Marguerite de Bourgogne (1290-1315)

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Marguerite de Bourgogne

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Portrait de Marguerite de Bourgogne

Titre

Reine consort de France et de Navarre

29 novembre 131415 août 1315
(8 mois et 17 jours)

Prédécesseur Jeanne de Navarre
Successeur Clémence de Hongrie
Biographie
Dynastie Première maison capétienne de Bourgogne
Naissance 1290
Décès 30 avril 1315
Château Gaillard (Royaume de France)
Sépulture Chapelle de l'Hôtel-Dieu de Tonnerre[1].
Père Robert II de Bourgogne
Mère Agnès de France
Conjoint Louis X
Enfants Jeanne II de Navarre Red crown.png
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Reines consorts de France

Marketa pecet.jpg

Marguerite de Bourgogne[2] (née en 1290 – morte le 30 avril 1315 à Château Gaillard) était une princesse de la première branche bourguignonne de la dynastie capétienne. Elle est la fille de Robert II (1248-1306), duc de Bourgogne (1272-1306), et d'Agnès de France (1260-1325)[3], et donc, par sa mère, petite-fille de Saint Louis[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Marguerite de Bourgogne est la sœur de :

Mariage[modifier | modifier le code]

Le mariage par contrat est célébré en l'abbaye de Longchamp le 28 février 1300 et à Vincennes le 28 mars 1301. Le 23 septembre 1305, à Corbeil, elle épouse Louis (1289-1316), roi de Navarre (Louis Ier) (1305-1316) et futur roi de France (1314-1316) sous le nom de Louis X le Hutin, fils du roi de France Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre Jeanne Ire[5].

Elle est donc titrée, par mariage, reine consort de Navarre puis reine consort de France.

De son mariage avec Louis X le Hutin est issue une fille, Jeanne II de Navarre (1311-1349)[6], qui ne recouvre qu'une partie de ses droits sur la Navarre en 1328, par un arrangement entre son mari Philippe d'Évreux et le roi de France Philippe VI de Valois.

Scandale des belles-filles du roi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire de la tour de Nesle.

Au début de l'année 1314, Philippe IV le Bel, alors roi de France, fait arrêter ses trois belles-filles Marguerite de Bourgogne, Jeanne de Bourgogne et Blanche de Bourgogne, sur dénonciation, selon un chroniqueur, de sa fille Isabelle de France, reine d'Angleterre. Elles auraient été prises en flagrant délit d'adultère avec deux jeunes chevaliers, Philippe et Gauthier d'Aunay. Ce scandale qui ébranla la monarchie passa à la postérité sous le nom d'affaire de la tour de Nesle.

Sous la torture, les deux chevaliers auraient avoué leurs relations avec les princesses, qui duraient depuis trois ans, avant d'être, à Pontoise, écorchés vifs, châtrés, décapités, puis suspendus à un gibet[7].

Marguerite, enfermée dans la forteresse de Château Gaillard y fut tenue au secret.

Reine consort de France et de Navarre[modifier | modifier le code]

Elle devient reine consort de France à la mort de son beau-père Philippe IV le Bel, survenue le 29 novembre 1314. Elle reste cependant enfermée dans la forteresse de Château Gaillard, son époux, le roi Louis X, ne levant pas la sanction prise à son encontre pour adultère.

Clémence de Hongrie, que Louis X avait choisi pour nouvelle épouse alors qu'il était encore engagé dans les liens du mariage, avait débarqué en Provence début avril 1315. Le 30 avril 1315, Marguerite de Bourgogne fut retrouvée morte dans sa cellule probablement de turberculose[8]. Louis X se remarie avec Clémence de Hongrie à Troyes le 19 août 1315. Elle fut inhumée en l'église des Cordeliers à Vernon (dans son testament, elle demandait à être enterrée à Vernon dans le château où elle avait passé sa nuit de noces et ses rares vacances avec son époux, le monument a été détruit lors de la Révolution).

Marguerite de Bourgogne dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Marguerite de Bourgogne est un personnage des deux premiers tomes (Le Roi de fer et La Reine étranglée) du roman de Maurice Druon, Les Rois maudits, et des deux premiers épisodes des adaptations télévisées de 1972 et 2005. Maurice Druon résout la question de sa mort en la faisant étrangler (d'où le titre du second tome) par Robert d'Artois.
  • L'histoire de Marguerite de Bourgogne sert de toile de fond à La Tour de Nesle, pièce de théâtre de Frédéric Gaillardet et Alexandre Dumas (1832) et à deux romans de Michel Zévaco, Buridan, Le Héros de la Tour de Nesle (1913) et La Reine sanglante, Marguerite de Bourgogne (1914). La pièce de Gaillardet et Dumas a été adaptée plusieurs fois au cinéma, notamment dans La tour de Nesle, réalisé en 1955 par Abel Gance, avec Silvana Pampanini dans le rôle de Marguerite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi,‎ 2011, 385 p. (ISBN 9782749121697, lire en ligne), p. 274.
  2. Marguerite de Bourgogne sur le site Foundation for Medieval Genealogy
  3. a, b, c et d Jiri Louda et Michael MacLagan, Les Dynasties d’Europe, Bordas, 1995 (ISBN 2-04-027115-5), tableau 74
  4. Jiri Louda et Michael MacLagan, op.cit., tableau 64
  5. Christian Bouyer, Dictionnaire des Reines de France, Librairie Académique Perrin, 1992 (ISBN 2-262-00789-6), p. 192
  6. Jiri Louda et Michael MacLagan, op.cit., tableau 65
  7. Christian Bouyer, op.cit, p. 193
  8. selon Christian Bouyer, « elle meurt [...], peut-être assassinée, plus sûrement des suites du traitement qu'on lui a fait subir », op.cit., p. 193

Liens internes[modifier | modifier le code]