Abdel-Ilah Benkiran

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Abdel-Ilah Benkiran
عبد الاله بنكيران
Abdel-Ilah Benkiran, en août 2014.
Abdel-Ilah Benkiran, en août 2014.
Fonctions
20e chef du gouvernement marocain
En fonction depuis le
(3 ans 8 mois et 26 jours)
Monarque Mohammed VI
Gouvernement Benkiran I et II
Législature IXe
Coalition PJD-PI-PPS-MP (2011-2013)
PJD-RNI-PPS-MP (depuis 2013)
Prédécesseur Abbas El Fassi
Secrétaire général du
Parti de la justice et du développement
En fonction depuis le
(7 ans 1 mois et 4 jours)
Prédécesseur Saâdeddine El Othmani
Président du conseil national du
Parti de la justice et du développement

(4 ans et 19 jours)
Successeur Saâdeddine El Othmani
Membre de la Chambre des représentants
En fonction depuis le
(17 ans 9 mois et 10 jours)
Législature VIe, VIIe, VIIIe et IXe
Biographie
Nom de naissance Abdel-Ilah Benkiran
Date de naissance (61 ans)
Lieu de naissance Rabat (Maroc)
Nationalité Marocaine
Parti politique Parti de la justice et du développement
Diplômé de Université Mohammed V - Agdal
Profession Professeur
Religion Islam

Abdel-Ilah Benkiran
Chefs du gouvernement marocain

Abdel-Ilah Benkiran[1] (généralement orthographié Abdelilah Benkirane dans les médias francophones ; en arabe : عبد الاله بنكيران) est un entrepreneur, universitaire, et homme politique marocain né à Rabat (Maroc) le .

Principal dirigeant du Parti de la justice et du développement, il remporte les élections législatives du 25 novembre 2011 au Maroc avec 107 sièges sur 395[2]. Conformément à la nouvelle Constitution[3], le roi Mohammed VI l'a officiellement nommé chef du gouvernement lors d'une brève audience à Midelt le [4].

Formation et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Abdel-Ilah Benkiran est titulaire d'une licence en physique de l'Université Mohammed V - Agdal.

En 1979, il devient professeur de physique à l'École normale supérieure de l'enseignement technique de Rabat. Par la suite, il se lance dans les affaires et entreprend l'ouverture d'une école primaire privée à Salé[5].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Abdel-Ilah Benkiran au forum de Davos, le 28 janvier 2012.

Débuts[modifier | modifier le code]

Abdel-Ilah Benkiran adhère à la Chabiba Islamiya en 1976, suite à sa lecture d'un livre de Sayed Qotb (Mâalim Fi Al Tariq [Signes de piste])[6]. Par la suite, il fonde en 1981 Al Jamaa Al Islamiya. En 1992, elle devient officiellement Réforme et Renouveau. La même année avec quelques camarades de la confrérie, ils essaient de créer un parti du renouveau nation, l'autorisation leur sera refusée. Ils se tourneront alors vers le Parti de l'Istiqlal qui les accepte en son sein mais ils resteront relégués à un rôle marginal. Par la suite, Abdelilah Benkirane rejoint Abdelkrim Al Khatib au sein de son parti Mouvement populaire démocratique constitutionnel (MPDC) mais avant il décide de réunir autour de lui une nébuleuse associative islamiste. C'est ainsi que l'Association islamique de Ksar el-Kébir d'Ahmed Raïssouni, l'Association Achourouk de Rabat et l'association Addaâwa islamique de Fès (créée en 1976 par un ouléma de la Quaraouiyine Abdessalam El Harras). L'ensemble prend le nom de la Ligue de l'avenir islamique. Celle-ci rejoint l'association Réforme et renouveau, qui devient alors le Mouvement de l'unicité et de la réforme (MUR) regroupant plus de 200 associations. Ce dernier arrimé au MPDC deviendra en 1998 le Parti de la justice et du développement.

Ascension[modifier | modifier le code]

Abdel-Ilah Benkiran a été élu secrétaire général du Parti de la justice et du développement le 20 juillet 2008 à Rabat. Il a obtenu 684 voix, suivi de Saâdeddine El Othmani (ancien secrétaire général du PJD et ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération) avec 495 voix et Abdellah Baha (compagnon et bras droit de Benkiran, ministre d’État sans portefeuille au sein de l'actuel gouvernement) 14 voix. Il est aussi député de la circonscription de Salé médina depuis les législatives de 1997.

Chef du gouvernement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement Benkiran.

À la tête du PJD, Abdel-Ilah Benkiran remporte les élections législatives du 25 novembre 2011 avec 107 sièges sur 395[2]. Conformément à la Constitution, le roi Mohammed VI le nomme officiellement chef du gouvernement lors d'une brève audience à Midelt le [4]. Abdel-Ilah Benkiran a l'intention de se concerter avec la coalition de la Koutla, qui regroupe l'Istiqlal du chef du gouvernement sortant, Abbas El Fassi, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), disposant respectivement de 60, 39 et 18 élus, pour former le nouveau gouvernement. Le , l'USFP décline l'offre et décide de ne pas rejoindre le gouvernement Benkirane, préférant acter de son échec électoral et regagner une crédibilité dans l'opposition[7]. C'est finalement les deux autres partis de la Koutla, Istiqlal et PPS qui rejoignent les rangs de Benkirane, ainsi que le Mouvement populaire (32 sièges) après avoir quitté l'Alliance pour la démocratie.

Le , le conseil national du parti de l'Istiqlal annonce son retrait de la coalition gouvernementale à la suite d'une réunion extraordinaire tenue à Rabat. Le début de cette crise politique commence en effet en septembre 2012, à la suite de l'élection de Abdelhamid Chabat à la tête du parti, il critique alors publiquement le bilan gouvernemental et appelle au retrait de ses six ministres partisans du gouvernement. Le , cinq des six ministres istiqlaliens déposent officiellement leur démission au chef gouvernement[8], seul Mohamed Louafa refuse de mettre à exécution la décision de retrait du gouvernement prise par son parti et maintient son portefeuille à l'Éducation nationale. Le , le parti déclare son passage à l'opposition rendant de facto le gouvernement Benkiran minoritaire[9].

Plaintes des autres partis[modifier | modifier le code]

Le , l'Union nationale des professions libérales (UNPL) dépose plainte contre le chef du gouvernement auprès de la Cour de cassation, et ce « pour son refus d'entretenir un dialogue avec les représentants des professions libérales, afin de parvenir à une solution qui leur assurera le droit à la couverture médicale et à l'assurance sociale, surtout que la nouvelle constitution a insisté sur le droit des professions libérales à une couverture médicale »[10].

En 2014, le Parti de l'Istiqlal (PI) dépose une plainte, contre le chef du gouvernement, Abdel-Ilah Benkirane, auprès de la Cour de cassation, pour « diffamation » et « non dénonciation de délit commis ». Le PI demande dans cette plainte l'ouverture d'une enquête sur ce qu'il considère « des accusations gratuites » de la part du chef du gouvernement à l'encontre des dirigeants du parti. La plainte invoque les dispositions de l'article 442 et 444 du code pénal marocain et les articles 40, 45, 46, 47 et 48 du code de la presse pour « atteinte à l'honneur et à la personne, et diffamation »[réf. nécessaire].

Bilan de son gouvernement[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de Benkirane fait baisser le prix de plusieurs médicaments[11] et réussit la réforme de la caisse de compensation[12].

Il publie la liste de bénéficiaires d’agréments de carrières et de transports[13],[14]. Il crée une assurance maladie pour tous les étudiants du pays[15].

Citations[modifier | modifier le code]

"C'est pas moi qui emploie les gens, c'est Dieu" c'est comme ça que Benkirane a répondu aux parlementaires qui demandent au chef du gouvernement de fournir un nombre suffisant d'emploi aux jeunes

  • "Je dis aux jeunes talents, impliquez vous dans la politique. Si vous les diplômés de HEC Paris vous réussissez c'est très bien pour vous. Vous êtes bien dans votre cabine et elle est très confortable. Mais si le bateau Maroc coule, vous allez couler avec lui. Les cerveaux du Maroc doivent s'impliquer dans la politique. Les cerveaux doivent intégrer l'administration marocaine et la vie politique sinon nous serons toujours dirigés par des ignorants et des pourritures [16]"
  • "J'ai hérité d'un État ou l'administration tournait très mal. Les fonctionnaires en grève, j'ai décidé qu'on ne les paierait pas. Ils ne recevront pas de salaire. Les diplômés chômeurs qui veulent intégrer l'administration comme si c'était leur droit, ils n'ont qu'a réussir les concours. Regardez l'Allemagne. Si l'Allemagne s'en sort mieux que la France, c'est pas que les Allemands sont plus intelligents que les français, c'est qu'ils sont plus proche des lois de la nature [16]"
  • "Le Marocain ne demande pas grand chose. Il veut juste que le pays et l'économie tourne. Si on lui dit qu'on n'est pas en mesure de faire un truc pour lui, le Marocain comprend et accepte. Un jour, une dame m'a demandé ce que je pensais de la pauvreté au Maroc. Je lui ai dit : "Madame, les Marocains peuvent accepter la pauvreté mais jamais, jamais ils n'accepteront de se faire voler ou d’être victimes d'injustice" [16]"
  • "Il n'y aura pas d'avenir pour le Maroc si nous entrons en conflit avec la monarchie. Le Maroc a eu son Printemps arabe. Grâce à la clairvoyance de Sa Majesté le Roi, le discours royal du 9 mars a répondu aux attentes du peuple. Le feu a été suffisant pour chauffer la gamelle. Grâce à Dieu, il n'a pas été suffisant pour la brûler [17]".

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] « Rectificatif au « Bulletin officiel » no 6000 du 5 moharrem 1433 (1er décembre 2011), page 2508 », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 6010,‎ , p. 35 (lire en ligne)
    Rectificatif précisant l'orthographe « Abdel-Ilah Benkiran » au lieu de « Abdelilah Benkirane ».
  2. a et b France24.com
  3. Adoptée par référendum le 1er juillet 2011, celle-ci prévoit que le chef du gouvernement (anciennement Premier ministre) est choisi au sein du parti arrivé en tête des élections législatives
  4. a et b Le roi du Maroc nomme un islamiste modéré comme Premier ministre, Liberation.fr, 29 novembre 2011
  5. Abdelilah Benkirane, un islamiste modéré au pouvoir, Le Point, 29/11/2011
  6. Abdellah Tourabi, « La grande énigme : D'où viennent nos islamistes ? (1/2) », Zamane, no 15,‎ , p. 29-30
  7. RFI, « Maroc : l’USFP ne participera pas au gouvernement Benkirane », Radio France internationale,‎
  8. Maroc: démission officielle des ministres de l'Istiqlal, rfi.fr, 10/07/2013
  9. Istiqlal-USFP :Vers une alliance dans l'opposition, aufaitmaroc.com, 16/07/2013
  10. Moins d'une année après son investiture : Le chef du gouvernement et quatre ministres traînés en justice, Libération, 30/10/2012
  11. « Bilan du gouvernement », sur l’Économiste,‎
  12. « http://www.leconomiste.com/article/956281-bilan-du-gouvernementles-faiblesses-de-benkirane », sur http://www.leconomiste.com/article/956281-bilan-du-gouvernementles-faiblesses-de-benkirane
  13. « Le gouvernement publie la liste de bénéficiaires d’agréments de carrières », sur lemag.ma,‎ 2012
  14. « Et après la liste des agréments, quoi ? », sur demainonline.com,‎ 2012
  15. « Assurance maladie pour les étudiants au Maroc : Le projet de loi adopté par le gouvernement », sur La Vie Eco,‎ (consulté le 15 mai 2015)
  16. a, b et c « ابن كيران مع خريجي HEC PARIS », sur Youtube.com
  17. « http://www.le360.ma/fr/politique/video-benkirane-la-monarchie-est-le-socle-du-maroc-34783 », sur http://www.le360.ma/fr/politique/video-benkirane-la-monarchie-est-le-socle-du-maroc-34783

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]