues avenue du Maine fut hypothéquée en garantie. En 1892, la liquidation judiciaire menaça mais tous les fidèles compagnons groupés autour du " Patron " obtiennent un arrangement. Aristide Cavaillé-Coll cèda son entreprise à Charles Mutin, ancien de la maison installé à Caen, le 15 mars 1898.

Atteint d’une cécité galopante, Aristide Cavaillé-Coll mourut l'année suivante, le 13 octobre 1899, à Paris. Il fut inhumé au cimetière du Montparnasse. Dans son éloge funèbre, Charles Mutin prononça ces mots:

« Le Patron ... ce nom, en désignant M. Cavaillé-Coll, n’avait rien de l’appellation familière que des employés donnent au chef d’une maison ; il voulait dire quelque chose de plus, de plus affectueux aussi. Cavaillé-Coll fut le chef et le protecteur de la facture d’orgues tout entière ; lui seul, et pas d’autres, éleva son métier à la hauteur d’une science et d’un Art, et grâce à son génie l’Orgue est devenu l’instrument merveilleux que nous possédons aujourd’hui. »

600 orgues sortirent de ses établissements et se trouvent dispersées à travers le monde : 55 à Paris, 300 dans diverses cathédrales ou églises de France ; le reste se trouve dans différents pays : Angleterre, Belgique, Danemark, Espagne, Hollande, Italie, Portugal, Roumanie, Suisse, Amérique du Nord, Bolivie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Haïti, Mexique, Pérou, Chine, Indochine, Inde...

Hommage[modifier | modifier le code]

L'astéroïde 5184 Cavaillé-Coll découvert en 1990 par Eric Walter Elst de l'observatoire royal de Belgique a été nommé en l'honneur d'Aristide Cavaillé-Coll.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 1, Les Hommes et leurs œuvres. A-K, Bordas, , 1232 p. (ISBN 2-0401-0721-5), p. 189
  2. Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Larousse, , 1516 p. (ISBN 978-2-0358-6059-0), p. 230
  3. Fiche de l’harmonium du Ban-de-Sapt sur le site du Ministère de la Culture
  4. « Notice no PM08000118 », base Palissy, ministère français de la Culture
  5. Fiche de l'orgue d'Ussel sur la Base Mérimée du Patrimoire, Ministère de la Culture
  6. Biographie d'Aristide Cavaillé-Coll sur le site du Ministère de la culture.