Rugby à XV aux Jeux olympiques
Rugby à XV aux Jeux olympiques
| Création | Paris, 1900 |
|---|---|
| Disparition | Paris, 1924 |
| Organisateur(s) | Comité international olympique |
| Tenant du titre | |
|---|---|
| Plus titré(s) |
Le rugby à XV est un sport olympique, disputé à quatre reprises dans les sept premières éditions des Jeux olympiques modernes. Il fait son apparition aux Jeux olympiques d'été de 1900 à Paris. On le revoit par la suite à trois reprises en 1908, 1920 et 1924, date du retrait de ce sport du programme olympique par le CIO. Après de nombreuses tentatives pour réintégrer ce sport aux Jeux olympiques (notamment en 1936), le rugby fait son retour lors des Jeux olympiques d'été de 2016 à Rio de Janeiro, dans sa version de rugby à sept.
Sommaire |
Historique [modifier]
Événement [modifier]
• = officiel , D = démonstration
| Jeux | 1900 | 1908 | 1920 | 1924 | 1936 | 2012 | 2016 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Tournoi masculin | • | • | • | • | D | ||
| Tournoi féminin |
Préambule [modifier]
Pierre de Coubertin introduit ce sport, lui, le fameux restaurateur des Jeux olympiques modernes. Il contribue également au développement de la pratique du rugby à XV en France[1], sa plus grande contribution est l'arbitrage du premier Championnat de France de rugby à XV en 1892[1]. Le premier titre de champion de France de rugby à XV est décerné en 1892, suite à un simple match entre les clubs parisiens du Racing club de France et du Stade français sur la pelouse de Bagatelle, lors d'un match arbitré par le baron Pierre de Coubertin, remporté par les Racingmen (4-3). Pierre de Coubertin crée le Comité international olympique en 1894[2], le rugby à XV n'intègre pas les Jeux olympiques d'été de 1896.
1900 [modifier]
Pour la première fois un tournoi-exhibition de rugby à XV est organisé lors des Jeux olympiques d'été de 1900 à Paris, sur la pelouse du vélodrome de Vincennes du 14 au 28 octobre. Finalement seulement trois Comités olympiques nationaux inscrivent une délégation, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne[Note 1],[Note 2]. Tous les joueurs français sont issus du Stade français ou du Racing club de France, sauf André Rischmann du Cosmopolitan Club.
Après avoir battu les Allemands, dans un match à haute tension, disputé au Polygone de Vincennes sous protection policière (27-17), les Français affrontent pour le second match les Britanniques devant 6 000 spectateurs (plus forte affluence pour une compétition, lors de ces IIe Olympiades).
Bien que non reconnu alors officiellement comme sport olympique, l'épreuve donne quand même lieu à une attribution de médailles, au même titre que les autres disciplines déjà admises par l'olympisme naissant !
1908 [modifier]
Les Jeux des IVèmes Olympiades avaient été initialement prévus à Rome, mais l'éruption du Vésuve en 1906, amènent le gouvernement italien à renoncer à l'organisation. Le mouvement olympique trouva un autre candidat en la personne de Londres. Pour la dernière fois, les Jeux Olympiques se dérouleront conjointement avec une exposition.
L'Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande déclinèrent l'invitation qui leur avait faite. L'Écosse et l'Irlande en désaccord avec l'Angleterre refusèrent également, de même que le Pays de Galles. La France, invitée, prétexta qu'elle ne pouvait pas constituer une équipe performante.
Les Wallabies, ou plus exactement les Australasiens, n'eurent aucune difficulté à accepter l'invitation car ils étaient en tournée en Grande-Bretagne depuis le 19 septembre 1908. Avant le 26 octobre 1908, date de la rencontre, les Australiens avaient affronté différentes équipes de Grande-Bretagne, 8 au total, et comptabilisaient 7 victoires et 1 défaite.
L'Angleterre, elle, présenta l'équipe championne des comtés : le comté de Cornouailles. L'équipe fut fortement déçue en arrivant à Paddington, car il avait été annoncé qu'elle serait opposée à l'équipe de France le 25 octobre. De plus, les dirigeants de l'équipe, dont le président, F.W. Thomas, n'étaient guère optimistes quant à l'issue du match car leur meilleur joueur, Barrie B. Bennetts, membre du Penzance RFC, ne pouvait jouer.
L'Australasie remporta le match, au Shepherd's Bush Stadium, dans la banlieue de Londres, devant 3 000 spectateurs, sur le score de 32 à 3.
1920 [modifier]
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Belgique avait organisé les Jeux Olympiques au pied levé et n'avait pas eu le temps de prévoir l'hébergement des participants ailleurs que dans des écoles transformées en dortoir.
Les joueurs américains arrivèrent sur un bateau transatlantique, le Sherman, et cette équipe pouvait s'enorgueillir de compter dans ses rangs Morris Kirksey, qui terminera 2ème du 100 mètres plat et remportera le titre du 4 x 100 mètres et, bien sûr, la médaille d'or en rugby, et Dink Templeton, qui participera au concours du saut en en hauteur.
On fit appel aux rugbymen français pour leur faire face. Les compétitions dans l'Hexagone étaient terminées depuis 2 mois et l'on convoqua des joueurs militaires évoluant dans des clubs parisiens. Certains n'avaient d'ailleurs jamais eu l'honneur d'évoluer en équipe nationale.
Le match se déroula le 5 septembre 1920, au Beerschot Stadium d'Anvers, devant 20 000 spectateurs, après la rencontre de football entre l'Espagne et la Hollande comptant pour le tournoi olympique. La France, dont le capitaine était un certain René Crabos, perdit face aux États-Unis sur le score de 8 à 0.
1924 [modifier]
En 1924, la France affronte les Américains en finale, au Stade de Colombes, devant 45 000 spectateurs. L'équipe des États-Unis, composée essentiellement de footballeurs américains, bat les Bleus 17 à 3, dans un match entrecoupé de bagarres. À la fin de la rencontre, Allan Henry Muhr, citoyen des États-Unis, mais international français, dira : "C'est ce qu'on peut faire de mieux sans couteaux, ni revolvers". Après cette finale violente, le rugby n'est plus invité à participer aux Jeux Olympiques.
1936 [modifier]
L'invasion du terrain à la fin du match de la finale lors des Jeux de 1924 donna une très mauvaise image du rugby. Sa carrière de sport olympique fut gravement compromise. Le manque d'équipes susceptibles de concourir, le départ du Baron Pierre de Coubertin (fervent partisan de ce sport) des institutions olympiques en 1925 et la volonté d'inclure davantage de disciplines individuelles et féminines sonnèrent le glas du rugby en tant que discipline olympique jusqu'à la prochaine introduction du rugby à 7 lors des Jeux de 2016.
Les requêtes adressées au Comité international olympique pour rétablir le rugby en tant que sport olympique aux jeux de 1928 à Amsterdam furent déboutées. Les Pays-bas, pays hôte, furent très tôt certains de ne pouvoir briller dans ce sport et n'apportèrent aucun soutien à ces requêtes. Mais un sursaut s'est produit en 1936.
En effet, la France est exclue du Tournoi des cinq nations après la saison 1931, remporté par le Pays de Galles. Un divorce se crée d'avec les nations britanniques. La France se cherche de nouveaux partenaires de jeu et se tourne vers l'Allemagne. En effet, à cette époque, le rugby connaît un véritable essor outre-Rhin. L'idée d'une Fédération internationale de rugby amateur (FIRA) qui existe encore de nos jours germe alors. Un 1er congrès préliminaire se réunit à Turin le 4 septembre 1933. La FIRA est ainsi créée en réaction à Paris le 2 janvier 1934 (parution au Bulletin officiel le 10 juin 1934). Le baptême a lieu, le 24 mars 1934, à Hanovre. Les nations présentes sont : Allemagne et France, bien sûr, mais aussi : Belgique, Catalogne et Espagne, Hollande (qui se montre cette fois intéressée : le Nederlandse Rugby Bond se crée en 1932 et rejoint la FIRA), Italie, Portugal et Roumanie.
Le congrès annuel de la FIRA à Rome en 1935 approuve l'idée d'un tournoi du trophée de la FIRA en marge des prochains Jeux de Berlin afin de réintroduire progressivement le rugby aux jeux. Le Tournoi européen de la FIRA se déroule en mai 1936 à Berlin en quelque sorte en répétition des Jeux qui se dérouleront du 1er au 16 août 1936.
Il accueille des équipes venues de France, d'Allemagne (devenue le Reich), d'Italie et de Roumanie. Tout se passe dans une ambiance détendue, sans aucun débordement avec au contraire beaucoup de fair-play entre les joueurs. Il y a, semble-t-il, la volonté pour tous (FIRA et nazis), chacun avec ses raisons, de bien faire. 14 mai 1936 : Demi-finales France-Roumanie 25-5 et Allemagne-Italie 19-8. 17 mai 1936 : Italie-Roumanie (Play-off 3ème et 4ème place) 8-7. 17 mai 1936 : Allemagne-France, finale, 14-19[3]. Classement : 1ère France, 2ème Allemagne, 3ème Italie, 4ème Roumanie. D'autres trophées continueront d'être programmés (comme il l'avait été auparavant en 1935), mais ces matchs furent les derniers organisés, en marge certes des Jeux, mais dans un contexte et un esprit olympique. La presse salua l'un des meilleurs tournois internationaux de rugby.
La reprise de contact entre la France et l'Empire britannique, la rupture entre la France et les nazis, la seconde guerre mondiale, l'absence d'intérêt d'autres nations comme les États-Unis (pourtant champions olympiques en titre depuis 1924, mais plus intéressés par exemple par l'entrée aux Jeux de 1936 du baseball) firent capoter cette tentative de réintroduction.
2016 [modifier]
Le Rugby à sept a été admis au programme des Jeux Olympiques le 9 octobre 2009 au terme d'un vote du Comité international olympique et fera son entrée lors des Jeux olympique de 2016 tenus à Rio de Janeiro.
Le tournoi de rugby sera disputé par 12 équipes masculines et autant de féminines selon un format restant à déterminer.
Palmarès Hommes [modifier]
| Édition | Lieu | |||
| 1900 | Paris | |||
| 1908 | Londres | pas de médaille attribuée | ||
| 1920 | Anvers | pas de médaille attribuée | ||
| 1924 | Paris | |||
| 2016 | Rio de Janeiro |
Palmarès Femmes [modifier]
| Édition | Lieu | |||
| 2016 | Rio de Janeiro |
Tableau des médailles Hommes [modifier]
| Rang | Pays | Total | |||
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 0 | 0 | 2 | |
| 2 | 1 | 2 | 0 | 3 | |
| 3 | 1 | 0 | 0 | 1 | |
| 4 | 0 | 2 | 0 | 2 | |
| 5 | 0 | 1 | 0 | 1 | |
| 6 | 0 | 0 | 1 | 1 |
Tableau des médailles Femmes [modifier]
| Rang | Pays | Total | |||
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | |||||
| 2 | |||||
| 3 |
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- Les équipes allemande et britannique ne sont pas des équipes nationales au sens strict du terme. En effet, ce sont des clubs qui la représentent. Mosley Wanderers RFC est le représentant britannique et SC 1880 Frankfurt l'allemand.
- Voir aussi Décompte des points au rugby à XV. En 1900, l'essai transformé vaut cinq points, le drop goal (coup de pied tombé) quatre points, l'essai non transformé trois points, le coup-franc (tenté en drop-goal sans opposition) trois points, la pénalité trois points.
Références [modifier]
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Rugby union at the Summer Olympics » (voir la liste des auteurs)
- (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Rugby en los Juegos Olímpicos » (voir la liste des auteurs)
- (en) Gavin Mortimer, « Where les Anglais fear to tread », sur www.guardian.co.uk, The Guardian, 5 février 2006. Consulté le 7 décembre 2009
- (fr)[PDF]Premier Bulletin du Comité international des Jeux olympiques, Juillet 1894.
- (en) Germany (9) 14 - 19 (8) France, sur ESPN, www.espnscrum.com. Consulté le 24 novembre 2011
Bibliographie [modifier]
- Pierre Vitalien, Le Rugby aux Jeux Olympiques, Sérignan-du-Comtat, Imprimerie Tecnicouleurs, octobre 2007, broché (ISBN 978-2-9520549-2-8)
Liens externes [modifier]