Abdallah Ibrahim

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Abdallah Ibrahim
عبد الله إبراهيم
Fonctions
Président du Conseil de gouvernement du Maroc
Ministre des Affaires étrangères

(1 an 4 mois et 27 jours)
Monarque Mohammed V
Gouvernement Ibrahim
Prédécesseur Ahmed Balafrej
Successeur Moulay Hassan
Ministre de l’Emploi et des Affaires sociales

(1 an 5 mois et 21 jours)
Monarque Mohammed V
Président du Conseil Mbarek Bekkaï
Gouvernement Bekkaï II
Prédécesseur Abdelhadi Boutaleb
Successeur Bachir Belabbès
Secrétaire d’État délégué auprès du Président du Conseil Chargé de l’Information

(10 mois et 18 jours)
Monarque Mohammed V
Président du Conseil Mbarek Bekkaï
Gouvernement Bekkaï I
Prédécesseur Poste créé
Successeur Poste supprimé
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Marrakech, (Maroc)
Date de décès (à 87 ans)
Lieu de décès Casablanca (Maroc)
Parti politique Parti de l'Istiqlal

UNFP


Abdallah Ibrahim
Présidents du Conseil de gouvernement du Maroc

Abdallah Ibrahim (en arabe عبد الله إبراهيم), né en 1918 à Marrakech et mort le à Casablanca[1], est un homme politique marocain[2],[3].

Parcours scolaire et universitaire[modifier | modifier le code]

Le père d'Abdallah Ibrahim, le chérif Brahim ben Ahmed El Idrissi, formé au mside (école coranique), appartient à la classe moyenne des petits commerçants. Après son passage à l'école coranique, Abdallah Ibrahim est envoyé à dix ans à la medrassa Ben Youssef de Marrakech.

En 1943, il est docteur en théologie (aalem), ayant passé son diplôme à Rabat sous le contrôle de cheikh Mohammed Ben Larbi Alaoui. Parallèlement, il suit des cours d'anglais et de français avec des professeurs marocains et français. Il s'inscrit à la Sorbonne en 1945, date à laquelle il y a 70 étudiants marocains à Paris. Il rencontre André Breton, Jean-Paul Sartre, Louis Aragon, François Mauriac.

Professeur de l'enseignement supérieur, il est l'auteur de plusieurs ouvrages. Sa réflexion a porté sur les causes profondes de cette histoire manquée (notamment "Résistance face aux tempêtes"):

  • Révolution de l’esprit un premier ouvrage philosophique.
  • Feuilles de la scène militante, un corpus d'articles de presse.
  • Par la force de la parole et de l'intelligence, un essai sur la poésie.
  • Résistance face aux tempêtes, une réflexion sur l'Histoire du Maroc dans sa longue durée, considéré comme un classique.
  • L'Islam à l'horizon 2000, une projection prémonitoire sur la ferveur pour l'islamisme politique.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Pendant le protectorat français[modifier | modifier le code]

Abdallah Ibrahim est un homme politique respecté et une figure du mouvement national, le courant politique qui incarne l'indépendance du royaume dans le cadre du protectorat français au Maroc, et est emprisonné à seize ans pour menée nationaliste. En 1936, il est membre du conseil national du parti national, tout en étant engagé syndicalement. En 1937, il est exilé à Taroudant dans le cadre de la répression du résident Noguès.

Il est l'un des 59 signataires du manifeste de l'indépendance du 11 janvier 1944 et membre fondateur du parti de l'Istiqlal : un parti dont il est le rédacteur en chef de son journal Al-Alam.

En 1951, il est envoyé trois mois au Sahara pour trouble à l'ordre public à Marrakech.

À la suite du retour d'exil du sultan Sidi Mohammed (futur roi Mohammed V) et dans le cadre de la transition vers l'indépendance négociée avec la France lors des accords de La Celle-Saint-Cloud, il devient, le , secrétaire d'État délégué auprès du président du Conseil, chargé de l’Information dans le premier gouvernement Bekkay[4].

À partir de l'indépendance officielle[modifier | modifier le code]

Alors que le protectorat français au Maroc a officiellement pris fin le 2 mars 1956, Abdallah Ibrahim continue d'exercer ses fonctions dans le premier gouvernement Bekkay puis devient, le , ministre du Travail et des Affaires sociales dans le second[4].

Après n'avoir ensuite exercé aucune fonction dans le gouvernement Balafrej (démarré le 12 mai 1958[4]), il est finalement nommé, le , président du Conseil de gouvernement par le roi Mohammed V en concomitance avec le ministère des Affaires étrangères[4], poste qu'il va occuper jusqu'à ce qu'il soit démis des ses fonctions, le [réf. nécessaire], et que le roi lui-même ne devienne le président du Conseil du nouveau gouvernement à compter du 27 mai[4].

En 1959, il approuve la création de l'Union nationale des forces populaires (UNFP), avec entre autres Mehdi Ben Barka et Abderrahim Bouabid. Il est élu secrétaire général lors du deuxième congrès. Le parti de l'UNFP connait des divergences entre ses dirigeants, la rupture se concrétise et amène l'aile majoritaire à changer le nom du parti en Union socialiste des forces populaires lors du congrès extraordinaire de 1975, Abderrahim Bouabid est élu à la responsabilité de Premier Secrétaire. Ce changement de nom est jugé nécessaire pour éliminer tout amalgame. Abdallah Ibrahim, restera à la tête de l'ancien UNFP. Il met en veilleuse ses activités politiques refusant de participer à tous les processus électoraux lancés depuis 1976.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Il est le père spirituel du syndicalisme au Maroc »Albert Ayache, Le mouvement syndical au Maroc[5].
  • « Ce qui distinguait Abdallah Ibrahim, c'est qu'il était un patriote avant d'être membre d'un parti. Il était d'une haute moralité, témoigne le professeur et académicien du Royaume Abdelhadi Boutaleb. L’Économiste : 13 septembre 2005 »[6].
  • « Il nous apprend qu'être en politique et garder un grand sens moral et des valeurs éthiques est possible si l'on sait rester soi-même, ne pas sacrifier l'essentiel pour l'accessoire, faire la distinction entre compromis et compromission et ne jamais se départir de sa dignité pour servir sa carrière », Mohcine Ayouch.[réf. insuffisante]
  • « Abdellah Ibrahim en est venu à personnifier cette figure du juste qui par sa seule existence, sans chercher ni honneurs ni visibilité, constituait un rappel constant des valeurs. L'adieu à l'homme arrivé au terme de sa vie, fait, par contraste avec l'époque, encore davantage vibrer cette exigence. Mohamed Jibril (journaliste) »[7].
  • « La probité en deuil : La disparition de Moulay Abdallah Ibrahim laisse un grand vide dans ce pays qu’il a tant servi avec un dévouement exemplaire, la ferveur du militant au moment de la colonisation et une rare probité en tant qu’un des tout premiers Premiers Ministres du Maroc indépendant. Une rigueur intellectuelle et une conscience politique d’un homme qui défendait la dignité de ses concitoyens et ses concitoyennes avec une inébranlable conviction. »[8].

[9]Notes et références[modifier | modifier le code]

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رسالة المغرب العدد 16، 6 يونيو 1949., 6 juin 1949[10]

  1. Mohamed Boudarham, « Un militant s'en va », Aujourd'hui le Maroc,‎
  2. Hamid Barrada, « Abdellah Ibrahim ou la mauvaise conscience du Maroc », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  3. « Figure de proue du nationalisme, Abdallah Ibrahim n'est plus », La Vie Eco,‎ (lire en ligne)
  4. a, b, c, d et e « Historique des gouvernements » (version du 4 avril 2012 sur l'Internet Archive), sur Portail national du Maroc
  5. Albert Ayache, Le mouvement syndical au Maroc : Vers l'indépendance 1949-1956, 3 volumes, éditions l'Harmattan, 1993
  6. Abdelhadi Boutaleb, L'Economiste : 13 septembre 2005
  7. Mohamed Jibril (journaliste), Mohamed JIBRIL in La Gazette du Maroc : 25 juillet 2005
  8. Mahdi Elmandjra, LA PROBITÉ EN DEUIL : MOULAY ABDALLAH IBRAHIM NOUS QUITTE, http://elliaoui.unblog.fr/abdellah-ibrahimla-probite-en-deuil-moulay-abdallah-ibrahim-nous-quitte-par-mehdi-el-mandjra/
  9. (ar) Raja El Naji, « نجل عبد الله ابراهيم، رئيس أول حكومة يقودها اليسار، يقول عن أبيه », Almassae - المساء,‎ (lire en ligne)
  10. (ar) « عبد الله إبراهيـم: أدب مغربي – أدب انسانيًٌ حي », رسالة المغرب العدد 16، 6 يونيو 1949.,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bilal Mousjid et Imad Stitou, « Hassan II vs Abdellah Ibrahim : Histoire d'un coup d'État royal », Telquel, Casablanca, no 743,‎ 9-15 décembre 2016, p. 36-45 (lire en ligne [PDF])

Sources[modifier | modifier le code]