La Cité de la peur (film, 1994)

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La Cité de la peur

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Alain Chabat, Chantal Lauby et Dominique Farrugia

Réalisation Alain Berbérian
Scénario Les Nuls (Alain Chabat, Dominique Farrugia, Chantal Lauby)
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Sortie 1994
Durée 93 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Cité de la peur est un film comique français réalisé par Alain Berbérian en 1994 avec un scénario écrit par le trio comique Les Nuls.

Alain Chabat, auteur, scénariste et acteur du film.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film commence sur une projection des dernières minutes de Red Is Dead, un film d'horreur dans lequel un tueur en série communiste tue ses victimes à la faucille et au marteau, à l'occasion du premier jour du festival de Cannes. Lorsque le générique de fin apparaît, tout le monde a déjà quitté la salle au grand désespoir d'Odile Deray (Chantal Lauby), l'attachée de presse, qui essaie de retenir un dernier critique de cinéma en lui suppliant d'écrire un bon papier mais celui-ci refuse car ce film « est une merde ». Alors qu'Odile quitte le cinéma dépitée, le projectionniste du film est assassiné par un tueur en série de la même façon que dans le film.

Le deuxième jour du festival, Odile réalise que le meurtre pourrait assurer une bonne publicité à son film, elle décide alors de ramener l'acteur principal du film à Cannes et d'embaucher un garde du corps. À l'Aéroport de Nice, Odile rencontre son garde du corps, Serge Karamazov (Alain Chabat), et l'acteur du film Simon Jérémi (Dominique Farrugia). Alors qu'Odile retourne à la salle de projection et que Serge et Simon s'installent à l'hôtel, le nouveau projectionniste est assassiné. Odile découvre le corps et appelle la police, le commissaire Bialès (Gérard Darmon) est alors dépêché sur place. À son arrivée, il s'interroge sur le sens des lettres tracées sur le mur après chaque meurtre, un O et un D. Odile est amenée au commissariat pour y être interrogée. Alors que Bialès fait part à Odile qu'il soupçonne les meurtres d'être une cascade publicitaire pour le film, un enquêteur l'informe qu'ils ont trouvé un bout de tissu sur le lieu du crime.

Le troisième jour, une conférence de presse au sujet du film, très importante selon Odile, a lieu. Simon Jérémi est présent pour répondre aux questions après la projection et Serge Karamazov est chargé de protéger le projectionniste. Serge souffre néanmoins d'une indigestion et est contraint de s'absenter aux toilettes. Sur le chemin, il rencontre une vieille connaissance et se met à discuter. Pendant ce temps, le tueur élimine le projectionniste et s'enfuit sous les yeux de Serge qui se met à sa poursuite. Serge, qui n'a pas pu aller aux toilettes, a du mal à rattraper le tueur et finit par le perdre de vue, stoppé par un groupe de mimes protestant contre le cinéma parlant et par l'éclatement d'une de ses chaussures à la manière d'un pneumatique.

En trois jours et trois meurtres, le film est devenu le film phare du festival de Cannes et les producteurs du monde entier se le disputent. Le soir du quatrième jour, Odile dîne avec le commissaire Bialès, une tension sexuelle s'installe vite entre eux et la soirée se poursuit à l'appartement du commissaire. Pendant ce temps, Simon retrouve Serge complètement ivre dans une boîte de nuit où ce dernier lui avoue qu'il est vexé de ne pas réussir à séduire Odile alors qu'il a couché avec tous les autres clients qu'il a escortés. À l'appartement de Bialès, Odile et le commissaire viennent de faire l'amour lorsqu'Odile découvre accidentellement le costume du tueur dans la garde-robe de Bialès. Odile s'enfuit retrouver Serge dans la boîte de nuit pour lui annoncer sa découverte mais celui-ci, toujours ivre, l'assomme rageusement dès qu'elle ouvre la bouche. Pendant ce temps, un autre projectionniste est assassiné.

Les marches du Festival de Cannes.

Le cinquième jour, au restaurant de l'hôtel, Odile explique à Simon et à Serge qu'elle a trouvé un nouveau projectionniste. Serge s'interroge sur la signification des lettres retrouvées sur chaque meurtre, O, D, I et L, et conclut qu'il s'agit d'un tueur en série. Son explication est interrompue par l'arrivée du nouveau projectionniste, Émile Gravier (Sam Karmann), un ancien collègue d'Odile. Le soir, Odile, Simon, Serge et Émile arrivent en limousine et s'apprêtent à monter les fameuses marches du festival de Cannes. Odile propose un chewing-gum à Émile, ce qui lui rappelle une scène similaire en flashback, où Odile oublia son dîner prévu avec Émile, secrètement amoureux d'elle. Les quatre compères montent les marches lorsque Jean-Paul Martoni, un politicien suspecté du meurtre d'un député, est reconnu sur les marches et sort une arme pour s'engouffrer dans le Palais des Festivals et des Congrès. Alors qu'il gravit les marches, Émile s'évanouit sous l'effet du stress.

Alors qu'Odile panique de ne plus avoir de projectionniste, Simon se propose pour projeter Red is dead. Tandis que Simon prépare le film, Odile demande à Serge de faire patienter le public. Serge commence alors un numéro de danse improvisé de Carioca, rapidement accompagné par le commissaire Bialès qui adore cette chanson. Finalement, le film peut démarrer et le duo quitte la scène sous les applaudissements. Bialès part à la recherche de Martoni. Dans la salle de projection, Simon est attaqué par Émile qui lui révèle avoir accompli tous les meurtres afin d'attirer l'attention d'Odile. Pendant leur combat, Émile heurte le projecteur et lance par inadvertance la dernière bobine. Horrifiée, Odile ordonne à Serge d'aller voir ce qui se passe. Arrivé dans la salle de projection, Serge se rue sur Simon, pensant qu'il est le tueur, laissant Émile s'enfuir. À peine ont-ils le temps de partir à sa poursuite qu'ils découvrent Émile attrapé par une tapette à souris géante installée par Serge.

Odile, la police et Bialès arrivent sur place et prennent conscience de la situation. Odile questionne alors le commissaire sur le costume de tueur dans sa garde-robe mais l'explication de celui-ci est couverte par la musique de fond. Soudain, Martoni surgit et prend Odile en otage. Après avoir tiré dans les genoux de Bialès, Martoni est assommé par Émile qui est parvenu à se libérer du piège à souris. Odile remercie Émile mais celui-ci est abattu par Martoni. Alors qu'il agonise, Émile déclare son amour à Odile qui lui offre un chewing-gum. Martoni est arrêté et Bialès est conduit aux urgences. Il rassure Odile en lui affirmant qu'il pourra de nouveau marcher mais elle le rabroue en lui disant que c'est pour le film qu'elle s'inquiète. Odile retrouve alors Serge et Simon pour dîner ensemble. En partant, Serge s'interroge une dernière fois sur la signification des lettres retrouvées sur les meurtres : O, D, I et L.

Distribution[modifier | modifier le code]

Bruno Carette fait une apparition posthume au festival de Cannes, dans un film d'archive où il interprète son personnage de Mizou-Mizou, en hommage à l'acteur décédé du quatuor Les Nuls. Plusieurs invités spéciaux font également une apparition dans le film : Rosanna Arquette, Pierre Lescure, Dave, Patrice Laffont, Thomas Hugues, Olivier Doran, Michel Hazanavicius et James Cameron. Jennifer Ayache, la fille de Chantal Lauby, fait une apparition dans le film en passant devant Odile Deray lorsque celle-ci vient de se faire voler le contenu de son sac à la sortie du petit cinéma où se déroule la conférence de presse de Red is Dead. Sophie Mounicot perturbe la conférence de presse d'Odile Deray avant de se faire sèchement rappeler à l'ordre.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Dominique Farrugia, auteur, scénariste et acteur du film.

Production[modifier | modifier le code]

Les Nuls proposent initialement La Cité de la peur à Claude Berri, qui avait déjà côtoyé le groupe sur Canal+, mais celui-ci préfère ne pas s'en occuper, jugeant le film « un peu débile »[1]. Finalement, la réalisation est confiée à Alain Berbérian, qui réalisait déjà les clips de fausses publicités et les parodies de bandes-annonces du groupe comique.

Pour les 15 ans du film en 2009, Les Nuls décident de sortir une édition collector dans un coffret en forme de boîte de bobine de film en édition limitée à 1 500 exemplaires, contenant le film remasterisé et des bonus exclusifs.

Commentaires[modifier | modifier le code]

  • L'intrigue principale est régulièrement émaillée de gags parodiant des films célèbres :
    • Bad Taste en particulier pour le générique, qui a fortement inspiré celui de ce film.
    • Evil Dead pour Red Is Dead qui en reprend l'intrigue et l'imagerie
    • Terminator lorsqu'un homme frappe à la porte de l'hôtel en demandant « Sarah Connor »
    • Pretty Woman pour la séquence de shopping avec la même chanson de Roy Orbison
    • Basic Instinct pour la scène de l'interrogatoire d'Odile
    • Bodyguard pour la scène de l'arrivée en voiture avant la montée des marches
    • Les Incorruptibles lorsque l'on dépose un journal devant un hôtel et que l'on voit Odile descendre l'escalier entourée de nombreux assistants. C'est une parodie de Robert De Niro qui incarne Al Capone dans le film de Brian De Palma. De plus, on voit une clocharde poussant un caddie au ralenti, clin d'œil aux Incorruptibles et au Cuirassé Potemkine[2].
  • Le film contient également d'autres sketchs plus ou moins saugrenus (la biographie du commissaire, ou la carioca).
  • La Cité de la peur est un exemple de film contenant un film (Red Is Dead), communément appelé une mise en abyme.
  • L'annonce de la scène bruitée à la bouche débute très exactement à 1h00mn00s. Un timing parfait qui peut faire penser aux annonces de pauses avec entractes lors des projections de très longs films.
  • L'humour employé dans ce film est comparable à celui des films des ZAZ, le trio américain composé de David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker qui utilise beaucoup de gags visuels et de non-sens.
  • Selon le site lesnuls.net, le film contient 285 traits d'humour soit un toutes les 20 secondes environ.
  • Les 5 projectionnistes sont tous au téléphone avec une femme et prononcent tous des phrases en rapport avec la mort avant de se faire assassiner :
    • Projectionniste 1 : (à propos de la projection du film) : "C'était mortel aujourd'hui." - (à propos du manteau d'hermine) : "Plutôt crever que de vendre la caravane."
    • Projectionniste 2 : (échangeant des mièvreries avec sa femme au téléphone) : "Tu sais que tu me tues ?"
    • Projectionniste 3 : (également au téléphone avec sa femme) : "Mais non, c'est pas la mort !" - "Je vais mourir dans deux minutes !"
    • Projectionniste 4 : (également au téléphone) : "Plaie d'argent n'est pas mortelle." - "Ce boulot, c'est la chance de ma vie : j'y crois à mort !"
    • Projectionniste 5 : (au téléphone avec son père) : "Mais papa, il y a des gens qui tueraient pour avoir ce job !"
  • Dans le générique final, parmi les acteurs et l'équipe de tournage, on trouve le nom de super-héros et de leurs alias tel que Batman et Bruce Wayne ainsi que Spiderman et Peter Parker.
  • Le délinquant « Jean-Paul Martoni » évoqué dans le film peut évoquer Jean-Dominique Fratoni.

Anecdotes de tournage[modifier | modifier le code]

  • Valérie Lemercier, qui interprète la veuve du premier projectionniste, a été remplacée par sa sœur, Aude, durant le tournage du film : "J'ai eu un petit coup de mou pendant le tournage, j'ai avalé un tube entier de médicaments. J'ai oublié pour la première fois de ma carrière d'aller tourner ! Ma petite sœur était stagiaire script sur le film et du coup elle m'a remplacée. Pierre Lescure est passé sur le tournage et disait : "Mais, quoi ? Vous avez Valérie Lemercier dans le film et vous ne faites pas de gros plan ?" Alors ils ont lui expliqué que ce n'était pas moi. Donc il y a juste un plan où c'est ma soeur."[3]

Références au film[modifier | modifier le code]

  • La version française du jeu vidéo Red Dead Redemption contient des succès (sur Xbox 360) ou des trophées (sur PlayStation 3) reprenant des éléments du film. Par exemple, gagner au jeu du poker menteur sans perdre de dés fera gagner le succès ou trophée « Tu bluffes, Martoni », réplique du film. Terminer le jeu à 100 % fera débloquer le succès ou trophée « Red is dead », nom du film diffusé dans La Cité de la Peur.
  • Dans la version française du jeu vidéo Grand Theft Auto: The Ballad of Gay Tony, lorsque le personnage principal, Luis Lopez est harcelé au téléphone par Ray Bulgarin il termine la discussion téléphonique par la fameuse réplique « Ça va trancher chéri ».
  • Dans la version française du jeu vidéo Bulletstorm, on peut entendre la réplique "Prenez un chewing-gum Émile".
  • Chantal Lauby joue dans l'épisode 53 de la série télévisée française Bref et y fait référence à une réplique de La Cité de la peur à savoir " - Non, je suis le pape et j'attends ma soeur". Des répliques du film sont aussi évoquées dans les épisodes 54, 55, 56 et 60.

La Carioca[modifier | modifier le code]

La Carioca est une chanson et une danse interprétée par Alain Chabat et Gérard Darmon dans le film. Cette chanson est tirée du film Carioca et traduite en français par les Nuls.

La carioca est vraisemblablement un hommage au générique du film Kentucky Fried Movie (ou encore Hamburger film sandwich pour la version française), le premier film des ZAZ, les créateurs de Y a-t-il un pilote dans l'avion et des Y a-t-il un flic pour sauver....

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grassin Sophie, Un Nul bourré de talents, L'Express.fr, 24 janvier 2002 (page consultée le 31 août 2009).
  2. Scène souvent parodiée, par Woody Allen dans Guerre et Amour, par les ZAZ dans Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ?, par Terry Gilliam dans Brazil et par Ettore Scola dans Nous nous sommes tant aimés. Lampedusa dans le roman Le Guépard compare également le « gag » d’Angelica à l’efficacité de la scène du film d’Eisenstein.
  3. http://www.allocine.fr/article/dossiers/cinema/dossier-18592375/?page=2&tab=0

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]