Aziz Akhannouch

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Aziz Akhannouch
ⵄⴰⵣⵉⵣ ⴰⵅⵏⵏⵓⵛ
عزيز أخنوش
Illustration.
Fonctions
Chef du gouvernement du Maroc
(nommé)
En attente d'investiture –
Monarque Mohammed VI
Gouvernement Akhannouch
Législature XIe
Prédécesseur Saad Dine El Otmani
Président du Rassemblement national des indépendants
En fonction depuis le
(4 ans, 11 mois et 9 jours)
Prédécesseur Salaheddine Mezouar
Ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts[N 1]
En fonction depuis le
(13 ans, 11 mois et 6 jours)
Monarque Mohammed VI
Premier ministre Abbas El Fassi
Chef du gouvernement Abbas El Fassi
Abdelilah Benkirane
Saad Dine El Otmani
Gouvernement El Fassi
Benkiran I et II
El Othmani I et II
Prédécesseur Mohand Laenser
Biographie
Nom de naissance Aziz Akhannouch
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Tafraout
Nationalité Marocaine
Parti politique RNI
Conjoint Salwa Idrissi
Diplômé de Université de Sherbrooke
Profession Homme d'affaires
Religion Islam

Aziz Akhannouch
Chefs du gouvernement du Maroc

Aziz Akhannouch (berbère : ⵄⴰⵣⵉⵣ ⴰⵅⵏⵓⵛ ; arabe : عزيز أخنوش ), né en 1961 à Tafraout[1], est un homme d'affaires et homme d'État marocain, nommé chef du gouvernement du Maroc le 10 septembre 2021 [2]. Il est l'un des actionnaires principaux d'Akwa Group. Sa fortune personnelle est estimée à 2,0 milliards de dollars d'après le classement 2019 du magazine américain Forbes.

Il est ministre de l'Agriculture depuis 2007 et, depuis 2016, président du RNI.

À l'issue des élections législatives marocaines de 2021, le RNI décroche la première place. Aziz Akhannouch est ainsi chargé par le roi Mohammed VI pour former le nouveau gouvernement marocain[3].

Akhannouch est accusé par plusieurs acteurs (dont Abdellatif Ouahbi, secrétaire général du Parti de l'authenticité et modernité, et Salah El-Ouadie, écrivain) d'avoir utilisé sa position et ses connaissances afin de récolter illégalement des bénéfices pour ses entreprises, dans ce qui est appellé au Maroc « l'affaire des 17 milliards de dirhams »[4]. El-Ouadie a même qualifié ces actions de vol, et qu'Akhannouch « doit être éduqué » pour cette action[5].

Lors d’une réunion du parti Rassemblement National des Indépendants (RNI) à Milan, Akhannouch a déclaré qu’il fallait « rééduquer les Marocains ».

Éléments personnels

Origines

Aziz Akhannouch né en 1961 à Tafraout. Son père Ahmed Oulhaj Akhennouch est originaire de Aguerd Oudad, un douar proche de Tafraout, dont les forces vives ont émigré dès les années vingt à Casablanca. Arrivé à Casablanca en 1932, Oulhaj Akhennouch ouvre un magasin où il revend du pétrole au litre. Doué d'un remarquable sens du business, il développe rapidement un réseau de distribution comptant sept échoppes, dont certaines sont confiées en gérance. Il s'engage en soutenant le mouvement indépendantiste marocain. Il défend également dans les années 1940 un mouvement populaire de boycott économique contre les français. Les autorités du protectorat le mettent en prison, brûlent ses commerces. Libéré, ses affaires périclitent. Au lendemain de l’indépendance, Oulhaj peut se refaire grâce au renvoi d’ascenseur des nationalistes.

À l'indépendance du Maroc, Oulhaj rebondit dans les hydrocarbures en créant Afriquia SMDC, en association avec Mohamed Wakrim, un homme auquel il est lié par les affaires et une origine géographique commune. Oulhaj fournit des bonbonnes de gaz lors de la Marche Verte.

Famille

Il est marié avec la femme d'affaires Salwa Idrissi, propriétaire de la holding Aksal, et petite fille de Haj Hmad Benlafkih, richissime homme d'affaires, qui a fait fortune en partenariat avec Hassan Raji, le propriétaire des thés Sultan.

Son neveu, Mohamed Akhannouch, a épousé la fille de l'ancien Ministre de l'intérieur Taïeb Cherkaoui

Il est père de 3 enfants.

Fortune

Sa fortune personnelle est estimée en 2019 à 1,9 milliard de dollars selon Forbes[6]. Il détient via sa holding Akwa une soixantaine d'entreprises dont notamment Afriquia, Tissir Gaz, National Gaz, Ultra Gaz, Mini Brahim, Speedy, Oasis Café, Maghreb Oxygène, Nissa Min Al Maghrib, Femmes du Maroc, la Nouvelle Tribune, Le Courrier de l'Atlas et La Vie Economique.

Parcours

Jeunesse et études

Aziz Akhannouch fait ses études primaires et secondaires dans la ville de Casablanca. Après son baccalauréat, il effectue son cursus universitaire au Canada, à l'université de Sherbrooke où il obtient un MBA en 1986[7].

Retour au Maroc

Aziz Akhannouch retourne au Maroc au milieu des années 1990 et s'implique dans les affaires familiales.

Après la disparition de son père à la fin des années 1980, il se retrouve à la tête d’une entreprise florissante qui attise les convoitises. Au milieu des années 1990, il est nommé au G14, un think-tank économique créé par Hassan II.

En 1996, il investit dans le secteur des médias en rachetant Caractères, devenant ainsi le propriétaire de :

Il acquiert également des actions dans le journal l’Économiste.

En 1999 il entre dans le capital de Meditelecom, 2e opérateur de la place, et en devenant son premier distributeur. La même année, deux sociétés du groupe sont introduites en bourse, à savoir, Afriquia Gaz et Maghreb Oxygène.

Le virage des années 2000

Au début des années 2000, il s'éloigne rapidement de Driss Basri, en disgrâce et dont l'image est fortement dégradée.

Alors que ce dernier fait la une de la presse avec ses déclarations chocs depuis Paris, son journal La Vie éco ne parlera jamais du cas Basri. Soucieux de se rendre utile, il introduit ses connaissances d’extrême-gauche aux conseillers du Roi.

Il est élu président du Conseil de la région Souss-Massa-Drâa en 2003.

Il rachète en 2005 Somepi, une entreprise concurrente d'Afriquia SMDC pour 1 milliard de dirhams (93 millions d’euros), financé en grande partie par Attijariwafa, filiale de la holding royale Société nationale d'investissement (SNI) devenue Al Mada en 2018. En 2006, il entre au capital du journal La Nouvelle Tribune.

Ministre de l'Agriculture

Gouvernement Abbas El Fassi

En 2007, sous Abbas El Fassi, il est nommé Ministre de l'Agriculture et de la Pêche par le roi Mohammed VI. Dès sa première année au ministère, en 2008, il annonce le lancement du Plan Maroc Vert, une stratégie agricole nationale visant à convertir l’agriculture marocaine en un véritable moteur de développement économique et social.

Il rejoint durant cette période le parti politique Rassemblement National des Indépendants (RNI).

Gouvernement Benkirane

Suites aux manifestations du Printemps Arabe en 2011, le roi annonce une modification de la constitution. La constitution l'oblige désormais à nommer comme Chef du Gouvernement le leader du premier parti politique arrivé aux législatives.

Aziz Akhannouch soutient publiquement Salaheddine Mezouar qui, comme président du RNI, appelle à une coalition de tous les partis politiques contre le PJD, ce qui n’empêchera pas le PJD de remporter les législatives de 2011.

En 2012, sous le Gouvernement Benkirane, il est renommé par le roi Mohammed VI comme ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime, Il annonce qu'il gèle son adhèsion au RNI[8]. Le 23 août 2013, en plus de son portefeuille ministériel de l'agriculture, il est nommé par le chef de gouvernement Abdelilah Benkirane, Ministre de l'Économie et des Finances par intérim, en remplacement de Nizar Baraka, démissionnaire du gouvernement Benkirane et est nommé par le Mohammed VI à la tête du Conseil économique, social et environnemental.

Gouvernement El Othmani

Lors des élections législatives de 2016, le PJD renforce son score, devenant le premier parti politique marocain en obtenant 125 sièges contre 37 sièges pour le RNI.

En février 2020, Aziz Akhannouch est chargé par le Roi Mohammed VI de la stratégie de développement agricole du royaume jusqu'en 2030. Ce nouveau plan, du nom de « Génération Green » prend la suite du Plan Maroc Vert[9].

En mars 2020, via sa société Afriquia, filiale du groupe Akwa, il participe à hauteur d'un milliard de dirhams au Fonds de gestion de la pandémie du Coronavirus fondé à l'appel du roi Mohammed VI[10].

Polémiques

Relations avec la presse

Propriétaire de nombreux journaux, il est réputé extrêmement soucieux de son image. Si d'autres grandes fortunes comme Moulay Hafid El Alamy sont réputées accepter les enquêtes ou les critiques sans réagir[11], les relations d'Aziz Akhannouch avec la presse marocaine sont plus tendues.

Chaque année, le Ministère de l'Agriculture achète plusieurs millions de dirhams de publicité massive dans tous les journaux du pays [12]. Si jamais un journal se permet de critiquer Akhannouch, ou de critiquer son plan Maroc Vert, il se voit immédiatement couper les publicités et également les publicités de la holding Akwa[12].

En 2017, il attaque en justice 3 journalistes du site d'information Badil pour l'avoir critiqué. Il exige qu'ils lui versent 1 million de dirhams[13].

Boycott de 2018

Au printemps 2018, le Maroc est secoué par un mouvement de boycott lancé contre Danone, Sidi Ali (eau minérale) et Afriquia. Ces 3 marques, leaders sur trois produits de base – lait, eau et carburant –, sont accusées par la population de pratiquer des prix très élevés. Le mouvement est extrêmement suivi, entraînant des réactions de la part du gouvernement[14],[15],[16].

Selon le think tank français École de pensée sur la guerre économique (EPGE), qui a enquêté sur le mouvement de boycott, il s’agirait d’une campagne de désinformation "hiérarchisée donc orchestrée par un agenda politique précis". Cette initiative de déstabilisation aurait même bénéficié d’un budget conséquent, avec par exemple entre 100 000 et 500 000 euros de budget d’achat d’espace en ligne pour diffuser les idées du mouvement. A cela, il faut ajouter d’onéreuses campagnes de dons aux démunis pour mobiliser l’opinion publique. Selon la même étude, le mouvement d'Al Adl Wal Ihsane serait derrière cette campagne de boycott dans le but d’éloigner Aziz Akhanouch de la scène politique[17].

Fin novembre 2018, le Roi réagit en nommant les Membres du Conseil de la Concurrence[18].

Propos polémiques

En décembre 2019, lors d’un meeting à Milan auprès des Marocains vivant en Italie, il déclare : « Qui veut [vivre] au Maroc doit respecter sa devise et sa démocratie. Les insultes ne nous feront pas avancer. Et excusez-moi, mais ce n’est pas la justice qui doit faire ce travail. […] Nous devons rééduquer les Marocains qui manquent d’éducation »[19].

Ces propos déclenchent de vives réactions ainsi qu’un appel au boycott de ses entreprises[19].

L'affaire des 17 milliards

Le 1er décembre 2015, le gouvernement marocain dirigé par l’islamiste Abdelilah Benkirane procède à la libéralisation du secteur des hydrocarbures. Une libéralisation « mal préparée et qui a été menée sans tenir compte de plusieurs éléments de contexte national. Ceci aurait dû alerter le gouvernement sur l’opportunité de son entrée en vigueur et les modalités de sa mise en œuvre», selon le Conseil de la Concurrence[20].

Des voix se sont élevées pour mener une enquête sur d’éventuelles "pratiques anti-concurrentielles" adoptées par les sociétés de carburant. 13 députés avaient été mandatés par le Parlement marocain pour mener cette investigation. Dans leur rapport, ces parlementaires n’ont pas pu déduire une entente sur les prix. Pour eux, les obligations commerciales justifient cette situation. En d’autres termes, les pompistes préfèrent s’aligner avec la concurrence et afficher des prix pratiquement similaires[21].

Ce même rapport, n’a à aucun moment mentionné le montant de 17 milliards comme gains des sociétés de carburant depuis la libéralisation. Le ministre des Affaires Générales et de la Gouvernance de l’époque Lahcen Daoudi a d’ailleurs démenti cette rumeur[22].

Chef du gouvernement

À la tête du RNI, son parti arrive en tête des élections législatives du 8 septembre 2021[23]. Conformément à la Constitution, qui prévoit que le chef du gouvernement soit choisi au sein du parti arrivé en tête des élections législatives, le roi Mohammed VI le nomme deux jours plus tard chef du gouvernement et le charge de former le nouvel exécutif[24].

Suite à sa nomination, Aziz Akhannouch se désengage entièrement de la gestion de la holding familiale, sans y être obligé par la loi[25].

Voir aussi

Articles connexes

Notes et références

Notes

  1. Portefeuilles du Développement rural et des Eaux et Forêts ajoutés le 5 avril 2017.

Références

  1. TelQuel, « Parcours : Les success stories du Souss » (consulté le )
  2. « Le Roi Mohammed VI nomme Aziz Akhannouch chef du gouvernement », sur Medias24, (consulté le )
  3. « الملك يستقبل عزيز أخنوش ويكلفه بتشكيل الحكومة الجديدة », sur Le Desk (consulté le )
  4. « Abdellatif Ouahbi sans langue de bois sur les élections 2021 », sur Medias24, (consulté le )
  5. « El-Ouadie : «Akhannouch doit être éduqué pour avoir volé 17 milliards» », sur www.lebrief.ma (consulté le )
  6. « Aziz Akhannouch & family », sur Forbes, 12/18/19
  7. « Aziz Akhannouch quitte le RNI », sur La Vie Eco,
  8. « Maroc : Aziz Akhannouch, l’homme clé de la difficile gestation du gouvernement », sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
  9. « Le modèle agricole marocain, un exemple à suivre », sur La Tribune (consulté le )
  10. « Coronavirus : Bank of Africa et Afriquia font don chacun de 1 MMDH au Fonds », Medias24,‎ (lire en ligne)
  11. Aicha Akalay, « Billion Dollar Baby », sur TelQuel,
  12. a et b « Maroc : Aziz Akhannouch, le magnat qui bouscule la politique », sur The Middle East Eye,
  13. « Akhannouch porte contre 3 journalistes marocains », sur Yabiladi,
  14. (en) « Morocco’s biggest businesses hit by online boycott campaign », sur The Financial Times
  15. « Maroc : le boycott aura coûté 178 millions d’euros à Danone – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
  16. Théa Ollivier, « Au Maroc, un boycott surprise contre la vie chère », sur Libération.fr, (consulté le )
  17. Christian HARBULOT, « Boycott au Maroc en 2018 Analyse d’une campagne de déstabilisation informationnelle », sur EPGE - Ecole de Pensée sur la Guerre Economique, (consulté le )
  18. El Mehdi Berrada, « Maroc : les dossiers qui attendent Driss Guerraoui, nouveau président du Conseil de la concurrence », sur Jeune Afrique,
  19. a et b « "Il faut rééduquer les Marocains" : les propos d’Akhannouch suscitent l'indignation », sur Telquel.ma (consulté le )
  20. « Carburants : Les faux pas de la libéralisation », sur L'Economiste, (consulté le )
  21. « Maroc : le Parlement rend public un rapport sur les prix des carburants sur fond de boycott commercial – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
  22. « Daoudi: "Le plafonnement des prix des carburants n’est plus nécessaire" », sur Telquel.ma (consulté le )
  23. « Maroc : le RNI en tête des législatives, le PJD s’effondre – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
  24. « Le Roi Mohammed VI reçoit Aziz Akhannouch et le charge de former le gouvernement », sur Hespress Français, (consulté le )
  25. « Suite à sa nomination, Aziz Akhannouch se désengage entièrement de la gestion de la holding familial », sur 2M (consulté le )

Bibliographie

  • « Les 50 personnalités qui font le Maroc : Aziz Akhannouch. 48 ans, PDG d'Akwa Group et ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime », Jeune Afrique, nos 2545-2546,‎ , p. 41