Ange gardien

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Ange gardien, par Pietro da Cortona, 1656.

Un ange gardien est un terme utilisé pour désigner un ange assigné pour protéger et guider un ou plusieurs individus.

Histoire[modifier | modifier le code]

La foi envers les anges gardiens peut être tracée depuis l'Antiquité. Le concept des anges protecteurs et leur hiérarchie s'est massivement développé dans les religions chrétiennes durant le Ve siècle par Pseudo-Denys l'Aréopagite. Le développement de la dévotion à l'humanité du Christ et l'effondrement du sens théophanique de l'ange conduisent à l’affaiblissement de la figure angélique dans sa fonction de médiateur et de messager au profit de celle de protecteur, individuel ou collectif, et d'escorte lumineuse de Dieu[1]. Ainsi, le culte des anges gardiens collectifs (patrons de villes, de corps de métiers et de corporations) se développe dans la Couronne d'Aragon à la fin du XIVe siècle, en partie sous l'influence du franciscain Francesc Eiximenis et du dominicain Vincent Ferrier, tandis que le pape Paul V institue la fête des anges gardiens personnels en 1608[2].

Saints et citations en rapport avec les anges gardiens[modifier | modifier le code]

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« La présence invisible de ces esprits bienheureux nous est une grande aide, et d'un grand réconfort : ils marchent à côté de nous, ils nous protègent, en toute circonstance, ils nous défendent dans les dangers, et nous pouvons avoir recours à eux à tout moment. »

— Benoît XVI

Saint Bernard exprimait une dévotion « pour ces princes du Royaume de Dieu qui sont assidûment autour de nous. Nous leur devons beaucoup d'affection pour leur bienveillance et les faveurs que nous recevons de leur charité. Nous leur devons aussi beaucoup de docilité à mettre en pratique les avis qu'ils nous donnent. » (Sermon XI sur les psaumes). Voici ce que dit saint Jean-Marie Vianney de l'ange gardien, au XIXe siècleThème popularisé par la comtesse de Ségur dans l'Auberge de l'Ange gardien :

« Cet ange ne nous doit pas quitter, avant d'avoir paru avec nous au tribunal de Jésus-Christ, pour lui rendre compte de tout ce que nous aurons fait pendant notre vie. Oui, M.F., nos anges gardiens sont nos plus fidèles amis, parce qu'ils sont avec nous le jour, la nuit, dans tout le temps et dans tous les lieux. La foi nous apprend que nous les avons toujours à nos côtés. C'est ce qui fait dire à David : « Que rien ne pourra nous nuire, parce que le Seigneur a commandé à ses anges d'avoir soin de nousSuite de la citation : « et, pour montrer combien sont grands les soins qu'ils prennent de nous, le prophète dit qu'ils nous portent entre leurs mains, comme une mère porte son enfant. Ah ! c'est que Dieu prévoyait les dangers sans nombre auxquels nous serions exposés sur la terre, au milieu de tant d'ennemis, qui tous ne cherchent que notre perte. Oui, M.F., ce sont nos bons anges qui nous consolent dans nos peines, qui nous avertissent quand le démon vient nous tenter, qui présentent à Dieu nos prières et toutes nos bonnes actions, qui nous assistent à la mort et présentent nos âmes à leur souverain Juge » . »

Célébration[modifier | modifier le code]

Interaction avec des anges gardiens[modifier | modifier le code]

Les mystiques chrétiens ont rapporté des interactions et conversations avec leurs anges gardiens, durant de nombreuses années. La sainte Gemma Galgani est un exemple, puisqu'elle aurait eu des visions de Jésus et [3] Gemma Galgani explique qu'elle a eu une conversation avec son ange gardien. Elle explique que son ange gardien lui sert de guide[4].

E. Lasfargues, ptre S.V. explique le rôle des anges gardiens dans le Catéchisme de 1924 des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et Ottawa (d'avant le Concile Vatican II, évidemment) dans les Questions suivantes :

Q.35 : Il demande si les anges se préoccupent de nous, et il explique que les anges nous ont souvent été envoyés comme messagers, et qu'ils nous sont aussi donnés comme gardiens et protecteurs.

Q.36 : Il demande si Dieu a donné à chacun un ange gardien. Il affirme que Dieu en donne un à chacun de nous et que c'est pour aider à nous préserver du mal et à être bons chrétiens. Et il précise que nous préserver du mal consiste principalement à nous préserver du péché, le plus grand de tous les maux, ajoute-t-il, mais aussi des maladies et des accidents. [5]

Interdiction dans le culte catholique de nommer les anges gardiens[modifier | modifier le code]

Dans l’épître aux Colossiens, Saint Paul met en garde contre le culte des Anges qui ne serait pas en union avec le Christ qui domine toute chose.

« La réalité, c'est le Christ. Ne vous laissez pas frustrer de votre récompense par quelqu'un qui veut vous humilier dans un culte des anges, qui s'évade dans des visions, qui se gonfle d'orgueil pour rien dans sa mentalité purement humaine. Un tel homme n'est pas en union avec la tête, par laquelle tout le corps, de par Dieu, poursuit sa croissance grâce aux connexions internes et aux articulations qui maintiennent sa cohésion. (Col 2, 17-19) »

Le nom des anges se réfère à leur mission et les nommer dans un culte des anges conduirait plutôt à invoquer des esprits mauvais[6]. L’Église Catholique ne spécifie que les noms propres des Archanges inscrits explicitement dans la Bible :

« Dans sa liturgie, l’Église se joint aux anges pour adorer le Dieu trois fois saint ; elle invoque leur assistance (ainsi dans In Paradisum deducant te angeli... de la Liturgie des défunts, ou encore dans l’« Hymne chérubinique » de la Liturgie byzantine (Liturgie de S. Jean Chrysostome), elle fête plus particulièrement la mémoire de certains anges (S. Michel, S. Gabriel, S. Raphaël, les anges gardiens). (CEC §335) »

Le Concile de Laodicée, en 364, rappela que les Anges ne se nomment pas et demeurent dans l’anonymat afin de ne pas nous tenter à tomber dans un culte idolâtre. Elle condamna cette attitude dans son canon 35. Cette condamnation fut réitérée au 16ème chapitre d’un concile en 789, sous le pontificat d’Adrien Ier (772-795), à Aix-la-chapelle, capitale de l’empire carolingien, interdisant d’utiliser d’autres noms d’anges que ceux des trois Archanges cités dans les Saintes Écritures. En 2001, L’Église réitère cette interdiction:

« Il faut aussi réprouver l’usage de donner aux Anges des noms particuliers, que la Sainte Écriture ignore, hormis ceux de Michel, Gabriel et Raphaël. (Directoire sur la piété populaire et la liturgie. Principes et orientations, op. cit., chap. 6, §217, p. 180.) »

Prières chrétiennes[modifier | modifier le code]

Ange gardien sur une carte postale allemande de 1900

Il existe une prière catholique traditionnelle adressée aux anges gardiens, Angele Dei.

Ange de Dieu,
qui es mon gardien,
et à qui j’ai été confié par la Bonté divine,
éclaire-moi, défends-moi,
conduis-moi et dirige-moi.
Amen.[7]

Il existe également une version propre à l'église orthodoxe.

A l'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Pierre Jovanović est l'auteur du livre Enquete sur l'Existence des Anges gardiens[8] qui est un livre à succès international et rassemblant des témoignages de tout type sur le sujet, dont celui de l'auteur[9] [10].

La culture populaire se transforme au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Dans les dernières décennies, les Anges gardiens ont gagné en popularité. La thématique des anges n'a pourtant rien de nouveau car elle fait partie du folklore et de la littérature depuis des milliers d'années[Quand ?] selon les propos tenus par M. Alain Pronkin[11], chercheur au Centre d'Informations sur les nouvelles religions (CINR)[12]. Ce sujet a été amplement traité dans les trois religions abrahamiques soient le judaïsme, le christianisme et l’islam. De plus, le zoroastrisme a créé sa propre conception des anges. Néanmoins, même si cette popularité n'est pas surprenante[pourquoi ?], une mutation notoire s'est produite dans la culture populaire au cours du XXe siècle. Cette dernière a développé un concept d'ange qui se rapproche davantage du courant de pensée du nouvel âge. Dans ce nouveau courant, ses adeptes s'adressent directement à leur ange gardien.[réf. souhaitée]

Des statistiques récentes démontrent cet engouement pour les anges. Dans un sondage Gallup réalisé en 2004, nous pouvons constater que 78% des Américains ont indiqué croire aux anges[13] et que selon R.Lesage, 75% des Québécois croient aux anges[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Philippe Faure, « Les cieux ouverts - les anges et leurs images dans le christianisme médiéval (xie-xiiie siècles) », Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques, no 13,‎ 1994, p. 25 (DOI 10.4000/ccrh.2699)
  2. Augustin Redondo, Les Parentés fictives en Espagne, XVIe-XVIIe siècles, Publications de la Sorbonne,‎ 1988, p. 109-110
  3. MarieMichael Freze, 1989 They Bore the Wounds of Christ OSV Press (ISBN 0-87973-422-1) page 272.
  4. Rudolph M. Bell, 2003 The Voices of Gemma Galgani: the Life and Afterlife of a Modern Saint University of Chicago Press ISBN 978-0-226-04196-4 pages 47 and 185
  5. Lasfargues. E., ptre S.V.(des Frères de Saint Vincent de Paul) Catéchisme de 1924 des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et Ottawa (Explications littéraires et sommaire) 696e mille, p. 17 (selon l'édition officielle publiées depuis 1924)
  6. Ange gardien : faut-il connaître son nom ?
  7. Compendium du catéchisme de l’Église catholique. Vatican, 10 avril 2015
  8. Pierre Jovanović, Enquete sur l'Existence des Anges gardiens, ISBN 978-2290341698
  9. «Parlez-lui, et il répondra» sur le site de Coopération (journal)
  10. http://www.babelio.com/auteur/Pierre-Jovanovic/66587
  11. « Elle parle aux anges », sur tvanouvelles.ca,‎ (consulté le 15 juillet 2015)
  12. « Centre d'Informations sur les nouvelles religions », sur cinr.qc.ca,‎ (consulté le 15 juillet 2015)
  13. a et b « La société Française croit-elle aux anges », sur angesgardiens.net,‎ (consulté le 15 juillet 2015)