Moulay Hafid Elalamy

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Moulay Hafid Elalamy
Illustration.
Moulay Hafid Elalamy en 2014
Fonctions
Ministre marocain de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l'Économie numérique
En fonction depuis le
(6 ans, 3 mois et 6 jours)
Monarque Mohammed VI
Chef du gouvernement Abdel-Ilah Benkiran
Saâdeddine El Othmani
Gouvernement Benkiran II
El Othmani
Législature IXe législature
Prédécesseur Abdelkader Amara
Biographie
Nom de naissance Moulay Hafid Elalamy
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Marrakech
Nationalité Marocaine
Parti politique Rassemblement national des indépendants
Diplômé de Université de Sherbrooke
Profession Homme d'affaires
Religion Islam

Moulay Hafid Elalamy (arabe : مولاي حفيظ العلمي), souvent désigné par l'acronyme MHE, né le à Marrakech, est un homme d'affaires et homme politique Maroco-Canadien. Fondateur du Groupe Saham, il est à la tête de la CGEM de 2006 à 2009 et Ministre de l'Economie du Maroc depuis 2013.

Il est le 40e homme le plus riche d'Afrique avec une fortune personnelle estimée à 620 millions de dollars.

Elements personnels[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Il né dans une famille de classe aisée de la bourgeoisie Marrakchie.

À l’âge de dix il perd son père et doit dès lors s’occuper des affaires familiales, étant alors le seul fils à la maison (ses trois soeurs et son frère avaient déjà quitté le foyer). Il aura notamment à gérer une ferme que les Elalamy possèdent non loin de la ville ocre. Après un baccalauréat au lycée Français Victor Hugo, il part faire des études au Québec.

Famille[modifier | modifier le code]

Son fils Moulay M'hammed Elalamy étudie en Suisse au sein l'école Le Rosey puis à Vancouver [1]. Sa fille Anissa El Elalamy étudie également en Suisse et aux Etats-Unis avant de rejoindre le groupe [2]

Son neveu, Moulay Abdelaziz Elalamy est marié avec Zhor Fassi Fihri, fille de Ali-Fassi Fihri et Yasmina Badddou [3].

Mehdi Tazi, un autre de ses neveux, travaille comme directeur général de Saham avant de lancer son business [4].

Parcours[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

Diplômé de l'Université de Sherbrooke en systèmes d'information, Moulay Hafid Elalamy entame sa carrière au Canada en tant que Conseillerauprès du Ministère des Finances du Québec avant d'intégrer Saint-Maurice, une compagnie d'assurance canadienne où il occupe la responsabilité de Directeur des Systèmes d'Information.

Retour au Maroc[modifier | modifier le code]

En 1989, il est approché par Abbes Bennani-Smires, fondateur d’Agma, dont il fera plus tard l’acquisition. Ce dernier le présente à son tour à Robert Assaraf, directeur général de l’ONA, qui, le recommande à M. Filali et son conseiller Farid BritelI. Il sera nommé directeur général de la Compagnie africaine d'assurance (CAA), filiale du Groupe ONA.

L’homme gagne progressivement la confiance de Filali jusqu’à être promu secrétaire général de l'ONA.

Un an plus tard, âgé de 35 ans, il démissionne en raison d'un désaccord avec le nouveau directeur général de l'ONA.

Affaire Agma[modifier | modifier le code]

En 1995, il prend le contrôle du cabinet de courtage en assurance AGMA apres avoir convaincu les responsables de l'ONA de la lui vendre et de la laisser la redresser. Il fait financer l'acquisition par Othman Benjelloun.

En octobre 1998, Agma fait ainsi son entrée sur la place casablancaise et vaut désormais 170 millions de dirhams, contre 60 millions deux ans plus tôt. Moulay Hafid Elalamy ne vend qu’une toute petite partie de sa participation. Il ne se retirera qu’un an plus tard. En février 1999, Agma est valorisée sur le marché à 420 millions de dirhams, deux fois et demie son prix initial, et l’ONA rachète toutes ses parts. Il rejoint ensuite l'ONA comme salarié.

Officiellement, Moulay Hafid El Alamy aurait vendu pour éviter un conflit d'intérêt supplémentaire.

Officieusement, il se serait partagé jusqu'à 100 millions dirhams avec Fouad Filali

L'affaire fait scandale et fait couler beaucoup d'encre dans la presse financière. Deux mois après cette transaction, Fouad Filali, dont le mariage avec Lalla Meryem battait de l’aile, est éjecté de l’ONA. Son protégé, Moulay Hafid Elalamy, fait ses cartons quelques jours plus tard, poussé vers la porte par le nouveau président.

Phone Assistance[modifier | modifier le code]

Pendant plusieurs mois, Moulay Hafid El Alamy connait une traversée du désert. Il investit très vite dans les nouvelles technologies et les call centers. Dans les NTI, il mène une croissance rapide en réalisant diverses acquisitions. Son entreprise Phone Assistance devient un groupe leader de l’offshoring. Un positionnement qui va séduire un des plus grands spécialistes du secteur. Arvato, filiale du géant mondial Bertelsmann, offre à Moulay Hafid Elalamy le rachat de 60% de Phone Group tout en laissant le management de la compagnie entre ses mains.

Assurances[modifier | modifier le code]

En 2004, le groupe ARIG, actionnaire de référence de la CNIA, souhaite quitter le Maroc. En face de lui, la Banque Populaire se croit seule en lice et joue la montre pour faire baisser le prix. El Alamy convint Khalid Oudghiri, alors président d’Attijariwafa bank de miser sur lui pour monter le financement d’une offre à 670 millions de dirhams à proposer au groupe bahreïni pour ses parts. Le deal est signé en février 2005.

En 2005, Moulay Hafid Elalamy devient président- directeur général de CNIA Assurance à la suite de son acquisition par le Groupe Saham[5].

Un an après le rachat de la CNIA, Elalamy jette son dévolu sur une autre compagnie. Es-Saada, alors en faillite. Pour la liquider, l’Etat devra débourser près de 2,4 milliards de dirhams. Le patron de Saham propose alors une alternative : reprendre la compagnie pour un dirham symbolique et la redresser en contrepartie d’un prêt du Fonds de solidarité des assurances à hauteur de 800 millions de dirhams.

Moulay Hafid El Alamy annonce alors une fusion des groupes. En 2009, le Groupe acquiert une nouvelle compagnie d'Assurance ESSAADA Assurance qui fusionne avec CNIA Assurance en 2009 et devient CNIA SAADA Assurance[6]. Au moment de l’introduction en Bourse, en 2010, CNIA affiche un tout autre visage : la compagnie d’assurances est valorisée à un milliard lors de son acquisition vaut désormais plus de 4,3 milliards.

En 2010, il fait l’acquisition du groupe ivoirien Colina (qui lui ouvre le marché des assurances dans 19 pays africains), il récidive entre 2011 et 2012 en prenant des participations stratégiques dans des compagnies au Gabon et au Liban.

CGEM[modifier | modifier le code]

Il est poussé à prendre les rênes de la CGEM après le départ de Hassan Chami, en 2006

Ministre[modifier | modifier le code]

En 2013, il est nommé ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l’Économie numérique dans le nouveau gouvernement marocain Benkirane II[7].

En novembre 2017, des rumeurs de favoritisme citent Moulay Hafid Elalamy et son groupe Saham. Il aurait en effet donné un appartement de luxe estimé à quatre millions de dirhams, situé à Dar Bouazza, à l’épouse de l’ancien ministre de la Santé marocain, Houcine El Ouardi. Cette information a été démenti par le groupe[8].

En 2018, c'est une transaction évalué à un milliard de dollars encaissé par Saham Assurances après la cession de son pôle assurance au profit de son partenaire sud-africain SANLAM et des soupçons autour d’un délit d’initiés, qui met Moulay Hafid Elalamy dans le viseur du fisc marocain et du monde politique[9].

En janvier 2018, le roi Mohammed 6 nomme Moulay Hafid Elalamy à la tête du comité de candidature du Maroc pour le mondial de football 2026[10],[11]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Moulay M’hammed Elalamy: Sur les traces du père », sur TelQuel.ma,
  2. Thomas Savage, « Restructuration de Saham : La fille Elalamy entre en scène », sur TelQuel,
  3. Nadia Lamlili, « Mariage au Maroc : quand la haute fait la noce »
  4. Jeune Afrique, « Mehdi Tazi, nouveau PDG de Saham Assurance Maroc », sur Jeune Afrique,
  5. « Qui est le patron des patrons marocains ? – JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne, consulté le 20 mars 2018)
  6. « Maroc-L’ambitieux Moulay Hafid Elalamy | Afrique magazine », sur www.afriquemagazine.com (consulté le 19 mars 2018)
  7. « Le Ministre | Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie Numérique », sur www.mcinet.gov.ma (consulté le 19 mars 2018)
  8. « Corruption: nouvelle polémique sur le groupe Saham et Houcine El Ouardi », fr.le360.ma,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mars 2018).
  9. « Polémique - La transaction de $1 milliard de Saham Assurances met Elalamy sous la loupe du fisc et de la politique (Journal) - Article19.ma », sur article19.ma (consulté le 21 mars 2018).
  10. « Mondial 2026 : Moulay Hafid Elalamy porté à la présidence du comité de candidature du Maroc | Challenge.ma », Challenge.ma,‎ (lire en ligne, consulté le 19 mars 2018)
  11. « Mondial 2026: Mohammed VI nomme MHE à la tête du Comité de candidature », Telquel.ma,‎ (lire en ligne, consulté le 19 mars 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]