Tighina

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Tighina/Bender
Blason de Tighina/Bender
Héraldique
Drapeau de Tighina/Bender
Drapeau
La cathédrale de la Transfiguration.
La cathédrale de la Transfiguration.
Administration
Pays Drapeau de la Moldavie Moldavie
Raion Drapeau de la Transnistrie Transnistrie
Maire Iouri Guervaziuk (ru)
Code postal 3200
Indicatif 552
Démographie
Population 93 751 hab. (2010)
Densité 964 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 50′ 00″ N 29° 29′ 00″ E / 46.833333, 29.483333 ()46° 50′ 00″ Nord 29° 29′ 00″ Est / 46.833333, 29.483333 ()  
Superficie 9 729 ha = 97,29 km2
Localisation

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Tighina/Bender

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Tighina/Bender

Tighina est le nom autochtone d'une ville de Moldavie également dénommée Bender (signifiant « port » en turc) ou Bendery (translittération du nom russe : Бенде́ры). Les deux noms sont officiels[1]. Bien que située sur la rive droite du Dniestr, en Bessarabie, et ne faisant pas partie de la « Région autonome » russophone internationalement reconnue sur la rive gauche du fleuve („Unitatea teritorială din stînga Nistrului” ), elle est contrôlée par la Transnistrie („Република Молдовеняскэ Нистрянэ/Republica moldovenească nistreană” ), république autoproclamée non-reconnue par l'ONU.

Le nom de Tighina a également été celui d'un județ (département) de la République démocratique moldave (1917-1918), de la Roumanie (1918-1940 et 1941-1944) et à nouveau de la Moldavie (1998-2001), tandis que celui de Bender a été celui d'un raion (arrondissement) de la République socialiste soviétique moldave (1940-1941 et 1944-1991), tous situés autour de la ville.

Dubăsari, Grigoriopol et Tighina/Bender sont les trois villes de Transnistrie ayant le plus de populations moldaves. Tighina/Bender possède le statut de municipalité et abritait 130 000 habitants lors du recensement de 1989.

Noms[modifier | modifier le code]

Tighina est mentionnée au début du XVe siècle comme poste de douane dans un privilège accordé par le hospodar moldave Alexandre Ier le Bon (Alexandru cel Bun) aux marchands de Lviv le 8 octobre 1408. Le document est écrit en latin, et l'endroit est appelé Teghenaccio (dénomination probablement d'origine génoise)[2]. Tighina apparaît ensuite dans des documents de la seconde moitié du XVe siècle. Le nom de Bender est utilisé par les Turcs à partir de 1538.

Au XVIIIe siècle, à l'époque ottomane, la citadelle et la ville s'appellent Tighina pour les chrétiens ("Тигина", parfois "Тишиная" en russe) et Bender pour les musulmans (Turcs et Tatars)[3]. Selon les changements politiques, Tighina est seul officiel de 1812 à 1836 (début de la période russe), de 1918 à 1940 (période roumaine), de 1941 à 1944 et de 1989 à 2001 (Moldavie sous gouvernements non-communistes) ; Bender est seul officiel de 1792 à 1812 (période turque), de 1836 à 1918 (suite de la période russe), en 1940-41 et de 2001 à 2009 (Moldavie sous gouvernement communiste). La translittération Bendery ou Bender’ est dominante en français de 1945 à 1991, à l'époque soviétique. Depuis 2010, Bender et Tighina sont tous deux officiels dans le cadre du bilinguisme admis par la législation moldave pour la « Région autonome » russophone de la rive gauche du fleuve („Unitatea teritorială din stînga Nistrului”)[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Timbre moldave figurant la forteresse médiévale.

Le site est occupé depuis le paléolithique. Proche d'un gué du Dniestr mais aussi port fluvial accessible depuis la mer Noire, la cité a eu de nombreux maîtres au cours des temps : Cimmériens, Scythes, Gètes, Grecs antiques et Carpes dans l'antiquité, Goths, Huns et Gépides dans l'antiquité tardive, Avars et Bulgares au VIe siècle, Khazars au VIIIe siècle, Russiens et Magyars au IXe siècle, Grecs byzantins et Pétchénègues au XIIe siècle, Coumans puis Tatars au XIIIe siècle, Italiens génois en 1315, Moldaves en 1359, Turcs en 1538, Russes en 1812, Moldaves en 1917, Roumains en 1918 et Soviétiques en 1940. À l'indépendance de la Moldavie l'été 1991, les russophones de Transnistrie occupent la ville et exigent son maintien dans l'URSS, mais lors de l'effondrement de l'Union en décembre, ils font sécession et depuis, Tighina/Bender se trouve sous leur contrôle.

En 1538, le sultan ottoman Soliman le Magnifique conquiert la forteresse. Au XVIIIe siècle, la forteresse est agrandie, le port approfondi par le prince de Moldavie Antioch Cantemir, vassal des Ottomans. En 1713, la forteresse accueille Charles XII de Suède, réfugié ici après l'échec de son attaque contre la Russie.

Tighina/Bender tombe aux mains des Russes pendant la guerre russo-turque (1806-1812), et est annexée avec la Bessarabie par la Russie impériale au terme du conflit. La voie ferrée reliant Chișinău à Odessa pour écouler les productions bessarabiennes, passe par Tighina/Bender et franchit le fleuve sur un pont métallique, augmentant son importance stratégique. En 1917, pillée par les armées débandées suite à la révolution russe, la Bessarabie devient une République démocratique moldave qui, menacée par le Traité de Brest-LitovskLénine la livre aux Allemands, appelle à son secours l'armée franco-roumaine et proclame en 1918 son rattachement à la Roumanie, Tighina comprise. Les bolchéviks font alors sauter le « pont de Bender », pour empêcher les interventionnistes franco-roumains d'entrer en Russie/Ukraine.

Sous l'administration roumaine, Tighina devient le siège de l'Office international Nansen pour les réfugiés qui tente de secourir les Russes blancs, anciens aristocrates, bourgeois, marchands (dont un grand nombre de juifs russes), soi-disant « koulaks », intellectuels, indépendantistes ukrainiens, anarchistes, paysans affamés qui essaient de passer le Dniestr à la nage ou sur la glace sous les balles des garde-frontière soviétiques, tous étant indistinctement classés comme « éléments contre-révolutionnaires ». Certains parviennent à passer, surtout de nuit, mais bien rares sont ceux qui parviennent à emporter quelque bagage, et beaucoup sont tués, noyés, ou capturés et envoyés au Goulag : parmi ceux qui s'échappent, plus d'un est rançonné par les garde-frontière roumains avant d'être pris en charge par l'Office Nansen[4].

En juin 1940 l'URSS occupe la région à la suite du pacte germano-soviétique et le NKVD déporte la plupart des Tighinois roumains/moldaves[5]. Lors de l'attaque nazie contre l'URSS, l'armée du régime fasciste Antonescu, alliée du Troisième Reich, reprend Tighina jusqu'en 1944 et ce sont cette fois les juifs Benderiotes, accusés d'avoir soutenu l'occupant soviétique, qui sont déportés en Transnistrie, d'où la plupart ne sont pas non plus revenus[6], de sorte que la ville est sévèrement dépeuplée et ruinée lors du retour de l'Armée rouge en 1944. L'URSS récupère la région et la ville à l'issue de la seconde Guerre mondiale et intègre Bender au sein de la république socialiste soviétique moldave. La ville se repeuple de Moldaves venus des campagnes affamées (famine de 1946) et de colons russes ou ukrainiens venus construire des usines, des logements et pour relever le pont. La ville devient industrielle et se repeuple progressivement.

Pendant la guerre de Transnistrie, la plupart des combats se déroulent dans la ville et sur le pont, à 10 km de Tiraspol. Tighina/Bender est officiellement démilitarisée depuis le conflit de 1992, mais reste sous contrôle la Transnistrie, dont les forces de police et autres ne sont pas officiellement des militaires, mais patrouillent néanmoins casquées et armées de kalachnikovs. Sur les armoiries de la ville, au-dessus du lion doré tighinois traditionnel (initialement sur fond « de gueules » - rouge), les russophones ont ajouté l'aigle bicéphale russe.

Personnes célèbres[modifier | modifier le code]

Statue de Pouchkine, élevée en 1980. Le grand poète russe a vécu quelque temps en Bessarabie.

Les personnalités natives de Bender/Tighina comprennent :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Législation moldave sur [1].
  2. Dinu Poștarencu, Din istoria Tighinei (Histoire de Tighina), éd. Universitas, Chișinău 1992, 152 pp., ISBN 5-362-00876-5, page 84.
  3. Dinu Poștarencu, Din istoria Tighinei (Histoire de Tighina), éd. Universitas, Chișinău 1992, 152 p.., ISBN 5-362-00876-5, page 85.
  4. Anthony Babel, La Bessarabie, éd. Félix Alcan, Genève et paris, 1932 et Anatol Petrencu, Les déportations staliniennes, Journal de Chisinau, no 294 du 2 juillet 2004.
  5. Nikolaï Théodorovitch Bougaï, Informations des rapports de Béria et de Krouglov à Staline, éd. de l’Acad. de sciences de Moldavie nr. 1, Chișinău, 1991 (Н.Ф. Бугай «Выселение произвести по распоряжению Берии…» О депортации населения из Молдавской ССР в 40-50- е годы – Исторические науки в Молдавии. № 1. Кишинев, 1991. 1.0), Déportation des peuples de Biélorussie, Ukraine et Moldavie, éd. Dittmar Dahlmann et Gerhard Hirschfeld, Essen, Allemagne, 1999, p. 567-581 (Депортация народов из Украины, Белоруссии и Молдавии : Лагеря, принудительный труд и депортация. Германия. Эссен. 1999. 1.3) et « К вопросу о депортаций народов СССР в 30-40х годах… » Étude sur la déportation des peuples soviétiques dans les années 30-40 - ISSSR (1989).
  6. Voir Persécution et extermination des Juifs en Roumanie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dinu Poștarencu, Din istoria Tighinei (Histoire de Tighina), éd. Universitas, Chișinău 1992, ISBN 5-362-00876-5, 152 p..

Jumelage[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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