Petru II de Moldavie

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Petru II Mușat fut voïvode de Moldavie de 1375 à 1391. La monarchie étant élective dans les principautés roumaines (comme en Hongrie et Pologne voisines), le prince (voïvode, hospodar ou domnitor selon les époques et les sources) était élu par et parmi les boyards et, pour être nommé, régner et se maintenir, s'appuyait fréquemment sur les puissances voisines, hongroise, polonaise ou ottomane.

Origine[modifier | modifier le code]

Selon la tradition historique moldave, Petru était le fils de Costea Mușat [1] et il devint le second prince de la Famille des Mușatini issue de la maison Bogdan. Des études récentes avances qu'il serait le fils d'un certain Ștefan fils de Iuga, voïvode de Maramures, neveu de Bogdan Ier le Fondateur[2].

Règne[modifier | modifier le code]

Portrait imaginaire du XIXe siècle

Au cours de son règne, il fit alliance avec la Pologne. Ainsi, Petru II devînt un vassal du souverain polonais Ladislas II Jagellon auquel il rend hommage à Lviv le 27 septembre 1387, mais cela ne fait pas de la Moldavie, comme l'affirment par erreur certains auteurs[3], une province polonaise ou un fief du roi de Pologne. La preuve en est qu'en 1388, il reçoit la Pocutie comme gage de 3000 ducats prêtés au roi polonais. Ces erreurs sont dues d'une part à la confusion sémantique chez certains historiens modernes, entre voïvodie (province, en polonais) et voïvode (prince régnant, en roumain), et d'autre part à la rétroprojection nationaliste de l'histoire[4]. Petru agit également comme intermédiaire dans les négociations entre le voïvode valaque Mircea Ier l'Ancien et le roi polonais.

Petru construisit la forteresse ainsi que le monastère de Neamț en plus de l'église de la Sainte Trinité à Siret. Il a également fixé la capitale moldave à Suceava et maintint l'évêque Iosif en contradiction avec les souhaits du patriarche Antoine IV de Constantinople (1389-1390 & 1391-1397) qui estimait sa nomination anticanonique parce qu'il avait été intronisé par le Métropolitain de Halitch, ce qui entraîna son excommunication[5].

De nombreuses pièces de monnaies furent frappées au cours de son règne et leur conception devint la norme parmi les futurs dirigeants moldaves.

Postérité[modifier | modifier le code]

Petru est le père d'Ivascu prétendant au tône de Moldavie en 1400 avec l'appui de la Pologne

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grigore Ureche Chronique de Moldavie. Depuis le milieu du XIVe siècle jusqu'à l'an 1594 Traduite et annoté par Emile Picot Ernest Leroux éditeur Paris 1878. Réédition Kessinger Legacy Reprints (ISBN 9781167728846) p. 23
  2. (de) Europaïsche Stammtafeln Vittorio Klostermann, Gmbh Frankfurt am Main, 2004 (ISBN 3465032926) , Musati, Voievoden der Moldau I . Volume III Tafel 189
  3. Voir [1] et [2]
  4. L'expression « rétroprojection nationaliste », du Pr. Jean Ravenstein de l'Université de Marseille, désigne la tendance historiographique moderne à projeter dans le passé les nationalismes modernes, comme s'ils étaient apparus dès le Moyen Âge ou l'Antiquité.
  5. Vitalien Laurent « Aux origines de l'Église moldave : Le métropolite Jérémie et l'évêque Joseph ». In: Revue des études byzantines, tome 5, 1947. p.  158-170

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ro) Constantin C.Giurescu & Dinu C.Giurescu Istoria Românilor Volume II (1352-1606) . Editura Științifică și Enciclopedică, București (1976) p. 40-43.
  • Grigore Ureche Chronique de Moldavie. Depuis le milieu du XIVe siècle jusqu'à l'an 1594 Traduite et annoté par Emile Picot Ernest Leroux éditeur Paris 1878. Réédition Kessinger Legacy Reprints (ISBN 9781167728846).
  • Jean Nouzille La Moldavie, Histoire tragique d'une région européenne, Ed. Bieler, (ISBN 2-9520012-1-9)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • La revue roumaine Magazin Istoric Nr. 1 et 5 / 2009