Aziz Akhannouch

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Aziz Akhannouch
Ɛaziz Axennuc
Illustration.
Aziz Akhannouch en 2011.
Fonctions
Président du Rassemblement national des indépendants
En fonction depuis le
(3 ans, 2 mois et 26 jours)
Prédécesseur Salaheddine Mezouar
Ministre marocain de l'Agriculture et de la Pêche Maritime
portefeuilles du Développement rural et des Eaux et forêts ajoutés le
En fonction depuis le
(12 ans, 2 mois et 23 jours)
Monarque Mohammed VI
Premier ministre Abbas El Fassi
Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane
Saâdeddine El Othmani
Gouvernement El Fassi
Benkiran I et II
El Othmani
Législature VIIIe
IXe
Prédécesseur Mohand Laenser
Biographie
Nom de naissance Aziz Akhannouch
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Tafraout
Nationalité Marocaine
Parti politique Rassemblement national des indépendants
(démissionné le , ensuite élu président le )
Conjoint Salwa Idrissi
Enfants 3
Diplômé de Université de Sherbrooke
Profession Homme d'affaires
Religion Musulman

Aziz Akhannouch (en berbère : Ɛaziz Axennuc; arabe : عزيز أخنوش) est un homme politique et homme d'affaires marocain, né en 1961 à Tafraout[1]. Il est l'un des actionnaires principaux d'Akwa Group. Sa fortune personnelle est estimée à 1,9 milliard de dollars d'après le classement 2019 du magazine américain Forbes.

Il est ministre de l'Agriculture depuis 2007 et, depuis 2016, président du RNI.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Aziz Akhannouch né en 1961 à Tafraout. Son père Ahmed Oulhaj Akhennouch est originaire de Aguerd Oudad, un douar proche de Tafraout, dont les forces vives ont émigré dès les années vingt à Casablanca. Arrivé à Casablanca en 1932, Oulhaj Akhennouch ouvre un magasin où il revend du pétrole au litre. Doué d'un remarquable sens du business, il développe rapidement un réseau de distribution comptant sept échoppes, dont certaines sont confiées en gérance. ll s'engage en soutenant le mouvement indépendantiste marocain. Il défend également dans les années 1940 un mouvement populaire de boycott économique contre les français. Les autorités du protectorat le mettent en prison, brûlent ses commerces. Libéré, ses affaires périclitent. Au lendemain de l’indépendance, Oulhaj peut se refaire grâce au renvoi d’ascenseur des nationalistes.

À l'indépendance du Maroc, Oulhaj rebondit dans les hydrocarbures en créant Afriquia SMDC, en association avec Mohamed Wakrim, un homme auquel il est lié par les affaires et une origine géographique commune. Soucieux de maintenir de bonnes relations avec le pouvoir, Oulhaj fournit des bonbonnes de Gaz lors de la Marche Verte.

Le père de Aziz Akhanouch garde cependant avec des contacts avec les résistants amazigh qui ont lutté pour l'indépendance du Marc et qui font de l'opposition politique contre Hassan II. Discrètement, il continue de financer le mouvement culturel Amazigh. La mère de Akhannouch est mariée avec un proche du trésorier de Mehdi Ben Barka.

Famille[modifier | modifier le code]

Il est marié avec la femme d'affaires Salwa Idrissi, propriétaire de la holding Aksal, et petite fille de Haj Hmad Belfqih, richissime homme d'affaires, qui a fait fortune en partenariat avec Hassan Raji, le propriétaire des thés Sultan.

Son neveu, Mohamed Akhannouch, a épousé la fille du Ministre de l'intérieur Taïeb Cherkaoui

Il est père de 3 enfants.

Fortune[modifier | modifier le code]

Sa fortune personnelle est estimée en 2019 à 1,9 Milliards de dollars selon Forbes [2] ce qui en fait le deuxième homme le plus riche du Maroc après le Roi. Il détient via sa holding Akwa une soixantaine d'entreprises dont notamment Afriquia, Tissir Gaz, National Gaz, Ultra Gaz, Mini Brahim, Speedy, Oasis Café, Maghreb Oxygène, Nissa Min Al Maghrib, Femmes du Maroc, la Nouvelle Tribune, Le Courrier de l'Atlas et La Vie Economique.

Parcours[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Aziz Akhannouch fait ses études primaires et secondaires dans la ville de Casablanca. Après son baccalauréat, il effectue son cursus universitaire au Canada, à l'université de Sherbrooke où il obtient un MBA en 1986[3].

Retour au Maroc[modifier | modifier le code]

Aziz Akhannouch retourne au Maroc au milieu des années 1990 et s'implique dans les affaires familiales.

Après la disparition de son père à la fin des années 1980, il se retrouve à la tête d’une entreprise florissante qui attise les convoitises. Grand propriétaire de foncier à Aïn Sebaâ, il doit faire avec le gouverneur Abdelaziz Laâfora, proche Driss Basri. Il se retrouve ainsi mis en orbite dans la galaxie du puissant Ministre de l’Intérieur de Hassan II.

Basri appuie son projet de rachat de la Samir, mais Akhannouch doit abdiquer devant la surenchère des Saoudiens qui misent trois fois plus que lui pour l’acquisition de la raffinerie. Au milieu des années 1990, il est nommé au G14, un think-thank économique créé par Hassan II.

En 1996, il investit dans le secteur des médias en rachetant Caractères, devenant ainsi le propriétaire de :

  • Femmes du Maroc
  • Maisons du Maroc
  • Nissaa Min Al Maghrib
  • La Vie économique
  • Aujourd’hui le Maroc

Il acquiert également des actions dans le journal l’Économiste.

En 1999 il entre dans le capital de Meditelecom, 2e opérateur de la place, et en devenant son premier distributeur. La même année, deux sociétés du groupe sont introduites en bourse, à savoir, Afriquia Gaz et Maghreb Oxygène.

Le virage des années 2000[modifier | modifier le code]

Au début des années 2000, il s'éloigne rapidement de Driss Basri, en disgrâce et dont l'image est fortement dégradé.

Alors que ce dernier fait la une de la presse avec ses déclarations chocs depuis Paris, son journal La Vie éco ne parlera jamais du cas Basri. Soucieux de se rendre utile, il introduit ses connaissances d’extrême-gauche aux conseillers du Roi.

Il est élu président du Conseil de la région Souss-Massa-Drâa en 2003.

Il rachète en 2005 Somepi, une entreprise concurrente d'Afriquia SMDC pour 1 milliard de dirhams (93 millions d’euros), financé en grande partie par Attijariwafa, filiale de la holding royale SNI. En 2006, il entre au capital du journal La Nouvelle Tribune.

Ministre (2007-2019)[modifier | modifier le code]

Gouvernement Abbas El Fassi[modifier | modifier le code]

En 2007, sous Abbas El Fassi, il est nommé Ministre de l'Agriculture et de la Pêche par le roi Mohammed VI.

Dès sa première année au ministère, en 2008, il annonce le lancement dqu plan Maroc Vert.

Gouvernement Benkirane[modifier | modifier le code]

Suites aux manifestations du Printemps Arabe en 2011, le roi annonce une modification de la constitution. La constitution l'oblige désormais à nommer comme Chef du Gouvernement le leader du premier parti politique arrivé aux législatives.

Aziz Akhannouch soutient publiquement Salaheddine Mezouar qui, comme président du RNI, appelle à une coalition de tous les partis politiques contre le PJD, ce qui n’empêchera pas le PJD de remporter les législatives de 2011.

En 2012, sous le Gouvernement Benkirane, il est renommé par le roi Mohammed VI comme ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime. Il annonce alors que il quitte le RNI. Le 23 août 2013, en plus de son portefeuille ministériel de l'agriculture, il est nommé par le chef de gouvernement Abdelilah Benkirane, Ministre de l'Économie et des Finances par intérim, en remplacement de Nizar Baraka, démissionnaire du gouvernement Benkirane et est nommé par le Mohammed VI à la tête du Conseil économique, social et environnemental.

Gouvernement El Othmani[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 2016, le PJD renforce son score, devenant le premier parti politique marocain en obtenant 125 sièges contre 37 sièges pour le RNI.

La campagne est marquée par des tensions. Alors que il était Ministre Apolitique nommé par le Roi, Akhanouch annonce au lendemain de l'annonce des résultats, qu'il revient au Rassemblement National des Indépendants. En moins de un mois, il est élu par consensus avec plus de 95% des voix. Abdelilah Benkirane, leader du PJD, ne parvient pas à former un gouvernement, en raison de Akhannouch qui exige l'obtention de plusieurs Ministères clés.

Après plus de 5 mois sans gouvernement, Abdelilah Benkirane est limogé par le Roi et remplacé par Saadeddine El Othmani. Soucieux d'éviter de nouvelles tensions avec le Palais, El Othmani accepte immédiatement les demandes de Akhannouch, qui est renommé Ministre. Son portefeuille est cette fois élargi et il est désormais en charge de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts.

Polémiques[modifier | modifier le code]

Relations avec la presse[modifier | modifier le code]

Propriétaire de nombreux journaux, il est réputé extrêmement soucieux de son image. Si d'autres grandes fortunes comme Moulay Hafid El Alamy sont réputées accepter les enquêtes ou les critiques sans réagir[4], les relations de Aziz Akhannouch avec la presse marocaine sont plus tendues.

Chaque année, le Ministère de l'Agriculture achète plusieurs millions de dirhams de publicité massive dans tous les journaux du pays [5]. Si jamais un journal se permet de critiquer Akhannouch, ou de critiquer son plan Maroc Vert, il se voit immédiatement couper les publicités et également les publicités de la holding Akwa[5].

En 2017, il attaque en justice 3 journalistes du site d'information Badil pour l'avoir critiqué. Il exige que ils lui versent 1 million de dirhams[6].

Cartel de l'essence[modifier | modifier le code]

En 2016, le gouvernement marocain annonce une libéralisation totale de tous les prix des carburants.

Hors, on se rend compte que même lorsque les prix du pétrole baissent dans le monde, les prix des carburants ne cessent pas d'augmenter au Maroc.

Par ailleurs, l'analyse de la comptabilité des distributeurs pétroliers (Winxo, Afriquia, Vivo, Total) montre que leur marge de profit a explosé. Ainsi Afriquia, principale entreprise détenue par Akhannouch, dégage une marge de 14,7% en 2016. C’est plus du double de la marge réalisée en 2015 (6,4%). Mieux, les bénéfices triplent de Afriquia triplent, passant de 289 millions de dirhams en 2015 à 879 millions un an plus tard, et ce sans aucune explication du management.

Les entreprises pétrolières auraient conclu une entente secrète pour augmenter les prix, au détriment de toute la population marocaine. Une information confirmée par un rapport de Bank Al Maghrib évoquant une situation anormale dans le domaine de l’énergie. Aziz Akhenouch, est soupçonné par l'opinion publique d'avoir illégalement profité de la libéralisation des prix, et de sa position au sein du gouvernement, pour s'enrichir davantage.

Cependant, le Conseil de la Concurrence, censé lutter contre les cartels, est totalement inactif car ses membres n'ont pas été nommés depuis des années.

Début 2018, le Maroc est secoué par un mouvement de boycott lancé contre Danone, Sidi Ali et Afriquia. Ces 3 marques, leader sur trois produits de base – eau, lait et carburant –, sont accusées par la population de pratiquer des prix très élevés. Le mouvement est d'une telle ampleur qu'il choque le gouvernement [7].

Pour le journaliste Abdullah Tourabi :

« En réalité, peu importe qui est à l’origine du mouvement. L’important, c’est pourquoi cette dynamique, “nous les petites gens et les classes moyennes contre eux les puissants”, a pris une telle ampleur. [8]»

Fin novembre 2018, le Roi réagit en nommant les Membres du Conseil de la Concurrence [9]

Ré-éducation des marocains[modifier | modifier le code]

En décembre 2019, lors d'un meeting en Italie, il appelle les marocains immigrés en en Europe à revenir au Maroc et soutenir son parti.

Il ajoute que tout marocain qui critique les institutions doit subir "une rééducation", et que c'est lui et ses hommes qui vont s'en charger[10]

Ces propos déclenchent un véritable tollé dans le pays et un nouvel appel au boycott de ses entreprises [11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Les 50 personnalités qui font le Maroc : Aziz Akhannouch. 48 ans, PDG d'Akwa Group et ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime », Jeune Afrique, nos 2545-2546,‎ , p. 41