Plan Maroc Vert

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Le Plan Maroc Vert (PMV) est un programme définissant la politique agricole du royaume du Maroc. Le PMV a été lancé en 2008 par le ministre de l’Agriculture Aziz Akhannouch. En 2020, un nouveau programme de développement de l'agriculture, le plan Génération Green 2020-2030, est mis en place sous la direction d’Aziz Akhannouch.

Objectifs[modifier | modifier le code]

L’adoption en 2008 du PMV a pour ambition de placer l’agriculture au coeur de l’économie nationale afin d’en faire l’un de ses piliers. Le PMV vise en priorité « les exploitations familiales de petite et moyenne taille et les exploitations entrepreneuriales disposant de grandes surfaces et d’un accès aux capitaux » selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture[1].

Le deuxième objectif est de lutter contre la pauvreté et de favoriser le maintien d'un certaine densité de population en milieu rural[2].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Les projets menés dans le cadre du PMV sont gérés par l’Agence pour le développement agricole, qui voit le jour en 2009 dans le but de favoriser la mise en oeuvre du PMV. D’autres institutions soutiennent la mise en place des projets du PMV : le Ministère de l’Agriculture via les Directions régionales et provinciales de l’agriculture, les Offices régionaux de mise en valeur agricole (ORMVA) en zones irriguées et l’Office national du conseil agricole (ONCA) créé en 2013[3].

Le PMV est composé de deux piliers.

Pilier I[modifier | modifier le code]

Le Pilier I a pour objectif d’accélérer le développement de l’agriculture à forte valeur ajoutée et à forte productivité. Ce Pilier nécessite de nombreux investissements, entre autres dans l’industrie liée au secteur[4].

Le Pilier I doit concerner 400.000 exploitants et entraîner 150 milliards de dirhams d’investissements autour de 900 projets[4].

Pilier II[modifier | modifier le code]

Le Pilier II est tourné vers l’accompagnement des petites exploitations. Le PMV a pour objectif de lutter contre la pauvreté en milieu rural. Le Pilier II doit concerner de 600 000 à 800 000 exploitations, entraîner plus de 15 milliards de dirhams et permettre une amélioration concrète des conditions de vie de trois millions d’habitants ruraux[5].

Résultats[modifier | modifier le code]

Le PMV a permis une profonde transformation du secteur agricole[6]. Il a été décliné à l’échelle régionale dans les 12 régions du pays sous forme de plans agricoles régionaux[7].

Le PIB agricole a été multiplié par 2 entre 2008 et 2019, les exportations du secteur par 2,4 (dont une multiplication par 18 pour les fruits rouges ou par 5 pour l’argan)[7].

Le PMV a permis la création de 250 à 300 000 emplois en équivalent jours travaillés[7].

La superficie totale de surface agricole équipée d’un système de micro-irrigation est passée de 160 000 hectares à 585 000 sur la période 2008 - 2019[7]. La superficie totale de surface agricole irriguée  de façon conventionnelle est passée de 60 000 à 1,6 million d'hectares[8].

La production a également fortement progressé durant la dizaine d’années de mise en application du PMV. La production d’olives a progressé de 136% et de 214% pour les semences de céréales. Les céréales et les cultures arboricoles ont vu leur production augmenter de 93%[9],[10].

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

En 2015, à l’occasion du Salon international de l’Agriculture au Maroc (SIAM), Macky Sall, président du Sénégal a présenté le PMV comme « une stratégie ambitieuse qui vise à faire de l’agriculture le premier moteur de croissance de l’économie marocaine »[11].

Les bons résultats du PMV ont incité le Gabon et le Sénégal à lancer leurs propres plans de développement agricole. Au Sénégal, ce programme se nomme “ Plan Sénégal émergent vert ” et “ Plan Stratégique Gabon Emergent ” au Gabon[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Plan Maroc Vert : les grands principes et avancées de la stratégie agricole marocaine | FAO », sur www.fao.org (consulté le 27 mars 2020)
  2. Ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt - Les Politiques agricoles à travers le monde : quelques exemples, 2014
  3. R. Harbouze, J.-P. Pellissier, J.-P. Rolland, W. Khechimi. Rapport de synthèse sur l’agriculture au Maroc. [Rapport de recherche] CIHEAM-IAMM. 2019, pp.104. ffhal-02137637f
  4. a et b « Le pilier I | Département de l'agriculture - Ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts », sur www.agriculture.gov.ma (consulté le 27 mars 2020)
  5. « Le pilier II | Département de l'agriculture - Ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts », sur www.agriculture.gov.ma (consulté le 27 mars 2020)
  6. « Plan Maroc Vert, dix ans après : Mission quasiment accomplie... », sur La Nouvelle Tribune, (consulté le 27 mars 2020)
  7. a b c et d « Les chiffres clés du plan Maroc Vert (2008-2019) présentés au Roi », sur Medias24 - Site d'information, (consulté le 27 mars 2020)
  8. a et b (en) « Changement climatique et agriculture en Afrique : le Maroc montre l'exemple - EconomieMatin », sur www.economiematin.fr (consulté le 27 mars 2020)
  9. Julie Chaudier, à CASABLANCA, « Plan Maroc Vert: La production augmente, mais la stratégie n'est pas respectée », sur Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée (consulté le 27 mars 2020)
  10. « Produits alimentaires: le Maroc couvre bien ses besoins », sur fr.le360.ma (consulté le 27 mars 2020)
  11. Commodafrica, « Le Sénégal et La Côte d’Ivoire louent le Plan Maroc Vert », sur Commodafrica, (consulté le 27 mars 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]