Henri de Rigny

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Henri de Rigny
Comte de Rigny
L'amiral de Rigny commandant la flotte française de l'expédition de Morée, à bord de la Sirène touchée dès le début de la bataille de Navarin le 20 octobre 1827. Portrait posthume par François-Gabriel Lépaulle, 1836.
L'amiral de Rigny commandant la flotte française de l'expédition de Morée, à bord de la Sirène touchée dès le début de la bataille de Navarin le 20 octobre 1827. Portrait posthume par François-Gabriel Lépaulle, 1836.

Naissance
à Toul (Lorraine)
Décès (à 53 ans)
à Paris
Origine Français
Grade Vice-amiral
Années de service 1798 –
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Guerre d'indépendance grecque
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur
Ordre du Bain
Ordre de Saint-Alexandre Nevski

Marie Henri Daniel Gauthier, comte de Rigny, né à Toul (Lorraine) le et mort à Paris le , est un officier de marine et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Il était le fils d’un ancien capitaine au régiment de Penthièvre-Dragons, Jean-François Gaulthier de Rigny, retiré fort jeune du service, et qui mourut en laissant cinq garçons en bas âge, dont son frère le futur général de Rigny, et de Perpétue Louis, sœur du baron Louis, plusieurs fois ministre des Finances sous les deux Restaurations et la monarchie de Juillet. La Révolution française le fait sortir de l’école de Pont-à-Mousson, où il avait été envoyé tout enfant. Henri de Rigny, âgé de dix ans alors, avait perdu son père ; sa mère était inscrite sur la liste des émigrés. Une tante recueillit la jeune famille, composée d’une jeune fille de seize ans et de cinq garçons, dont Henri était l’aîné[1].

Entrée dans la marine[modifier | modifier le code]

Une vocation prononcée et la volonté dernière de son père appelèrent Henri de Rigny au service de la marine. Après un séjour de quelques mois à l’École spéciale de Brest, où il avait été envoyé pour y terminer ses études, âgé de seize ans à peine, en 1798, il entra dans la marine en qualité d’aspirant de seconde classe sous les ordres de l’amiral Bruix. En 1799 il est nommé aspirant, il embarque sur La Fraternité.

Il assiste au blocus de Porto-Ferrajo (en) et à la Bataille d'Algésiras ; puis il fit la campagne d’Égypte, et prit part aux expéditions de Saint-Domingue, de Corse et d’Espagne. En 1803, M. de Rigny ayant obtenu le grade d’enseigne de vaisseau. En 1803 il est nommé enseigne de vaisseau et en cette qualité envoyé au camp de Boulogne ; il est chargé du commandement d’une corvette La Triomphante.

Interpellé par Napoléon Ier sur l’opportunité de faire sortir à la marée tous les bâtiments de la flottille destinée à une descente en Angleterre, le jeune marin fit à l’Empereur une réponse aussi ferme que concise.

Campagnes terrestres[modifier | modifier le code]

Incorporé avec les marins de la Garde dans l’armée de terre, en 1806 et en 1807, M. de Rigny fit dans le courant de ces deux années les campagnes de Prusse, de Pologne et de Poméranie ; combattit à Iéna, à Pultusk, au siège de Stralsund (en) et de Graudentz, où il reçut une blessure fort grave. Passé à l’armée d’Espagne en 1808 et devenu aide-de-camp du maréchal Bessières, il se distingua à la bataille de Medina de Rio-Seco et fut blessé au combat de Sommo-Sierra, puis il assista à la prise de Madrid, en 1809, et à la bataille de Wagram.

Promu au grade de lieutenant de vaisseau en cette même année 1809, M. de Rigny fut en 1811 capitaine de frégate, et reçut l’ordre d’aller appareiller en vue de la croisière anglaise qui bloquait Cherbourg et le Havre. Il accomplit avec intrépidité cette périlleuse mission. En 1813, il fut blessé de nouveau, alors qu’il enlevait le village de Barselen occupé par les Anglais et défendu par deux formidables batteries.

Restauration. Station du Levant[modifier | modifier le code]

La frégate de Rigny (en bas à gauche) à la bataille des Moulins en 1825.

M. de Rigny qui, en 1816, avait été élevé au grade de capitaine de vaisseau, reçut en 1822 le commandement des forces navales rassemblées dans les mers du Levant. Il était notamment chargé de réprimer la piraterie turque ou grecque, qui s'était développée à la faveur des conflits de la guerre d'indépendance ; ses soins intelligents fixèrent dans l’Archipel la police de la navigation, et le capitaine français fut, suivant sa propre et pittoresque expression, un véritable juge de paix chargé de préserver de fureurs inutiles deux peuples alors divisés par une guerre acharnée. Il assista à plusieurs épisodes du conflit en tant qu'observateur et joua parfois un rôle d'intermédiaire lors des négociations, dont celles ayant précédé la reddition de l'Acropole en juin 1827.

Nommé contre-amiral en 1823, il participe en 1827 aux opérations conjointes de la France, de l'Empire russe et du Royaume-Uni décidées à la suite du traité de Londres afin de faire cesser le conflit. Il commanda ainsi la flotte française à la bataille de Navarin, ce qui lui valut la croix de l’ordre du Bain, de l’Ordre de Saint-Alexandre Nevski et le titre de vice-amiral.

Retour en France[modifier | modifier le code]

De retour en France après l’évacuation de la Morée, à laquelle il avait présidé, l’amiral de Rigny fut créé comte et nommé préfet maritime à Toulon en 1829, mais il refuse au 8 août même année, le portefeuille de la Marine, dans le ministère Polignac.

Revenu à Toulon pour cause de santé, en septembre 1830, il fut nommé membre du conseil d’Amirauté et reçut la décoration de grand officier de la Légion d'honneur.

Appelé en 1831 à la Chambre des députés par une double élection, l’amiral de Rigny reçut, le 3 mars de la même année, de Louis-Philippe, le portefeuille de la marine. Chargé, le , du département des affaires étrangères, il fit dans cette administration preuve d’une activité nouvelle.

Le , il épousa Adèle Narcisse Defontaine, née à Mons le , veuve en premières noces d'un riche homme d'affaires belge, Florent François Daniel Honnorez (1780-1830), dont elle avait eu deux filles : Élise (1826-1876), plus tard duchesse de Padoue par son mariage avec Louis Arrighi de Casanova, et Léonie (1829-1892), plus tard marquise de Talhouët par son mariage avec Auguste de Talhouët-Roy.

Le , les soins qu’exigeait sa santé, devenue de plus en plus chancelante, forcèrent le comte de Rigny à résigner ses fonctions de ministre ; toutefois, dans le mois d’août, il accepta une courte mission à Naples. Il était à peine de retour à la fin d’octobre, quand il ressentit les premières atteintes du mal terrible auquel il succomba dans la nuit du 6 au , à l’âge de 52 ans. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise[2].

Après sa mort, sa veuve mit au monde une fille, Marie Amélie Gaultier de Rigny née le . Elle épousa le baron de Verneaux et mourut le au château de Ris à Ris-Orangis. La comtesse de Rigny, sa mère, mourut également au château de Ris, le .

Résidences[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri et ses jeunes frères furent élevés par leur sœur, qui, sous la direction de sa tante, n’avait pas craint d’accepter cette noble et pénible tâche et qui sut l’accomplir. Cette éducation fraternelle trempa le caractère de Henri de Rigny au sein de l’adversité, dit M. le capitaine de vaisseau Gallois, son ami d’enfance, et lui apprit, au milieu des scènes orageuses de cette époque, à contracter ces habitudes de réflexion et de prévoyance qui l’ont toujours distingué.
  2. Journal des débats politiques et littéraires,‎ 12 novembre 1835 (lire en ligne)

Source partielle[modifier | modifier le code]

« Henri de Rigny », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]