Pointe-Noire (République du Congo)

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Pointe-Noire
Administration
Pays Drapeau de la République du Congo République du Congo
Département Pointe-Noire
Maire Roland Bouiti Viaudo (2008)
Gouverneur Alexandre honoré MPaka (2008)
Démographie
Population 1 100 000 hab. (2007)
Densité 962 hab./km2
Géographie
Coordonnées 4° 46′ 43.21″ S 11° 51′ 49.1″ E / -4.7786694, 11.8636394° 46′ 43.21″ Sud 11° 51′ 49.1″ Est / -4.7786694, 11.863639  
Altitude 14 m
Superficie 114 400 ha = 1 144 km2
Localisation

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Pointe-Noire

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Pointe-Noire
Liens
Site web www.pointenoireinformation.com

Pointe-Noire est une ville de la République du Congo, située au centre-ouest de l'Afrique, sur la façade atlantique. La ville est le débouché naturel d'un axe de communication prépondérant pour l’Afrique centrale, et représente pour la République du Congo, du fait de l'activité pétrolière et de son port en eau profonde, un poumon économique.

Avec plus de 1,1 million d'habitants (les Ponténégrins), Pointe-Noire, aussi appelée Ponton La Belle ou Ndindji, est l'ancienne capitale du département du Kouilou, aujourd'hui séparée de ce dernier. La ville compte six arrondissements ; elle est jumelée avec la ville du Havre en Haute-Normandie. Depuis le début des années 1980, Pointe-Noire n'a cessé de croître et d'attirer de nouveaux habitants, du fait surtout de l'activité pétrolière de Total (ancien Elf Congo), d'ENI et d'autres groupes pétroliers ainsi que de la quiétude qu'offre la ville.

Autres noms de Pointe-Noire[modifier | modifier le code]

Pointe-Noire est surnommée Ponton par ses habitants, ou Ndjindji, en référence à l'ancien village de pêcheurs sur lequel on a bâti la ville.

Géographie et climat[modifier | modifier le code]

Pointe-Noire bénéficie d'un climat tropical de savane, assez doux le jour (de 21,4° de température moyenne en juillet à 26,8° en mars)[1] et d'une température encore plus douce le soir (environ 22° à 26°).

La ville est située sur un plateau entrecoupé de vallons marécageux à 510 kilomètres à l'ouest de Brazzaville, la capitale du pays.

Démographie[modifier | modifier le code]

La population de la municipalité de Pointe-Noire est d'environ 711 128 habitants selon le recensement de 2007, répartis sur six communes qui sont Lumumba, Mvoumvou, Tié Tié, Loandjili, Mongo Mpoukou et ngoyo.

La population congolaise y représente environ 70 % de la population, le reste étant constitué de ressortissants de la République démocratique du Congo (15 %), d'africains de l'ouest (5 %), de Libanais et d'expatriés européens.

La ville compte 48 % d'habitants de moins de 20 ans et 33 % de chômeurs.

La langue la plus parlée est le kikongo ou kituba, suivie du français, langue officielle du pays. Le kituba est la « langue du chemin de fer », langue véhiculaire des régions bordant le chemin de fer Congo-Océan, qui facilite les échanges commerciaux entre les populations desdites régions.

La population de la ville se déclare majoritairement chrétienne (58 %), contre 27 % d'athées ou d'agnostiques, 11 % relevant des églises dites de réveil et 2 % de musulmans.

Croissance et consommation de l’espace[modifier | modifier le code]

Depuis sa fondation, Pointe-Noire a connu un très fort taux d'accroissement de sa population, 4,5 % dans les premières années jusqu'en 1990. De 2 000 habitants à sa création, la ville compte aujourd’hui un peu plus d’un million d’habitants.

Urbanisation[modifier | modifier le code]

La caractéristique essentielle de Pointe-Noire est son développement urbain extensif qui a pour conséquence la consommation incontrôlée de l'espace. Cette forte consommation de l'espace est aussi due au mode de construction qui privilégie l'extension en horizontal, pour la grande partie de la ville, c'est-à-dire toute la partie Est. La ville, en moins de 50 ans, a grandi de façon exponentielle et elle est sortie de ses limites originelles. Cette croissance se fait en plusieurs étapes, surtout pour les quartiers de la cité. Pour le centre la consommation de l'espace est équilibrée.

Organisation administrative[modifier | modifier le code]

Depuis 2011[2], la ville de Pointe-Noire compte six arrondissements :

La ville de Pointe-Noire englobe aujourd'hui de nombreuses localités auparavant autonomes, comme Ngoyo, Siafoumou ou Loango.

Histoire[modifier | modifier le code]

Loango fut d'abord la porte d'entrée de la colonie du Moyen-Congo, créée suite aux explorations de Pierre Savorgnan de Brazza. De 1880 à 1920 c'est la période de l'occupation du Congo et des pacifications et, en 1883, Robert Cordier, le commandant du Sagittaire, est obligé de signer un traité de paix avec les dignitaires vilis à Tchimbamba mais la future ville de Pointe Noire reste encore éclipsée par Loango qui est, jusqu'en 1920, le chef-lieu du Kouilou.

La décision de construire un port en eau profonde poussera les administrateurs coloniaux à abandonner Loango au profit de Pointe Noire. Elle sera aussi, de ce fait, choisie pour être le terminus du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO), grande entreprise ayant nécessité 125 000 travailleurs. Pour mobiliser tous ces travailleurs dans ce Moyen-Congo qui n'est alors peuplé que de 400 000 habitants en 1920, le Gouverneur Général de l'Afrique Equatoriale Française, Victor Augagneur ,crée alors la circonscription du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) le 26 septembre 1921 avec chef-lieu Loudima ; Pointe-Noire devient pour la première fois district ou subdivision et éclipse Loango. En 1922 Augagneur réaménage encore la division administrative du Moyen-Congo et le Kouilou redeviendra une région mais cette fois-ci avec Pointe Noire comme chef-lieu ; cela sonnera le glas de Loango qui tombera progressivement dans l'oubli.

Le premier lotissement de la ville se fait en septembre 1922 dans la zone du port mais le périmètre urbain ne sera délimité que par l'arrêté du Gouverneur Marchand, en date du 9 décembre 1925. Le 28 décembre 1936, le Gouverneur général de l'AEF, François Joseph Reste, élèvera Pointe-Noire au rang de commune mixte tout comme Port-Gentil. Pointe-Noire deviendra commune de plein exercice par la loi du 18 novembre 1955. Mais, auparavant, par le décret N° 50-276 du Président du Conseil des Ministres de la France Georges Bidault, en date du 28 février 1950, Pointe-Noire sera devenue le chef-lieu du territoire du Moyen-Congo.

En 1921 est donné le premier coup de pioche des travaux de la construction du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) et de ses ports par le gouverneur général Victor Augagneur.

À partir de 1949, et jusqu'au vote de l'Assemblée Territoriale du 28 novembre 1958, Pointe-Noire devient capitale du Moyen-Congo, en abritant le siège du gouverneur, du chef du territoire et de l'assemblée territoriale et des services administratifs.

En novembre 1958, à la suite de la loi-cadre de Gaston Defferre de 1956, le territoire du Moyen-Congo devient la République Autonome du Congo, premier pas vers l'Indépendance qui sera proclamée le 15 août 1960.

Le 21 novembre 1959 ont lieu les premières élections législatives, à la suite d'événements que l'on peut qualifier de rocambolesques et de dramatiques en même temps, l'abbé Fulbert Youlou est élu premier ministre de la république du Congo, battant de ce fait Jean-Félix Tchicaya, le premier et unique député congolais à l'assemblée française dès 1946.

Suite aux incidents ayant émaillé les élections législatives, les députés de l'UDDIA, étant restés seuls dans la salle, décident du vote de l'acte constitutionnel, dans la même nuit, transfèrent sans débat et consultation la capitale du Congo à Brazzaville, lieu plus rassurant pour les vainqueurs de ces élections. Pointe-Noire cesse, de ce fait, d'être la capitale du Congo.

Pointe-Noire va cependant garder sa place de première ville économique du pays avec ses usines, son port, ses ateliers du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO). La ville va perdre son autonomie administrative, toutes les décisions en ce qui la concerne vont émaner des autorités de Brazzaville.

Pointe-Noire de la fondation à 1931[modifier | modifier le code]

Lorsque la ville devient subdivision ou district ou sous-préfecture en 1921, elle n'est pas encore une agglomération, car l'essentiel du trafic avec l'extérieur s'effectue via Loango, à une quinzaine de kilomètres de là.

Pointe-Noire doit donc son implantation à la perspective de la construction du port et du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) ; en fait, ce n'est encore qu'un camp de chantier. Les chantiers du port et du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) viennent à peine de débuter les travaux. Il n'y a pas encore d'implantation définitive des populations, mais dès l'année 1923, on commence à penser à l'aménagement de la ville. C'est ainsi que dès 1924, Pointe-Noire va avoir son premier plan directeur de développement. Ce plan va consacrer la division en deux de la ville : la zone européenne et la zone indigène. Dans ce premier plan, seule la partie européenne a véritablement le visage d'une cité. La gestion foncière est réglée par les dispositifs du décret du 8 février 1899 qui définit le domaine public au Congo français et aussi par le décret du 28 mars 1899 qui définit la propriété foncière au Congo français et qui disposait que « les terres vacantes et sans maître dans le Congo français appartiennent à l'État ». Le centre ville était donc réservé aux Blancs et l'administration ne s'occupa pas de ce qui se passait dans la cité indigène. Le décret du 11 décembre 1920 modifiant le décret du 28 mars 1899 sur la propriété foncière, il y est stipulé que « les biens appartenant aux indigènes […] et ceux possédés par les collectivités sont régis par les coutumes et usages locaux pour tout ce qui concerne leur acquisition, leur conservation et leur transmission ». Alors qu'en ville, l'obtention d'un terrain se faisait soit par adjudication ou par cession de gré à gré entre l'administration et un privé, dans la cité indigène, tout se faisait selon la coutume et jusqu'en 1950, on n'y parlait pas de titre foncier. C'est à partir de 1950 qu'il fut proposé aux Noirs de transformer en titres fonciers les terres détenues selon la coutume.

Toute la partie du centre-ville actuelle étant une zone de marécages peu fertile, vide de populations (sauf le petit village Ndjindji). Les colonisateurs français avaient pris soin de ne pas entrer en conflit avec les autochtones. La division de la ville était justifiée, le développement de la partie européenne se faisait autour du port et du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) (avec la gare centrale), le développement des africains à partir des villages, notamment Tié-Tié, première gare du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) au kilomètre 6. En cette période, la ville se cherche encore, commençant son développement démographique. Au départ, avec les travailleurs des deux grands chantiers (le Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) et le port), la population atteint 3 000 habitants en 1928. La population de la ville est passée de 2 000 habitants en 1930 à 22 000 en 1942, 54 600 en 1958, 140 367 en 1974 et à 500 000 en 1994. Le recensement de 2007 a affiché 711 128 habitants.

Pointe-Noire en 1931[modifier | modifier le code]

Selon Pierre Vennetier, Pointe-Noire est encore un semis de constructions éparses parmi le quadrillage des rues en terre que l'on commence à empierrer. La ville était constituée, pour l'essentiel, de l'actuel centre-ville, et elle se terminait à l'actuel rond-point du marché central. La ville (actuel centre-ville) était seulement la ville européenne. Elle était complète dans son organisation, comprenant des zones de production et des zones résidentielles avec écoles, terrains de sport… Le port n'était pas encore achevé.

Pointe-Noire en 1934[modifier | modifier le code]

Gare du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) de Pointe-Noire.

Avec l'achèvement du port et du Chemin de fer Congo-Océan en 1934, et l'installation de la société coloniale d'électricité, la ville va connaître une certaine vitalité dans ses activités. Avec l'arrivée des populations, cette période sera celle du développement de la cité. L'hôpital est construit, le marché s'agrandit, c'est la formation de la première couronne. Le premier quartier à être loti sera le Camp Chic, fait des maisons de la SCIC. Ces maisons sont construites sur des parcelles d'environ 250 m2. Elles comprennent pour l'essentiel deux chambres à coucher, un petit séjour, une douche, un W-C. et une cuisine. Le centre-ville va connaître une relative densification par l'occupation des terrains vides contenus dans le tracé directeur. Le quartier Nzinzi va se densifier le long des grands axes, il n'y a pas des nouvelles voies. Les constructions sont encore sommaires, il y a peu de bâtiments à plusieurs étages.

En ce qui concerne le paysage urbain, on note peu de changement dans la physionomie de la ville. En revanche, le développement économique se traduit par la densification du quartier du port. La ville poursuit sa progression vers l'Est, par la construction du chemin de fer Kouilou, qui rejoint Loango. La construction de l'hôpital général, sur l'un des grands axes, va introduire dans la ville le découpage en îlot. On construit la quatrième avenue, dans le quartier de l'évêché. Le développement spatial de cette partie va se faire désormais de l'est vers l'ouest.

Pointe-Noire de 1936 à 1945[modifier | modifier le code]

En 1936, on pense que la ville a atteint ses limites et que le développement devra désormais se faire à l'intérieur. Mais la ville reste essentiellement européenne. C'est au tour du village africain de connaître son développement, avec l'installation définitive des travailleurs des deux chantiers du CFCO et du port (1934 pour le premier, 1942 achèvement de la digue intérieure). Ceux-ci vont se convertir à d'autres métiers de services et de manutention. Le développement du village africain va se faire, lui aussi, dans les limites fixées dans le plan directeur de 1924, c'est-à-dire à l'intérieur de sept voies pénétrantes qui sont, en partant en arc de cercle depuis la place de Brazza, et d'ouest à l’est : l’avenue Raymond-Paillet, qui devrait rejoindre le Nord et la route de Brazzaville ; l'avenue Émile-Gentil, elle aussi en partance pour le nord ; l'avenue Monseigneur-Derouet ; l’avenue de Ma Loango[3] ; l'avenue Schœlcher, qui rejoindra plus tard la mission des sœurs ; l'avenue Moe-Pratt ; l'avenue de France, comme limite à l'Est. Le village africain est entouré sur son flanc Ouest par la rivière Tchikobo et sur son flanc Est par la rivière Tchinouka, son développement ne pouvait ainsi se faire que vers le Nord. À cette époque, le village africain sera limité au Nord par l'actuelle avenue Félix-Tchicaya, cette avenue joignait deux camps militaire, le camp colonel Genin (actuel camp 31 juillet) et le camp Saint Pierre qui n'existe plus aujourd'hui. Le marché central sera installé de la deuxième ligne à la troisième ligne entre l'avenue Monseigneur-Derouet et l’avenue Schœlcher. Cet emplacement a été choisi pour créer une dynamique centrifuge. La trame urbaine de ces quartiers sera basée sur le modèle d’une disposition radiale. À l'intérieur des sept voies, l'aménageur va disposer des voies secondaires, pour donner un découpage urbain en îlot à quatre côtés. Mais logique ne sera pas respectée à l'intérieur de chaque îlot ; en effet les rues seront parallèles aux voies secondaires. Ce découpage était fait pour permettre à l'administration coloniale de mieux contrôler les mouvements des populations, surtout en cette période de guerre. La liaison entre les deux parties de la ville se faisait par un seul point, le pont sur la Tchinouka, donnant sur l'avenue du général de Gaulle.

Pointe-Noire de 1945 à 1950[modifier | modifier le code]

C'est à cette période qu'apparaissent les premières occupations illégales du sol, dans le quartier du Kilomètre 4, au sud des ateliers du CFCO, malgré les interdictions des autorités. Ce quartier connaîtra un développement fulgurant rendant son aménagement presque impossible sans déplacement des habitants. L'architecture des habitations du village et du quartier du Kilomètre 4 est sommaire, il s’agit de constructions en matériaux bruts non traités, comme la tôle ondulée, des planches de bois ou des déchets de l'industrie. La croissance urbaine de la ville va se poursuivre selon les directions des voies principales. À partir des années 1950, le village va sortir de ses limites initiales et va s'étendre jusqu'à l'avenue de l'Indépendance. Le découpage sera le même, mais la taille des îlots sera plus grande. Cet aménagement se fera sans intervention de l'administration coloniale.

La surface du village va bientôt rejoindre celle de la partie européenne. On assiste à la naissance des quartiers Roy, Mawata, et à l'extension du quartier Mvoumvou. La population de deux parties commence à s'équilibrer à l'avantage du village.

Pointe-Noire de 1950 à 1955[modifier | modifier le code]

Le village va continuer à s'agrandir plus rapidement qu'avant, plus rapidement que le quartier européen du fait de l'ambiguïté des lois coloniales à propos du foncier. Le développement de la partie africaine de la ville sera de la volonté des propriétaires terriens. En effet, leurs droits sont reconnus dans le code foncier noir des colonies. Le quartier européen va poursuivre sa densification au gré des activités économiques et de l'arrivée des Européens ; cette partie de la ville est exclusivement réservée aux blancs. Le quartier du Losange va connaître un deuxième développement : construction de nouveaux bâtiments, de quelques routes et avenues. Le village africain va abandonner définitivement la logique de l'îlot du type haussmannien. C'est la division en petites ruelles non rectilignes qui prévaut, les surfaces des parcelles sont différentes les unes des autres. On constate une absence de places publiques ou des terrains libres dans le village africain. C'est le quartier Matende, la dernière partie de Mvoumvou.

Pointe-Noire de 1955 à 1960[modifier | modifier le code]

Le quartier Mvoumvou va se développer en direction du Nord vers la rivière Songolo, et se densifier en population. À cette même période va apparaître le deuxième quartier dit illégal de la ville, c'est le quartier Planches, avec son église en planches de bois de couleur blanche. Comme toujours dans pareille situation, l'occupation des terres se fera anarchiquement. Ce quartier n'aura pas assez de surface, car coincé entre la route de Brazzaville et la rivière Tchikobo. Plus tard, il y aura un nouveau découpage. Le cimetière, qui devait se trouver hors de la ville, sera totalement entouré par un nouveau quartier. À la fin de 1960, Pointe-Noire avait consommé ses meilleures terres, il ne restait que des terres marécageuses. Le développement de la ville ne pouvait se faire que par une densification des quartiers, c'est ce qui se passa à partir de 1960.

Pointe-Noire de 1960 à 1970[modifier | modifier le code]

1960 sera un tournant dans l'évolution de la ville ; c'est l'année de l'indépendance, même si elle n'est pas encore réelle. Les rapports sociaux ont changé, c'est-à-dire que les forces conservatrices vont redevenir fortes. Ainsi, le développement spatial de la ville, que l'on croyait terminé, va se poursuivre avec une vitesse inouïe ; on va franchir les limites naturelles qu'étaient les rivières et les forêts. Ce sera la naissance des quartiers Culotte, Makaya-Makaya (qui veut dire en langue locale feuilles-feuilles, cela pour signifier que c'est une forêt très touffue), Mbota, Mbota-Louissi (du nom des rivières, petits affluents de la Songolo) et Nkouikou.

Le centre va se densifier, ce sera le début de l'aménagement de la partie située au-delà de la rivière Tchinouka. C'est la naissance du quartier OCH (Office congolais de l'habitat, organisme d'État). Entre l'avenue de la Révolution (ex-avenue de France) et le quartier OCH se trouve une zone marécageuse ; en dépit des interdictions de construire, celle-ci va être occupée, par des populations originaires, pour la plus grande part, des pays du Niari (Bouenza, Lékoumou et Niari). On peut connaître l'ordre d'arrivée par la toponymie des nouveaux quartiers : d'abord ceux du Niari par les quartiers Dibodo et Cocotier du Niari ; après, ceux de la Lékoumou par le quartier Pont de la Lékoumou, et enfin Mouyondzi et Pont de la Bouenza, pour ceux originaires de la Bouenza. Le découpage de ces quartiers est différent des autres quartiers de la ville, avec très peu de rues et de grandes avenues. La taille des parcelles dépend de la force humaine ou des moyens financiers des habitants. Ces populations ont été attirées par les activités portuaire et pétrolière en plein essor.

Pointe-Noire de 1970 à 1990[modifier | modifier le code]

Avec les découvertes du gisement pétrolier et de celui de potasse, la ville va connaître un boom économique entre 1970 et 1985, attirant encore une forte migration. Cette migration sera le fait des populations congolaises, africaines et européennes. Une étude socio-urbaine d'Urbanor, en 1980, va consigner que le centre-ville va connaître une forte augmentation, c'est-à-dire pour le centre avant 1960- 38,20 % après 1975- 15,17 % pour le quartier périphériques avant 1960 -32,83 % après 1975- 7,46 %[Quoi ?]. Cette période sera celle de la densification relative en construction de la partie européenne ; les sociétés minières et de services vont lotir dans des sortes de ZAL (zone d'aménagement libre). Ce sont les habitations de la COMILOG, (Compagnie minière de l'Ogoué du Gabon), ELF-Congo, CPC (Compagnie des Potasses du Congo) et d'autres. Dans la partie Est (village), ce sont les quartiers périphériques qui vont se développer, en poursuivant la deuxième phase de densification et l'amorce d'une mise en valeur.

Pointe-Noire de 1990 à 1992[modifier | modifier le code]

Cette période sera surtout celle d'un autre développement, du fait de la crise économique frappant le pays depuis la fin 1985. On verra naître les petits métiers du secteur dit informel. La physionomie de la ville ne va pas changer. La ville va connaître une forte croissance démographique.

Pointe-Noire pendant les guerres civiles, fin des années 1990[modifier | modifier le code]

Pointe-Noire, poumon économique du Congo, est épargnée par les destructions des guerres civiles. Lorsque le pays est en proie à plusieurs luttes internes, divers intervenants agissent pour préserver la ville, ainsi que les intérêts pétroliers qu'elle abrite.

En octobre 1997, Denis Sassou-Nguesso a cependant fait appel à l'armée angolaise pour prendre la ville, sans combat.

Économie[modifier | modifier le code]

L'activité pétrolière constitue toujours le secteur principal de l'économie ponténégrine. Elle emploie une forte quantité de main-d'œuvre et génère une forte activité de sous-traitance.

La présence du port, l'essor des services, ainsi que la construction d'un aéroport international, ont fait de Pointe-Noire une cité de première importance pour le commerce africain. Elle assure 83 % des recettes budgétaires de la République du Congo.

Son industrie est un peu diversifiée : production de gaz, textile, alimentation, chimie…

Depuis le début des années 1990, l'économie informelle, faite de multiples commerces et services s'y est développée en réponse au chômage qui touche les diplômés du système éducatif.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Plage de Pointe-Noire.

Pointe-Noire est une ville où il fait bon vivre. Comparée à Brazzaville, le banditisme y est plus rare.[réf. nécessaire]

Le centre-ville compte de nombreux édifices qui rappellent le passé colonial : la Gare CFCO, chef-d'œuvre des années 1930, et d'autres édifices remarquables des années 1930 à 1955, comme la Cathédrale Notre-Dame (architecte Alazard, 1953), la Chambre de Commerce de style Arts-Déco ou encore la Poste Centrale. On peut aussi y trouver un marché de produits d'artisans tels que des statuettes, des masques, des peintures, etc.

La plage de Loango, lieu de débarquement des premiers missionnaires catholiques, et la plage de la Pointe-Indienne sont des lieux de détente. Les gorges de Diosso et le lac Nanga à la sortie sud sont des lieux de visites touristiques.

Transports[modifier | modifier le code]

Minibus à Pointe-Noire.

À Pointe-Noire, comme à Brazzaville, les transports en commun sont le fait d'opérateurs privés qui exploitent des bus, des taxis ou des taxis-communs. Ainsi, un nombre significatif des résidents de la ville dépend de ces taxis ou minibus informels. Le tarif pour une course en taxi dans la ville est de 700 Francs CFA (1 euro)[Quand ?]. Pour un trajet plus long (de l'aéroport à la ville), il faut compter 1 000 Francs CFA[Quand ?]. Pour les taxis collectifs, dits 100-100, qui font des aller-retour le long d'un trajet unique, leur tarif est de 150 Francs CFA[Quand ?].

Le chemin de fer sert surtout au transport vers l'hinterland et Brazzaville.

Pointe-Noire est reliée à toutes les villes du pays par voie aérienne, ferroviaire ou par route. La route reliant Pointe-Noire à Brazzaville devrait être intégralement ouverte en 2015. Le tronçon Pointe-Noire — Dolisie est fonctionnel depuis 2011.

L'aéroport Agostinho-Neto est un aéroport international, desservi par de plusieurs compagnies aériennes.

Éducation[modifier | modifier le code]

On trouve à Pointe-Noire plusieurs lycées et écoles internationaux, comme Victor Augagneur, Poaty Bernard, Charlemagne, ainsi que des écoles privées. Plusieurs centres privés offrent des études de BTS mais, malgré une population d'un million d'habitants et une industrie pétrolière essentielle à l'État, la ville n'abrite aucune université publique. Cependant, depuis 2002, l'Université Professionnelle d'Afrique assure un enseignement avec des programmes Bachelor (Bac +3) et MBA (Bac +5) en alternance école — entreprise. Elle bénéficie d'un partenariat avec Sciences Po Aix (IEP d'Aix en Provence).

Évêché[modifier | modifier le code]

L'évêché est situé dans le quartier du plateau.

L'église Saint-Pierre a été érigée en cathédrale à la place de Notre-Dame, située dans le quartier du Plateau, quartier administratif relativement peu peuplé. Saint-Pierre, proche du rond-point Lumumba et du grand marché, est davantage proche de la population ponténégrine.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Diagramme ombrothermique - Pointe-Noire », sur nom-des-nuages.perso.sfr.fr (consulté le 14 novembre 2014)
  2. « Journal officiel de la République du Congo : Loi n° 15-2011 portant création des arrondissements n° 5 Mongo-Mpoukou et n° 6 Ngoyo dans la commune de Pointe-Noire »,‎ 26 mai 2011
  3. Cette voie coupant le village en deux, telle une ligne de démarcation ethnique. Ttous les quartiers des originaires du Kouilou-Niari à l'ouest et les autres à l'Est. C'est dans cette moitié Ouest que l'on a les quartiers Mayumba et MvouMvou