Ioan Ier Despot-Vodă

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Ioan Ier Despot-Vodă (Samos 1526- Suceava 1563) fut prince de Moldavie de 1561 à 1563.

Biographie[modifier | modifier le code]

Despot Vodă

Origine[modifier | modifier le code]

De son véritable nom « Iacob Basilicos », il est le fils d'un simple capitaine de navire marchand né à Samos vers 1526[1]. Son père le fait entrer au service d'un seigneur grec Ioannès Herakleidès qui prétendait appartenir à la famille des Héraclides et se parait des titres de « Despote de Samos, Paros et autres îles de la mer Égée ». Ce personnage prend soin de l'éducation du jeune Iacob et le fait instruire par Ioannès Lascaris le petit-fils du grammairien Constantin Lascaris qui lui enseigne les belles-lettres. Le jeune Iacob poursuit ses études en Italie.

Aventurier[modifier | modifier le code]

Iacob Herakleidès entre à la tête d'une troupe de mercenaires grecs au service de Charles Quint qui lui reconnait tous le titres dont il se parait. En 1533 lorsqu'un escadre impériale s'empare de Coron dans le Péloponèse Iacob prend part à l'expédition. Après l'évacuation de l'armée espagnole est dirigée vers les Pays-Bas où son bienfaiteur finit par l'adopter sur son lit de mort.

L'aventurier munit des documents de Ioannès Herakleidès finit par se faire passer pour son fils et prend le commandement des mercenaires grecs et albanais. C'est à cette époque qu'il fait établir une généalogie fabuleuse qui le fait descendre d'Hercule. En 1553/1554 Iacob Herakleidès combat en France où il participe à la prise et à la destruction de Thérouanne et de Hesdin. Il se distingue lors de la bataille de Renty.

En 1555 il est de retour dans les Pays-Bas et il adresse une lettre à Melanchton dans laquelle il apparait qu'il est devenu Protestant.En 1556 il se rend en Saxe à Wittenberg qu'il quitte à la fin de l'année pour se rendre à Lübeck au Danemark en Suède en Prusse et enfin en Pologne. Sur recommandation de l'élécteur de Brandebourg il entre en relation avec Nicolas IV Radziwill chancelier de Lituanie Palatin de Wilno qui était le chef du parti réformé du royaume. Il gagne sa confiance et son appui pour son projet de s'emparer du trône de Moldavie.

Prétendant[modifier | modifier le code]

Invoquant une parenté imaginaire avec la princesse Ruxandra l'épouse d'Alexandru IV Lăpușneanu Iacob Herakleidès est introduit à la cour du prince de Moldavie en 1557. Il noue des relations avec des boyards et affiche sa compassion pour le peuple. Ces menées sont rapportées au prince qui envisage d'empoisonner cet hôte encombrant. Iacob passe alors en Transylvanie et se réfugie à Brașov en 1558. Il est expulsé à la demande d'Alexandru IV Lăpușneanu et il se rend en Autriche auprès de Maximilien de fils de l'empereur Ferdinand Ier du Saint-Empire.

En 1560 avec l'appui d'un partie de cosaques fait une première tentative infructueuse en Moldavie. Il réussit à obtenir un subside de l'empereur et se proclame prince de Moldavie et, avec l'aide des Cosaques de Dimitri Wiśniowiecki, il bat à Verbia le 10 novembre 1561 Alexandru IV Lăpușneanu qui s'enfuit à Constantinople[2].

Prince de Moldavie[modifier | modifier le code]

Iacob Herakleidès se fait alors proclamer par la métropolitain Grigorie II de la Neamț sous le nom pompeux de « Johannes Jacobus Heraclides Basilicus Despota insularum Phari Sami et Doridi verus haeres et dominus regni Moldaviae atque palatinus finium Terrae Transalpinensis, vindex libertatis patriae » sur ses monnaies, il se nomme plus sobrement « Johannes waivoda patronus Moldaviae ».

Il distribue les grandes charges de la principauté à ceux qui l'avaient appuyé dans son entreprise et nomme hetman un certain Thomas Barnovshi qui sera la grand-père du prince Miron Barnovshi. Il élève à la dignité de Vornic Motoc et Stroic à celle de logothèque.

Il envoie ensuite début 1562 une ambassade à la Sublime Porte mais il doit ensuite pour être reconnu, accepter d'augmenter le tribut annuel versé aux Turcs à 20 000 ducats. Afin de favoriser l'implantation de la Réforme il fonde en 1562 à Cotnari une école destinée aux jeunes gens du pays dont qu'il souhait confier à Gaspar Peucer, le gendre de Melanchton mais qui fut dirigée par la transylvain Ioannes Sommerus. L'établissement ne survivra pas à sa chute. Cette tentative pour introduire le protestantisme en Moldavie constitue l'unique exemple où cette confession fut sur le point de s'imposer dans le monde orthodoxe.

Attaqué par son ancien allié Dimitri Wiśniowiecki, trahi par l'Hetman Tomșa qui se proclame prince et les boyards, abandonné par ses soldats et rejeté par le peuple il est renversé par une insurrection populaire. Capturé il est livré à Ștefan VII Tomșa et exécuté à Suceava le 6 novembre 1563.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Il aurait épousé une fille illégitime de nom inconnu du prince Mircea V Ciobanul[3].

Ioan Ier avait par ailleurs adopté un certain Démètre qu'il voulait établir sur le trône de Valachie. Après sa chute Démétre mutilé sur ordre de Ștefan VII Tomșa est laissé en vie sous la garde d'un boyard qui le livre à Alexandru IV Lăpușneanu ce dernier l'envoie à Petru Ier cel Tânăr et à sa mère Chiajna[4] qui le font mettre à mort dans les tortures.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Europaïsche Stammtafeln Vittorio Klostermann, Gmbh Frankfurt am Main, 2004 (ISBN 3465032926), Basaraba (Bassaraba, Basaraba), Voievoden der Walachei III. Țarii Românești Țarii Ungrovlahiei Volume III, Tafel 195
  2. Francis Dvornik Les Slaves. Histoire et Civilisation de l'Antiquité aux début de l'époque contemporaine Éditions du Seuil Paris 1970 p. 798-199.
  3. (de) Europaïsche Stammtafeln Op.cit Basaraba (Bassaraba, Basaraba), Voievoden der Walachei III. Țarii Românești Țarii Ungrovlahiei Volume III, Tafel 195
  4. sœur de Ruxandra son épouse

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Grigore Ureche Chronique de Moldavie. Depuis le milieu du XIVe siècle jusqu'à l'an 1594 Traduite et annoté par Emile Picot Ernest Leroux éditeur Paris 1878. Réédition Kessinger Legacy Reprints (ISBN 9781167728846) p. 393-447.
  • (ro) Constantin C.Giurescu & Dinu C.Giurescu Istoria Românilor Volume II (1352-1606), Editura Ştiinţifică şi Enciclopedică, Bucureşti, 1976, p. 290-294.