Guerre civile du Congo-Brazzaville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Guerre civile du Congo-Brazzaville
Informations générales
Date juillet 1993 - décembre 1999
Lieu Congo-Brazzaville
Issue Victoire de Denis Sassou Nguesso
Belligérants
Drapeau : République du Congo Gouvernement de Pascal Lissouba Drapeau : République du Congo Gouvernement de Denis Sassou Nguesso
Drapeau de l’Angola Angola
Commandants
Pascal Lissouba
Bernard Kolelas
Denis Sassou Nguesso
Pertes
4000 - 10 000 morts (civils et militaires)

La guerre civile du Congo-Brazzaville a duré de juin 1997 à décembre 1999. Certains auteurs regroupent l'ensemble des conflits et troubles de 1993 à 2002 sous l'appellation de « guerre civile du Congo-Brazzaville[1] ».

Chronologie du conflit[modifier | modifier le code]

Le 10 mai, l’arrivée à Owando de Denis Sassou-Nguesso, en tournée préélectorale, est perturbée par les partisans de Joachim Yhombi-Opango qui s’opposent à son entrée en tipoye dans leur fief. Un militaire proche de Yhombi-Opango, soupçonné de vouloir attenter à la vie de Sassou-NGuesso, est abattu par la garde personnelle de l'ancien président. Le drame met le feu aux poudres dans la capitale de la Cuvette. Les partisans de Sassou-Nguesso sont pris à partie et doivent fuir la ville. Les événements causent la mort d’une dizaine de personnes.

La signature d’un code de bonne conduite par les principaux leaders politiques congolais, le 31 mai, en présence de Federico Mayor, ne met pas fin à la crise. Seulement deux jours après l’engagement des chefs politiques à renoncer aux armes comme moyen de résoudre les conflits politiques, les Cobras tendent une embuscade à des militaires proches de Yhombi-Opango, aux environs d’Oyo, et en tuent quatre. Le président de la République Pascal Lissouba rentre précipitamment de Harare où il participait au 33e sommet de l’OUA. Le 4 juin, le gouvernement proclame sa détermination à traquer et anéantir tous les éléments non réguliers détenteurs d’armes de guerre.

Le 5 juin au petit matin, un détachement de blindés encercle la résidence privée de Sassou-Nguesso. Les Cobras repoussent l’armée et occupent en quelques heures la majeure partie du Centre-ville et toutes les casernes du Nord de Brazzaville. La conflagration entre les deux camps a fait plusieurs victimes civiles. Dans la soirée, le Ministre de l’Intérieur, Philippe Bikinkita, invité au journal de la télévision nationale, affirme que l’opération du matin était une simple opération de police visant à l’arrestation du commandant Aboya et du colonel Engobo, impliqués dans les événements d’Owando et Oyo, qui ont trouvé refuge à la résidence de Sassou NGuesso. La poursuite des affrontements provoque un exode massif qui vide les quartiers de Poto-Poto, Moungali, Ouenze et Mpila. Les centaines de milliers de déplacés trouvent refuge auprès de la parenté à Bacongo, Makelekele, Mfilou, Talangaï ou au PK45. La guerre reste circonscrite à Brazzaville dont le Centre-ville est le principal champ de bataille. Dès les jours suivants, la France évacue ses ressortissants et ceux des autres pays occidentaux.

Les deux camps s’installent dans une guerre de position. Très vite, Lissouba se rend compte qu’il ne peut compter sur les forces régulières dont plusieurs officiers rejoignent le camp de son adversaire. En outre, beaucoup de militaires se refusent à prendre part au conflit. Le Chef d’Etat-major, le Général Mabika, ne tarde pas à se dérober et s’installe en Europe, officiellement pour raisons de santé. Son adjoint, le Général Mayoulou l’imite. Le Chef de l'État nomme le Colonel Loundou à la tête des FAC. Avec le Colonel Ibala, c'est lui qui dirige les opérations militaires pour les forces présidentielles. Du côté de Sassou-Nguesso, plusieurs des officiers supérieurs exclus de l’armée en 1995 encadrent les Cobras. Une semaine après le début des affrontements, un fort contingent de Zoulous et de Cocoyes arrivent de Loudima où ils ont été formés par les Israéliens. Le renfort permet à Lissouba de tenir ses positions.

Une médiation nationale conduite par Kolelas tente de se mettre en action. Elle n’obtient aucun résultat concret. Pendant plusieurs jours, la guerre est une succession d’accalmies et d’engagements au cours desquels les protagonistes s’affrontent à l’arme lourde. Des deux côtés, on se livre au pillage des maisons et commerces désertés dans les zones de combat.

Une trêve est conclue le 17 juin. Elle permet un premier contact des représentants des deux camps à Libreville, sous l’égide du président gabonais Omar Bongo. Les délégués de Sassou-Nguesso exigent le départ de Lissouba dès le 31 août, date d’expiration de son mandat présidentiel. Cette exigence est impensable pour Pascal Lissouba qui diligente la mise en place du Conseil Constitutionnel, seule institution habilitée à reporter l’élection présidentielle et prolonger son mandat. Le 23 juin 1997, avec 5 ans de retard, le Conseil Constitutionnel est désigné et prête serment au Palais du Parlement. Le 19 juillet, le Conseil reporte la tenue de l’élection présidentielle.

Deux mois après le début de la guerre civile, le camp de Sassou-Nguesso ouvre une station de radio-télévision dénommée Radio-Telé Liberté, qui défend sa ligne politique et ses thèses sur la guerre et fait le contrepoids aux médias d’état qui œuvrent exclusivement pour Lissouba.

Alors que la guerre civile s’enlise et que les négociations arbitrées par Omar Bongo patinent, une recomposition politique s’opère à Brazzaville, avec la création en septembre 1997, de l’Espace Républicain pour la Défense de la Démocratie et l’Unité Nationale (ERDDUN). Il est composé de l’ensemble des partis politiques qui ne luttent pas aux côtés des Forces Démocratiques et Patriotiques (FDP) constituées par Sassou NGuesso après le déclenchement des hostilités : l’UPADS, le MCDDI, le RDPS, RDD, UFD, etc. La présidence du nouvel ensemble politique est confiée à Kolelas. Officiellement, l’objectif de l’ERDDUN est d’œuvrer pour le retour à la paix, mais en réalité, il constitue un front anti Sassou-Nguesso. Le 13 septembre, sur proposition de l’ERDDUN, Lissouba nomme Bernard Kolelas au poste de Premier Ministre. D’une apparence de neutralité au début de la guerre, le Président du MCDDI vient de se ranger dans le camp de Lissouba. Pour sauver les apparences, Kolelas fait mine de réserver 5 portefeuilles au PCT dans le gouvernement de 46 ministres qu’il forme. Juste après sa nomination, Kolelas engage ses Ninjas dans la bataille aux côtés des forces de Lissouba. Les Cobras contrôlent toute la partie Nord et Centre du pays, mais le renfort de la milice de Kolelas et l’emploi d’hélicoptères de combat procurent à Lissouba un avantage certain sur le terrain.

À l’instigation de la France, une réunion au sommet est organisée le 16 septembre à Libreville par Omar Bongo. Les présidents Abdou Diouf du Sénégal, Gnassingbe Eyadema du Togo, Alpha Omar Konare du Mali, Mathieu Kerekou du Bénin, Ange-Félix Patassé de Centrafrique, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de Guinée équatoriale et Idriss Deby du Tchad y prennent part. L’objectif du sommet est de réunir les deux protagonistes de la guerre civile congolaise pour trouver une solution de sortie de crise. En dernière heure, Lissouba choisit de se faire représenter par son Premier Ministre Kolelas, alors que Sassou-Nguesso est bien présent. Le sommet ne produit aucun résultat concret.

Au début du mois d’octobre, pour contrer son opposant Jonas Savimbi qui a apporté son soutien à Lissouba, le Président angolais José Eduardo dos Santos vient à la rescousse de Sassou-Nguesso et engage un fort contingent de l’armée angolaise dans la guerre civile congolaise. Le rapport des forces sur le terrain s'en trouve totalement inversé. Les revers militaires qui s'ensuivent, poussent les principaux dignitaires du régime Lissouba à se replier à Pointe-Noire. Le 9 octobre, les Cobras et l’armée angolaise s’emparent de l’aéroport de Maya-Maya. Le 11, l’aviation angolaise entre en action et lâche des bombes sur le Palais présidentiel et sur les quartiers de Bacongo et Makelekele. Lissouba est contraint de quitter Brazzaville et de se replier sur Dolisie. Le 14, Brazzaville tombe aux mains des Cobras et de l’armée angolaise. Le lendemain, Pointe-Noire est occupée sans heurts par les troupes angolaises. C’est la fin pour le régime de Lissouba. Les dignitaires s’enfuient le plus vite possible vers les pays voisins. Le Président de la République lui-même transite par Nkayi et Sibiti avant de traverser la frontière gabonaise.

Le 24 octobre 1997, Denis Sassou-Nguesso s’autoproclame Président du Congo et promulgue un Acte fondamental qui aménage une transition flexible.

Conclusion pour Bernard Kolelas[modifier | modifier le code]

Outre le président déchu Pascal Lissouba, l'autre grand perdant politique dans la guerre civile du Congo semble être le Premier ministre Bernard Kolelas, qui a fui vers Kinshasa. J'ai visité la maison de M. Kolelas en Octobre 1997, ainsi que le composé de ses milices "Ninja" dans le quartier de Bacongo de Brazzaville.

Le signe sur la porte d'entrée dit "infirmerie". Mais ce bâtiment en stuc disparu dans l'enceinte du Premier ministre congolais déchu Bernard Kolelas et sa milice Ninja est emballé avec des armes et des munitions non utilisées, y compris des missiles antichars et des obus de fusil sans recul. Pas un pansement simple ou flacon de médicament peut être vu. Un autre bâtiment à proximité dans le composé détient des caisses d'obus de mortier, des grenades et des balles. Un lance-roquettes multiples mobiles est en bon état ​​juste en dehors de cet arsenal, deux fusils abandonnés gisant dans la boue par ses roues. Il n'y a pas des traces de brûlure ou d'autres signes pour indiquer qu'il n'a jamais été tiré. commandants de la milice Cobra qui contrôlent maintenant Brazzaville dire les forces de M. Kolelas "tout simplement abandonné les armes et se sont enfuis quand ils ont été attaqués en fin Congo de cinq mois de guerre civile . M. Kolelas et les Ninjas resté neutre pendant la majeure partie de la guerre, mais a jeté avec déchu président Pascal Lissouba en Septembre (1997).Les Cobras, fidèles au général Denis Sassou-Nguesso, apparente du pays nouveau chef, dire qu'il y avait peu de sérieux combats avec les Ninjas, si l'odeur de la mort est encore dans le composé Kolelas - preuves personnes y sont morts.

M. Kolelas, ancien maire de Brazzaville, est maintenant en exil à Kinshasa, à travers le fleuve Congo. Aides dire ses milices Ninja sont encore largement intacte, mais admettent qu'ils se sont retirés de la capitale congolaise. Les aides disent attendre pour obtenir des conseils sur l'opportunité de commencer à lancer des attaques de type guérilla sur les Cobras rivales et leurs alliés militaires angolais, dont certains restent à Brazzaville.

M. Kolelas aides «revendiquer leurs combattants sorti de Brazzaville à cause de ce qu'ils appellent le choc psychologique de l'original angolais adossés à des attaques contre leurs positions dans la capitale.Ils disent que les Ninjas n'étaient pas des soldats formés: que voulez-vous, demandent-ils?

Commandants Cobra indiquent qu'ils ne sont pas gravement préoccupé par la menace d'une attaque possible par les Ninjas. Ils soulignent l'Ninjas "retraite précipitée initiale sous le feu, ainsi que les armes, les Ninjas laissés -

Conséquence pour Brazzaville[modifier | modifier le code]

Outre les destructions matérielles, la guerre a eu un impact profond dans la société. La ville a été transformée, des quartiers entiers du centre-ville se sont dépeuplés, les habitants de la capitale congolaise ayant mis en place de nouvelles stratégies résidentielles afin de s'éloigner du centre-ville jugé désormais trop risqué.

Les mouvements de réfugiés[modifier | modifier le code]

La guerre civile au Congo-Brazzaville et l'intensité des combats qui ont dévasté la capitale du pays ont envoyé des milliers de réfugiés à travers le fleuve Congo à Kinshasa. À la mi-octobre 1997, certains ont tenté de rentrer chez eux, mais la plupart a pris la fuite.

Alors que certains réfugiés risquent un retour en commençant à reconstituer un semblant de vie perturbé par cinq mois de guerre civile, la plupart préfère rester dans la sécurité de la région de Kinshasa. Selon les fonctionnaires de l'ONU il y a quelques 36.000 réfugiés congolais enregistrés dans la capitale de l'ex-Zaïre. Un peu moins de 12.000 dans un camp de tentes près de l'aéroport international et le reste avec des amis et des proches de la ville. Au camp de tentes de Kinkole, ouvert en juin 1997 à environ 45 kilomètres du centre de Kinshasa, les réfugiés écoutent de la musique pendant qu'ils attendent des nouvelles sur les conditions à travers le fleuve Congo. Ils disent qu'ils veulent rentrer chez eux, mais estiment que la situation politique reste instable et incertaine. Les travailleurs humanitaires disent que quelques-uns partent pour revenir en arrière, des réfugiés continuent d'arriver - jusqu'à 50 personnes par jour.

Les raisons du conflit ?[modifier | modifier le code]

L'objectif transitoire du pouvoir, pour asseoir son autorité, fut à l'évidence de neutraliser matériellement et symboliquement tous les quartiers stigmatisés comme "territoire ninja" (ennemi), de gommer la forte identité culturelle et politique que représentait cet ensemble urbain en le vidant de ses jeunes et de ses élites, de détruire ce territoire toujours rebelle, trop fortement enraciné dans l'histoire de Brazzaville.

Chronologie[modifier | modifier le code]

De juillet 1993 à 1994 : Brazzaville est le théâtre d'une guerre civile opposant partisans du président Lissouba, partisans de l'ancien président Sassou-Nguesso et partisans de Bernard Kolélas, dirigeant du principal mouvement d'opposition et maire de Brazzaville.

  • 1995 : Le conflit, qui aurait provoqué la mort de deux mille personnes et entraîné le déplacement à l'intérieur du pays de cent mille personnes, ne s'apaise qu'avec l'entrée de quatre membres de l'opposition au gouvernement. Cependant, l'État ne parvient pas à contrôler les milices partisanes armées, recrutant parmi les jeunes Congolais touchés par le chômage et encadrées par des militaires.
  •  : La guerre civile reprend de plus belle alors qu'une élection présidentielle doit avoir lieu en juillet.
  •  : L'armée appuyée par les "Zoulous" (la milice privée du chef de l'État) encercle la résidence de Denis Sassou-Nguesso. Celui-ci répond en s'appuyant sur sa propre milice (les "Cobras"). Durant quatre mois, de violents affrontements se déroulent dans Brazzaville, la dévastant et la vidant de ses habitants. Dans l'incapacité de l'emporter avec leurs seules forces, les belligérants font appel à des aides extérieures : Lissouba, bientôt allié de Kolélas, a recours à des pilotes d'hélicoptères Mi-24 des anciens pays de l'Est, Sassou-Nguesso fait, quant à lui, appel aux forces du président angolais Dos Santos dont il a toujours été proche politiquement. Ces dernières, qui interviennent en masse en profitent pour prendre à revers leurs adversaires de l'UNITA alliés traditionnels des Congolais de Kinshasa.
  •  : Sassou-Nguesso, victorieux, déclare la fin de la guerre (dont le bilan serait de 4 000 à 10 000 morts), appelle à la réconciliation des Congolais.
  •  : Sassou-Nguesso se proclame président après avoir formé un gouvernement d'union nationale dont l'éventail se révèle vite bien étroit. Ce dernier a pour mission de déterminer la durée et les modalités de la période de transition précédant la tenue d'élections générales.
  • 1999 : Les combats reprennent entre armée et "Ninjas". La guerre civile laisse des traces indélébiles et divise profondément le pays : le Nord restant proche de Sassou-Nguesso, le Centre-Ouest rattaché à Lissouba (en exil), et la région du Pool (Brazzaville) à Kolelas (en exil). Le Congo devient une zone où les miliciens non payés font régner l'insécurité. En demandant l'aide de l'Angola, le pays s'est trouvé impliqué dans le grand conflit qui frappe la région des Grands lacs.
  •  : Un accord de paix a été conclu entre toutes les factions armées du pays. Le fossé semble pourtant demeurer entre les acteurs politiques de l'intérieur et ceux dont l'exil se prolonge. Après la cessation de la guerre, le gouvernement congolais devra désormais se consacrer à la reconstruction et à la réhabilitation des infrastructures détruites.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notamment Patrice Yengo dans La Guerre civile du Congo-Brazzaville - 1993-2002 - Chacun aura sa part, Paris, Karthala, 2006.