Halophyte

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Une halophyte, ou plante halophile est une plante adaptée aux milieux salés ou par extension aux milieux à pression osmotique importante. L'une des halophytes les plus connues est la salicorne que l'on trouve associée aux marais salants. En zone tropicale, le palétuvier est également une plante halophyte.

Mécanismes biologiques des plantes halophytes[modifier | modifier le code]

Le phénomène d'osmose traduit le déplacement de l'eau du milieu le plus dilué vers le plus concentré. Les poils absorbant des racines absorbent l'eau et les sels minéraux, mais ils dépendent pour cela de la pression osmotique, qui dépend du différentiel de concentration entre le milieu extérieur et les cellules de l'organisme. Si le milieu extérieur est trop salé pour la plante, elle n'absorbe plus l'eau, au-delà d'un seuil l'eau peut même en sortir et la plante se dessécher comme dans un désert. Inversement, dans certaines conditions, la plante peut souffrir d'un excès d'absorption d'eau.

Chaque espèce, et dans une moindre mesure chaque individu, a un niveau d'équilibre osmotique correspondant à son milieu de vie optimum. Les marges de manœuvre sont plus ou moins grandes ; il existe des plantes halophiles strictes (qui ont besoin d'une forte salinité) et facultatives (qui peuvent vivre en milieu salé comme en milieu d'eau douce).

Les plantes halophiles ont développé plusieurs mécanismes dont la combinaison leur permet de prospérer en milieu salé (liste non exhaustive) :

  • augmentation de la salinité du cytoplasme pour maintenir la pression osmotique adéquate ;
  • mécanismes spécifiques de flux membranaires afin d'empêcher l'eau de sortir ou les sels d'entrer dans la cellule;
  • régulation de la perméabilité de la membrane cellulaire en fonction du niveau de pression osmotique.
  • mécanismes actifs de concentration (et, éventuellement, d'excrétion) des sels,

Adaptations à l'excès de sels[modifier | modifier le code]

Réduire sa transpiration[modifier | modifier le code]

Pour contrer leur perte d’eau causée par la transpiration, les halophytes réduisent la taille de leur appareil aérien, constituant tous les organes se trouvant au-dessus du sol tels que les feuilles et la tige. Ces plantes auront des feuilles petites et réduites souvent modifiées en aiguilles ou en écailles. Elles auront souvent une cuticule épaisse recouverte d’une couche cireuse afin de limiter la transpiration par cet endroit.[1] Environ 90% de l’eau perdue par une plante sort par les stomates, pores responsables des échanges d’O2 et de CO2 entre l’atmosphère et la feuille.[2]La quantité de stomates se trouvant sur les feuilles des halophytes sera donc grandement réduit pour limiter ces pertes. Les stomates peuvent également être dans des cryptes afin qu’elles soient moins en contact avec l’air. De plus, les feuilles peuvent être pubescentes pour limiter la circulation d’air et minimiser les échanges avec celle-ci.[3]

Faire des réserves d'eau[modifier | modifier le code]

Les halophytes ont généralement des structures qui sont homologues à celles des organismes végétaux vivant dans les milieux arides. En effet, ils possèdent souvent des organes aériens succulents ou charnus en guise de protection. Les tissus qui possèdent cette succulence sont créés suite à l’hypertrophie de certaines cellules du parenchyme, généralement un tissu de réserve ou d’assimilation, ce qui forme un tissu capable de se gorger d’eau lorsque la ressource est accessible. Le fait que leurs feuilles soient succulentes leur permet donc d’emmagasiner de grandes réserves d’eau.[4] Leur tige, souvent charnue, leur confère la même propriété. Puisque les halophytes perdent beaucoup d’eau par transpiration et ce, proportionnellement à la surface de leurs tissus, et qu’un moyen de palier à cette perte est de faire des réserves d’eau, ces plantes ont avantages à avoir un ratio surface : volume très petit.

Contrôler l'entrée des sels[modifier | modifier le code]

Lorsque la concentration en sel est trop élevée dans l’environnement de la plante, elle limitera l’entrée des sels dans ses tissus via des membranes perméables sélectives. Ces membranes ne laisseront pas entrer les sels dans le cytosol lorsqu’un certain seuil, tout dépendamment de la plante, est atteint. Certaines plantes, comme les mangroves[5], possèdent des glandes situées sur leur épiderme qui aura pour but d’excréter les sels, surtout le NaCl, par les feuilles afin de diminue la concentration en ion à l’intérieur des tissus et de ramener un certain équilibre ionique.[6] Chez la plupart des plantes, les sels en excès seront stockés dans des vacuoles afin de diminuer la concentration en sels auxquels le cytosol et les chloroplastes sont exposés.[7] Chez les soudes du genre Sueada, les tissus contenant une trop grande concentration en sel noirciront et tomberont. Cette forme de sénescence remplace les organes gorgés de sels par de nouveaux qui accompliront leur fonction.[8]

Biotope des plantes halophytes[modifier | modifier le code]

Sansouire de Camargue.

L'herbu, pâturage recouvert régulièrement par la marée est le territoire par excellence pour les plantes halophytes en France. Il possède une flore spécifique comme la pucinellie. En zone tropicale, le biotope est appelé mangrove lorsqu'il est arborescent (palétuviers).

Espèces halophytes[modifier | modifier le code]

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  1. (en) R. Munns, « Whole-Plant Responses to Salinity », Australian Journal of Plant Physiology,‎ 1986, p. 143-160
  2. Neil A. Campbell, Biologie, ERPI,‎ 2007, 1334 p.
  3. G. Martins, « Les halophytes : plantes des milieux salés », Algorythme, no 69,‎ 2005, p. 1-8
  4. G. Martins, « Les halophytes: plantes des milieux salés », Algorythme, no 69,‎ 2005, p. 1-8
  5. (en) T.T. Kozlowski, « Responses of woody plants to flooding and salinity », Tree Physiology Monograph,‎ 3 mars 1997, p. 17
  6. (en) A.K. Parida, « Salt tolerance and salinity effects on plants: a review », Ecotoxicology and Environmental Safety, vol. 60, no 3,‎ mars 2005, p. 324-349
  7. (en) T.T. Kozlowski, « Responses of woody plants to flooding and salinity », Tree Physiology Monograph,‎ 3 mars 2005, p. 16
  8. G. Martins, « Les halophytes : plantes des milieux salés », Algorythme, no 69,‎ 2005, p. 1-8