Alix de Vergy

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Ducs de Bourgogne
bandé d'or et d'azur, à la bordure de gueules.
Seigneurs de Vergy
de gueules à trois quintefeuilles d'or

Alix de Vergy, fille de Hugues de Vergy (1141-1217), seigneur de Vergy et de Gillette de Trainel (ou Traynel), née en 1182 et décédée entre le 15 février et le 8 mars 1251 fut duchesse de Bourgogne en devenant la deuxième épouse du duc Eudes III[1].

Épouse du duc Eudes III de Bourgogne[modifier | modifier le code]

Le duc Eudes III avait épousé en 1194, en premières noces, Mahaud, fille d’Alphonse, roi de Portugal et veuve de Philippe d'Alsace, comte de Flandre, mort au siège d’Acre en Palestine, mais il fut obligé de s’en séparer pour cause de consanguinité en 1195.

La querelle qui régnait entre le duc de Bourgogne et Hugues de Vergy se ralluma en 1196[2]. Un accommodement fut trouvé par lequel le seigneur de Vergy donnait sa fille en mariage au duc Eudes. Pour sa dot, il ajoutait le château de Vergy avec toutes les terres qu’il possédait en deçà de la rivière de Tille. En échange, le duc céda à Hugues tout ce qu’il possédait au-delà, avec la seigneurie de Mirebeau, et il l’investit de la charge de sénéchal de Bourgogne, pour la posséder héréditairement.

Le mariage d’Alix de Vergy et du duc Eudes III eut lieu en 1199.

« Ducissa mater ducis Burgondie »[3][modifier | modifier le code]

Eudes III mourut en 1218 et Alix devint tutrice du jeune duc Hugues IV alors âgé de cinq ans. Elle prit les rênes du gouvernement pour dix ans, jusqu'à la majorité du duc en 1228. Elle s’appliqua à maintenir les droits de son fils et s’occupa uniquement du bonheur de ses sujets. Les vassaux les plus élevés vinrent renouveler en ses mains la foi et l'hommage.

Elle reçut en 1218 l’hommage de Humbert V, sire de Beaujeu, pour les terres de Belleville et autres qui relevaient du duché. Son amour pour la paix lui fit prévenir en 1225 une guerre prête à s’allumer entre le duc et le dauphin viennois, dont elle acheta les prétentions sur Beaune et Chalon[4]. En 1227, elle signa un traité avec le comte de Champagne contre le comte de Nevers. En septembre 1231, elle y jugea un débat entre Guillaume de Champlitte, vicomte de Dijon, et les moines de Cîteaux, au sujet de la terre d'Ouges, et par sa prudence, concilia les parties[5]. Les ducs de Bourgogne avaient alors parmi leurs titres honorifiques celui de chanoine de Saint-Martin de Tours[6]. Perard, p. 411[7], rapporte que cette princesse représentant son fils, fut reçue Chanoine de la Ste Chapelle, après avoir donné le saint baiser à tous les chanoines du chapitre, en signe de fraternité.

Après la majorité de son fils, Alix se retira à Lantenay[8], qui lui avait été assigné pour son douaire. « Elle y faisait valoir deux charrues à bœufs et un troupeau de cinq cents moutons »[9]. Elle fit beaucoup de bien à plusieurs maisons religieuses. Elle fut une des plus grandes bienfaitrices de Cîteaux et les Jacobins de Dijon la regardaient comme leur fondatrice. Elle mourut en 1251, âgée de soixante-douze ans, après trente-trois ans de veuvage. Elle fut inhumée à l’abbaye de Cîteaux près de son mari. Son nom apparaît au nécrologe de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun: II kal mart. Aalis de Vergy, uxor Odonis, ducis Burg. mater Hugonis ducis[10].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le duc de Bourgogne n’eut de sa femme Alix de Vergy qu’un fils qui lui succéda, Hugues, et trois filles[11] : Jeanne, l'aînée, qui épousa Raoul II, comte d’Eu, en 1222[12], puis Béatrix, femme de Humbert III, seigneur de Thoiré et Villers en Bresse, et enfin Alix de Bourgogne, sans alliance, qui mourut en 1266 et fut inhumée à l’abbaye de Cîteaux[13],[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Généalogie du duc Eudes et d'Alix de Vergy, sa seconde épouse sur le site Medieval Lands
  2. Mémoires de la Commission des Antiquités du Département de la Côte d'Or, 1853, T.3, p. 16
  3. Duchesse, mère du duc de Bourgogne
  4. Cet arrangement servit de transaction et mit fin aux exigences du dauphin André qui élevait de nouvelles prétentions sur la Bourgogne. André, qui avait été désigné pour succéder à Eudes III quand ce dernier n'avait pas d'enfant ne pouvait se consoler de la perte de ses droits que causa la naissance d'Hugues. Mémoires de la Commission des Antiquités du Département de la Côte d'Or, p. 18.
  5. Cartulaire de Cîteaux, cité par Mémoires de la Commission des Antiquités du Département de la Côte d'Or, T. 3, Chapitre Le château de Talant, par J. Garnier, p. 223.
  6. Le chapitre de Saint-Martin-de-Tours avait nommé Eudes III chanoine ; titre dont jouirent ses successeurs jusqu'à Philippe-le-Bon. Courtépée et Béguillet, Description Générale et Particulière du Duché de Bourgogne, T. 1, p. 162.
  7. Cité par Courtépée et Béguillet, Description Générale et Particulière du Duché de Bourgogne, T. 1, p. 164.
  8. Mémoires de la Commission des Antiquités du Département de la Côte d'Or, T. 3, Chapitre Le château de Talant, par J. Garnier, p. 223 : « elle se retira, non comme on l’a dit dans sa métairie de Prenois, mais à Lantenay, ou à Talant, dont l’établissement lui rappelait un époux tendrement aimé ».
  9. Courtépée et Béguillet, Description Générale et Particulière du Duché de Bourgogne, T. 1, p. 164.
  10. Jacques-Gabriel Bulliot, Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, Autun, 1849, extrait du nécrologe p. 381.
  11. a et b Courtépée et Beguillet Description Générale et Particulière du Duché de Bourgogne tome 1, p. 163, indiquent que la duchesse Alix n'eut que deux filles : Jeanne, l'aînée qui épousa Raoul II de Lusignan et Alix ou Béatrix, la seconde qui mourut en 1266 et fut inhumée à Cîteaux. L'art de vérifier les dates des faits historiques des chartes des chroniques et autres anciens monuments indique que la duchesse Alix a eu 3 filles. D'autre part, Histoire de l'Académie Royale des Inscriptions et des Belles Lettres, au chapitre Description historique des principaux monuments de l'abbaye de Cîteaux, p. 221 rapporte l'épitaphe suivante relevée dans le sanctuaire de l'église : « Dans le sanctuaire de l'église, sont inhumés sept ducs ou duchesse de Bourgogne, prince et princesse de leur sang. Voici leur épitaphe telle qu'on la lit au-dessus du tableau : Cy-devant le grand autel, entre les places des Diacres et Sous-Diacres, gisent très illustres Princes et Ducs de Bourgogne ODO III de ce nom (Eudes III), lequel décéda l'an 1218. PHILIPPE FILS d'ODO IV Duc de Bourgogne, qui mourut avant son père en l'an 1346. PHILIPPE fils dudit PHILIPPE, qui trépassa à Rouvres en l'âge de 15 ans l'an 1361 auquel la ligne Royale masculine du grand Roy HUGUES CAPET fut interompue en cette haute maison de Bourgogne. On lit encore ce qui suit : Voicy les noms des femmes et filles desdits Ducs. ALIX DE VERGY, femme de ODO III (Eudes III) qui décéda à Lyon l'an 1218, laquelle mourut le 3 MAY 1251. ALIX DE BOURGOGNE, leur fille, qui mourut l'an 1266 sans avoir été mariée. YOLAND DE DREUX, première femme de HUGUES IV fils dudit EUDES ou ODO III Duc de Bourgogne, qui mourut l'an 1272 et est inhumé au mesme lieu avec ladite YOLAND son épouse morte avant luy l'an 1255. » La version qu'Alix a été mère de trois filles a été retenue dans cet article.
  12. Elle mourut sans postérité et fut inhumée dans l’église de l’abbaye de Foucarmont. Histoire de l'Académie Royale des Inscriptions et des Belles Lettres, au chapitre Description historique des principaux monuments de l'abbaye de Cîteaux, p. 222.
  13. A. Duchesne, Histoire des Roys Ducs et Comtes de Bourgogne et d'Arles, p. 285, dit que cette princesse fut inhumée à l'Abbaye de Cîteaux. Courtépée et Beguillet Description Générale et Particulière du Duché de Bourgogne T. 1 p. 163, indique également que cette princesse fut inhumée à l'abbaye de Cîteaux

Sources[modifier | modifier le code]

  • Mémoires de la Commission des Antiquités du Département de la Côte d'Or, 1853.
  • Histoire des Roys Ducs et Comtes de Bourgogne et d'Arles, A. Duchesne, 1619.
  • Description Générale et Particulière du Duché de Bourgogne, Courtépée et Béguillet, 1775.
  • Philibert-Bernard Moreau de Mautour, Histoire de l'Académie Royale des Inscriptions et des Belles Lettres, Description historique des principaux monuments de l'abbaye de Cîteaux, t. IX, Paris, 1736, p. 193-232.
  • L'art de vérifier les dates des faits historiques des chartes des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre seigneur, écrit par un religieux de la Congrégation de Saint-Maur, tome 11, 1818.