Nicolas Mavrocordato

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mavrocordato.

Nicolas Mavrocordato, Nikólaos Mavrocordatos ou Nicolae Mavrocordat.(Constantinople 3 mai 1680- Bucarest le 3 septembre 1730). Prince Phanariote au service du Gouvernement Ottoman. Hospodar de Moldavie de 1709 à 1710 et de 1711 à 1715 puis de Hospodar de Valachie de 1715 à 1716 et de 1719 à 1730.

Il occupa deux fois comme Hospodar pour le compte de la Sublime Porte les trônes de Moldavie et de Valachie et c’est à partir de ses règnes que les deux principautés furent quasi exclusivement gouvernées par des Phanariotes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicolas Mavrocordatos

Fils d’Alexandre Mavrocordato et de Sultana Chrisoscoleo, il est un polyglotte qui parle couramment sept langues. Il seconde son père à partir de 1698 lorsque celui-ci est envoyé négocier le Traité de Karlowitz et devient après sa mort, Grand Drogman de la Sublime Porte de 1709 à 1710.

Il obtient le trône de Moldavie en remplacement de Mihai Racoviță le 6 novembre 1709 mais il est destitué dès octobre 1710 en faveur de Dimitrie Cantemir. Il doit se réfugier à l’ambassade de France et faire un « don généreux » pour rentrer en grâce. Après la fuite de Dimitrie Cantemir et un bref interrègne assuré par son frère cadet Jean Ier Mavrocordato, il fut de nouveau nommé en Moldavie de novembre 1711 à décembre 1715.

En décembre 1715, il est transféré en Valachie, après la destitution de Ștefan II Cantacuzino. Son règne s’acheve en novembre 1716 lorsqu’il est déposé et emprisonné pour deux ans par les Autrichiens à Hermannstadt. Après les victoires remportées par le prince Eugène de Savoie notamment la Bataille de Peterwardein les turcs abandonnent à l'Autriche le Banat de Temesvar la Petite-Valachie occidentale et le nord de la Serbie lors du Traité de Passarowitz du 21 juillet 1718, Nicolas Mavrocordato libéré, remplace son frère cadet Jean Ier Mavrocordato et revient pour une dizaine d’années régner en Valachie de mars 1719 à sa mort en 1730.

Il gouverne en s’entourant de Grecs et d’Albanais et afin de diviser la noblesse roumaine, il crée trois classes parmi les boyards. Pendant cette période, il s’employe à développer la culture hellénique dans sa principauté, il fonde à Bucarest des écoles, une bibliothèque et une imprimerie. Comme son père, il est également un lettré distingué ; il écrit un traité de morale générale le Livre des Devoirs et (vers 1716/1720) Les loisirs de Philothée, tentative de création romanesque en grec ancien[1]. Il est également un protecteur de l’église et fait construire près de Bucarest un monastère[2]. Il meurt en exercice, fait extrêmement rare, à Bucarest le 3 septembre 1730 et il est inhumé dans l'église du monastère de Văcărești (roumain: Manastirea Văcărești).

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Nicolas Mavrocordato contracta trois unions :

1) avant 1700 avec Cassandre Cantacuzino.

2) vers 1706 avec Pulchéria Tzouki dont il eut :

3 ) en 1716 avec Smaradga Stavropoleos dont il eut :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. ou du moins dans une « langue archaïsante » selon Patrimoine Littéraire Européen Volume IX « Les Lumières de l'Occident à l'Orient » Bruxelles 1997 (ISBN 2804125947), article sur Nicolas Maurocordatos p. 55
  2. dont la grande église du monastère de Văcărești détruite dans les années 1980 par Ceausescu


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre A.C. Sturdza L'Europe Orientale et le rôle historique des Maurocordato (1660-1830) Librairie Plon Paris (1913) p. 93-129.
  • Joëlle Dalegre Grecs et Ottomans 1453-1923. De la chute de Constantinople à la fin de l’Empire Ottoman L’Harmattan Paris (2002) (ISBN 2747521621)