Charles de Condren

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Charles de Condren, docteur de Sorbonne, né à Vaubuin près de Soissons le 15 décembre 1588, mort le 17 janvier 1641, est un mystique français du XVIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles de Condren naît dans une famille de petite noblesse, son père, gouverneur du château royal de Monceaux près de Meaux, s'était converti du protestantisme au catholicisme. Charles fait à l'âge de onze ans et demi une expérience déterminante de la grandeur de Dieu. Il poursuit ses études au collège d'Harcourt de 1603 à 1605, mais malade il retourne dans sa famille pendant de longs mois. Après avoir étudié à la Sorbonne, il est ordonné prêtre en 1614, devient docteur en Sorbonne l'année suivante. Il renonce alors à son droit d'aînesse et à l'héritage familial, puis entre en 1617 à l'Oratoire fondé par Pierre de Bérulle rue Saint-Honoré à Paris, après avoir hésité à se faire capucin. Il participe l'année suivante à la fondation d'une nouvelle maison de l'Oratoire à Nevers et en 1619 se rend à Langres pour l'ouverture d'un séminaire, selon les dispositions du concile de Trente qui en avait exprimé l'obligation. Il retourne à Paris en 1620 pour ouvrir un nouvel Oratoire à Poitiers et en 1624, celui de Saint-Magloire qui sert de séminaire. Il retourne à l'Oratoire de la rue Saint-Honoré en 1625 et devient deux ans plus tard le confesseur de Gaston d'Orléans, (Monsieur), frère du roi Louis XIII. Il obtient la réconciliation du roi et de son frère le 18 avril 1630 à Troyes. Condren est aussi, responsabilité importante, confesseur de Bérulle lui-même.

Dans ce climat d'essor spirituel que connaît alors la France, Condren dirige aussi Gaston de Renty qu'il aide à développer la Compagnie du Saint-Sacrement.

Il est élu deuxième supérieur général de l'Oratoire, le 30 octobre 1629, très vite après la mort du cardinal de Bérulle le 2 octobre, afin d'éviter une intervention du cardinal de Richelieu, plutôt méfiant à l'égard de ce qu'on appelait alors les dévots. L'Oratoire a déjà 71 maisons en 1631, mais le P. de Condren est découragé et il est au bord de démissionner en 1634. Il devient le directeur spirituel de Monsieur Olier grâce à l'entremise de la Mère Agnès de Langeac en 1634. Olier devient le fondateur des Prêtres de Saint-Sulpice, et le P. de Condren l'encourage dans cette voie jusqu'à son dernier souffle le dissuadant d'accepter d'être évêque. Il le fait aussi missionner dans les campagnes et l'encourage à la dévotion au Saint-Sacrement, selon la spiritualité bérullienne. Cependant à la différence de Bérulle qui parlait d'élévation et de louange, Condren évoque plutôt l'état d'hostie sacrificielle et de consommation devant la grandeur de Dieu.

Sa modestie lui fit refuser le chapeau de cardinal et les archevêchés de Reims et de Lyon. On a de lui plusieurs ouvrages de piété. Henri Bremond dit de lui qu'il avait une « curieuse psychologie »[1], mais qu'il était « un génie subtil et de conscience raffinée ». Il avait une mémoire exceptionnelle et était selon Nicolas Goulas, dans ses Mémoires, d'une gaité toute simple et toute naïve.

Il est aussi le fondateur du Collège de Juilly, en 1639, où il repose dans la chapelle au côté du cardinal Pierre de Bérulle.

Sa première biographie fut publiée en 1643 par son disciple, l'oratorien Denis Amelote (révisée en 1657).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Auvray et A. Jouffrey, Lettres du Père Charles de Condren, Paris, Cerf, 1943
  • R. Deville, L'école française de spiritualité, Paris, Desclée de Brouwer, 1987

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. in H. Bremond, Histoire littéraire du sentiment religieux, p. 423.