Aléxandros Mavrokordátos

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Aléxandros Mavrokordátos
Αλέξανδρος Μαυροκορδάτος
Aléxandros Mavrokordátos
Aléxandros Mavrokordátos
Fonctions
Président du Conseil exécutif
13 janvier 182210 mai 1823
Prédécesseur aucun
Successeur Petros Mavromichalis
2e, 7e, 11e et 18e Premier ministre grec
24 octobre 183312 juin 1834
Monarque Othon Ier
Prédécesseur Spiridon Trikoupis
Successeur Ioannis Kolettis
6 juillet 184122 août 1841
Monarque Othon Ier
Prédécesseur Othon Ier
Successeur Othon Ier
11 avril 184418 août 1844
Monarque Othon Ier
Prédécesseur Constantin Kanaris
Successeur Ioannis Kolettis
28 mai 185411 octobre 1855
Monarque Othon Ier
Prédécesseur Constantin Kanaris
Successeur Dimitrios Voulgaris
Biographie
Date de naissance février 1791
Lieu de naissance Constantinople
Date de décès 18 août 1865
Lieu de décès Égine, (Grèce)
Nationalité grecque

Aléxandros Mavrokordátos
Président du Conseil exécutif

Aléxandros Mavrokordátos (en grec Αλέξανδρος Μαυροκορδάτος), né à Constantinople en février 1791 et mort à Égine le 18 août 1865, fut un protagoniste de premier plan de la Guerre d'indépendance grecque et homme politique qui fut plusieurs fois Premier Ministre de Grèce.

Phanariote membre de la Philiki Etairia installé en Italie, il gagna rapidement la Grèce au déclenchement de l'insurrection grecque en 1821 et joua un rôle important dans la mise en place du premier État grec dont il fut le premier président. Écarté de la tête du pouvoir, il continua à jouer un rôle politique important tout au long de sa vie.

Proche des Britanniques, il appartenait à la mouvance libérale.

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille phanariote, fils de Nicolas (mort en 1818) et de Smaragda Caradja, il était l'arrière-petit-fils de Nicolas Mavrocordato et le petit-fils de Nicolas Caradja. En 1812, il rejoignit la cour d'un de ses parents, Jean Georges Caradja, en Valachie. Il le suivit en exil en Russie puis en Italie à partir de 1817.

Guerre d'indépendance[modifier | modifier le code]

Installé à Pise dans l'entourage de Caradja, il apprit la nouvelle de l'insurrection en Grèce qui avait éclaté début avril 1821 ; il liquida alors sa fortune et emprunta auprès de son protecteur pour acheter des armes à destination des insurgés et affréter un navire, puis embarqua le 10 juillet depuis Marseille, accompagné de philhellènes européens et de quelques Grecs de la diaspora. Projetant d'aller à Patras, il fut finalement obligé de débarquer le 3 août à Missolonghi, en Grèce continentale. Il y resta une semaine puis se rendit dans le Péloponnèse, visitant le camp grec qui assiégeait Patras, puis le camp de Trikorpha depuis lequel les insurgés assiégeaient Tripolizza le 26 août. Il y rencontra les chefs grecs, dont Ypsilantis et Kolokotrónis avec lesquels il entra en rivalité, et se lia à d'autres phanariotes alors opposés à ces derniers, dont Théodore Négris, Alexandre Cantacuzène et Constantin Caradja[1].

Il retourna le 9 septembre à Missolonghi afin d'organiser le mouvement en Grèce continentale. Il réussit à obtenir une importante influence dans la région, présidant en novembre l'Assemblée de Grèce occidentale et devenant le chef du gouvernement local provisoire désigné par celle-ci.

Il participa activement à la mise en place de la Première Assemblée Nationale Grecque d'Épidaure dont il présida les travaux en janvier 1822, et fut nommé Président du Conseil exécutif.

Malgré ses fonctions gouvernementales et son absence de formation militaire, il prit le commandement d'une armée à destination de l'Ouest de la Grèce continentale la même année; l'objectif était de s'assurer la possession de cette région stratégique, et d'aider les Souliotes assiégés par les troupes ottomanes après la mort d'Ali Pacha en janvier. Il débarqua à Missolonghi en juin 1822, mais fut lourdement défait le 16 juillet à Péta. Il réussit cependant à défendre victorieusement Missolonghi (novembre 1822 à janvier 1823).

En avril 1823, il se rendit avec une centaine d'hommes et plusieurs capetans dans le Péloponnèse pour participer à l'Assemblée nationale d'Astros ; il fut alors nommé Ministre des Affaires Étrangères, sous la présidence de Petrobey Mavromichalis ; devant les troubles aboutissant aux guerres civiles de 1823-1824, il dut rapidement céder son poste et se réfugia à Hydra.

Arrivée de Byron à Missolonghi (Mavrokordatos est l’homme en redingote noire).

À la fin de l'année, il convainquit Lord Byron, récemment arrivé dans les îles ioniennes, de rejoindre Missolonghi. Arrivant lui-même en décembre dans la ville à bord d'une flottille d'Hydra et Spetses destinée à lever le blocus ottoman, il accueillit le poète en janvier 1824. Les plans échafaudés pour la conquête de Lépante ne se réalisèrent pas, et les dissensions entre chefs militaires irréguliers, entre eux et avec les autorités civiles, paralysèrent l'action des Grecs. En avril, Mavrokordatos fit juger et condamner Yeóryios Karaïskákis pour haute trahison, au cours d'un procès considéré comme injuste.

La mort de Byron le 19 avril le priva de son principal soutien. La victoire du parti gouvernemental en juin à la fin de la première guerre civile, et l'arrivée des fonds du prêt anglais à la Grèce améliorèrent sa situation. Il commanda à nouveau une armée en Acarnanie d'août à novembre 1824 ; l'armée grecque, très inférieure en nombre à l'armée ottomane commandée par Omer Vryonis et basée à Caravansera (Amphilochie), resta sur ses positions. Omer Vryonis, de son côté, avait à faire face à une situation troublée en Albanie et ne tenta pas non plus d'action décisive ; il finit par regagner ses bases en novembre, traversant les défilés du Makrynoros sans être inquiété. Mavrokordatos organisa ensuite un congrès provincial à Anatoliko fin décembre, afin de régler divers problèmes et d'organiser sa succession ; il quitta Missolonghi pour le Péloponnèse en janvier 1825, et devint le conseiller du président de l'Exécutif, Koundouriotis.

Lorsque les troupes d'Ibrahim Pacha débarquèrent en Grèce (février 1825), Mavrokordátos reprit les armes et se rendit à Navarin. Il faillit alors être capturé ou tué lors du désastre de Sphactérie en mai.

Après la chute définitive de Missolonghi (22 avril 1826), il se retira de la vie politique jusqu'à ce que Ioánnis Kapodístrias en fît un des membres du comité de gestion des fournitures de guerre. Il quitta ce poste en 1828.

Il entra dans l'opposition à Kapodistrias et fut l'un des chefs de l'insurrection d'Hydra contre ce dernier en 1831. Après l'assassinat de Kapodístrias le 9 octobre 1831 et la démission de son frère et successeur Augustinos, Mavrokordátos fut nommé Ministre des Finances. Il fut aussi Vice-Président de l'Assemblée Nationale Grecque d'Argos[Laquelle ?].

Royaume de Grèce[modifier | modifier le code]

Le roi Othon le nomma Ministre des Finances, puis en 1833 Premier Ministre. Il fut à partir de 1834, Ambassadeur à Munich, Berlin et Londres. Après avoir été à nouveau Premier Ministre de Grèce, il devint Ambassadeur à Constantinople en 1841.

Membre du parti anglais, le coup d'État du 3 septembre 1843 le fit revenir à Athènes. Il fut alors Ministre sans portefeuille puis, après la défaite du parti russe Premier Ministre d'avril à août 1844. Dans l'opposition, il s'attaqua violemment au gouvernement Kolettis. Il dirigea à nouveau le pays, quelques mois en 1854-1855.

Il a occupé le poste de Premier Ministre de Grèce durant les périodes suivantes :

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Il épousa en 1830 Chariklia Argyropoulos, issue d'une famille phanariote, avec laquelle il eut 6 enfants dont deux parvinrent à l'âge adulte. Sa sœur avait épousé l'orateur et homme politique Spiridon Trikoupis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gordon, History of the Greek Revolution, T1 p. 231-233