Église Saint-Malo de Dinan

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Église Saint-Malo
Vue sud-est de l’église
Vue sud-est de l’église
Présentation
Type Église
Rattachement Archidiocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo
Début de la construction XVe siècle
Fin des travaux XIXe siècle
Autres campagnes de travaux XVIe siècle
Protection Logo monument historique Classé MH (1907)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Drapeau de la Bretagne Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Commune Dinan
Coordonnées 48° 27′ 17″ nord, 2° 02′ 46″ ouest
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Église Saint-Malo
Géolocalisation sur la carte : Bretagne
(Voir situation sur carte : Bretagne)
Église Saint-Malo
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Église Saint-Malo

L'église Saint-Malo est une église catholique du XVe siècle située à Dinan, en France[1]. Elle est représentative du gothique flamboyant en Bretagne.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église est située dans le département français des Côtes-d'Armor, dans la commune de Dinan.

Historique[modifier | modifier le code]

La première église Saint-Malo se situait hors les murs à l'emplacement de l'actuelle chapelle Saint-Joachim (boulevard Flaud, Dinan), cette première église dépendait du prieuré Saint-Malo fondé en 1066 par Olivier, Vicomte de Dinan[2]. L'évêque d'Aleth céda le prieuré à l'abbé de Marmoutier en 1108[3].

Durant la deuxième moitié du XVe siècle, plusieurs partis se disputent la couronne ducale, ce conflit est à l'origine de la guerre de Bretagne qui durera de 1465 à 1491. En 1488, l'armée française menace la Bretagne, le duc François II craignant la prise de Dinan ordonne la destruction de la première église Saint-Malo, afin d'éviter que l'armée française de Charles VIII ne l'utilise comme point d'appui pour attaquer la ville[4]. Il donne son accord pour financer une nouvelle église à condition qu'elle soit reconstruite intra-muros. Fin , après la défaite bretonne de la bataille de Saint Aubin du Cormier, l'armée française commandée par Louis de la Trémoille entame le siège de Dinan, la ville capitule rapidement et en aout 1488 Jean II de Rohan, premier baron de Bretagne mais allié de la France, prend le contrôle de la ville[5]. Il en restera le capitaine de 1488 à 1516[4].

Jean II de Rohan reprend à son compte le projet de reconstruction et décide avec la communauté de la ville de Dinan, comme convenu, de bâtir l'église Saint-Malo à l'intérieur des remparts[6]. Désireux de récupérer la couronne ducale, il veut que cette église soit représentative de son pouvoir. Il finance les achats de terrain, puis les travaux. En tant que fondateur de l'église[7], il disposera d'une sépulture dans la chapelle centrale du chœur et ses armes seront sculptées sur pierre et présentes dans les vitraux[5].

Un plan à chevet polygonal à trois chapelles rayonnantes (architecture de style Beaumanoir) est choisi, choix se démarquant de la mode des chevets plats préférés dans les grandes églises construites à cette époque en Bretagne[4]. Le choix de cette architecture pourrait avoir été imposé par Jean II de Rohan, des églises ayant le même type d'architecture sont en effet réparties dans ses possessions dans d'autres régions de Bretagne[8].

Ainsi que l'atteste l'inscription sculptée sur le pilier sud-est du transept, la pose de la première pierre a lieu en [9],[6]. Une partie des matériaux est récupérée sur le site de l'ancienne église Saint-Malo (actuelle chapelle Saint-Joachim) dont il ne subsistera qu'une partie de la nef, le complément est fourni par du granit de Querignan provenant d'une carrière de Languedias puis de Mégrit[10],[5]. Le maître d’œuvre de la construction est Guillaume Juhel[10], les travaux avancent rapidement et en 1491 la partie basse du chœur peut déjà être couverte de chaume[11].

En 1505, à la demande de la Fabrique, Jehan Lemaître, Maître Maçon, successeur de Guillaume Juhel[10], se rend à Coutances, afin d'examiner l'église Saint-Pierre de Coutances récemment terminée, il s'inspirera de cette visite pour terminer la partie haute du chœur de l'église[11].

En 1508, le financement de l'église est repris par la Duchesse Anne puis par le roi Louis XII[12]. Ces dons ajoutés à ceux des fidèles de la paroisse Saint-Malo permettent de terminer le chœur (sanctuaire couvert d'une voûte en bois, déambulatoire et chapelles), les murs du transept et le vaisseau central de la nef. Le clocher (sans sa flèche) est construit en 1517.

Les chapelles nord n'auraient été construites qu'au milieu du XVIe, une inscription sculptée dans la dernière chapelle du déambulatoire nord indique : "En l'an 1549. Jehan : de la Haye Sr du Bouais // a cott cette chapelle:"[13].

Le manque d'argent, les guerres de religion et l'occupation de Dinan par les Ligueurs suspendent les travaux[14]. Les grandes arcades de la nef sont bouchées (les bas-côtés de la nef ne sont pas encore bâtis)[12] mais les fondations de la nef complète sont néanmoins établies[13]. La nef, le porche d'entrée et la flèche du clocher restent à terminer.

En 1597, un magasin de poudre situé tour Saint-Julien explose, l'église est endommagée et demande à être réparée[10].

Les familles nobles investissent les chapelles du chœur en y installant des enfeus et en y inscrivant leurs armoiries. À la fin du XVIe siècle, les héritiers de Jean II de Rohan sont devenus protestants, Henri II de Rohan cède alors son droit d'enfeu dans la chapelle axiale de l'église au sénéchal Raoul Marot des Alleux[15], il s'y fait bâtir un mausolée en marbre blanc en forme de sarcophage durant la première moitié du XVIIe[16].

Le porche triomphal côté Grand' Rue (entrée sud du transept) est érigé entre 1613 et 1630[5], le granit provient une nouvelle fois d'une carrière de Languedias (granit de Querignan)[5].

En 1727, un architecte de Saint-Malo, M. Datour intervient pour consolider la nef dont l'une des colonnes n'était plus d'aplomb, le montant des travaux s'élève à 500 livres, la nef est abaissée de 3,60 m et trois arcs-boutants sont construits[17],[10], ils étaient encore visibles sur le plan cadastral de 1843 (section B1) disponible aux archives départementales des Côtes d'Armor. L'inscription présente sur le mur sud de la nef, originellement positionnée sur le mur de remplissage des arcades, date de cette époque[18].

En 1775, un grand vitrail est détruit par une tempête. L'église semble cependant dans un état acceptable, au moins pour le chœur puisqu'elle abritait le mausolée de Marot des Alleux ainsi que quinze pièces de tapisserie (histoire de Constantin et histoire de Joseph)[10]. L'état des verrières, en cette deuxième moitié du XVIIIe n'est pas connu.

Durant la Révolution, l'église n'est plus affectée au culte, elle sert de halle aux blés, d'écurie, de salle de spectacle et de caserne[10]. La plupart des marques nobiliaires présentes dans l'église sont martelées conformément aux consignes de la Convention[19], le mausolée du sénéchal Marot des Alleux est détruit en 1795 (cinq fragments en sont connus : deux ont été remployés comme devants d'autels - chapelle dans l'église Saint-Malo et chapelle Saint Joachim - , deux sont stockés au musée et le dernier est utilisé en parement dans une chapelle de la basilique Saint Sauveur[13],[16] ). Durant toute la période révolutionnaire, l'église se dégrade, la toiture de la nef déverse les eaux de pluie dans la nef, les deux chapelles qui avaient été construites aux deux angles du transept et de la nef menacent de tomber en ruine, le lierre a envahi les pinacles et les gargouilles, les fenêtres ont été obturées aux endroits où les vitraux étaient cassés[20]. Saint-Sauveur de Dinan qui accueillait les assemblées du peuple durant la période révolutionnaire est en bien meilleur état. Les paroissiens de Saint-Malo de Dinan se plaignent de cette différence de traitement entre les deux églises dans une lettre au Conseil Général et au Préfet datée du 22 floral an XI[20].

L'église est rendue au culte en 1803[13] mais elle demande à être réparée, les travaux de réhabilitation sont estimés à 10 000 francs. Cette somme que la municipalité ne peut financer l'incite à proposer la fermeture de l'église[10].

L'église n'est toutefois pas fermée et durant la première moitié du XIXe diverses solutions sont proposées, elles vont de la reconstruction des deux chapelles de la nef à la construction d'une nef complète, les devis varient de 50 000 F à 200 000 F[20].

Finalement, la solution la plus onéreuse est choisie grâce à l'aide de l'état, de la municipalité et des dons des paroissiens, rassemblés par la fabrique. La construction de la nef se déroule de 1855 à 1865, elle s'appuie sur des fondations datant du XVe siècle en respectant le plan originel (les colonnes de la nef dateraient du XVIe siècle)[13]. Les architectes néo-gothiques Alphonse Guépin et Charles Aubry reprennent le chantier et terminent la nef et le portail occidental[10]. La flèche du clocher ne sera jamais construite.

Simultanément, de 1856 à 1873, la municipalité profite de la reconstruction du presbytère pour acheter puis démolir les maisons qui masquaient le chœur et gênaient la mise en valeur de l'architecture de l'église[20].

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1907[1].

Architecture[modifier | modifier le code]

L'édifice, de dimension 76,50 m x 44,10 m[5], est caractéristique du gothique flamboyant ou tardif en Bretagne et en particulier du style Beaumanoir.

Intérieur[modifier | modifier le code]

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Toute la partie est (chœur et transept) ainsi que le vaisseau central de la nef datent des XVe et XVIe siècles (gothique flamboyant), le porche triomphal côté grand' Rue, du XVIIe (Renaissance) et les bas-côtés de la nef, du XIXe (intérieur et extérieur néo-gothiques mais respectant le style flamboyant original)[13].

Le chœur (25 × 20 m) est soutenu par huit piliers, la voûte de granit y culmine à 21 mètres[5]. Son architecture est imposante, témoin de la richesse de Dinan à cette époque : déambulatoire flanqué de neuf chapelles dont trois rayonnantes. Deux chapelles s'ouvrent sur le déambulatoire sud, elles sont suivies par une petite maison forte qui contient la sacristie, pièce voutée surmontée de la salle de la Fabrique. On y accède par la deuxième porte et un escalier en spirale. Cet escalier permet également d'atteindre le triforium. Ces deux portes en arcs brisés sont ornées d'animaux sculptés (chien, lion et 2 dragons) et de choux frisés. La salle de la Fabrique est éclairée par une grande verrière gothique et dispose d'une ouverture donnant sur le chœur. Cette petite ouverture pourrait laisser supposer que Jean II de Rohan se servait de cette salle comme oratoire[11]. Trois chapelles occupent l'abside et quatre le déambulatoire nord, la dernière contient la porte donnant sur l'escalier menant au clocher. Chaque chapelle dispose de crédence (le célébrant s'y lavait les mains ainsi que le calice) , de sacraire (niche contenant les objets du culte) et parfois de retable de pierre (pièce d’architecture contre laquelle est appuyé l’autel et dont le fond, placé au-dessus de l’autel, contient un tableau, un bas-relief, une statue, etc. . )[21],[22]. Certaines chapelles possèdent des enfeus en arcade indiquant leur affectation à de riches familles de Dinan.

Les grandes arcades du chœur sont séparées des fenêtres hautes par un triforium équipé de garde-corps ajourés, ils sont découpés selon un rythme similaire à celui des fenêtres hautes privilégiant ainsi la verticalité des façades. Chaque garde corps est composé de six éléments décorés d'arcs en accolades et de trèfles évoquant plutôt le gothique rayonnant. En arrière, deux arcades jumelées les surplombent. L'architecture des parties hautes du chœur aurait pu être inspirée par celle de Saint Pierre de Coutances[11].

Le jeu de nervures du déambulatoire (fin XVe, début XVIe) comporte 19 clés de voute ornées de symboles religieux dignes d'intérêt bien que difficiles à observer[13]. Certaines d'entre elles révèlent encore de belles traces de polychromie. Les clés de voûte du déambulatoire sud présentent les instruments de la Passion.

La clé située devant la chapelle axiale de l'abside représente les sept péchés capitaux, cette représentation pourrait avoir un rapport avec le conflit entre Jean II de Rohan, fondateur de l'église et le Duc de Bretagne. Si l'on observe bien la scène, on peut remarquer que le diable ayant la main sur la bouche du personnage supplicié possède une couronne ducale, ce pourrait être le Duc de Bretagne empêchant Jean II de Rohan de s'exprimer[4].

Dans les chapelles, les clés de voutes supportées par des personnages étaient ornées des blasons des familles nobles, elles furent martelées à la révolution[19]. À la fin du XVe, les clés de voute pendantes s'ajoutent aux clés de voûte sculptées, elles sont beaucoup plus complexes et nécessitent l'emploi de boulons pour en supporter le poids[23], le déambulatoire nord comporte une clé de ce type.

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Les colonnes du transept (XVe siècle) de 3 mètres de diamètre, composées chacune d'un pilier central flanqué de quatre colonnes et de quatre colonnettes se pénétrant à demi diamètre, soutiennent des arcs d'ogive à triple nervure. L'un de ces piliers possède une inscription commémorative[24] du début de la construction de l'église[9]. À cette époque, il était projeté de bâtir une haute flèche à la place du clocher actuel, cela explique la taille imposante des colonnes du transept. Le bras nord du transept (début XVIe) contient l'escalier menant au clocher. Le bras sud, construit au XVIe siècle, contient le grand orgue, il s'ouvre par un porche triomphal de style Renaissance (XVIIe) fermé par deux portes en chêne (XVIIe)[13],[5].

La nef (XIXe siècle), longue de 26 mètres et haute de 18 m, comporte trois vaisseaux. La nef centrale est couverte d'une voute en tuffeau d'Angers [13]. Les bas-côtés sont éclairés par des fenêtres ogivales garnies de vitraux des XIXe et début XXe.

Extérieur[modifier | modifier le code]

Les pignons des deux chapelles sud sont encadrés par le transept et par la maison forte contenant sacristie et salle de la fabrique (fenêtre ornée d'un réseau flamboyant restauré au XIXe). Toutes les bases des pignons des chapelles sont séparées des arcs-boutants par des carrés en croix de Saint-André ajourés. Au nord, les pignons des quatre chapelles respectent la même architecture [11].

Au chevet, en alternance avec les arcs-boutants, les chapelles rayonnantes sont encadrées de pignons et surmontées de toitures aiguës. On attribue ce style d'architecture à l'atelier Beaumanoir dont l'influence était importante dans la région de Morlaix dans les années 1500[12]. Comme d'autres ateliers bretons de la même époque (XVe et XVIe), il était à la recherche de formes d'architecture en rupture avec le chevet plat, traditionnel en Bretagne à la fin du Moyen Âge[11]. Le chevet Beaumanoir est ici constitué des trois chapelles rayonnantes, chacune d'entre elles se termine par trois pignons et trois toitures déployées en éventail, chaque pignon est encadré de contreforts surmontés de pinacles. Les rampants des pignons sont décorés de crochets et d'un fleuron au sommet de chacun d'entre eux. Les jonctions entre les trois toitures (noues) se terminent par des gargouilles. Les sommets des contreforts et des arcs-boutants constituent une forêt de pinacles dont on a du mal à comprendre la complexité au premier abord. Dans cette forêt sont disséminés de multiples sculptures d'animaux et de personnages plus ou moins grotesques.

L'ensemble des verrières sont caractéristiques du gothique flamboyant, les volutes de pierre dessinent des flammes, des soufflets et des mouchettes alors que le gothique rayonnant s'inspirait plutôt de trèfles ou de quadrifeuilles.

Le portail sud du transept, construit durant la première moitié du XVIIe présente une décoration typiquement Renaissance.

La nef, terminée au XIXe, a respecté le style de l'église originelle.

La porte d'entrée principale ouest comporte une inscription en hébreu, qui signifie : « Vous déclarerez sainte, la cinquantième année et vous proclamerez dans le pays la libération pour tous ses habitants, ce sera pour vous un jubilé.Vous frapperez à la porte et le passage pourra être ouvert largement. Une lumière vive inondera le bas de l’église et vous invitera à rentrer »[25]. C'est un verset extrait du Lévitique (Lév. 25, 10).

Le clocher et les cloches[modifier | modifier le code]

Le clocher et la naissance d’une colonnade inachevée.

L'édifice, de taille assez imposante, possède un petit clocher (40 m de haut[5]), qui n'est en fait qu'un toit à quatre pans ayant quelques petits abat-son. À l'origine, l'église devait comporter une flèche en granit, dont on voit bien les "bases" sous chaque angle du toit. Elle aurait dû être conséquente, compte tenu de la taille des quatre piliers du transept, qui ont chacun un diamètre de trois mètres[13]. La légende veut que la bourse de construction du clocher ait été donnée à la Ville de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).

Le clocher renferme tout de même quatre cloches, dont trois servent régulièrement et sont motorisées.

  • Le Bourdon, affectueusement surnommé "Gros-Malo" donne un Sol#2 bas et pèserait le faible poids de 2,980 kg[26]. D'après le diamètre de cette cloche, 1,775 mm, il pèserait en fait 3,319 kg. Il est "incrusté" dans le plancher de la chambre des cloches car trop grand pour tenir dans ce petit clocher. Des planches ont été installées en dessous pour "réfléchir" le son. Cette cloche a été coulée en 1869 à Villedieu-les-Poëles.
  • La seconde cloche, "Mélanie-Clémentine" donne un Ré3 haut et fut fondue en 1835, à Villedieu-les-Poëles par Viel-Tétrel et Viel-Ozenne frères. Elle a un diamètre de 1,230 mm et pèse environ 1,092 kg.
  • La troisième cloche, "Marie-Henriette-Anne" donne un Fa3 haut et remplace depuis 1929 "Marie-Louise", qui fut offerte par la sœur de François-René de Chateaubriand, en 1846[27]. Elle est due à la fonderie Cornille-Havard. Elle a un diamètre de 1,075 mm et pèse environ 720 kg.
  • La quatrième cloche, donnant un La#4 légèrement faux, non-motorisée, servait sans doute de cloche d'alarme. Elle a été fondue à Villedieu. Elle ne sonne jamais.

Vitraux[modifier | modifier le code]

Mis en place après l'achèvement de la nef en 1865, les vitraux du chœur, du transept et des chapelles de la nef sont posés durant la fin du XIXe siècle, ceux des bas-côtés de la nef, durant la première moitié du XXe siècle, puis les vitraux de la chapelle axiale sont renouvelés au début de la deuxième moitié du XXe siècle. L'ensemble des vitraux témoigne de l'évolution de cette production artistique du XIXe et XXe siècles.

Mobilier[modifier | modifier le code]

Le bénitier situé à gauche de l'entrée principale de la nef est l’œuvre des sculpteurs Dinanais Bouchet et Delaune.

Un deuxième bénitier situé dans l'une des chapelles nord du déambulatoire date du XVe, il s'agit d'un cuve octogonale en granite[28].

Au milieu de la nef, la chaire à prêcher surmontée d'un ange soufflant dans une trompette est du XVIIIe[29], elle provient de l'église des Dominicains.

Cette église, grande par sa taille et riche par son histoire ne possède que peu de mobilier, étant donné qu'elle servit d'étable, de forge et de théâtre à la Révolution Française. De 1952 à 1967, c'est l'artiste peintre Yves Floc'h (1906-1990) qui réalisa la crèche de Noël dans l'église.

Les orgues[modifier | modifier le code]

L'église possède deux orgues : Le Grand-Orgue, d'Alfred Oldknow, construit en 1889, de facture anglaise, il comporte trois claviers de 56 notes et un pédalier de 30 notes. Il est classé monument historique, tout comme la tribune en châtaignier sculptée, qui se situe dans le transept sud[30],[31],[32]. Un second orgue, anciennement propriété d'un pianiste Polonais, Henri Kowalski, sert d'orgue de chœur. Il se trouve dans une chapelle au nord-est de l'autel.

Composition du Grand Orgue Anglais :

I Positif Ut1-Sol5
Kéraulophone 8′
Lieblich Gedackt 8′
Dulciana 8′
Flûte 4′
Clarinette 8′ (44 notes)
II Grand-Orgue Ut1-Sol5
Montre 8′
Clarabella 8′
Viole 8′
Prestant 4′
Flûte Harmonique 4′
Fourniture 3 rangs
Posaune 8′
III Récit Ut1-Sol5
Bourdon 16'
Montre 8'
Rorh Gedackt 8'
Gambe 8'
Voix céleste 8' (44 notes)
Prestant 4'
Fourniture 3 rangs
Trompette 8'
Hautbois 8'
Voix humaine 8'
Pédale Ut1-Fa3
Flûte ouverte 16'
Bourdon 16'
Tirasses et copulas
Copulas III/I, III/II
Tirasses I, II, III
5 cuillers d'appel/retrait de certains jeux (prédéfinis)
Pédale d'expression (Récit)

Organistes[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Arscott (1847-1938) : organiste de l'église Saint-Malo à DINAN (Côtes-d'Armor) durant au moins 56 ans, de 1874 jusque ca 1930[33]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Église Saint-Malo », notice no PA00089076, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Anne Autissier, La sculpture romane en Bretagne : XIe-XIIe siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 380 p. (ISBN 2-7535-0066-5), p. 266.
  3. Jean Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, vol. 1, Rennes, Molliex, , 535 p., p. 221.
  4. a b c et d Laurent Guitton, « Un vicomte dans la cité : Jean II de Rohan et Dinan (1488-1516) », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, nos 114-2,‎ (DOI 10.4000/abpo.63, lire en ligne, consulté le 15 novembre 2016). Et : Laurent Guitton, La Malédiction des sept péchés. Une énigme iconographique dans la Bretagne ducale, Presses universitaires de Rennes, 2017, (ISBN 978-2-7535-5015-5)
  5. a b c d e f g h et i Gérard Malherbe, Précis chronologique sur la construction de l'église Saint-Malo de Dinan et des deux édifices qui furent placés sous ce vocable, , 95 p.
  6. a et b Anne Suber, Le gothique flamboyant et la deuxième renaissance, vol. 7, 22100 Dinan, Pays de Dinan, coll. « Patrimoine historique et architectural - Pays de Dinan », , 53 p. (ISBN 978-2-9541569-7-2, lire en ligne), p. 14
  7. Banque d'images de la BNF, "Fondation de l’église Saint-Malo de Dinan par Jean, vicomte de Rohan (12 juin 1489)", MSS FRANCAIS 22340, folios 230v, 230, 231v, 231.
  8. Conférence de Jeanne Bréard, Guide conférencier, tenue à Dinan le 11 décembre 2016 au Théâtre des Jacobins
  9. a et b "Le dix-septième de may l’an mil quatre c(e)ns III XX et dix fut com(m)a(n)cé pour cray cette église en ce po(u)rpins par les trésoriers à ce (com)mis ; desquex les no(m)s so(n)t jeh(a)n Gicq(ue)l et jeha(n) du Buot, q(ue)lx o(n)t co(m)mis Olivier Rouxel"
  10. a b c d e f g h et i René Couffon, « Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier », Bulletins et mémoires de la Société d’Émulation des Côtes du Nord, vol. LXX,‎ , p. 102-106 (lire en ligne)
  11. a b c d e et f Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Bretagne gothique, Paris, Picard, coll. « Les Monuments de la France gothique », , 485 p. (ISBN 978-2-7084-0883-8), p. 125-131
  12. a b et c André Mussat, Les derniers éclats du gothique, Dinan au Moyen-Age, Dinan, Association "Le Pays de Dinan", , 354 p. (ISBN 2-905952-01-6), p. 137-155
  13. a b c d e f g h i et j Gérard Malherbe, Les églises de Dinan, La Guerche de Bretagne, Ouest-France, , 30 p. (ISBN 2-7373-0437-7)
  14. Hervé Le Goff, La Ligue en Bretagne Guerre civile et conflit international (1588-1598), Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 576 p. (ISBN 978-2-7535-1157-6)
  15. Notice sur l'église de Saint-Malo (anonyme, 29 mars 1950), Archives départementales des Côtes d'Armor, V 1168
  16. a et b Thierry GIORDANA (Correspondant Local Presse), « Histoire. Le tombeau de Marot des Alleux, un chef d’œuvre disparu », Le Petit Bleu des Côtes d'Armor,‎ (lire en ligne)
    Compte-rendu de la conférence : "Le tombeau de Marot des Alleux, un chef d’œuvre disparu" donnée au Théâtre des Jacobins à Dinan, le dimanche 17 avril 2016 par Anne Suber Guide-conférencier.
  17. Délibération du Conseil municipal de Dinan, le 12 août 1851. Archives départementales des Côtes d'Armor, V 1168
  18. La voix de Saint-Malo, bulletin de la paroisse Saint Malo de Dinan, 13 et 20 août 1923, no 19, Archives départementales des Côtes d'Armor, CP 146
  19. a et b Jean-Jacques Clere (Décrets de la Convention nationale des 4 juillet et 14 septembre 1793), « L’abolition des droits féodaux en France », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, nos 94-95,‎ , p. 135-157 (lire en ligne)
  20. a b c et d Archives départementales des Côtes d'Armor, V1168
  21. Eugène Viollet-le-Duc, « PISCINE », sur Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1889 (consulté le 14 décembre 2016)
  22. Adolphe Berty, Dictionnaire de l'architecture du Moyen-Age, Paris, A. Derache, , 322 p. (lire en ligne), p. 135
  23. Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, t. 3, Paris, B. Bance, 1854-1889 (lire en ligne), « Clef », p. 256
  24. "Notice n°PM22000136" Base Palissy Ministère la Culture
  25. Philippe Giron, « L'édifice : église Saint-Malo - Secteur pastoral de Dinan », sur paroisse-dinan.catholique.fr (consulté le 24 mars 2016)
  26. Mathurin-Eugène Monier, Dinan Mille ans d'histoire, Mayenne, Jean Floch Imprimeur Éditeur, 1977, 2e édition, 582p., p.152.
  27. Gérard Malherbe, L'église Saint-Malo de Dinan, Plan guide, s.d., 4p.
  28. "Notice n° PM22000137" Base Palissy, Ministère de la Culture
  29. "Notice n°PM22000135" Base Palissy Ministère de la Culture
  30. Notice no PM22000143, base Palissy, ministère français de la Culture
  31. Notice no PM22001510, base Palissy, ministère français de la Culture
  32. Notice no PM22002078, base Palissy, ministère français de la Culture
  33. L'ancienneté chez les organistes et maîtres de chapelle

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Henri Geslin de Bourgogne, Anatole de Barthélemy, Anciens évêchés de Bretagne. Histoire et documents, 1864, Saint-Brieuc, Librairie Guyon Frères imprimeurs, tome 4, chapitre VIII, Prieuré de Saint-Malo de Dinan, p. 386-423 (lire en ligne)
  • René Couffon, Saint-Malo de Dinan, dans Congrès archéologique de France. 107e session. Saint-Brieuc. 1949, Société française d'archéologie, 1950, p. 187-194
  • Mathurin-Eugène Monier, Dinan Mille ans d'histoire, Mayenne, Jean Floch Imprimeur Éditeur, 1977, 2e édition, 582p., p. 110-155.
  • Henri Corbes, L'orgue anglais de Saint-Malo de Dinan, in Annales de la Société d'Histoire et d'Archéologie de l'Arrondissement de Saint-Malo, 1981, p. 209-215.
  • Loïc Métrope, L'orgue anglais de l'Église Saint-Malo, in Le Pays de Dinan, 1985, p. 100-111.
  • Paroisse Saint-Malo de Dinan, L'église Saint-Malo de Dinan, guide illustré, s.d., 4p.
  • Gérard Malherbe, L'église Saint-Malo de Dinan, Plan guide, s.d., 4p.
  • Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Dictionnaire guide du patrimoine Bretagne, Éditions du patrimoine, Paris, 2002, 531p., (ISBN 2-85822-728-4), p. 218-219.
  • Maurice Dilasser (dir.), Patrimoine religieux de Bretagne Histoire et inventaire, Brest, Le Télégramme, 2006, 381 p. (ISBN 2-84833-173-9), p. 83-84.
  • Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Bretagne gothique, Éditions Picard, Paris, , 485p., (ISBN 978-2-7084-0883-8), p. 125-131.
  • Laurent Guitton, La Malédiction des sept péchés. Une énigme iconographique dans la Bretagne ducale, Presses universitaires de Rennes, 2017, (ISBN 978-2-7535-5015-5)
  • Michel Boccard, « Dinan, Église Saint-Malo », Congrès Archéologique de France, session 2015 : Monuments des Côtes-d'Armor - Le "Beau Moyen Âge", Paris, Société française d'archéologie, 2017, (ISBN 978-2-901837-70-1), p. 223-249.

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