Gaston de France

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Gaston de France (1608-1660))
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gaston, prince d’Orléans.

Gaston d’Orléans

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de Gaston de France

Titre

Duc d’Orléans

6 août 16262 février 1660
(33 ans, 5 mois et 27 jours)

Prédécesseur Monsieur d’Orléans, dit Nicolas
Successeur Philippe de France
Fonctions militaires
Commandement Fronde
Biographie
Dynastie Maison de Bourbon
Maison d’Orléans
Surnom « Grand Monsieur »
Naissance 24 avril 1608
Fontainebleau (France)
Décès 2 février 1660 (à 51 ans)
Blois (France)
Père Henri IV de France
Mère Marie de Médicis
Conjoints Marie de Montpensier
(1626-1627)
Marguerite de Lorraine
(1643-1660)
Liaison Louise Roger de La Marbelière
Enfants Premier lit
Anne-Marie-Louise d'Orléans
Second lit
Marguerite-Louise d’Orléans
Élisabeth-Marguerite d’Orléans
Françoise-Madeleine d’Orléans
Jean-Gaston d’Orléans
Marie-Anne d’Orléans
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Ducs d’Orléans

Gaston Jean Baptiste de France (né le 24 avril 1608 à Fontainebleau, baptisé le 15 juin 1614 à Paris, mort le 2 février 1660 à Blois), duc d'Orléans, parfois nommé Gaston d'Orléans. Troisième fils d'Henri IV (1553-1610) et de Marie de Médicis, il est fils de France, de la branche des Bourbons (dynastie capétienne).

Biographie[modifier | modifier le code]

Buste du jeune Gaston de France, vers 1630, Musée du Louvre

Son prénom usuel, Gaston, lui vient de sa marraine, la reine de Navarre, Marguerite de France, première épouse de son père en l'honneur de Gaston de Foix, prince de Navarre, patrie de ses origines paternelles; et ses deux autres prénoms, Jean-Baptiste, de son parrain, le cardinal François de Joyeuse. Frère benjamin du roi Louis XIII, Gaston devient à la mort de Monsieur d’Orléans dit Nicolas (1607-1611), deuxième fils d'Henri IV, deuxième dans l'ordre de succession au trône. Titré duc d'Anjou, comme plus proche héritier du trône, il est aussi appelé Monsieur (titre conféré au frère du Roi), puis (à partir de 1643) le Grand Monsieur par opposition au Petit Monsieur, Philippe, son neveu, frère de Louis XIV.

Cultivé et raffiné[1], mais velléitaire et inconstant[2], Gaston de France passa sa vie à conspirer, d'abord contre son frère et le cardinal de Richelieu (préférant à leur centralisation absolutiste une monarchie mixte avec représentation des corps sociaux à travers les assemblées d'États provinciaux ou généraux), puis contre sa belle-sœur Anne d'Autriche et le cardinal Mazarin. Ces conspirations échouèrent toujours, faute de réel projet politique. Gaston dénonça souvent ses complices, puis les vit périr (voir d'Ornano, Chalais, Montmorency, et Cinq-Mars). Pour se venger, il créa un « Conseil de vauriennerie », des courtisans et amis avec qui il mena une vie désordonnée (il est réputé joueur et amateur de femmes)[3]. L'Encyclopædia Universalis le voit comme le chef de file des libertins de l'époque, dont l'un des passe-temps étaient les chansons à boire, les poèmes érotiques et les parties de débauche, fréquemment bisexuelles, à une époque où la séparation entre homosexualité et hétérosexualité n'était pas vraiment tranchée[4].

En 1628, il eut le commandement de l'armée qui assiégea La Rochelle et de celle de Picardie en 1636. En 1630, il participe à la révolte du duc de Montmorency. À la tête d'une armée de mercenaires, il appelle le royaume à la révolte, avant de s'enfuir en Lorraine après la défaite d'Henri II de Montmorency à Castelnaudary. À l'instigation de son confesseur l'oratorien Charles de Condren, il se réconcilie avec le roi à Troyes, le 18 avril 1630. En 1631-32, il intrigue en Lorraine et publie un manifeste politique contre l'absolutisme. En 1634, il conclut un traité secret avec l'Espagne et complote contre Richelieu avec le comte de Soissons. À l'automne 1636, il participe au côté du roi au siège de Corbie.

Mais en 1638, la naissance inespérée d'un dauphin (le futur Louis XIV) le prive du rang de premier héritier de la couronne. Il perd son crédit financier, et ne peut poursuivre la reconstruction du château de Blois qu'il a entreprise. En 1642, la conspiration de Cinq-Mars, qui vise à faire de Gaston le lieutenant général du royaume, échoue. En 1642 il pousse en avant Cinq-Mars puis l'abandonne. Ce dernier sera exécuté.

Louis XIII mourant le nomme gouverneur et lieutenant-général du Languedoc. À la mort de Louis XIII, Gaston de France est nommé lieutenant-général du royaume et chef des conseils sous l'autorité de la reine, pendant la minorité de Louis XIV. Pourtant Anne d'Autriche s'impose au Parlement de Paris, et prend les rênes du pouvoir avec le soutien de Mazarin.

Chef de l'armée, Gaston mène contre les Espagnols une campagne victorieuse et rapide. Il conquiert une partie du Comté de Flandre, dont la ville de Gravelines le 28 juillet 1644 et Béthune, puis en 1645 Bourbourg, Armentières, Courtrai et Mardyck.

Gaston participe encore à la Fronde, et Mazarin le fait exiler dans son château de Blois en 1652, où il meurt en 1660. Il est inhumé à la basilique de Saint-Denis, ultime privilège attaché au sang royal. Louis XIV confère alors le titre de duc d'Orléans à son propre frère Philippe.

De sa naissance à sa mort, Gaston eut pour médecin le protestant Abel Brunier.

Ascendance[modifier | modifier le code]


Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Mariage de Marie de Bourbon et Gaston de France en 1626, Estampe

En 1626, après une conspiration (la conspiration de Chalais) manquée, Gaston accepte à regret d'épouser la richissime Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier[5] que lui impose Richelieu. Il reçoit alors en apanage les duchés d'Orléans et de Chartres, augmentés du comté de Blois.

De ce mariage naquit l'année suivante :

En 1629, Gaston projeta en vain d'épouser Marie de Gonzague, fille du duc de Mantoue. En 1632, il tomba amoureux et épousa la jeune Marguerite, sœur du duc de Lorraine et de Bar, un prince aussi fantasque que lui, alors en guerre contre la France et dont il fréquente alors la cour car il y est en exil politique. Il surnomme sa seconde épouse, auparavant coadjutrice de l'abbesse du chapitre noble de Remiremont « l'Ange ». Il l'épousa secrètement dans un couvent de Nancy le 2 janvier 1632 mais le Parlement de Paris déclara ce mariage nul. Il fit célébrer son mariage une deuxième fois par l'archevêque de Malines dans les Pays Bas espagnols, là encore l'assemblée du clergé de France, poussée par Richelieu, annule ce mariage. Les fiancés purent, à la mort de Richelieu, se retrouver à la cour de France et se marier en mai 1643.

Ils eurent cinq enfants :

de Louise Roger de la Marbelière :

  • Louis bâtard d'Orléans dit le comte de Charny (1638-1692)

Il eut aussi une fille naturelle de Marie Porcher  :

  • Marie bâtarde d'Orléans (1631-?)

De Louison des Ormes comédienne, il eut également une fille :

  • Marguerite (1632-?), mariée à François Bernard des Alleux

Collectionneur et mécène[modifier | modifier le code]

Le département des cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France conserve dix-huit recueils de cartes sous la cote Rés. Ge BB 246[6], provenant de la collection cartographique de Gaston d'Orléans. Le noyau des collections du département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France provient de la collection de pierres gravées, de sculptures antiques du prince donnés au roi par son testament du 1er février 1660.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Amoureux des sciences et des arts (protecteur de la troupe de Molière), mécène, collectionneur, musicien, etc.
  2. « Il pensait à tout mais il ne voulait rien » dit de lui le Cardinal de Retz.
  3. Henri Sacchi, La guerre de trente ans : L'Empire supplicié, Éditions L'Harmattan, 2003, p. 159.
  4. Michel Delon, « Libertinage », Encyclopædia Universalis (lire en ligne), consulté le 9 mars 2013.
  5. La duchesse de Montpensier mourut en couches, laissant sa fortune non à Gaston mais à leur fille.
  6. Charles Du Bus, Gaston d’Orléans et ses collections topographiques, Paris, Impr. nationale, 1941.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Du Bus, Gaston d’Orléans et ses collections topographiques, Paris, Impr. nationale, 1941 (extrait du Bulletin de la Section de géographie du Comité des travaux historiques et scientifiques, t. 55, 1940).
  • Georges Dethan, Gaston d'Orléans : conspirateur et prince charmant, Paris : A. Fayard, 1959, 501 p.
  • Gaston d'Orléans 1608-1660, exposition du tricentenaire, château de Blois, juin-juillet 1960, préface de Georges Dethan, Tours : impr. Gibert-Clarey, 1960, 62 p.
  • Georges Dethan, La vie de Gaston d'Orléans, Paris : Éd. de Fallois, 1992, 429 p. Contient un choix de textes extraits de diverses revues et publications, 1959-1989.
  • Christian Bouyer, Gaston d'Orléans 1608-1660, séducteur, frondeur et mécène, Albin Michel, 1999 (ISBN 978-2226107992)
  • Christian Bouyer, Gaston d'Orléans : Le frère de Louis XIII, Pygmalion, 2007 (ISBN 978-2756400709)
  • Jean-Marie Constant, Gaston d'Orléans, Prince de la liberté, Perrin 2013, 443 p. (ISBN 978-2262027452)