Denis Dodart

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Denis Dodart

Denis Dodart est un médecin et un botaniste français, né en 1634 à Paris et mort le 5 novembre 1707 dans cette même ville.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père est Jean Dodart, bourgeois de Paris, et sa mère Marie Dubois. Passionné dès son jeune âge par les arts et les sciences, il s'initie très tôt au dessin, à la musique, au grec et au latin.

Il est reçu bachelier le 1er avril 1658 et docteur en médecine le 13 octobre 1660. Après avoir refusé une place auprès d’Hubert de Brienne de Conflans chargé des affaires étrangères, et préférant se consacrer à la médecine et aux lettres, Dodart obtient en 1666 un poste de professeur de pharmacie à la faculté des sciences de Paris.

Il devient peu de temps après, médecin de la princesse Anne Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville et de la veuve du prince de Conti, Anne Marie Martinozzi, puis conseiller-médecin du roi. C'est par la duchesse de Longueville qu'il est amené a côtoyer le cénacle de Port-Royal, dont il deviendra progressivement l'un des plus fidèles amis, jusqu'à confier l'éducation de sa fille Marie-Angélique, qui y devient pensionnaire durant les années 1670. Il séjourne dès lors régulièrement à l'abbaye de Port-Royal-des-Champs, où Madame de Longueville s'est fait construire en 1671 un hôtel particulier près de la clôture monastique, et où il a sa chambre personnelle à côté des appartements de la duchesse. Il devient par la suite le médecin de plusieurs religieuses, Solitaires et amis de Port-Royal. On le retrouve notamment au chevet de l'abbesse Angélique de Saint-Jean Arnauld d'Andilly en 1684, de Pierre Nicole en 1695, de Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont en 1698, ou encore de son homologue Jean Hamon en 1687, et dont il laissa un Récit de sa dernière maladie[1]. Il est également aux côtés de son ami Jean Racine en 1699, qui lui confie son manuscrit de l'Abrégé de l'Histoire de Port-Royal sur son lit de mort.

Comme Racine, Denis Dodart s'est trouvé partagé sur la fin de sa vie entre Versailles et Port-Royal, au plus fort de l'affaire du jansénisme, alors que son prestige personnel et ses responsabilités grandissaient à la cour du Roi.

En 1673, il devient en effet membre de l'Académie des sciences.

Il étudie particulièrement la respiration des plantes notamment en reprenant les travaux de Santorio Santorio. Il s'oppose à Claude Perrault qui découvre les deux sens de la circulation de sève, ascendant et descendant, et qui tente d'établir une correspondance entre les cellules végétales et les cellules animales. Il affirme que la partie aérienne de la plante est constituée d'un être collectif d'un grand nombre de germes (plus ou moins comparables à notre notion actuelle de cellule).

Héliotrope d'Amérique à feuille d'Ormin par N. Robert

En 1676, l'Académie des sciences fait paraître un ouvrage extrêmement important, quoique inachevé, intitulé Mémoires pour servir à l'histoire des plantes. Dodart supervise l'ensemble, Duclos, Pierre Borel, Claude Perrault, Calois, Edmé Mariotte, Claude Bourdelin II (?-1711) et Nicolas Marchant (?-1678) y participent. Magnifiquement illustrées par Nicolas Robert, 39 plantes sont décrites précisément. Bernard le Bouyer de Fontenelle dira de ces Mémoires : On peut prendre la préface que nous venons de citer pour un modèle d'une théorie embrassée dans toute son étendue, suivie jusque dans ses moindres dépendances, très-finement discutée, est assaisonnée de la plus aimable modestie. Une deuxième édition, sans les planches, est imprimée à Paris en 1779. Denis Dodart s’intéresse particulièrement à l’analyse chimique des plantes (traitée par Duclos dans les Mémoires) et est peut-être le premier à utiliser la combustion des végétaux à cette fin.

Il occupe aussi une place importante dans l'histoire des théories de la voix[2].

Liste partielle des publications[modifier | modifier le code]

  • De febridus balneum (1660).
  • Non ergo carnes quovis alio cibo salubriores (1677).
  • De cancro hydraugyro (1682).
  • Mémoires pour servir à l'histoire des plantes, Paris : Imprimerie royale, 1686[3]
  • Médecine des pauvres (1692).
  • Ergo febribus acutis e carnibus juscula (1700).
  • An omnis morbus a coagulatione (1703).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]