Parti de la justice et du développement (Maroc)

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Parti de la justice et du développement
حزب العدالة والتنمية
Présentation
Secrétaire général Abdel-Ilah Benkiran
(depuis le )
Fondation 1967 (MPDC) par Abdelkrim El Khatib
1998 (PJD)
Siège 4, rue El Yefrani
Cité les Orangers, Rabat
Presse écrite Arabe : Attajdid, Almisbah[réf. nécessaire]
Symbole Lampe[1]
Idéologie Islamisme
Conservatisme
Nationalisme
Couleurs bleu, blanc
Site web http://www.pjd.ma
Représentation
Représentants
106 / 395
Conseillers
12 / 270
Ministres
11 / 39

Le Parti de la justice et du développement (arabe : حزب العدالة والتنمية, transcription : Hizb al-εadala wa at-tanmia) ou PJD, est un parti politique marocain de référentiel islamique. Officiellement, il se définit comme un parti politique national dont le but est la contribution à la construction d'un Maroc moderne démocratique dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

La création du parti remonte aux années 1960 quand le docteur Abdelkrim El Khatib proche du palais et chef de l'Armée de libération marocaine, s'est opposé à la déclaration de l'état d'exception et annonça la constitution du Mouvement populaire démocratique et constitutionnel en février 1967, ce parti demeura néanmoins une coquille vide, sans véritable activité politique.

En Juin 1996, sur l'instigation du ministre de l'intérieur Driss Basri, le parti s'ouvre à des membres du Mouvement Unité et Réforme (MUR), regroupant notamment des ex-membres ayant renoncé à la violence de la Chabiba Islamiya, un mouvement islamiste violent des années 1960 et 1970. Cette approche offrait l'avantage de donner au MUR une façade politique légale, tout en évitant pour l'État, le précédent de la création d'un parti islamiste ex-nihilo. L'État s'assurait en outre l'ancrage du parti au sein du Makhzen, du fait de la proximité du fondateur du parti Abdelkrim El Khatib avec le palais royal. Il faut rappeler que ce fut ce même Abdelkrim El Khatib qui milita pour que la notion d'Amir Al Mouminine (Commandeur des croyants) qui fait du roi le chef religieux soit inscrite dans la première constitution marocaine.

Législatives de 1997[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives de 1997, il décrocha neuf sièges malgré les fraudes qui les ont caractérisées. Le parti décline la proposition de participer au gouvernement d'alternance et opte pour le soutien critique. En 1998, le parti changea son nom et devient « Parti de la justice et du développement ». À la suite du non-respect par le gouvernement de ses engagements, le parti passe du soutien critique à l'opposition. En 2001, le parti présente un « mémorandum pour des élections transparentes et saines » comportant ses propositions sur les conditions politiques et légales pour organiser des élections crédibles. Après les élections législatives de 2002, le parti devient le premier parti d'opposition (42 sièges). En 2004, le parti organise son cinquième congrès national et fait élire le docteur Saâdeddine El Othmani au poste de Secrétaire général.

Législatives de 2007[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 2007, le parti arrive en 2e place avec 46 sièges, mais préfère rester dans l'opposition. En 2008, le parti organise son sixième congrès national et fait élire Abdel-Ilah Benkiran au poste de secrétaire général, il a obtenu 684 voix sur les 1628 voix.

Victoire de 2011[modifier | modifier le code]

À la suite du printemps arabe de 2011, le parti islamiste sort vainqueur du scrutin législatif de novembre 2011, en obtenant 107 sièges sur les 395 constituant la chambre basse marocaine. Le , le secrétaire général du PJD, Abdel-Ilah Benkiran, est nommé chef du gouvernement par le roi Mohammed VI, donnant ainsi droit au parti de constituer le nouveau gouvernement.

Élections communales de 2015[modifier | modifier le code]

Lors des élections communales de 2015, le PJD arrive troisième en nombre d'élus derrière l'Istiqlal et le PAM. Néanmoins il enregistre une très forte percée en milieu urbain.

Il obtient ainsi une majorité dans les villes de Rabat, Casablanca, Salé, Agadir, Tanger, Kenitra, Marrakech, Fes, Meknes.

La plupart des observateurs soulignent que le vrai vainqueur de ces élections est le PJD.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections législatives[modifier | modifier le code]

Année Voix % Rang Sièges Gouvernement
1997 264 324 4,1 % 10e
9 / 325
Opposition
2002 12,92 % 3e
42 / 325
Opposition
2007 503 396 10,9 % 2e
46 / 325
Opposition
2011 1 080 914 27,08 % 1er
107 / 395
Gouvernement Benkiran I (2012 - 2013) et Benkiran II (depuis 2013)

Élections régionales[modifier | modifier le code]

Année Voix % Rang Sièges
2015 25.66 % 1er
174 / 678

Élections communales[modifier | modifier le code]

Année Voix % Rang Sièges
2009 5.5 % 6e
1 513 / 27 795
2015 15.94 % 3e
5 021 / 31 503

Référendum[modifier | modifier le code]

Année  Oui  %  Non  % Position du Parti
2011 9 909 356 97,58 % 154 067 1,52 % Voter  Oui


Le parti[modifier | modifier le code]

Représentation au sein du gouvernement marocain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement Abdel-Ilah Benkiran.

Arrivé premier aux élections législatives de 2011, le parti compte onze portefeuilles sur les trente-et-un constituant l'actuel gouvernement :

  • Abdel-Ilah Benkiran, chef du gouvernement.
  • (Vide), ministre d'État.
  • El Mostafa Ramid, ministre de la Justice et des Libertés.
  • Lahcen Daoudi, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres.
  • Abdelaziz Rabbah, ministre de l'Équipement et du Transport.
  • Mustapha El Khalfi, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement.
  • Abdelkader Amara, ministre de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies.
  • Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social.
  • El Habib Choubani, ministre chargé des Relations avec le parlement et la société civile.
  • Mohamed Najib Boulif, ministre délégué auprès du Chef du gouvernement, chargé des Affaires générales et de la Gouvernance.
  • Idriss Azami Al Idrissi, ministre délégué auprès du Chef du gouvernement, chargé du Budget.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Ce parti est considéré comme conservateur et fait de la lutte contre l'économie de rente et la corruption son slogan de campagne. Ces détracteurs et opposants déclarent que c'est un parti connu pour son opposition à l'occidentalisation des mœurs marocaines dans le but de garder et renforcer son emprise sur la société marocaine. Le parti a toutefois adopté un ton beaucoup moins véhément depuis les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, perpétrés par la mouvance terroriste. Le parti travailla alors à se construire une image de respectabilité et à se rendre fréquentable.

Il se considère comme proche du part islamiste AKP au pouvoir depuis 2002 en Turquie.

C'est ce parti qui, aidé par d'autres conservateurs, a fait pression sur le Palais et la commission Mennouni pour que la liberté de conscience soit supprimée de la nouvelle constitution de 2011.

Suite a l'attaque de deux palestiniens le 6 Juin 2016 dans un café à Tel-Aviv ou quatre personnes ont été tuées, le site du Parti de la justice et du développement a publié un article[2] qualifiant les victimes de Sionistes et les terroristes de Fedayin, laissant supposer la légitimité de l'attentat et la non innocence des victimes[3].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le PJD est considéré comme l'une des formations politiques les mieux organisées au Maroc[4].

Le parti dispose d'une importante politique de communication sur internet et est extrêmement présent sur les réseaux sociaux comme Facebook et Youtube[5].

Selon une étude de la radio néerlandaise, le PJD est de très loin le premier parti politique au Maroc sur internet[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abdellah Tourabi, « La grande énigme : D'où viennent nos islamistes ? (1/2) », Zamane, no 15,‎ , p. 28-33
  • Abdellah Tourabi, « La grande énigme : D'où viennent les islamistes du PJD ? (2/2) », Zamane, no 16,‎ , p. 30-35

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] « Arrêté du ministre de l'Intérieur no 2914-11 du 30 kaada 1432 (28 octobre 2011) fixant les symboles attribués aux listes de candidatures ou aux candidats appartenant aux partis politiques », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 5992,‎ , p. 2386-2387 (lire en ligne)
  2. فدائيان يطلقان النار على الصهاينة في تل أبيب ويقتلان أربعة
  3. Selon le site du PJD, les auteurs des attentats de Tel Aviv sont des "fedaïnes", et leurs victimes des "sionistes"
  4. Gouvernement: Comment le PJD choisit ses ministres, l’Économiste.
  5. La politique découvre timidement le marketing digital - Médias 24
  6. La Vie Eco

Liens externes[modifier | modifier le code]