Teodoro Obiang Nguema Mbasogo

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Teodoro
Obiang Nguema Mbasogo
Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, en 2008.
Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, en 2008.
Fonctions
2e président de la République de
Guinée équatoriale
En fonction depuis le 12 octobre 1982
(31 ans, 11 mois et 18 jours)
Élection 12 juin 1989
Réélection 25 février 1996
15 décembre 2002
29 novembre 2009
Premier ministre Cristino Seriche Bioko
Silvestre Siale Bileka
Ángel Serafín Seriche Dougan
Cándido Muatetema Rivas
Miguel Abia Biteo Boricó
Ricardo Mangue Obama Nfubea
Ignacio Milam Tang
Vicente Ehate Tomi
Prédécesseur Lui-même (président du Conseil militaire suprême)
Président du Conseil militaire suprême de la République de Guinée équatoriale
3 août 197912 octobre 1982
Prédécesseur Masie Nguema Biyogo (président de la République
Successeur Lui-même (président de la République
9e président de l'Union africaine
31 janvier 201129 janvier 2012
Prédécesseur Bingu wa Mutharika
Successeur Boni Yayi
Biographie
Nom de naissance Teodoro Obiang Nguema Mbasogo
Date de naissance 5 juin 1942 (72 ans)
Lieu de naissance Acoacán (Guinée espagnole)
Nationalité équato-guinéenne
Parti politique Parti démocratique de Guinée équatoriale
Conjoint Constancia Nsue Mangué
Enfant(s) Teodoro Nguema Obiang Mangué
Diplômé de Académie générale militaire de Saragosse
Religion Catholicisme

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo
Présidents de la République de
Guinée équatoriale

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, né le 5 juin 1942, est l'actuel président de la République de Guinée équatoriale depuis 1979.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Acoacán dans le district de Mongomo, il est le troisième enfant d'une fratrie de dix. Il débute ses études à huit ans à l'école officielle de Mongomo puis au groupe scolaire Cardinal de Cisneros à Ebebiyin.

En 1963, il intègre les cadets de la garde territoriale puis, la même année, l'Académie générale militaire de Saragosse (Espagne). Il se spécialisera dans la conduite de véhicules militaires.

Il débute sa carrière militaire en 1965 dans la garde territoriale de Guinée équatoriale à Mikomeseng.

En 1969, son oncle, Francisco Macías Nguema, est élu président de la République. Celui-ci lui offre le poste de commandant de l'armée et des régions militaires de la capitale. L'année suivante, toujours par son oncle, il est promu au ministère de la Défense en tant que directeur général de l'approvisionnement et de la planification.

En 1975, il prend la tête des forces armées puis est nommé vice-ministre des Forces armées populaires en 1979. La même année, il renverse son oncle, prend le pouvoir comme président du Conseil militaire suprême avant d'être nommé président de la République en 1982.

Le 22 août 1982, la proclamation des résultats du référendum sur une nouvelle Constitution annonce une majorité de 95,38 % de oui. Il sera élu président de la République en 1989 (99,96 % des voix) et réélu en 1996 (99 %), en 2002 (97,1 %) et 2009 (96,7 %).

Selon Reporters sans frontières, il fait partie des « prédateurs » de la liberté de la presse, au côté de Fidel Castro et Than Shwe[1].

Il entretient des rapports tendus envers l'ancienne puissance coloniale qui l'empêche d'exécuter les opposants qui y trouvent refuge.[réf. nécessaire]

Ces dernières années, le président Obiang semble être tombé entièrement sous l'influence de son épouse qui n'a de cesse de vouloir faire accéder son premier fils, Teodorín (Teodoro Nguema Obiang Mangué, fils du président) à la présidence équato-guinéenne. Ce dernier, ancien diplomate aux États-Unis, y a été arrêté en février 2001 pour détention illicite et introduction illégale de drogue aux États-Unis et n'a dû son salut qu'à son immunité diplomatique (l'affaire est étouffée). Il rentre alors au pays pour devenir ministre du Pétrole[réf. nécessaire].

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est élu, lors du 16e sommet de l'Union africaine, président en exercice pour un an entre février 2011 et janvier 2012[2].

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Teodoro Obiang Nguema reproche aux pays industrialisés d'être responsables du retard de l'Afrique et des changements climatiques. Il a souhaité devant l'Assemblée générale de l'ONU que les pays industrialisés soient tenus responsables des dommages et des préjudices découlant des effets du changement climatique[3]

Dépenses personnelles[modifier | modifier le code]

La richesse du président Obiang et de sa famille semble provenir pour une bonne part du trafic international de drogue. En février 1997, l'International Narcotics Board, dans son rapport officiel, plaça la Guinée équatoriale parmi les neuf narco-États africains. La Dépêche internationale des drogues, publiée par l'observatoire géopolitique des drogues de Paris, publia en août de la même année :

«...depuis 1988, plus d'une dizaine de diplomates ou membres de la famille présidentielle ont été arrêtés à cause du trafic des drogues dans différents pays...».

Ces dernières années, le trafic semble avoir perdu de son ampleur d'antan, le régime voulant devenir fréquentable pour mieux vendre ses concessions pétrolières.[réf. nécessaire]

Des journalistes du Los Angeles Times ont découvert des preuves que de grandes compagnies pétrolières américaines paient des revenus directement sur un compte détenu, sous le contrôle du président, à la Riggs Bank, basée au centre ville de Washington, D.C.... (le solde était de 300 millions de USD)[4]. Le magazine Forbes assure qu'il est l'un des chefs d'État les plus riches du monde, avec une fortune estimée à 600 millions de dollars[5]. Des sources officielles l'ont accusé de considérer les biens de l'État comme sa propriété personnelle[6].

Le 18 juin 2007, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire à l'encontre de Téodoro Obiang, Denis Sassou Nguesso, Omar Bongo, Blaise Compaoré et José Eduardo dos Santos et leur entourage, accusés par trois associations françaises (Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora)[7] de « recel de détournement de fonds publics ». En janvier 2008, le journal français Le Monde révélait les conclusions de l'enquête de police classée sans suite pour « infraction insuffisamment caractérisée » en novembre 2007. Le chef de l'État guinéen et sa famille possèdent, en région parisienne, plusieurs biens mal acquis supposés, dont au moins une propriété au nom de Teodoro Obiang Nguema et « une quinzaine de véhicules au nom du fils du président, Teodorín Nguema Obiang, pour un montant estimé de plus de 5,7 millions d'euros, acquittés par des virements de sociétés intermédiaires[8] ».

Le 2 décembre 2008, pour demander la restitution de ces biens mal acquis supposés, Transparency International France, l'association Sherpa et un citoyen gabonais ont déposé une nouvelle plainte assortie d'une constitution de partie civile visant Teodoro Obiang, Omar Bongo et Denis Sassou Nguesso ainsi que leurs entourages pour « recel de détournement de fonds publics[9] ». Le 5 mai 2009, la juge Françoise Desset, du pôle financier de Paris, juge recevable cette plainte[10], décision à laquelle le parquet a fait appel[11]. Le 29 octobre 2009, la cour d'appel de Paris a donné raison au ministère public et jugé la plainte de Transparency International irrecevable. Suite au pourvoi en cassation de l'association[12], la Cour de cassation a décidé le 9 novembre 2010 que la plainte de Transparency International était recevable permettant désormais à un juge d'instruction français d'enquêter. Le 24 février 2012, la justice française saisit 200m cube de biens dans l'hôtel particulier Nguema situé avenue Foch, dans le XVIeme arrondissement de Paris[13].

En mai 2009, le parquet anticorruption espagnol a demandé une enquête pour blanchiment sur les comptes et investissements en Espagne du président Teodoro Obiang suite à une plainte déposée en décembre 2008 par l'association pour les droits de l'Homme en Espagne, au sujet d'un transfert d'environ 19 millions d'euros de la banque américaine Riggs sur le compte d'une banque espagnole aux Baléares, entre 2000 et 2003[14].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Guinée-Equatoriale : au nom du père, du fils et des compagnies pétrolières », Manon Duret, Le Journal International, 12 février 2013
  2. Teodoro Obiang Nguema devient le nouveau président de l'Union africaine, Jeune Afrique, 30 janvier 2011.
  3. Discours d'Obiang Nguema devant l'Assemblée générale de l'ONU, 21 septembre 2011.
  4. Peter Maass, Pétrole brut, Editions Autrement, 2010. P. 49
  5. (en) Fortunes Of Kings, Queens And Dictators et part of a slideshow
  6. Fortunes of kings, queens and dictators: A look at the world's wealthiest leaders, Forbes on MSNBC.com, 15 mai 2006. Dernier accès le 21 octobre 2010.
  7. cellulefrancafrique.org
  8. Enquête du journal Le Monde, 31 janvier 2008
  9. Biens mal acquis africains, nouvelle plainte, Rue89, 2 décembre 2008.
  10. Feu vert d'une juge française pour enquêter sur trois chefs d'État africains, Dépêche AFP, 5 mai 2009.
  11. http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hxc-4GG2MhpKeCzDHTlHJh5q2tLw Dépêche AFP 5 mai 2009
  12. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20101026.OBS1862/biens-mal-acquis-decision-de-la-cour-de-cassation-le-9-novembre.html
  13. http://www.liberation.fr/depeches/01012392011-biens-mal-acquis-200-m3-de-biens-de-la-famille-obiang-saisis-a-paris
  14. http://www.portalangop.co.ao/motix/fr_fr/noticias/africa/parquet-espagnol-pour-une-enquete-sur-les-comptes-president-Obiang,c658bf06-30c7-4f32-a388-aa01cadb69ad.html
  15. « Obiang promu Docteur honoris causa en Sciences économiques », sur http://www.france-guineeequatoriale.org,‎ 3 décembre 2013 (consulté le 16 mars 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]