Ioan II Voda

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Ioan II Vodă, dit cel Cumplit (« le Cruel ») ou Armeanul (« l'Arménien »), né vers 1521 et exécuté le 14 juin 1574 à Frumoasa, fut prince de Moldavie de 1572 à 1574. En principauté de Moldavie la monarchie était élective, comme en Pologne, Transylvanie et Valachie voisines, et le prince (voïvode, hospodar ou domnitor selon les époques et les sources) était élu par (et le plus souvent parmi) les boyards : pour être nommé, régner et se maintenir, il s'appuyait fréquemment sur les puissances voisines, habsbourgeoise, polonaise, russe ou ottomane.

Origine[modifier | modifier le code]

Fils illégitime du prince Ștefaniță Mușat et d'une arménienne épouse d'un certain Șerpega, il séjourne en Russie à la cour de Ivan le Terrible avant de devenir prince de Moldavie en février 1572. En principauté de Moldavie la monarchie était élective, comme en Pologne, Transylvanie et Valachie voisines, et le prince (voïvode, hospodar ou domnitor selon les époques et les sources) était élu par (et le plus souvent parmi) les boyards : pour être nommé, régner et se maintenir, il s'appuyait fréquemment sur les puissances voisines, habsbourgeoise, polonaise, russe ou ottomane.

Règne[modifier | modifier le code]

Ioan Vodă
(Portrait romantique du XIXe siècle)

À cette époque, la Moldavie est tributaire de l'Empire ottoman[1], mais Ioan II Vodă se dresse rapidement contre les Turcs qui voulaient doubler le tribut annuel de 20 000 ducats payé par le pays. Le 14 avril 1574, il écrase à Silistra une armée ottomane venue le remplacer par Petru Șchiopul. Dans la foulée, Ioan II Vodă donne l'ordre au grand vornic (premier ministre) Dumbravă d'intervenir en Valachie pour en chasser le frère de son rival et imposer comme prince son allié Vintilă.

Ioan II prend ensuite Brăila, puis Tighina (alors rayas ottomanes), écrase une nouvelle armée turque dans le Boudjak et reprend l'ancien port moldave de Cetatea Alba (perdu depuis 1484). Le voïvode de Moldavie fait appel à des compagnies de cosaques Zaporogues qui viennent renforcer son armée, mais il est trahi par le boyard Ieremia Golia, acheté par l'ennemi, qui laisse les Turcs franchir le Danube et les Tatars franchir le Dniestr. Pendant qu'Ioan II affronte dans le Boudjak les Tatars de Devlet Ier Giray, alors Khan de Crimée, l'armée du Sultan Sélim II pénètre en Moldavie. L'armée du prince Ioan II composée de paysans moldaves et de cosaques ukrainiens, est vaincue à Frumoasa (en turc Kahul). Capturé, Ioan II y est écartelé le 13 ou le 14 juin 1574 par les vainqueurs.

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Ioan II avait épousé à Moscou en 1552 Maria Semionovna Rostovtchina (fille du boyard russe Semion de Rostov) dont il eut :

  • Piotr, né vers 1556/1557, mort jeune
  • Maria, née en février ou mars 1572, épouse de Lupu Huru, gouverneur (pîrcălab ) de Hotin.

D'une liaison avec sa servante russe Sousha, il eut un fils :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le fait qu'entre 1455 et 1859 la Principauté de Moldavie se soit reconnue vassale de la « Sublime Porte » ottomane ne signifie pas, comme le montrent par erreur beaucoup de cartes historiques, qu'elle soit devenue une province turque et un pays musulman. Seuls certains territoires moldaves sont devenus ottomans : en 1484 la Bessarabie alors dénommée Boudjak, au nord des bouches du Danube (ce nom ne désignait alors que les rives du Danube et de la mer Noire), en 1538 la raya de Tigina alors dénommée Bender, et en 1713 la raya de Hotin. Le reste de la Principauté (y compris la partie entre Dniestr et Prut qui sera appelée Bessarabie en 1812, lors de l'annexion russe) a conservé ses propres lois, sa religion orthodoxe, boyards, princes, ministres, armées et autonomie politique (au point de se dresser plus d'une fois contre le Sultan ottoman). Les erreurs cartographiques et historiques sont dues à l'ignorance ou à des simplifications réductrices. Voir Gilles Veinstein et Mihnea Berindei : L'Empire ottoman et les pays roumains, EHESS, Paris, 1987.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Grigore Ureche Chronique de Moldavie. Depuis le milieu du XIVe siècle jusqu'à l'an 1594 Traduite et annoté par Emile Picot Ernest Leroux éditeur Paris 1878. Réédition Kessinger Legacy Reprints (ISBN 9781167728846) p. 473-509.
  • (ro) Constantin C. Giurescu & Dinu C. Giurescu, Istoria Românilor Volume II (1352-1606), Editura Ştiinţifică şi Enciclopedică, Bucureşti, 1976, p. 298-308.
  • Jean Nouzille La Moldavie, Histoire tragique d'une région européenne, Ed. Bieler, (ISBN 2-9520012-1-9).