Langues des États-Unis

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En bleu foncé, États dont l'anglais est la seule langue officielle; en bleu clair, ceux dont l'anglais est une de deux langues de facto (la Louisiane et le Nouveau-Mexique) ou de jure (Hawaï).

Aux États-Unis, aucune langue officielle n'a jamais été adoptée au niveau fédéral, même si la langue utilisée par le gouvernement est l'anglais. Toutefois, l'anglais est la langue officielle dans 28 États sur 50[1]. En surcroît, l'État de Hawaï a choisi une deuxième langue officielle (le hawaïen) et plusieurs territoires américains ont adopté une deuxième langue officielle (l'espagnol à Porto Rico, le chamorro à Guam, le samoan aux Samoa américaines). Certaines paroisses (comtés) de la Louisiane sont « à facilités » pour les francophones, et il y a des communes et des comtés aux États-Unis « à facilités » pour les hispanophones ; néanmoins, aucun des cinquante États n'a adopté le français ou l'espagnol comme deuxième langue officielle.

Situation contemporaine[modifier | modifier le code]

Environ 381 langues sont parlées par la population, dont 169 sont indigènes[2].

En 2000, le bureau de recensement a imprimé le questionnaire standard en six langues : anglais, espagnol, coréen, chinois (en caractères traditionnels), vietnamien et tagalog. Le mouvement « anglais seulement » (English-only movement) a essayé d'établir l'anglais comme seule langue officielle dans toute la nation.

En 2014, l'anglais est la langue maternelle de 80 % de la population des États-Unis, suivi de l'espagnol avec 13 %, du chinois avec 1 % et du français avec 0,7 %, l'ordre et les pourcentages de ces quatre premières langues devraient rester les mêmes en 2020 selon les projections[3]. À noter que la proportion de personnes ayant l'anglais comme langue maternelle varie de 98 % en Virginie-Occidentale à 56 % en Californie[4].

L'anglais[modifier | modifier le code]

Répartition des anglophones selon le recensement de 2000

L'anglais est hérité de la colonisation britannique et est parlé par la majorité de la population. Selon le recensement de 1990, 97 % des résidents parlent « bien » ou « très bien » l'anglais. Seulement 0,8 % ne parle pas cette langue, par rapport à 3,6 % en 1890. L'anglais américain diffère de l'anglais britannique en termes d'orthographe, grammaire, prononciation et argot.

Certains États, comme la Californie, ont amendé leur constitution pour faire de l'anglais l'unique langue officielle[1]. En pratique, c'est appliqué de sorte que les documents gouvernementaux officiels sont « au moins » en anglais, mais pas exclusivement. Par exemple le permis de conduire standard de classe C est disponible dans 32 langues.

L'espagnol[modifier | modifier le code]

Répartition des hispanophones selon le recensement de 2000

L'espagnol est la deuxième langue la plus utilisée. Selon le Bureau du recensement des États-Unis (2010) , elle est parlée à la maison par environ 37 millions de personnes, soit 12,8 % de la population[5].

Le terme « spanglish » désigne un mélange linguistique entre l'anglais et l'espagnol. Ce terme se dit également ingleñol, plus souvent à Porto Rico. À l'origine il désignait un phénomène de diglossie, de calque et de code-switching marquant l'acculturation et l'intégration progressive des immigrés hispanophones d'Amérique latine aux États-Unis.

Le français[modifier | modifier le code]

Les comtés où moins de 6 % de la population parle français sont blancs ; de 6 à 12 %, en jaune ; de 12 à 18 % en brun ; plus de 18 %, en rouge. Le français cadien et les langues créoles basées sur le français sont exclues de ces données.
Article détaillé : Langue française aux États-Unis.

Le français (y compris le cadien) est la sixième langue la plus parlée aux États-Unis (après l'anglais, l'espagnol, le chinois, le tagalog et le vietnamien). Si l'on y inclut les parlers créoles, dont le créole haïtien, c'est la quatrième langue la plus parlée du pays (après le chinois) selon le recensement linguistique de 2010, avec 2,1 millions de locuteurs[6]. Jusqu'à 11 millions d'Américains seraient locuteurs du français en langue seconde[7]. Le français est la deuxième langue étrangère la plus apprise après l'espagnol, mais quatre fois moins apprise que celle-ci. Le français était la langue la plus apprise jusqu'en 1968, l'année suivante l'espagnol l'a définitivement détrônée[8]. "Les francophones sont surtout concentrés dans le sud de la Louisiane et le nord de la Nouvelle-Angleterre, près du Canada. C'est la deuxième langue la plus parlée dans sept États :

  • la Louisiane: 4,77 % de la population parle le français à la maison, 7 % des Louisianais parlent le français (200 000 francophones et 600 000 partiels dans un État de 4,45 millions) ;
  • le Connecticut: 1,31 % de la population parle le français à la maison ;
  • le Maine: 6 % de la population ;
  • le Massachusetts : 1,44 % de la population ;
  • le New Hampshire : 3,41 % de la population ;
  • le Rhode Island : 1,96 % de la population ;
  • le Vermont : 2,54 % de la population.

L'État de New York compte plus de 200 000 francophones (Québécois, Néo-Brunswickois, Haïtiens, Français, autres Européens francophones, Africains et Maghrébins) dans un État de 19 millions. En 1975, on compte par ailleurs 100 000 francophones au Texas, 100 000 également en Floride et plus de 200 000 en Californie[9].

Le chinois[modifier | modifier le code]

La langue chinoise, en majorité le cantonais, est la troisième langue la plus parlée aux États-Unis, presque exclusivement par les Sino-Américains, soit immigrants ou descendants d'immigrants et particulièrement en Californie. De plus, nombre d'Américains d'origine non chinoise s'intéressent au mandarin standard, la langue officielle de la République populaire de Chine, vu l'ouverture de ce pays, et de Taïwan. Plus de 2,8 millions d'Américains parlent une variété de chinois en 2010.

Le tagalog, le vietnamien et le coréen[modifier | modifier le code]

Le tagalog est, avec l'anglais, la langue officielle des Philippines. L'archipel, possession coloniale des États-Unis dès 1898, devient autonome à partir de 1937 et gagne son indépendance en 1946. Néanmoins, une forte immigration vers les États-Unis perdure. Selon le recensement linguistique de 2010, le tagalog aurait 1,6 million de locuteurs aux États-Unis ; le vietnamien et le coréen auraient, respectivement, 1,4 million et 1,1 million de locuteurs dans le pays.

Autres[modifier | modifier le code]

Le plus grand groupe ethnique des États-Unis est celui des Germano-Américains, et 1,1 million d'Américains parlent l'allemand à la maison. L'italien, le polonais et le grec sont toujours utilisés par les populations immigrantes du début du XXe siècle, mais moins par leurs descendants. Depuis les années 1970 et le milieu des années 1990, une immigration importante de l'Union soviétique et, plus tard, de ses anciennes républiques dont la Russie, l'Ukraine, le Biélorussie et l'Ouzbékistan, a fait du russe une langue minoritaire américaine. Le tagalog et le vietnamien comptent pour plus d'un million de locuteurs aux États-Unis, d'immigration presque entièrement récente.

Des populations plus petites d'Améridiens parlent leur langue d'origine, mais ces populations sont en déclin et ces langues sont peu parlées à l'extérieur des réserves indiennes. L'hawaïen est aussi utilisé au niveau de l'État d'Hawaï, de même que l'anglais.

États fédérés et territoires bilingues[modifier | modifier le code]

Certains États fédérés et territoires sont officiellement bilingues ou bien deux langues sont utilisées de facto. C'est le cas des États/territoires ci-dessous. Néanmoins, l'anglais reste la langue du quotidien et de l'enseignement dans les cinquante États fédérés et dans tous les territoires sauf Porto Rico.

Les Îles Mariannes du Nord sont elles trilingues (anglais, chamorro et carolinien officiels).

Histoire[modifier | modifier le code]

Se sont éteintes 52 langues qui étaient utilisées jadis [10].

Avant les années 1950, la Pennsylvanie était officiellement bilingue (anglais et allemand — dont une particularité régionale pour la langue allemande étant donné que l'État avait son propre dialecte du genre, l'allemand de Pennsylvanie —).[1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Official English States - English First
  2. http://www.census.gov/prod/2013pubs/acs-22.pdf
  3. https://www.census.gov/hhes/socdemo/language/data/acs/Ortman_Shin_ASA2011_paper.pdf
  4. http://www.census.gov/newsroom/releases/archives/education/cb13-143.html
  5. "Language Spoken at Home by the U.S. Population, 2010", Bureau du recensement des É-U, World Almanac and Book of Facts 2012, p. 615.
  6. "Language Spoken at Home by the U.S. Population", Bureau du recensement des É-U, World Almanac and Book of Facts 2012, p. 615.
  7. La langue française dans le monde 2010 (Éditions Nathan, 2010, p. 10)
  8. Judith W. Rosenthal, Handbook of Undergraduate Second Language Education (Mahwah, NJ: Lawrence Erlbaum Assoc., 2000; New York: Routledge, 2011), p. 50
  9. Jacques-Donat Casanova, Une Amérique française, coédité par La Documentation française et l'Éditeur Officiel du Québec, 1975
  10. Grimes 2000

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Barbara F. Grimes (dir.), Ethnologue: Languages of the world, Dallas, TX, SIL International,‎ 2000, 14e éd. (ISBN 1-55671-106-9, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]