Eustache de Rome

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Eustache, ou plus exactement Eustathe (grec Εὐστάθιος / Eustathios, latin Eustathius), mort selon la légende au début du règne d'Hadrien (autrement dit vers 118), est le nom d'un saint mégalomartyr des Églises catholique et orthodoxe.

Des données purement hagiographiques[modifier | modifier le code]

Selon le récit originel de sa vie et de sa Passion (un texte grec [BHG 641] d'où dérivent toutes les versions connues de la légende), Eustathe, qui portait initialement le nom de Placidas, était un excellent général (στρατηλάτης), païen de religion mais très humain et charitable, qui vivait à l'époque de l'empereur Trajan. S'étant converti au christianisme à la suite d'un miracle survenu pendant une partie de chasse (entre les bois du cerf qu'il poursuivait une croix apparut tandis que la voix divine l'interpelait), Placidas se fit baptiser avec sa femme et ses deux enfants : il prit alors le nom d'Eustathios/Eustathe (qui signifie « bien équilibré », « constant »), son épouse Tatiana celui de Théopisté (« celle qui a foi en Dieu ») et leurs fils furent appelés Agapios (« celui qui est plein de charité ») et Théopistos (« celui qui a foi en Dieu »). Des malheurs annoncés par la voix divine s'abattirent bientôt sur lui pour le mettre à l'épreuve : il perd ses terres, ses troupeaux, sa fortune. Pour cacher sa misère, la famille décide de se retirer en Égypte. Comme Eustathe ne peut payer le prix de la traversée, le capitaine du bateau se dédommage en gardant pour lui la belle Théopisté. Menacé de mort, Eustathe s'enfuit à la nage avec ses deux fils. Mais bientôt ceux-ci, au moment de traverser un fleuve, sont brusquement ravis, l'un par un lion, l'autre par un loup. Eustathe les croit morts mais ils ont été sauvés l'un par des bergers, l'autre par des laboureurs qui les élèvent dans le même village sans que personne (pas même les intéressés) soupçonne qu'ils sont frères. Le temps passe. Le péril barbare rappelle Placidas au souvenir de Trajan. L'empereur fait rechercher partout l'exilé volontaire, le tire de sa retraite, lui rend son grade et lui confie la défense du pays. Eustathe enrôle alors de nouveaux soldats, parmi lesquels deux jeunes gens qu'il prend en amitié et dont il fait ses commensaux. Après une brillante victoire sur les Barbares, le général et ses deux aides de camp font halte près d'une maison habitée par une pauvre femme qui cultive un petit jardin. Les deux aides de camp, qui ne sont autres qu'Agapios et Théopistos, se reconnaissent alors les premiers au moment où ils se racontent leur vie. Témoin muet de ces retrouvailles, la jardinière (en réalité Théopisté, que le capitaine, mort subitement, n'a pas eu le temps de déshonorer et qui s'est échappée) reconnaît bientôt son mari dans le général. Toute la famille (père, mère et fils) se retrouve alors en une scène émouvante, typique de l'anagnorisis hagiographique. Mais la réhabilitation mondaine de Placidas-Eustathe ne dure guère. À Trajan succède Hadrien. Le nouvel empereur, voyant que le héros et les siens refusent de sacrifier aux idoles, les fait jeter en pâture à un lion féroce, lequel se couche à leurs pieds. Hadrien ordonne alors de les ébouillanter dans un taureau d'airain chauffé à blanc : plus résolus et unis que jamais, Eustathe, son épouse et ses deux fils conquièrent ainsi la palme du martyre. Les corps sont enlevés secrètement par les Chrétiens et déposés avec vénération « dans un lieu très célèbre ». Saint Eustache (c'est le nom sous lequel l'Occident médiéval le connaît) est fêté, à Rome comme chez les Grecs, le 20 septembre[1], mais son nom a été supprimé du calendrier romain général lors de la réforme de 1969.

Une historicité problématique[modifier | modifier le code]

Eustache (tel, en tout cas, que sa légende le présente) pourrait bien faire partie des saints fictifs, créés de toutes pièces à des fins d'édification. L'éminent hagiologue qu'était le P. Delehaye ne croyait guère à son historicité [2] : aucun document ancien ou sûr n'atteste son existence, et même son culte n'apparaît que tardivement (VIIe siècle). La légende comporte peu d'indications topographiques ou géographiques, et celles-ci manquent de consistance[3] ; elle ne mentionne même pas expressément Rome (où semble se passer le martyre en II, 20-22). De fait, le texte BHG 641 n'a pas été composé à Rome, comme l'a cru Wilhelm Meyer[4], mais probablement en Orient, peut-être en Asie Mineure[5]. Le flou topographique et l'absence de données historiques précises (en dehors de l'inévitable mention des empereurs), de même que le style du récit, suggère l'atmosphère du conte édifiant. Des parallèles thématiques ont fait penser que l'histoire d'Eustathe (du moins la partie médiane narrant les épreuves du héros accablé de maux et privé des siens) dérivait d'une légende bouddhiste[6] ; Christophe Vielle, pour sa part, suppose au conte une origine galate pour expliquer les points communs entre la Vie d'Eustathe et le Mabinogi de Pwyll, récit en moyen gallois daté des environs de l'an 1100[7]. Selon toute vraisemblance, Placidas-Eustathe n'est pas un personnage historique[8] ; il a été conçu comme une figure exemplaire et quasi biblique, mélange explicite de saint Paul (similarité frappante, et d'ailleurs explicite, dans la scène de la conversion)[9], de Balaam[10] et de Job[11]. C'est un modèle de foi, d'obéissance et de patience que propose aux fidèles ce roman pieux recyclant (tout en les christianisant profondément) des motifs narratifs présents dans le roman grec de l'Antiquité[12], mais qu'on retrouve aussi dans le folklore universel (conte-type AT 938)[13] avec des récits issus ayant pour héros « l'homme éprouvé par le destin »[14]. La Vie et Passion primitive (BHG 641)[15] est très difficile à dater, mais fut sans doute composée assez longtemps avant Jean Damascène[16], qui, vers l'an 730, la cite et la présente comme un texte d'une antiquité vénérable[17]. Cet ouvrage fut traduit en latin au IXe siècle et assuma dès lors, selon Alain Boureau[18], le statut d'un « mythe fondateur de l'ordre clérico-impérial ».

La légende du cerf[modifier | modifier le code]

Le miracle de saint Eustache (miniature du XIIIe siècle)

Cet épisode appartient déjà à la plus ancienne recension de la légende, à savoir la Vie et Passion grecque de saint Eustathe (BHG 641), composée entre le Ve et le VIIe siècle[19]. Un jour que le général Placidas, encore païen, chassait avec sa suite dans la montagne, il rencontra une harde de cerfs, dont un lui parut plus grand et plus beau que les autres. Distançant ses compagnons, il le poursuivit pour le tuer mais vit, quand il l'eut rattrapé, un crucifix qui brillait entre ses cors. Alors le cerf, recevant du Seigneur le pouvoir de parler en son nom, lui dit : « Placidas, pourquoi me poursuis-tu ? Je suis le Christ[20], que tu honores sans le savoir, et je suis venu sous cette forme pour te sauver et, à travers toi, sauver aussi tous les idolâtres ». Devant ce miracle, ayant reconnu le vrai Dieu, Placidas se convertit avec sa femme et ses deux fils. La nuit même, il se fit baptiser avec les siens par le « prêtre des Chrétiens »[21] et reçut le nouveau nom d'Eustathe.

Le même miracle du cerf crucifère et parlant au saint se rencontre dans la Vie de saint Meinulphe, diacre aux alentours de Paderborn († circa 847), rédigée par Sigewald[22]. Il reparaît au XVe siècle, encore beaucoup plus proche du modèle eustathien car à nouveau dans un contexte de chasse, dans la quatrième Vie de saint Hubert[23], lequel est devenu le patron des chasseurs.

L'épisode du cerf, et avec moins de fréquence le reste de la légende eustathienne, furent souvent représentés dans les églises rupestres de Cappadoce, à partir de la fin du VIIe siècle et jusqu'au XIIIe siècle inclus[24].

Le culte de saint Eustache et la diffusion de sa légende[modifier | modifier le code]

Les peintures de ces édifices cappadociens prouvent que dès le VIIe siècle le culte de saint Eustathe était bien implanté dans la région, qui pourrait être son berceau[25]. À Constantinople, la fête du saint et de ses compagnons était, au moins à partir de la fin du IXe siècle, célébrée le 20 septembre dans l'église qui lui était dédiée, au quartier du Deutéron[26]. La traduction de la Vie et Passion BHG 641 en syriaque (BHO 298) et en arménien (BHO 299)[27] montre que le saint était également vénéré dans les chrétientés orientales non hellénophones. En Occident, le culte est attesté pour la première fois à la fin du VIIIe siècle quand une diaconie romaine placée sous le vocable de saint Eustathe apparut au temps du pape Léon III (795-816)[28].

Le culte rendu à saint Eustache s'accompagna d'une grande floraison de textes[29], reprises et variations en vers ou en prose autour du « roman eustathien », dont on ne saurait trop souligner le succès extraordinaire. De l'Italie, le culte se répandit vers le Nord. Cette propagation fut concomitante à celle la légende hagiographique d'Eustache, objet de nombreuses adaptations non seulement en latin, mais aussi (à partir du XIIe siècle) dans diverses langues vernaculaires[30]. Le culte gagna la France, où la Vie et Passion grecque fut adaptée dans une Vita rythmique de 220 vers (BHL 2771) dès le IXe siècle selon E. Dümmler, ou vers 900 selon A. Monteverdi[31]. Le XIIIe siècle français vit éclore, entre autres, un poème de 2052 octosyllabes rimés[32] et une Vie en prose composée avant le milieu du siècle[33]. La légende eustathienne passa également dans le Miroir historial de Vincent de Beauvais[34].

Ce que l'on croyait être les reliques du martyr parvint à l'abbaye de Saint-Denis au commencement du XIIe siècle. Une partie de ces restes fut donnée, peu avant 1216, à la chapelle Sainte-Agnès bâtie dans le quartier parisien des Halles ; cette chapelle fut érigée un peu plus tard en paroisse et la nouvelle église ainsi constituée fut placée, entre 1216 et 1223, sous le vocable de Saint-Eustache, qu'elle porte encore aujourd'hui[35]. Puis ce fut au tour de l'Angleterre d'être gagnée par la vénération de « Saint Eustace », timidement à partir du Xe siècle, puis massivement après l'an 1000[36].

Saint Eustache fut honoré comme patron des chasseurs durant les derniers siècles du Moyen Âge, jusqu'à l'époque où il fut supplanté, surtout en Europe centrale, par saint Hubert[37].

Saint Eustache faisait partie du groupe des quatorze « saints auxiliateurs », qui étaient censés apporter un secours immédiat à ceux qui les invoquaient.

Postérité littéraire de la Vie de saint Eustache[modifier | modifier le code]

La partie centrale de Vie et Passion de saint Eustathe ou Eustache, l'espèce de roman hagiographique narrant la séparation, les épreuves et les retrouvailles du père, de la mère et des deux fils, inspira un grand nombre de récits profanes médiévaux en diverses langues. Tous ces contes, rejetons eustathiens du conte-type AT 938 de « L'homme éprouvé par le destin », relèvent de ce que l'on a appelé l'hagiographie séculière[38]. En voici la liste non exhaustive, un complément pouvant être trouvé dans l'article Anagnorisis : Guillaume d'Angleterre ; Parise la Duchesse ; Die gute Frau ; Octavian et sa mise en prose Florent et Octavien ; Livre du chevalier Zifar ; Lion de Bourges ; Valentin et Sansnom ; La Belle Hélène de Constantinople ; Sir Isumbras ; Sir Torrent of Portyngale ; Der Graf von Savoien.

Iconographie et attributs[modifier | modifier le code]

La romanesque et édifiante histoire de Placidas-Eustathe et des siens a connu une assez grande faveur dans l'iconographie chrétienne[39].

Comme saint Meinulphe et saint Hubert, saint Eustache est représenté auprès d'un un cerf portant un crucifix ou une croix entre ses cors. On peut cependant le distinguer de ses deux épigones : Eustache a un uniforme, parfois incomplet, de soldat[40]. Il est également représenté accompagné d'un taureau d'airain rougi au feu en rappel de son martyre[41].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Saint Eustache », sur Nominis
  2. H. Delehaye, « La légende » (1919), p. 181-183. Le Bollandiste envisage plus loin (p. 209) deux solutions : ou le saint est simplement une fiction hagiographique, prise plus tard pour une réalité ; ou il s'agit d'un martyr oriental sur lequel nous ne possédons plus de données historiques et dont le culte, dans l'antiquité, n'a laissé aucune trace dans son pays d'origine.
  3. Eustathe et les siens fuient en Égypte (comme la Sainte Famille...) ; mention d'une mystérieuse bourgade (κώμη) du nom de Badiosôn (Βαδιοσών, qui devient Badyssus dans la version latine) où se retire Eustathe après la perte des siens (I, 11, p. 128 E) ; mention de la rivière Hydaspe (actuelle Jhelum, au Pakistan) que le héros, redevenu général, franchit pour aller battre les Barbares de l'intérieur (II, 16).
  4. W. Meyer, « Die älteste Fassung » (1916).
  5. Vers la piste micrasiatique convergent au moins deux indices : la faveur iconographique de la légende eustathienne à partir du VIIe siècle en Cappadoce, où d'autre part le cerf était l'objet d'un très ancien culte rural (N. Thierry, 1991 ; C. Jolivet-Lévy, 1991) ; les affinités entre la légende et le Mabinogi de Pwyll, explicables selon C. Vielle par un commun modèle celto-galate (infra, note 7).
  6. Gaster (1893), pensait à l'histoire de Patacara (de qua Eugene Watson Burlingame, Buddhist legends translated from the original Pali text of the Dhammapada commentary. Part 3 : Translation of Books 13 to 26. Cambridge Mass, 1921 [Harvard Oriental Studies, 30], p. 166-167 : « XX.12. The woman who was bereft of all her family ») ; Delehaye, « La légende » (1919), p. 227-228 (Patacara et Visvantara) ; Petersen (1925) ; Schneider (1961-1962) ; Brémond (1984), malgré des erreurs quant aux débuts de la légende hagiographique. Voir Stith Thompson & Warren E. Roberts, Types of Indic Oral Tales (...). Helsinki, 1960 (= FF Communications, no 180), p. 118-119, no 938.
  7. Vielle (1990).
  8. Le rapprochement avec le cruel tribun militaire Placidas ou Placidos, qui participa à la guerre romaine contre les Juifs sous les ordres de Vespasien (Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, III, 110. 144. 325 ; IV, 58. 419 etc.), ne donne rien, pace Delehaye, « La légende » (1919), p. 217.
  9. Vie et Passion (BHG 641), I, 3, p. 124 E : ἀλλ' ὡς Παῦλον διώκοντα διὰ τῆς ἰδίας ἐπιφανείας.
  10. Vie et Passion, I, 3 (p. 124 E) : le cerf parle à Placidas comme l'ânesse à Balaam (ὤσπερ ἐπὶ τῷ Βαλαάμ, λόγον ἐνθεὶς τῇ ὄνῳ...).
  11. Vie et Passion, I, 11 (p. 128 D) : Eustathe lui-même, s'adressant à Dieu, se compare longuement à Job.
  12. A. Monteverdi, « La leggenda » (1908/1911), p. 188-191 ; H. Delehaye, « La légende » (1919), p. 186-187.
  13. Stith Thompson & Warren E. Roberts, Types of Indic Oral Tales (...). Helsinki, 1960 (= FF Communications, no 180), p. 118-119, no 938.
  14. Voir A. Monteverdi, « La leggenda » (1908/1911) ; H. Delehaye, « La légende » (1919) ; et les divers travaux, notamment ceux de Gordon Hall Gerould et de Wilhelm Bousset, mentionnés par P. Boulhol, Ἀναγνωρισμός (1996), p. 81, n. 203 ; Lemieux (1970), nonobstant de grosses erreurs quant aux débuts de la légende hagiographique ; Heffernan (1975) ; Brémond (1984), cf. supra, note 6.
  15. Texte grec publié pour la première fois par François Combefis (Illustrium Christi martyrum lecti triumphi (...). Paris, Antoine Bertier, 1660, p. 1-44), puis par les Bollandistes dans les Acta sanctorum. Septembris, tome VI (1757), p. 123-135.
  16. Jean Damascène, De imaginibus oratio III, PG 94, col. 1381.
  17. Voir P. Boulhol, Ἀναγνωρισμός (1996), p. 80-84.
  18. A. Boureau, L'événement sans fin (1993), p. 94. On ne suivra toutefois pas l'auteur dans sa tendance à une datation très tardive (VIIIe-Xe siècle) du texte grec.
  19. Le texte grec et latin de cette épisode (Vie et Passion d'Eustathe, I, 3-5) se lit dans Acta sanctorum, Septembris tomus VI (1757), p. 124-125. Le texte latin de ces Actes a été traduit en français par le Père Le Sueur.
  20. Sur le symbolisme du cerf comme figure du Christ dans l'antiquité chrétienne, voir Bernhard Domagalski, article « Hirsch » dans Reallexikon für Antike und Christentum, 15 (1990), col. 551-577, spéc. 569-570.
  21. En grec ἱερεῖ τῶν Χριστιανῶν (II, 4, p. 125 A). Le texte ne dit pas « l'évêque de Rome », et ne fait jamais mention de l'Urbs.
  22. Vita et miracula sancti Meinulfi diaconi (BHL 5881), I, 19-20 ; Acta sanctorum, Octobris tomus III (1770), p. 212 B-D.
  23. Vita quarta sancti Huberti (BHL 4001), 1 (Acta sanctorum, Novembris tomus I, p. 832 D) : Et ecce apparuit ei quidam cervus qui infra cornua sua gestabat signum sanctae crucis (...).
  24. N. Thierry, « Le culte du cerf » (1991), p. 36-56 ; C. Jolivet-Lévy (1991).
  25. Voir supra, notes 5 et 24.
  26. Raymond Janin, La géographie ecclésiastique de l'empire byzantin. Tome III : Églises et monastères. Paris, Institut Français d'Études Byzantines, 1953, p. 124.
  27. Un long résumé de la Vie et Passion se lit en outre dans le Synaxaire arménien de Ter Israël, éd. Georges Bayan, tome II. Mois de Hori. Turnhout, Brepols, 1910 (= Patrologia Orientalis, VI.2), p. 261-267.
  28. Voir I. Daniele (1964), col. 284. Sur l'histoire du culte eustathien en Italie, voir A.A. Varrasso (2009)
  29. Signalons, comme un maillon parmi d'autres, le résumé du « roman eustathien » donné par Jacques de Voragine dans la Légende Dorée (cap. CLXI).
  30. Voir par ex. A. Monteverdi, « La leggenda » (1908/1911), p. 396-417 (latin), 417-448 (français), 449-488 (italien).
  31. Voir A. Monteverdi, « La leggenda » (1908/1911), p. 404-406.
  32. La Vie de saint Eustache. Poème français du XIIIe siècle, édité par Holger Petersen. Paris, H. Champion, 1928.
  33. La Vie de saint Eustace. Version en prose française du XIIIe siècle, éditée par Jessie Murray. Paris, H. Champion, 1929.
  34. Édition de Douai de 1624, réimpr. Graz 1965, liber X, cap. LVIII-LXI, p. 388-389)
  35. A. Koenig (1878), p. 10-11.
  36. Michael Lapidge, Anglo-Latin literature 900-1066. London, The Hambledon Press, 1993, p. 217-223.
  37. R. Aubert, « Eustache » (1967), col. 7.
  38. Voir Diana T. Childress, « Between romance and legend : secular hagiography in Middle English literature », dans Philological Quarterly, 57 (1978), p. 311-322.
  39. Pour les représentations picturales du roman eustathien dans les églises rupestres de Cappadoce, voir supra, note 24 ; pour un aperçu global dans l'iconographie byzantine, voir D.I. Pallas, « Εἰκόνα τοῦ ἁγίου Εὐσταθίου στή Σαλαμῖνα », dans Χαριστήριον εἰς Ἀναστάσιον Κ. Ὀρλάνδον, tome III. Athènes, 1966, p. 328-368, spéc. p. 334-345. Pour le Moyen Âge occidental, outre les articles de Louis Réau, Iconographie de l’art chrétien. III. Iconographie des saints. I. Paris, 1958, p. 468-471, de Francesco Negri Arnoldi dans Bibliotheca sanctorum, tome 5 (1964), col. 289-291, et de Friederike Werner, s.v. « Eustathius (Eustachius)...», dans Lexikon der christlichen Ikonographie, 6 (1974), col. 194-199, voir J. Golden (2002), qui donne une liste de 22 manuscrits, vitraux, peintures murales, objets en ivoire et sculptures du XIe au XIVe siècle. Pour les représentations du saint dans les vitraux gothiques (cathédrales de Chartres, Le Mans, Sens, Tours...), on se reportera à C. Manhès-Deremble (1993), p. 91-96 et à P. Boulhol, Ἀναγνωρισμός (1996), p. 106-107 et n. 298-300. L'iconographie du saint dans le monde germanique a été examinée par Joseph Braun, Tracht und Attribute der Heiligen in der deutschen Kunst. Stuttgart, J.B. Metzlersche Verlagsbuchhandlung, 1943, p. 239-243. Enfin, signalons l'ample cycle eustachien de l'église de Lachapelle-sous-Gerberoy (Oise ; ensemble datable des années 1340-1350), objet de l'étude de Géraldine Victor.
  40. Bernard Des Graviers et Thierry Jacomet, Reconnaître les saints : Symboles et attributs, Paris, Massin,‎ (ISBN 2-7072-0471-4), p. 91.
  41. Rosa Giorgi, Les Saints, Paris, Guide des arts Hazan,‎ (ISBN 2-85025-856-3)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Aubert, article « 1. Eustache, Εὐστάθιος, Eustasius », dans Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, 16 (1967), col. 6-7.
  • Pascal Boulhol, Ἀναγνωρισμός. La scène de reconnaissance dans l'hagiographie antique et médiévale. Aix en Provence, Publications de l'Université de Provence, 1996, p. 80-84, 174-176 et passim.
  • Alain Boureau, L'événement sans fin. Récit et christianisme au Moyen Âge. Paris, Les Belles Lettres, 1993, chapitre IV : « Une vie de saint dans la durée. La légende de saint Eustache » (p. 83-145).
  • Alain Boureau, « Placido tramite. La légende d'Eustache, empreinte fossile d'un mythe carolingien », dans Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 37/4 (1982), p. 682-699.
  • Wilhelm Bousset, « Wiedererkennungsmärchen und Placidas-Legende », dans Nachrichten von der kön. Gesellschaft der Wissenschaften zu Göttingen, philologisch-historische Klasse aus dem Jahre 1917 (Berlin, 1918), p. 703-745.
  • Claude Brémond, « La famille séparée », dans Communications, 39 (1984), p. 5-45.
  • Ireneo Daniele, article « Sant' Eustachio », dans Bibliotheca sanctorum, tome 5 (1964), col. 281-289.
  • Hippolyte Delehaye, « La légende de saint Eustache », dans Académie royale de Belgique. Bulletin de la classe des Lettres et des Sciences morales et politiques, no 1-3, année 1919, p. 212-239.
  • M. Gaster, Lettre au Prof. David Rhys, dans The Journal of the Royal asiatic Society (London), 1893, p. 869-871.
  • Isabelle Garreau, « Eustache et Guillaume, ou les mutations littéraires d'une Vie et d'un roman », dans Médiévales, 17 (1998), p. 105-123.
  • Gordon Hall Gerould, « Forerunners, congeners, and dérivatives of the Eustace legend », dans Publications of the Modern Language Association of America, 19/3 (New series, vol. 12/3), 1904, p. 335-448.
  • Judith Golden, « Images of Instruction, Marie de Bretagne, and the Life of St. Eustace as Illustrated in British Library Ms. Egerton 745 », dans Colum Hourihane, Insights and interpretations : Studies in celebration of the eighty-fifth anniversary of the Index of Christian Art. Princeton, Index of Christian Art, Princeton University Press, 2002, p. 60-84.
  • Thomas J. Heffernan, « An analysis of the narrative motifs in the legend of St. Eustace », dans Medievalia et humanistica, N.S., 6 (1975), p. 63-89.
  • Catherine Jolivet-Lévy, « Trois nouvelles représentations de la vision d'Eustathe en Cappadoce », dans Monuments et mémoires publiés par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 72 (1991), p. 101-103.
  • Auguste Koenig (Chanoine), Saint-Eustache. Histoire et visite de l'église. Paris-Auteuil, impr. de Roussel, 1878.
  • Germain Lemieux, Placide-Eustache. Sources et parallèles du conte-type 938. Québec, Presses de l'Université de Laval, 1970 (= Les Archives du folklore, 10).
  • Colette Manhès-Deremble, Les vitraux narratifs de la cathédrale de Chartres. Étude iconographique. Paris, CNRS, 1993.
  • Wilhelm Meyer, « Die älteste lateinische Fassung der Placidas-Eustasius Legende », dans Nachrichten von der königlichen Gesellschaft der Wissenschaften zu Göttingen, philologisch-historische Klasse, 5 (1916), p. 745-799.
  • Angelo Monteverdi, « La leggenda di S. Eustachio », dans Studi Medievali, 3 (1908/1911), p. 169-226.
  • Holger Petersen, « Les origines de la légende de saint Eustache », dans Neuphilologische Mitteilungen, 26 (1925), p. 65-86.
  • Ulrich Schneider, « On the Buddhist origin of the Christian legend of Placidus = St. Eustachius », dans Journal of the Asiatic Society of Bombay (New Series), 36-37 (1961-1962), p. 12-22.
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  • Géraldine Victor, « Un modèle de piété et de charité : le décor de la chapelle seigneuriale de Lachapelle-sous-Gerberoy (Oise) et son cycle de la vie de saint Eustache », dans In Situ. Revue des patrimoines, 22 (2013) (en ligne : http://insitu.revues.org/10662).
  • Christophe Vielle, « D'un mythe celtique à un roman hagiographique galate », dans Ollogados, 1/3 (1990), p. 75-109.

Liens externes[modifier | modifier le code]

L'histoire d'Eustache est rapportée dans La Légende dorée de Jacques de Voragine