Driss Basri

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Driss Basri
Illustration.
Fonctions
Ministre marocain de l'Intérieur

(20 ans, 7 mois et 13 jours)
Monarque Hassan II
Premier ministre Mohamed Maâti Bouabid
Mohammed Karim Lamrani
Abdellatif Filali
Abderrahman Youssoufi
Gouvernement Bouabid I et II
Lamrani III, IV, V et VI
Filali I, II et III
Youssoufi I
Prédécesseur Mohamed Benhima
Successeur Ahmed El Midaoui
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Settat (Drapeau du Maroc Maroc)
Date de décès (à 68 ans)
Lieu de décès Paris (Drapeau de la France France)
Nationalité Marocain
Parti politique Aucun
Profession Chef de l'unité de la DST

Driss Basri (en arabe : إدريس البصري), est né le à Settat au Maroc et mort le à Paris en France, il fut ministre de l'intérieur durant 20 ans sous le règne du roi Hassan II. Driss Basri était également connu comme l'homme le plus puissant du royaume et le bras droit d'Hassan II, si bien qu'il a été surnommé « Vice-Roi »[1]. Cependant il représente un grand symbole des années de plomb au Maroc[2],[3]

Biographie[modifier | modifier le code]

Driss Basri est né en 1938 à Settat d'une famille originaire de la tribu des Ouled Saïd.

Il commença sa carrière en tant que commissaire de police à Rabat sous l'ombre du général Ahmed Dlimi[réf. souhaitée]. Durant le mouvement étudiant agitant le Maroc des années 1960 et 1970, il participa aux répressions sous les ordres du gouvernement de Mohamed Oufkir et Ahmed Dlimi[4].

En , Basri était nommé chef de l'unité de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST)[réf. souhaitée], puis un an après en 1974, il devenait secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur[4].

Ministre de l'intérieur[modifier | modifier le code]

En , Driss Basri fut nommé par Hassan II à la tête du ministère de l'Intérieur. Il devint l’homme de confiance du roi, succédant dans ce rôle au général Oufkir, auteur d’une tentative de coup d’État en 1972, et à Ahmed Dlimi, mort dans des circonstances douteuses suite à un accident de voiture.

Driss Basri représentait le bras impitoyable d’un régime qui n’hésitait pas à espionner, emprisonner, torturer ou assassiner ses opposants politiques. Après la trahision du Général Oufkir, il serait lié à l’enfermement abominable de la famille Oufkir dans des prisons secrètes[5].

L'expression du nationalisme de Basri se retrouve par exemple en 1996, lorsqu'il fait réaliser et transmettre à toutes les wilayas et préfectures du pays une circulaire comportant une liste, plutôt restrictive, des « prénoms autorisés au Maroc » dans le but notamment de limiter les prénoms amazighs. Bien que supprimée en 2002 officiellement, elle reste en vigueur dans les faits jusqu'en 2012 au moins[6],[7].

En novembre 1993, il convoquait Khalid Jamaï, le rédacteur en chef de L'Opinion, pour lui demander des comptes sur un article dans lequel le journaliste disait notamment que les élections marocaines étaient truquées depuis vingt ans. Après lui avoir demandé : «Qui vous êtes pour se permettre de lancer de telles accusations ? ». Basri lui affirmait : «N'oubliez pas, des gens plus forts que vous et meilleurs que vous ont été mis en prison»[8]. L'échec des négociations d'alternance politique menées en 1994 est reporté en grande partie sur Driss Basri[4]. Il s'est déclaré favorable à un référendum d'autodétermination du Sahara occidental en 1999[9]. Il a maintenu cette opinion par la suite[10],

Fin de mandat et vie en France[modifier | modifier le code]

Comme symbole d'apaisement avec la population et d'ouverture démocratique, après son accession au trône, le roi Mohammed VI a déchu Driss Basri de toutes ses fonctions ministérielles le [11],[12]. Ce qui représenta un bouleversement pour l'homme d'État qu'il fut. Mais ce limogeage est vu comme la tentative de mettre fin au système que Basri cultivait durant ses mandats, lui conférant des pouvoirs hors norme, comme ses prédécesseurs Mohamed Oufkir et Ahmed Dlimi[4].

Il s'installa en France en 2002 à deux pas de la rue de Passy, quartier bourgeois au cœur de Paris. Depuis lors, il accordait de très rares interviews aux médias.

Il s'en prendait notamment au Général Hamidou Laanigri (en) et à Fouad Ali El Himma [12]:

« Ce sont des analphabètes politiques, ce sont des nains ! El Himma est un intrigant, et Laanegri, contre qui je n’ai d’ailleurs rien de personnel, est un officier sorti des rangs. Ils ne reculent devant rien. Ils m’ont même inventé une seconde épouse. Ils manipulent les journalistes. Ce sont des auxiliaires dont le niveau de réflexion ne dépasse pas les caves des commissariats ! »

Driss Badri, meurt le dans une clinique parisienne, suite d'un cancer du foie, à l'âge de 68 ans. Le corps avait été rapatrié le au Maroc et inhumé le 29 au cimetière des Martyrs de Rabat. Quelque 1 000 personnes, principalement sa famille et ses proches, ont assisté à ses funérailles boudées par l'élite politique, à l'heure où le Maroc était en campagne électorale pour les législatives du . Avec la mort de ce puissant homme politique, le Maroc essaie de tourner une page ténébreuse de son histoire que l'on appelle « années de plomb ».[réf. nécessaire] Il fut membre de la franc-maçonnerie[13].[réf. à confirmer]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cerise Maréchaud, « Maroc : le lourd héritage de Basri, pilier des années de plomb », Rue89,‎ (lire en ligne)
  2. Youssef Chmirou, « « Sacré » Basri », sur Zamane,
  3. Driss Basri sur l'Encyclopédie universitaire de France
  4. a b c et d Abdellatif Mansour, « Driss Basri, super-ministre d'Etat, limogé », MarocHebdo,‎ (lire en ligne)
  5. Pierre Haski, « La mort dans l'impunité de Driss Basri, le « superflic » d'Hassan II », Rue89,‎ (lire en ligne, consulté le 9 juillet 2017)
  6. Mehdi Sekkouri Alaoui, « État civil marocain. Prénoms non grata », sur Yaliblabi,
  7. « Maroc - Polémique sur les prénoms berbères sur «liste noire» », sur Slate Afrique,
  8. Gilles Millet, « L'indispensable pilier de Hassan II », Libération,‎ (lire en ligne)
  9. http://www.arabicnews.com/ansub/Daily/Day/990716/1999071645.html
  10. « Le magazine banque et finance qui parle à tous - Money Magazine », sur Money Magazine (consulté le 30 septembre 2020).
  11. José GARÇON, « Mohammed VI limoge le «vizir» de son père. Le départ du ministre de l'Intérieur était considéré comme le test de la volonté du roi du Maroc de poursuivre le changement . », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 15 août 2020).
  12. a et b « L’exil et le royaume », sur Jeune Afrique,
  13. « Au Maghreb, la franc-maçonnerie sort de son sommeil – Jeune Afrique », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le 15 août 2020).

Liens externes[modifier | modifier le code]