Raoul Ier de Coucy

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Raoul de Coucy (évêque de Metz).
Raoul de Coucy
Raoul Ier de Coucy
Raoul Ier de Coucy

Titre Seigneur de Coucy
(11491191)
Biographie
Naissance Après 1142
Décès 1191
Saint-Jean-d'Acre
Père Enguerrand II de Coucy
Mère Agnès de Beaugency
Conjoint Agnès de Hainaut (1154)
puis
Alix II de Dreux (1174)
Enfants avec Agnès de Hainaut
Yolande
Isabeau
Ade

avec Alix II de Dreux
Enguerrand III
Thomas
Raoul
Robert
Agnès

Raoul de Coucy[1], (après 1142 - † 1191), sire de Coucy, seigneur de Marle, de La Fère, de Crécy (sur-Serre), de Vervins, de Pinon, de Landouzy (la-Ville), de Fontaine (lès-Vervins).
Il partit pour la Terre sainte où il périt au siège de Saint-Jean-d'Acre (appelée Ptolèmaïs pendant l'Antiquité), en novembre 1191.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Blason Coucy-le-Chateau.svg

Son arrière-grand-père : Enguerrand de Boves comte d'Amiens, seigneur de Boves, de la Fère, devint possesseur vers 1085 du château de Coucy dont il devint vicomte, et en donna le nom à ses descendants.

La maison de Boves tirait son origine de Dreux ou Drogon, seigneur de Boves. Ce dernier, vraisemblablement père d'Enguerrand, s'illustra sous les règnes des rois Robert II et de Henri Ier.

Il est le petit-fils de Thomas de Marle († 1130), fils d'Enguerrand de Boves et d'Ade de Marle, seigneur de Boves, de Marle, de la Fère et comte d'Amiens. Il mourut à Laon en 1130.

Son père, Enguerrand II de Coucy († avant 1147), fils de Thomas de Marle, épousa en 1132 Agnès de Beaugency, cousine germaine du roi Louis VII de France, et fille de Mahaut ou Mathilde de Vermandois, elle-même fille d'Hugues Ier de Vermandois, frère du roi Philippe Ier de France. S'étant croisé, ainsi qu'Évrard de Breteuil, son beau-frère, il accompagna le roi Louis le Jeune à la deuxième croisade.

Raoul Ier de Coucy s'est marié :

Histoire[modifier | modifier le code]

Raoul de Coucy, se voyant veuf, et désireux d'enfant mâle, reprit une seconde alliance avec Alix II de Dreux, princesse de sang royal, qui était sa parente au quatrième degré car la mère de Raou, Agnès de Beaugency, était la fille de Mahaut (ou Maud ou Mathilde) de Vermandois, fille ainée de Hugues de France dit le Grand, frère du roi Philippe Ier. Alix II de Dreux était fille de Robert Ier de Dreux, comte de Dreux, petit-fils du roi Philippe Ier, et nièce du roi Louis VII le Jeune. Alix II de Dreux eut pour mère Agnès de Baudement, comtesse de Braine, troisième femme de son père Robert Ier de Dreux, et pour frère Robert II le Jeune († 28 décembre 1218), comte de Dreux et de Braine, qui fut marié avec Yolande de Coucy, fille aînée de notre Raoul et d'Agnès de Hainaut sa première épouse. Par ses deux mariages, Raoul devint beau-père d'un grand prince, gendre d'un fils de France, et cousin germain par sa femme du roi Philippe Auguste. Raoul assista le roi de France en 1181 pendant la guerre contre Philippe d'Alsace, comte de Flandre, bien qu'auparavant il eut pris de lui en hommage les terres de Marle et Vervins, au fief de la Ferté-Beliard, que le comte lui transporta. Mais par le traité de paix accordée depuis le roi voulut que ce comte lui remit cet hommage. Et d'ailleurs le même Raoul devint homme lige du roi pour le fief de la seigneurie de La Fère, lequel il avait tenu jusqu'alors de l'Église de Laon. Car Roger de Rosoy, évêque de Laon, le céda au roi Philippe Auguste, par lettre passées à Paris en 1185, en présence de Baudouin V de Hainaut, comte de Hainaut, d'Enguerrand, archidiacre de Laon, de Jean de Fontenay, de Girard Chotard, et de Geoffroy, chapelain du roi.

Cependant du mariage de la princesse Alix II de Dreux et de ce Raoul, seigneur de Coucy, vinrent plusieurs enfants. Du consentement desquels, et de leur mère, il octroya à l'abbaye Notre-Dame de Mont-Saint-Martin, (Gouy (Aisne)) du diocèse de Cambrai, l'exemption du droit de vinage pour huit chariots de vin tous les ans, par lettres expédiées à Coucy en 1187. Et ensuite il bailla la moitié de sa chaussée de Crécy à faire et entretenir à Robert de l'Acre: à condition que de chaque charriot et charrette fermée, il reçoit un denier de telle monnaie qu'on lui payait pour les vinages, et des non ferrés un denier de la monnaie commune qui avait cours en la Terre. À quoi consentit la même Alix son épouse, en la présence de Raoul, clerc son neveu, de Marguerite, sa nièce femme de Jobert, seigneur de la Ferté-Bélard, de Raoul de Houssel, d'Albéric de Boomont, d'Arnoul de Monceaux, et autres. Puis en 1188, du gré et volonté de la susdite Alix et de ses enfants, il admortit eux religieux de l'abbaye Notre-Dame de Thenailles huit muids de froment de rente à la mesure de Marle, qui lui furent aumonés par Robert, chevalier seigneur d'Emblaincourt. Il leur donna d'ailleurs une terre appelée la Haye de Blaincourt : à la charge qu'étant essartée et cultivée; lui et ses successeurs auraient la moitié des fruits qui y croissent. Car ainsi le portent les lettres, que Pierre son chancelier leur en délivra l'an 1089. Bref étant, fut le point d'aller au voyage de la Terre sainte avec le roi Philippe Auguste, il confirma et augmenta encore avec le consentement de sa femme les donations que son père Enguerrand II de Coucy avait concédées à l'abbaye de Clairfontaines. De quoi il y eut d'autres lettres assées à Vervins le 25 mai 1190.

Toutefois avant que de partir, il fit un partage de ses terres et seigneuries entre les enfants nés de lui et de cette Alix II de Dreux, sa seconde épouse. Voici son testament[2] dont l'original est en latin :

« Moi, Raoul, Seigneur de Coucy, veux qu'il soit notoire de tous, présents et futurs, qu'étant prêt à partir pour Jérusalem, et craignant qu'il ne s'élève quelques difficultés entre mes enfants, au sujet de la part de chacun d'eux, j'ai disposé de mes biens, selon que j'ai jugé convenable, et après avoir pris le conseil des gens de probité qui me sont attachés. J'ai donc donné à Enguerrand, mon fils aîné, toutes mes terres et seigneuries, pour être par lui possédées paisiblement, et sans réclamation quelconque, excepté les démembrements qui en ont été faits en faveur de mes autres enfants, et qui sont tels. Je veux que Thomas, mon fils, ait en libre et tranquille possession, et sans être inquiété de personne, Vervins, Fontaine et Landouzy; et qu'il retire annuellement sur les droits de vinage de Vervins et de Landouzy soixante livres en monnaie, telle qu'on l'emploie dans lesdits vinage, et dans ses possessions, il sera homme-lige de son frère Enguerrand. J'ai assigné à Raoul, qui possède un titre clérical, quarante livres de rente, à prendre sur mes revenus de Roye, et ce, tout le temps de sa vie. Quant à Robert, il aura pour sa part tous les biens qui m'ont été apportés en mariage par sa mère, et ma terre de Pinon, avec la redevance entière d'un certain bois que l'on nomme vugairement le passage de Pinon; et il tiendra tous ces biens à la charge de plein hommage à son frère Enguerrand ; et s'il arrive que ledit frère Enguerrand vienne à mourir sans héritier, sa part retournera à Thomas son frère; et si au contraire un desdits enfants, quel qu'il soit, vient à décéder sans laisser d'héritier, sa part retournera entièrement à l'ainé. Pour ce qui est de ma fille Agnès, je lui donne mille et six cents livres, monnaie d'Artois, à prendre sur les revenus de Marle et Crécy; laquelle somme elle fera l'espace de huit ans à recevoir, à commencer seulement trois ans échus après mon départ. Ainsi, le jour de saint Remi de chaque année, elle recevra cent livres à Marle, et les cent autres livres restantes à Crécy ; et l'on chargera l'église de Prémontré du soin de lui faire toucher ses revenus. Et s'il arrive que, pendant mon voyage d'outre-mer, je vienne à décéder, si de même ladite Agnès, ma fille, cesse de vivre avant d'être mariée, tout ce qui lui restera d'argent oomptant sera partagé en deux moitiés, dont une sera donnée à Alix, sa mère, qui est mon épouse, et l'autre sera léguée en aumône aux Hospitaliers, aux Templiers et à l'église de Prémontré, pour être partagés par égale part. Et enfin s'il nous arrive, à Alix, ma femme ainsi qu'à moi, de mourir, une moitié de ladite somme passera à fils aîné, et l'autre aura la première destination. J'entends que mes possessions, ainsi que les droits d'Alix ma femme, ne furent aucunement grévés, voulant que mes arrangements, même singés de moi, faisant tout le temps je vivrai dépendants de ma volonté; or, pour que cet acte de partage de mes biens soit authentique et irrévocable (à moins cependant que je me sois porté à y changer quelque chose), j'ai voulu qu'il fut écrit, et scellé de mon sceau. Fait l'an de l'incarnation de JC 1190. »

Car il fut tué au siège de la ville d'Acre l'an mille cent quatre vingt onze, et son corps apporté en l'abbaye de Foigny en Thiérache. Ensuite de quoi, Alix sa veuve envoya la commune de Marle au secours de Robert, seigneur de Pierrepont, en vue guerre qu'il eut l'an mille cent quatre vingt quinze dans le diocèse de Laon à l'encontre de Nicolas, seigneur de Rumigny. Et en l'année mille deux cent sept elle approuva toutes les aumônes que le même Raoul, son mari, avait octroyées sur son douaire à l'Église de Prémontré. Bref, elle vivait encore en l'année mille deux cent douze, comme enseigne un accord passé lors entre Thomas et Robert ses enfants, auquel elle assista.

Extrait de Histoire généalogique des maisons de Guines, d'Ardres, de Gand et de Coucy - Paris 1631 - BNF

Légende[modifier | modifier le code]

On dit qu'avant de rendre le dernier soupir, Raoul chargea son écuyer de porter, après sa mort, son cœur à la dame qu'il aimait (que les uns nomment la Dame de Fayel, les autres Gabrielle de Vergy. L'écuyer fut surpris par l'époux au moment où il s'acquittait de sa mission. Celui-ci prit le cœur et le fit manger à sa femme, qui, instruite trop tard de son malheur, jura de ne plus prendre de nourriture et se laissa mourir de faim. Cette aventure a fourni à Pierre Laurent de Belloy le sujet de sa tragédie Gabrielle de Vergy.

Georges-Adrien Crapelet a publié l'Histoire de Coucy et de la dame de Fayel, d'après un manuscrit de la Bibliothèque nationale de France, Paris, 1829.

Il existe vingt-quatre chansons de trouvère, œuvres du Chastelain de Couci, datant du XIIe siècle. Il existe aussi un manuscrit du XIIIe siècle, Romans du châtelain de Couci et de la dame de Fayel, qui contient six de ces chansons, et une chronique du XIVe siècle, rapportant tous les deux les tragiques amours de Renaud (Regnaut) de Coucy. Ces documents ont été édités en 1830 par Francisque Michel[3]. La légende veut qu'il s'agisse du même personnage, Raoul de Coucy. Mais le Raoul de Coucy de cette légende n'est probablement ni Raoul er (mort en 1191), ni Raoul II de Coucy (mort en 1250), il serait peut-être Raoul, fils d'Enguerrand de Coucy, le frère de Raoul Ier de Coucy et donc un neveu de Raoul Ier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raoul de Coucy sur le site Foundation for Medieval Genealogy
  2. Gabriel Peignot, Choix de testamens anciens et modernes: remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes, Renouard, 1829,p. 438
  3. Chansons du châtelain de Coucy, Impr. de Crapelet (lire en ligne)

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]