Histoire du rock

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Le genre musical rock est apparu vers 1950 aux États-Unis. Le rock ressemblait alors à un mélange de jazz, de blues et de country music, mais aussi de bluegrass et certaines influences folk ou européennes ne sont pas à négliger. Depuis, le rock a évolué et il est maintenant devenu un style de musique puissant et très varié.

Le rock connaît dès 1955 aux États-Unis un grand succès. Plusieurs artistes américains suivent Bill Haley : Elvis Presley, Buddy Holly, Jerry Lee Lewis, Eddie Cochran, Chuck Berry, Bo Diddley, Little Richard et bien d'autres. Les précurseurs avaient été dans leur immense majorité des musiciens noirs, à tendance jazzy : Louis Jordan, Big Joe Turner, mais aussi Louis Armstrong, Duke Ellington, Sidney Bechet, et tant d'autres, oubliés, négligés, minimisés.

Mais à la fin des années 1950, le rock'n'roll perd sa popularité et sa vitalité: les plus grands de l'époque « disparaissent », comme Elvis Presley, le Roi, qui part au service militaire en 1958, en Allemagne, et raccroche la scène pour signer avec Hollywood la réalisation de 33 films, de qualité très discutée, pour ne revenir qu'en 1968; le sans relief Pat Boone prendra sa place dans les charts.

Pourtant, loin des États-Unis, on s'apprête à prendre le relais. La révolte des jeunes européens, et en particulier des jeunes britanniques, et aussi des allemands et des français, se servira du rock. Cette révolte contre un ordre établi qu'ils rejettent marquera le rock'n'roll, mais aussi se servira de lui, jusqu'à nos jours.

Sommaire

1951 : Les origines : le rock 'n' roll[modifier | modifier le code]

Origines musicales[modifier | modifier le code]

  • Une fusion de styles

Le rock doit ses origines à de nombreuses musiques populaires du début du XXe siècle aux États-Unis, toutes, jusqu'alors, très catégorisées, chacune limitée à un public ou à des interprètes très définis : le jazz, le boogie-woogie, le rhythm and blues, le blues, pour les « musiques de Noirs » ; la country et le folk pour les « musiques de Blancs ». La fusion de ces styles deviendra le rock'n'roll :

Le rock emprunte les instruments du jazz (guitare, contrebasse, batterie, saxophone…), au blues les douze mesures et la suite d'accords « I-IV-V », au country le rythme binaire avec un tempo rapide et, enfin, au folk certaines ballades traditionnelles jouées au tempo d'origine ou accélérées.

  • Des innovations d'enregistrement
1) Le slap de basse

L'utilisation agressive de la contrebasse, jouée en frappant les cordes, permet d'ajouter des effets de percussion dans la section rythmique : on peut entendre cet effet dans That's all right mama d'Elvis Presley, dans laquelle on croit entendre des sons de percussions, que l'on pourrait attribuer à une batterie. On sait aujourd'hui que Bill Black « donnait des claques » aux cordes de sa contrebasse.

2) Le « slapback »

À cette époque, un écho court est utilisé sur les voix et les guitares. Le principe consistait à mixer, avec un magnétophone à bande, le son direct avec son retour monitor. De plus, le décalage de quelques centimètres entre la tête d'enregistrement et celle de lecture induisait quelques dixièmes de secondes de retard. L'écho à bande était né (Sam Philips des studios Sun en était un des précurseurs). Des pédales d'effets électroniques pour guitare reproduisent aujourd'hui cet écho court qui permet d'obtenir un son rockabilly des plus réalistes.

3) « La puissance du chant »

Les chanteurs ont un chant puissant, en dehors de toute technique classique de chant, loin des chanteurs de Jazz. On peut citer Little Richard comme exemple.

Origines sociales[modifier | modifier le code]

  • Sud des États-Unis

Le rock 'n' roll est une musique venue essentiellement du sud des États-Unis, même si au nord, à Chicago, la maison de disques Chess s'y fait remarquer. Le nombre de musiques et la place qu'elles occupent dans le quotidien des américains des États du Sud y ont certainement contribué; les musiciens à la recherche de nouveauté y puiseront ce qu'ils n'appellent pas encore le rock'n'roll.

  • Classes populaires

Le sud des États-Unis n'est pas une région riche à l'époque. Nombre de descendants d'esclaves y chantent encore le Blues dans la misère. La plupart des musiciens qui se feront connaître sont d'ascendance modeste (Elvis est chauffeur de camion, par exemple).

  • Noirs et blancs

Contrairement aux pratiques musicales de l'époque, les musiciens de rock seront indifféremment blancs ou noirs. Jusqu'à ce qu'Alan Freed ait la bonne idée de faire connaître aux blancs la musique noire nommée R'n'B, chacun écoutait le style de musique qui « convenait » à son appartenance ethnique. Le rock fera tomber ces barrières. Citons parmi les musiciens blancs: Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Bill Haley… et parmi les noirs : Fats Domino, Chuck Berry, Bo Diddley, Little Richard, Ike Turner

  • Revendications d'une nouvelle classe sociale : les adolescents (teenagers)

Le rock doit également sa puissance au besoin d'exister des jeunes dans les années 1950, après la Deuxième guerre mondiale.

Contrairement à ce que l'on pense souvent, les jeunes des États-Unis ne sont pas si révoltés que cela à cette époque. La guerre n'a pas ravagé leur pays (n'y ayant subi aucune invasion ni bombardement, excepté celui, fort lointain puisque situé au milieu du Pacifique, de Pearl Harbor). Bill Haley avec ses Comets a déjà 30 ans lorsqu’il sort Crazy Man Crazy en 1953, Elvis Presley est chauffeur de camion lorsqu'il enregistre pour sa mère son premier disque, Jerry Lee Lewis est déjà marié à 20 ans, etc. Les paroles des chansons ne prônent rien d'autre que de l'amusement[1], de la joie de vivre, de dépenser sa paie hebdomadaire[2], de courir les filles[3]… bref les jeunes Américains des années 1950 respirent le bon vivre de l'American way of life.

Le rock devient l'expression de la rupture d'avec la génération précédente et n'est rien d'autre dans le fait musical, que l'apparition du be bop au cours de la décennie précédente qui avait bousculé les conventions musicales de l'époque. La comparaison s'arrête là car le be-bop était surtout un fait de musiciens[4] de jazz, donc noirs pour la plupart, alors que le rock est plutôt le fait d'un besoin d'expression de jeunes blancs du Sud.

Le progrès technologique[modifier | modifier le code]

1. Le progrès des médias

L'apparition de labels indépendants comme Atlantic, en 1948, ou Chess, en 1949, puis celle du microsillon 45 tours ou single, en 1949, et le succès rencontré, en 1951, par le disc-jockey Alan Freed, avec son émission radio Moondog's Rock'n'roll Party, ont facilité l'éclosion du rock'n'roll et sa diffusion de masse. De plus, le développement des récepteurs radio à transistors a permis aux adolescents blancs d'écouter dans leur chambre - en cachette de leurs parents, à cause de la ségrégation raciale) - les programmes de radio diffusant de la musique jouée par des artistes noirs.

2. Le progrès des instruments électriques
  • L'évolution des guitares électriques : L'explosion du rock'n'roll a aussi été facilitée par l'apparition des guitares électriques Solid body, c'est-à-dire que le corps de l'instrument est un bloc de bois plein d'un seul tenant, sans caisse de résonance, avec une cavité creusée dans le bloc pour loger un où plusieurs micros magnétiques placés sous les cordes captant les impulsions électro-magnétiques avec des potentiomètres de réglages, volume et tonalité. L'instrument est relié par un câble à un amplificateur qui assure l'amplification des notes et accords du musicien. Après de nombreux prototypes et essais depuis 1943[5], Leo Fender commercialise la première guitare solid body construite en série, la Broadcaster, fin 1950, puis la Telecaster et la Stratocaster en 1954, trois modèles qui rencontrent immédiatement un énorme succès auprès des musiciens. On assiste alors à la fabrication en grande série de guitares électriques légères et peu chères, alors qu'elles étaient, jusque là, plutôt haut de gamme. Les guitares « demi-caisse », telles les Gibson ESxx, Gretsch 61xx, Epiphone étaient utilisées par les musiciens de jazz, mais aussi par quelques rockers et musiciens formés à l'ancienne école : Scotty Moore, Eddie Cochran, Cliff Gallup, Chuck Berry.
  • Amélioration de l'amplification : son génie ne se limitant pas aux guitares solid body, Leo Fender crée et commercialise, dès 1946, de petits amplificateurs très efficaces, surnommés woodies, suivis de nombreux autres modèles qui rencontreront le même succès que ses guitares.

Les premiers enregistrements et la naissance "officielle" du rock'n'roll[modifier | modifier le code]

La première chanson de rock à être classée dans les charts « blancs » - appelés « pop » à l'époque - date de 1953 : Crazy Man Crazy, de Bill Haley. Plusieurs autres étaient sorties auparavant, sans que les artistes n'aient conscience de créer quelque chose de nouveau, ni n'obtiennent de reconnaissance commerciale, peut-être parce qu'elles étaient cantonnées dans le ghetto musical noir du blues et du rhythm & blues, comme Fats Domino avec The Fat Man, chez Imperial Records, en 1949 (numéro 2 dans le Billboard R&B Charts (en)).

Pour désigner cette musique, le premier à utiliser le terme rock'n'roll est Alan Freed. Ce célèbre disc-jockey a été un grand acteur dans la transition des musiques « noires » dans la culture des Blancs, sur la radio WJW, en 1951, où il anime un programme de soirée qu'il intitule : Moondog's Rock'n'Roll Party. To rock and roll signifiait alors, en argot noir, « faire l'amour », mais Alan Freed s'est toujours défendu d'avoir voulu faire un lien entre la musique et ce sens argotique.

Musicalement parlant, le disque Rocket 88, sorti en avril 1951, par Jackie Brenston avec Ike Turner au piano, est parfois considéré comme la première chanson de rock'n'roll de l'histoire, plutôt que le « Crazy Man Crazy » de Bill Haley, même si ce titre est la première chanson rock'n'roll à atteindre la 12e place des charts « pop » en 1953[6]. Rocket 88 a d'ailleurs été enregistré dans les mythiques studios Sun, célèbres pour avoir enregistré That's All Right Mama, le premier tube d'Elvis Presley au début de l'été 1954, pur morceau de rock'n'roll / rockabilly également.

Pour sa part, le journaliste américain Nick Tosches situe la naissance du rock plus tôt encore, dans son livre Héros oubliés du rock'n'roll, avec des artistes méconnus comme Cecil Gant ou The Treniers.

1954 : l'explosion médiatique[modifier | modifier le code]

Elvis dans Jailhouse Rock

Fin 1954, le rock'n'roll devient un phénomène national que personne ne peut ignorer.
La télévision, la radio, le cinéma, s'emparent tous du genre pour le diffuser en masse, sans trop savoir ce qu'il deviendra.
Certains artistes connaissent immédiatement une ascension fulgurante et construisent les fondations du rock, dans le style musical mais aussi dans le « paraître ». Les grandes figures de l'époque sont Elvis Presley, dit the pelvis (en anglais : « le bassin »), avec son célèbre rictus et son déhanchement provocateur qui choquera - volontairement - une grande partie de l'Amérique lors d'un show télévisé où il interprète le célèbre Hound dog (un titre de blues de Big Mama Thornton), Bill Haley, Chuck Berry et son fameux Duck walk, repris plus tard par Angus Young d'AC/DC, Jerry Lee Lewis, dit le Killer et sa destruction de pianos, parfois par le feu[7], Eddie Cochran et son "Summertime blues", Little Richard et son "Womp-bomp-a-loom-op-a-womp-bam-boom!", Buddy Holly avec son look « premier de la classe », premier utilisateur de la guitare Fender stratocaster, Gene Vincent avec son cuir noir, etc.

Hollywood commence à s'intéresser au mouvement et quelques films feront date. Citons en 1955 Graine de violence (Blackboard Jungle) de Richard Brooks, qui lance la chanson « Rock around the clock » de Bill Haley, qui servira de base au film du même nom en 1956, année qui verra également sortir « The Girl can't help it » (La Blonde et moi), véritable anthologie du rock du moment, ainsi que « Don't knock the rock », puis « The big beat » et « Jailhouse Rock » avec Elvis en 1957. Trois grands films, en dehors du mouvement rock'n'roll, feront date néanmoins et laisseront leur empreinte sur l'« attitude rock » : La Fureur de vivre (Rebel Without a Cause) de Nicholas Ray, avec James Dean et Natalie Wood en 1955, L'Équipée sauvage (The Wild One) de László Benedek, avec Marlon Brando en décembre 1953 et Bagarres au King Créole (King Creole) de Michael Curtiz, avec Elvis Presley en 1958.

1958 : l'Establishment[modifier | modifier le code]

(ou la récupération par le business « blanc »)

Le Rock devient un produit[modifier | modifier le code]

Elvis Presley fut véritablement le déclencheur du business rock-and-roll. D'abord et dès 1956 dans le merchandising, puis dans la publicité et enfin dans le cinéma. C'est sur lui et sur son seul nom que le business prendra forme, il deviendra le premier vrai produit commercial du rock-and-roll et cela jusque dans les années 1960, jusqu'à ce que son image de rocker ne soit adoucie afin qu'il devienne non plus un simple produit du rock-and-roll, mais un produit dans la musique américaine. Il faut attendre l'arrivée des Beatles au début des années 1960 pour que le business rock-and-roll s'élargisse à d'autres stars et à des groupes comme les Rolling Stones, The Doors, les Beach Boys.

La fin des pionniers[modifier | modifier le code]

Vers la fin des années 1950, les grands pionniers américains arrêtent, de leur plein gré ou non, leur carrière musicale. L'establishment américain commence à s'inquiéter de cette fièvre qui contamine « sa » jeunesse. Frank Sinatra traite le rock d' « aphrodisiaque dégoûtant. » Le président du comité des citoyens blancs de l'Alabama déclare :

« On ne peut pas continuer à tolérer que notre jeunesse soit contaminée par la musique des nègres, qui les ramènent à l'état d'animal. »

Le sénateur McCarty prétend que « les DJ des stations de radio passant cette musique touchent des pots-de-vin des Communistes. »

  • Little Richard abandonne le rock'n'roll fin 1957 et devient pasteur en 1959, ce qui compromet durablement sa carrière.
  • Elvis Presley part faire son service militaire en Allemagne, fin mars 1958, pour deux ans.
  • Alan Freed et Dick Clark, victimes de la chasse aux sorcières, sont obligés de cesser leurs émissions. Alan Freed est sommé de diffuser de la « bonne musique », des chansons de Frank Sinatra, pendant 66 heures.
  • Jerry Lee Lewis se marie, pour la troisième fois, avec sa cousine de 13 ans, ce qui provoque un scandale au Royaume-Uni en 1958 et met un frein à sa carrière pour de nombreuses années.
  • Chuck Berry se retrouve en prison, fin octobre 1961, pour détournement de mineure.
  • Eddie Cochran, en avril 1960, Buddy Holly et Ritchie Valens, tous les deux le même jour en février 1959, décèdent dans des accidents de transport.
  • Carl Perkins, en 1956, et Gene Vincent, en avril 1960, se blessent gravement dans des accidents de voiture : Perkins restera trop longtemps hospitalisé pour surfer sur son jeune succès Blue suede shoes[8], et la hanche cassée de Vincent se cumulera au handicap de sa jambe gauche.
  • Quant à Bill Haley, il a 34 ans en 1959 et son succès s'effondre… Des chanteurs édulcorés, comme Pat Boone et Paul Anka, sont imposés par les bien-pensants, pour casser l'image scandaleuse du rock. La morale est sauve.

La récupération commerciale[modifier | modifier le code]

  • Elvis est "mort".

Le "colonel Parker", nouveau manager d'Elvis depuis 1956, date à laquelle il a racheté son poulain à Sun Records, aseptise Elvis et lui donne un nouveau visage acceptable par l'américain de base. Il lui fait arrêter la scène[9] au retour de son service militaire en Allemagne, pour lui faire signer un contrat de dix ans avec Hollywood, pour une trentaine de films. Certains disent, à l'instar de John Lennon, que « Elvis est mort en 1958, le jour où il a commencé son service militaire ».

  • Pat Boone chante du rock'n'roll
  • 1957 : film Mister Rock And Roll
  • 1958 : film Go, Johnny, Go !
  • Ed Sullivan[10] invente le cadrage TV above the waist, au-dessus de la ceinture[11]

La récupération sociale[modifier | modifier le code]

Alors que les pionniers connaissent des difficultés personnelles, le mouvement rock est récupéré par les médias et devient "présentable" à la TV, obligeant les artistes à porter costumes & cravates, et à adopter une attitude "acceptable" par l'américain moyen[12], mais il est aussi récupéré par tous les révoltés et bad boys de l'époque, créant ainsi l'uniforme du rocker : le perfecto, les cheveux gominés, le blue-jeans, les santiags, etc. Elvis Presley est la première rock star à rouler en Rolls Royce et à vivre bourgeoisement.

  • Les Bads Boys
    • traduits par Hollywood dans La Fureur de vivre, L’Équipée sauvage
    • Gene Vincent, JL Lewis, Vince Taylor, Eddie Cochran…
  • Les "présentables"

Bill Haley, Pat Boone, Buddy Holly, Elvis, etc.

  • les oubliés

Les artistes noirs sont définitivement oubliés, même s'ils ont encore un certain public et une certaine aura[13], et se (re)tourneront vers le rhythm'n'blues, qui n'est pas encore celui de Wilson Pickett ou d'Aretha Franklin.

1958 : la propagation du rock en Europe[modifier | modifier le code]

Le rock n'est pas contestataire dès le début. Il n'est pas utilisé dans ce sens par les artistes. La véritable contestation vient des jeunes Britanniques, qui ne veulent jouer que de la musique noire américaine (pour le beat, et non pour leurs propres revendications sociales, ne sachant d'ailleurs pas la couleur de peau de la totalité des artistes qui les inspirent, comme le dira Keith Richards :« on ne savait pas si Chuck Berry était noir ou blanc avant de voir la pochette des disques »). L'attitude des jeunes rockers britanniques sera ancrée dans le refus de leur société vieillissante et dans l'expression de leurs réelles difficultés économiques dues aux ravages des bombardements nazis et des efforts de guerre considérables[14]. La notoriété grandissante des artistes sera utilisée par certains d'entre eux à des fins politiques pour faire passer des messages: arrêt de la guerre du Viêt Nam, refus du capitalisme, changement de société…

La préhistoire[modifier | modifier le code]

  • Les raisons sociales.

1) L'après guerre.
La guerre a laissé l'Europe à feu et à sang. Londres est en partie détruite, la quasi-totalité des grandes villes allemandes également ainsi que tout le nord et l'est de la France. Malgré les efforts de reconstruction, la misère est là. Les stigmates sont importantes, l'envie d'effacer toute cette horreur l'est encore plus et fera des enfants du baby boom[15] de 1945 une jeunesse de révoltés.

2) L'implantation américaine en Allemagne.
À la suite de la guerre, les militaires alliés, et en particulier américains, s'installent en masse en Allemagne pour de nombreuses années[16]. Ils viennent avec leur mode de vie et en particulier leur musique. Dans les années 1950, il s'agira du rock'n'roll.

3) Les liens privilégiés du Royaume-Uni avec les États-Unis.
La langue, les racines familiales, la coopération de la Seconde Guerre mondiale, font que le Royaume-Uni connaîtra très tôt le rock'n'roll. Les jeunes (ceux qui le peuvent) commandent des disques aux États-Unis, les artistes américains entreprennent des tournées; le rock'n'roll se répand très rapidement.

4) Une certaine contestation des jeunes.
Les jeunes Européens de l'après-guerre ont envie d'oublier les ravages de la guerre, leurs proches décédés, la misère, et le conservatisme ambiant, très rigides, au Royaume-Uni.

  • Les raisons musicales

1) Le skiffle
le skiffle est un style de rock « mou », qui, s'il suffira à la fin des années 1950, ne contentera plus les jeunes au début des années 1960.
2) Le jazz
Le jazz occupe une bonne place dans la musique de l'époque; le milieu musical est très conservateur, les musiciens de jazz sont méprisants à l'égard des jeunes.
3) Le besoin d'énergie

Le rock britannique[modifier | modifier le code]

Le rock britannique se distingue en 3 branches principales:
1) La pop avec les Beatles et leurs harmonies vocales
2) Le rock (rhythm and blues / rock 'n' roll) avec The Rolling Stones
3) Le blues avec The Yardbirds (qui comprennent encore à cette époque Eric Clapton) et John Mayall et les 'Bluesbreakers' (dont fera partie Eric Clapton après les Yardbirds, avant de partir fonder Cream)

En France[modifier | modifier le code]

Le premier festival international de rock'n'roll au Palais des sports de Paris en 1961, est un évènement qui lance véritablement le rock dans l'Hexagone.

L'évolution du matériel[modifier | modifier le code]

Ces cinq marques d'instruments et d'amplis seront la base de tout le reste du matériel, à quelques exceptions près.

Le progrès des medias[modifier | modifier le code]

  • Naissance de la cassette audio en 1963. La cassette de Philips va favoriser la diffusion en masse de la musique, et du rock en particulier. Elle servira de base, plus d'une décennie après sa naissance, à la miniaturisation des enregistreurs 4 pistes portables, qui permettra l'émergence d'artistes tels que Bruce Springsteen, qui enregistra les bases de son album "Nebraska" seul sur un Tascam PortaStudio.

Développement du rock aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Le rock'n'roll américain a cessé d'être, mais renaît de ses cendres avec quelques artistes :

- Les Beach Boys, groupe d'apparence naïve, dont l'image de marque est fondée sur l'apologie du "fun" et ses origines californiennes, doté d'une richesse hors du commun en harmonies vocales, qualité qu'ils sauront développer et rendre de plus en plus complexe et adulte à la faveur de l'épanouissement artistique de leur leader, Brian Wilson, jusqu'au sommet inachevé "smile", jumeau concurrent mort-né du Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles en 1967.

- En 1963 Bob Dylan publie Blowin' in the Wind sur son 2e album The Freewheelin' Bob Dylan et invente le protest song moderne. En 1965, sur son célèbre album Highway 61 Revisited, il sort Like A Rolling Stone - que Jimi Hendrix reprendra quelques mois plus tard - un hit de plus de six minutes : une première !

1966-68 : le tournant[modifier | modifier le code]

Au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Le Blues boom de 1963 donne naissance à un power blues, plus musclé, s'éloignant des racines afro-américaines pour se forger une identité propre ; les (futurs) maîtres du genre reprendront les classiques du blues pour créer ce style nouveau; du vieux noir américain solitaire on passe à un groupe de très jeunes Britanniques, tout aussi déterminés à hurler leur mal de vivre. Parmi ses fondateurs, on peut citer notamment Jeff Beck & Rod Stewart avec You Shook Me, Led Zeppelin avec I Can't Quit You Babe et How Many More Times, Jimi Hendrix[17] avec Red House, Hear My Train Coming, Voodoo Chile, Cream avec Crossroad et Spoonful ou Alvin Lee avec son Ten Years After qui chante I Woke Up This Morning, etc.

  • Le rock

Les Rolling Stones avec Jumping Jack Flash, les Faces, Free avec All Right Now, les Who avec My Generation

  • Le psychédélisme

Les Beatles avec Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, Pink Floyd avec The Piper at the Gates of Dawn, les Rolling Stones avec Their Satanic Majesties Request. La scène underground de Londres, ou le groupe Pink Floyd atteint ses lettres de noblesse de 1965 à 1967 avec Syd Barrett. C'est une véritable micro-société avant-gardiste à l'instar de la Factory d'Andy Warhol à New York, au sein de laquelle s'organisent des concerts mélangeant sons et lumières et où circulent librement les drogues hallucinogènes.

  • Divers

Le 25 juin 1967 les Beatles chantent All You Need Is Love à la télévision en direct dans 26 pays. Il s'agit de la première émission TV en mondovision. La BBC (British Broadcasting Corporation) a demandé au groupe anglais d'écrire un titre pour cette première diffusion. John Lennon signe ainsi une de ses premières manifestations politico-sociales.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

  • Les Californiens

- Le flower power
(Grateful Dead, Jefferson Airplane, Janis Joplin…)
- The Doors, le "cas" Creedence Clearwater Revival

  • New-York

Le 1er janvier 1967 sort le premier album du Velvet Underground, avec Nico, sous la houlette de Andy Warhol, qui dessinera la (maintenant célèbre) pochette, une banane. C'est un rock urbain, loin du Royaume-Uni et de la Californie, créé par Lou Reed et John Cale. C'est un des albums mythiques du rock'n'roll.

ou comment l'Amérique redécouvre sa propre musique, passée à la moulinette britannique

Après des années passées à Hollywood et après avoir un peu zapé le rock, Elvis revient en 1968 dans une émission TV qui lui est entièrement consacré. Elvis, NBC TV Special annonce le retour du King du rock and roll.

En France[modifier | modifier le code]

Société[modifier | modifier le code]

Les prémices du hard-rock[modifier | modifier le code]

Led Zeppelin avec Communication Breakdown et Whole lotta love, Deep Purple avec Speed King, Black Sabbath avec Paranoid

Le Boogie[modifier | modifier le code]

Status Quo sera leader d'un style à lui tout seul, en étant le quasi-unique détenteur de l'appellation boogie, un blues-rock en shuffle (très appuyé) sur 12 mesures, tendance très 'Chicago'; un genre de Blues très syncopé et énergique. On se souvient de Caroline, Roll over lay down, Down Down, etc. Des groupes comme Canned Heat en avaient déjà fait leur spécialité dans les années 1960 (On the road again), inspirés d'un John Lee Hooker et de son Boogie Chillen, bien avant Status Quo.

Les prémices du rock progressif (Yes, Genesis, King Crimson…)[modifier | modifier le code]

La période progressive connut un essor considérable durant la guerre du Viêt Nam. Beaucoup de matériel progressif fut issu de l'Angleterre et des États-Unis dans les débuts du mouvement. Le progressif est devenu un «second niveau» à la musique hippie. Cependant, au lieu de concentrer les efforts dans les textes contestataires, l'élément principal se situait largement dans le jeu instrumental. Les morceaux rocks purement instrumentaux se sont beaucoup popularisés durant cette période, et les compositeurs ont commencé à mettre les strictes structures de l'écriture musicale de côté pour se laisser aller à des dérives instrumentales surprenantes. On peut ressentir dans le son du progressif une grande influence jazz, avec l'utilisation du saxophone par exemple. Le mouvement s'est par la suite beaucoup développé et a vu naître un style parallèle nommé «psychédélique». Les groupes comme Pink Floyd avec Syd Barrett en tête à l'époque ont poussé le progressif à un autre niveau.

Le come back d'Elvis Presley[modifier | modifier le code]

En 1968 le contrat d'exclusivité d'Elvis Presley avec Hollywood prend fin, il peut à nouveau faire de la scène. Le 3 décembre de cette même année, il fera son retour lors d'un méga show TV, habillé de cuir noir, sur une petite scène intimiste entouré de spectateurs : Le 68 come back special. Scotty Moore, son premier guitariste, en fera partie. Elvis restera enfermé dans son style, et aux États-Unis[18], avec plus de 600 concerts à Las Vegas, mais ses fans sont toujours là.

Le cas Zappa[modifier | modifier le code]

1969-70 : La fin d'une époque[modifier | modifier le code]

Le rock politique[modifier | modifier le code]

ou la récupération sociale du rock Woodstock, le Concert for Bangladesh de George Harrison… Les événements politiques de l'époque (le Vietnam, le Bangladesh, le Biafra, etc.), liés à leur pouvoir médiatique incitent les artistes à se mobiliser pour dénoncer les injustices.

Altamont ou la fin du mouvement hippies[modifier | modifier le code]

Le film Gimme Shelter, sur la violence des Hells Angels et l'assassinat d'un spectateur lors d'un concert des Rolling Stones à Altamont en Californie aux États-Unis le 6 décembre 1969, montre bien les limites du flower power et du rêve américain californien.

La mort des idoles[modifier | modifier le code]

Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison

La séparation des Beatles[modifier | modifier le code]

Le groupe mythique, tant par son succès commercial que par son indéniable apport artistique, se sépare en 1970. Les désaccords perpétuels, tant artistiques que financiers, auront bientôt raison du groupe. Cette séparation est un traumatisme, ajouté aux autres de la même année, et marqueront la fin d'une époque.

L'évolution du matériel[modifier | modifier le code]

  • L'apparition des retours de scènes
  • La systématisation des sonos
  • La domination des amplis Marshall 3 Corps

Les années 1970 : l'éclatement des genres[modifier | modifier le code]

Lorsque Elvis Presley apparaît en 1973 dans son costume blanc étincelant à col napoléonien lors de son méga concert historique d’Hawaï, Aloha from Hawaii retransmis en direct par satellite dans le monde entier, il est clair qu'il n'a plus rien à voir avec une star du rock and roll, il est devenu un artiste universel aux chansons universelles. Il représente la méga star américaine, un produit américain vendu dans le monde entier. Même s'il chante encore quelques anciens titres rock and roll comme That's all right Mama, Hound Dog, Jailhouse rock, Elvis excelle dans des chansons symphoniques, An American Trylogie, Bridge over troubled water, America the Beautiful, Kentucky Rain, My Way, I'll Remember You, It's now Or Never et Unchained Melody et il va peu à peu délaisser le rock and roll sur scène au profit de chansons plus internationales. De grands courants se dégagent clairement, tout en étant classés "rock" : le hard rock, le rock progressif, le rock fusion…

1973 voit la naissance du groupe Queen.

La prédominance britannique[modifier | modifier le code]

Les Rolling Stones, les Faces, les Who ou encore Let It Be, ultime album des Beatles représentent le rock populaire «Pop rock» anglophone, connaissent un succès fulgurant au niveau mondial.

Les années 1970 voient également l'arrivée d'un nouveau sous-genre du rock, le hard rock. Il est l'évolution logique du rock de la décennie précédente, et est bien accueilli par le public grâce à un nouveau son, plus dur, lourd et agressif, sans toutefois réfuter ses influences du blues. Ses représentants sont de nos jours extrêmement connus, ceux-ci comprenant Led Zeppelin, Deep Purple ou encore Black Sabbath et Status Quo . On notera Led Zeppelin II, album contenant le tube Whole Lotta Love comme un des précurseurs du hard rock.

Le glam rock était un genre dominé par les effets de scène. Paillettes, chaussures à semelles compensées énormes, maquillages. Les groupes de glam rock affichaient ouvertement une apparence androgyne, voir homosexuelle. Le glam rock connaîtra son heure de gloire dans les années 1970 avant d'être presque oublié vers 1977 à cause de l'explosion punk (engrangé par les Sex Pistols ou les Clash. Les chansons étaient de nature mélodramatique - batterie dominante, accords simples répétés. David Bowie, T-Rex ou encore Gary Glitter appartenaient à ce genre méconnu du public. David Bowie est celui qui, commençant dans le glam rock, ira beaucoup plus loin dans la sophistication musicale et théâtrale.

Apparu avec Pink Floyd, le rock progressif se caractérisait surtout par des prétentions artistiques. Dans un monde où on considérait souvent le rock uniquement en tant que divertissement - des chansons simples d'amourette, durant trois minutes, le rock progressif cherchait quelque chose de plus "grand". Ce genre s'inspire souvent de certains éléments de la musique classique. Il produit très souvent des morceaux de dix ou quinze minutes et ne se limite pas à des mélodies faciles à danser. Outre Pink Floyd, Genesis ou Yes (le morceau Roundabout est un parfait exemple du genre progressif) sont des pionniers de ce genre.

Durant cette décennie des seventies, même les grands "jazzmen" tels Miles Davis s'essaieront au rock. Ce dernier, en sortant l'album In a Silent Way, invente le jazz-rock fusion. Davis, admirateur du guitariste rock Jimi Hendrix, s'est en grande partie inspiré de son travail pour sa période "Rock".

Le rock Irlandais[modifier | modifier le code]

En 1976, il y a eu la création du groupe U2, qui existe encore.

Le Rock américain[modifier | modifier le code]

En 1975 sort Born To Run, album de Bruce Springsteen qui connaît un succès monstrueux. Frank Zappa grande vedette américaine connaît l'apogée de sa carrière. S'inspirant du -nouveau genre- hard rock, des groupes à succès se forment (Alice Cooper, Aerosmith ou Kiss…).

Le tournant de 1977[modifier | modifier le code]

La fin des années 1970 voit l'essor des musiques électroniques, mais aussi le renouveau du rock américain, jusqu'alors dominé par le rock britannique, laminé à son tour par la vague punk, qui met fin aux dinosaures britanniques (Led Zep, Deep Purple…). Dès 77[19], le jeune Eddie Van Halen donne naissance à une nouvelle école, comme avait su le faire Jimi Hendrix une décennie plus tôt. Le rock américain renaît, même s'il reste très marqué 'radio' (Foreigner, Van Halen, Toto, etc.). Elvis, empêtré dans sa légende et emprisonné, presque devenu fou dans son royaume de Graceland meurt cette année-là de polypharmacie. À 42 ans seulement. Son héritage musical devient immense.

En France[modifier | modifier le code]

Ce groupe va marquer les années 1977 à 1985 par ses riffs dynamiques et sa rythmique énergique. Avec des titres entraînants : "Un Autre Monde", "La Bombe Humaine" ou "Ça C'est Vraiment Toi". Les paroles évoqueront surtout le mal-être adolescent (écoutez "Cendrillon") et une certaine révolte contre la génération précédente; quant à la musique elle est un rock assez classique de bonne facture, d'inspiration "stonienne" de la grande époque[20].

  • Naissance du groupe Trust.

Le hard-rock héritier des grands maîtres britanniques[21] du guitariste Norbert Krief dit "Nono associé aux paroles tranchantes de "Bernie" Bonvoisin[22] en feront LE groupe rock français de l'époque par excellence.

  • Citons aussi:

Noir Désir, Starshooter de Kent, Bijou, Strychnine, Jacques Higelin, Stinky Toys, Dogs, Little Bob Story, Marquis de Sade, Métal Urbain, OTH, Shakin' Street, Les Thugs, Les Wampas, les Sheriff, Raoul Petite, etc.

Le punk rock[modifier | modifier le code]

  • Socialement:

L'économie britannique est au plus mal[23], le chômage, surtout chez les jeunes, s'avère être élevé. Dans les milieux populaires, on peste contre le parti conservateur qui, à leurs yeux, ne se scoucie pas de leurs problèmes[24]. La jeunesse désabusée se révolte violemment, se perçant les joues avec des épingles à nourrice, s'opposant fortement aux Teddies encore virulents et aux hippies aux cheveux longs.

  • Musicalement:

Le hard-Rock et le rock progressif ne réussissent pas à séduire tous les jeunes de l'époque : avec des morceaux pouvant durer jusqu'à 20 min[25], une jeunesse impatiente ne tient pas et finit par inventer un nouveau style: un rock rapide, puissant, au son souvent gras. Les chansons sont simples et courtes et la musique est irrévérencieuse, spontanée et violente. Les paroles témoignent d'un profond désespoir teintées d'ironie et d'un très fort contenu politico-social[26]
On se souvient des Clash, des Sex Pistols

La New Wave[modifier | modifier le code]

Elle est surtout un fait européen, représentée par des groupes phares : Alphaville, New Order, Kraftwerk, Depeche Mode, Erasure, Gary Numan,Eurythmics, Orchestral Manoeuvres in the Dark, Tears for Fears etc. mais on trouve quelques pionniers américains dans ce style comme Devo, Talking Heads entre autres. Dans une certaine mesure, on peut tout à fait considérer certains groupes français tels qu'Indochine, Gold, Niagara ou Les Avions comme relevant de la New Wave.

---La mort de Led Zeppelin

Après avoir sorti leur 7e album, Presence, Led Zeppelin subit un dur coup. Robert Plant, l'homme de front du groupe, perd son fils et Jimmy Page, le guitariste, tombe dans l'enfer de la drogue dure. C'est sans parler du batteur, John Bonham, qui a un penchant pour l'alcool. Le groupe prend une pause le temps que tout le monde se ressaisisse. Ils sortent un autre album, In Through the Out Door, qui marquera le début le la fin pour un des titans de blues-rock.

L'éveil des Américains (Van Halen…)[modifier | modifier le code]

L'arrivée du disco[modifier | modifier le code]

Les années 1980[modifier | modifier le code]

L'évolution du matériel[modifier | modifier le code]

Influence du disco[modifier | modifier le code]

Les Rolling Stones, jusque-là connus pour être « le plus grand groupe de rock'n'roll du monde », sortent paradoxalement Miss You et Emotional Rescue, de vrais tubes disco[27], Kiss, les cracheurs de sang et de feu cartonnent dans les clubs avec I Was Made For Lovin You

La musique électronique[modifier | modifier le code]

La domination américaine[modifier | modifier le code]

Les Américains dominent le marché du rock et exportent leur culture, après tout fondatrice du rock : le blues, le rock'n'roll, le rock FM, le heavy metal, etc.

Le rock FM[modifier | modifier le code]

Le terme rock FM désigne une nouvelle tendance musicale apparue au début des années 1980 avec des groupes comme Toto, Van Halen, avec l'album 1984, et plusieurs autres groupes. Le son très particulier est marqué par des guitares généralement peu saturées et des synthétiseurs. La vague des power-ballades est intimement liée avec ce genre musical.

Heavy metal[modifier | modifier le code]

Van Halen d'avant l'album 1984, Montrose, Sammy Hagar

Sammy Hagar, dans son album Standing Hampton, sorti en 1981 chante Heavy Metal. Le terme est déjà populaire, la musique va le devenir. Le heavy metal sera surtout américain, par opposition au déjà vieux hard rock, britannique ayant des influences de blues.

Sammy chantait dans le trop méconnu mais précurseur du mouvement metal, le groupe Montrose, qui dès 1973, avec l'album Rock The Nation, en établi les bases.

Van Halen seront les révolutionnaires, créant un style nouveau, puissant et inimitable, ouvrant la voie à toute une génération de guitaristes virtuose, adepte du vibrato, du jeu à très haute vitesse, et du tapping (qui consiste à frapper les cordes avec les doigts de la main droite, accélérant ainsi notablement le jeu et créant également un son nouveau et très reconnaissable).

Le retour du blues[modifier | modifier le code]

Le Rockabilly[modifier | modifier le code]

Le retour du rock n' roll

Les prémices du gothique (Ozzy Osbourne…)[modifier | modifier le code]

Les prémices du neo-metal[modifier | modifier le code]

La mort de John Lennon[modifier | modifier le code]

Le 8 décembre 1980, John Lennon est abattu de cinq balles de revolver par Mark David Chapman, venu spécialement d'Hawaï pour abattre son idole qui revenait enfin sur le devant de la scène grâce à un album intitulé Double Fantasy après une longue retraite à New York. Lennon décédé, la légende des Beatles est désormais gravée en lettres d'or, portée par les ailes de celui que Paul McCartney appellera plus tard Martin Luther Lennon, référence évidente à Martin Luther King et au martyr qu'il fut fait de lui[28]. Les Beatles sont transcendés et reconnus de tous, après cette longue traversée du désert que furent les années 1970 où les groupes émergeant de la scène rock tentaient de brûler les idoles britanniques, grands frères à la réputation trop dure à assumer.

Le Live Aid[modifier | modifier le code]

Bob Geldof organise le "Live Aid" pour envoyer de la nourriture en Éthiopie

Le progrès technologique[modifier | modifier le code]

Le CD-Audio a été introduit sur le marché en 1982

Guns N' Roses arrivent au bon moment[modifier | modifier le code]

En 1987, le monde est pris au dépourvu. Les fans de rock ne savent plus à qui s'identifier. En effet, Led Zeppelin n'est plus depuis longtemps, AC/DC bat de l'aile(même si tout se rétablira), Aerosmith est rendu bien trop gros, Kiss s'englue dans son virage commercial et ses disques hard FM et le groupe Queen a effectué son dernier concert à Wembley en 1986.

La scène Rock est en panne de légendes, et s'offrirait volontiers quelque chose de nouveau mais qui ferait vivre aux Rockers un retour aux sources. C'est alors qu'un groupe de jeune musiciens, Guns N' Roses lance son premier album. Les membres du groupe, vivant dans une débauche constante et dit-on «survivant avec l'argent qu'ils volaient aux groupies qui voulaient bien coucher avec eux» enregistrèrent un album qui leur paraissait bien ordinaire mais qui finalement devint un classique du rock moderne : Appetite for Destruction. Dès sa sortie, l'album est un succès. Sans doute grâce à ces fans en quête de renouveau. Les morceaux comme Sweet Child O' Mine ou Welcome To The Jungle placèrent le groupe sur la carte pour un bon moment. Le plaisir durera jusqu'en 1994 (cette année-là, Kurt Cobain du groupe Nirvana se suicide), l'année de la séparation du groupe original, seul le chanteur Axl Rose restera et engagera continuellement de nouveaux musiciens. Mais d'autres groupes, au nord, à Seattle, prennent déjà le relais.

Les années 1990 : retour aux sources[modifier | modifier le code]

Pendant que le metal poursuit son évolution, qu'apparaît le Nu metal, avec KoЯn, Sepultura et Slipknot, le rock pur et dur renaît de ses cendres…

Le Grunge[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1980, dans la région de Seattle (État de Washington, au nord-ouest des États-Unis), se forme un courant musical mêlant les influences du heavy metal et du punk autour de groupes comme Mudhoney, Soundgarden, Alice in Chains, Pearl Jam ou Nirvana, qui demeure le plus connu des groupes dits grunge. Inspiré par les Pixies, c'est avec leur album Nevermind, en 1991, que Nirvana lance involontairement la mode grunge, ne créant pas le mouvement mais le popularisant, au niveau international, à une vitesse remarquable.

Cependant, il ne faut pas croire que le grunge se limite à Nirvana : de nombreux groupes de la région de Seattle, peu connus, peuvent eux aussi prétendre à ce qualificatif, que le plus souvent on réserve à cette région. Musicalement, on peut toutefois rapprocher des groupes comme Seether ou Déportivo du grunge de par leur son « sale ». Le grunge est aussi à rapprocher de tous les groupes dits "hard-fi", au son crasseux et saturé, qui sont apparus depuis.

Le retour des vétérans (Jimmy Page/Robert Plant, Aerosmith, Kiss…)[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990, les grands du Hard Rock sont de retour en force. Après un longue période de déclin discographique, AC/DC sort Razor's Edge, avec le hit Thunderstruck. L'année suivante, AC/DC enregistre un excellent album live. On assiste aussi à des reformations temporaires de Led Zeppelin, qui lance un album live et quelques compilations. En 1993, Aerosmith enregistre Get a Grip, son album le mieux vendu de tous. Kiss en surprend plusieurs en 1992 avec le fabuleux Revenge et l'année suivante avec son Alive III. En 1996, c'est la folie furieuse : le Kiss original se reforme avec costumes de la tournée de 1977 et, bien sûr, le maquillage. Les tournées qui s'ensuivent sont gigantesques et influencent probablement un groupe de rock récemment formé en Angleterre, le groupe Muse dont la musique peut être qualifiée de stadium-rock non sans un certain rapprochement avec ces grands shows des années 1990.

Queen et Kiss[modifier | modifier le code]

Un changement de direction : Jeff Buckley, Radiohead[modifier | modifier le code]

Dès les années 1980, le rock alternatif commence à se faire une place dans les chartes, notamment avec le groupe R.E.M.. En 1994 sort Grace, unique album de Jeff Buckley, rapidement acclamé par la critique, le public et ses pairs. En 1997, le troisième album du groupe britannique Radiohead, Ok Computer, révolutionne pour les 10 ans à venir la musique rock, notamment pour son influence sur des groupes tels que Coldplay, Placebo, Muse ou encore Keane.

Aux États-Unis, on observe un retour au style « Garage » (un son sur-saturé et « sale »), à travers le groupe White Stripes et des influences blues.

Les années 2000 : la naissance d'une nouvelle musique "indé", entre revival et innovation[modifier | modifier le code]

La révélation The Strokes/The Libertines[modifier | modifier le code]

Alors que chacun croyait le rock destitué de toute sa gloire passée, une nouvelle vague de groupes fait son apparition autour des années 2000. S'inspirant d'anciens groupes comme les Kinks, les Beatles, les Who ou encore le Velvet Underground, une nouvelle génération voit le jour autour du duo The Strokes/The Libertines. Ils ouvrent la voie à de nombreux groupes qui sont aujourd'hui qualifiés d'indie, genre devenu très large, qui rassemble à la fois des groupes ayant signé sur de véritables labels indépendants (dont le très célèbre Domino Records) et des groupes ayant signé pour des majors. Leur style de vie est chaotique, leur musique énervée et inspirée des groupes underground des années 1970. Le succès est immédiat pour ces deux groupes et la vague indie se développe, principalement en Angleterre.

Le retour des guitares et de la « musique pour faire danser les filles »[modifier | modifier le code]

Ce retour s'opère dans les premières années 2000, avec la parution du premier album éponyme de Franz Ferdinand qui marque le retour des groupes de rock à guitares et à mèches. Leur musique pour faire danser les filles n'est pourtant qu'un sous genre d'un mouvement nouveau qui s'amorce, parmi lesquels on trouve divers courants qui connaissent leur heure de gloire au cours des années 2000. Car il faut signaler que le rock n'a jamais été aussi populaire qu'à cette époque.

Les groupes héritiers de la britpop.[modifier | modifier le code]

Des nombreux groupes de rock surgissent en Angleterre sous l'égide du magazine NME. Parmi ces nouveaux groupes, on signalera The Kooks, Kaiser Chiefs ou encore Coldplay. Ils jouent une musique populaire, directe et harmonieuse, ce qui rapproche leur musique de la pop, sans renouveler une certaine tradition du songwriting anglais, à l'instar de groupes comme Blur ou Oasis au cours de la décennie précédente.

Le post-punk[modifier | modifier le code]

Ce sous genre naît en fait au cours des 70s mais connait un développement avec des groupes comme Bloc Party, The Rakes, Maxïmo Park ou encore Editors. Leur musique est rythmée, froide et minimaliste.

L'electro-rock[modifier | modifier le code]

Marqué par le krautrock des années précédentes et l'electro (entre autres, Daft Punk et Kraftwerk), la nouvelle scène rock s'inspire des synthétiseurs pour créer une musique dance et dynamique. On peut citer des groupes comme Klaxons, Soulwax, Metronomy, Late Of The Pier ou encore Cut Copy, qui marque le retour du rock sur le dancefloor comme a pu l'être Franz Ferdinand et Arctic Monkeys un peu plus tôt.

La fusion des genres à l'aube des années 2010[modifier | modifier le code]

Cette classification n'est pourtant plus aussi efficace qu'elle a pu l'être au cours des précédentes périodes. La musique d'aujourd'hui, grâce à la popularité d'Internet et l'accès quasi-illimité à toutes les sortes de musiques ne permet plus véritablement de réfléchir en termes de genres. La vague revival a donné lieu à toutes formes de styles musicaux, qui ont permis une création beaucoup plus large et mélangée. Des groupes comme Arcade Fire, Foals, Vampire Weekend, Fleet Foxes, Sigur Ros ou encore MGMT choisissent clairement de s'engager dans cette création fusion des genres pour décloisonner le rock et le rendre toujours plus varié.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

Rock & Politique: l'impossible cohabitation. Par Julien Demets, préface de Jean-Paul Huchon. Paru aux éditions Autour du Livre en juin 2011, dans la collection des Cahiers du Rock. ISBN 978-2916560-236

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bill Haley, dans Rock around the clock:« We'll have some fun when the clock strikes one »
  2. Little Richard, dans Rip it up:« Saturday night and I just got paid, I'm a fool about my money, don't try to save… »
  3. Jerry Lee Lewis, dans Great balls of fire« Goodness, gracious, she's great balls of fire! »
  4. les progressions harmoniques deviennent complexes et l'improvisation du soliste dans ce cadre de multiplications d'accords altérés, une règle absolue
  5. Matin Kelly, Terry Foster et Paul Kelly, traduits par Nadia Fischer, L'âge d'or de Fender, 1946-1970 guitare, Gründ, 2010, 290 p.
  6. (en) Jim Dawson, Rock around The clock : The Record That Started The Rock Revolution, Backbeat Books, 2005
  7. Il mit le feu à son piano lors d'un concert en première partie de Chuck Berry en lui disant « à ton tour de faire mieux » ; peut être inspira-t-il le grand Jimi Hendrix lors du « Monterey pop festival », alors qu'il passait avant les Who?…
  8. Elvis en fera part contre un méga tube
  9. on sait aujourd'hui que pour des raisons personnelles liées à son ancienne nationalité cachée néerlandaise, le "colonel Parker" ne voulait par qu'Elvis tourne en dehors des États-Unis
  10. présentateur TV "respectable" des années 1950-1960, dont les émissions sont vues par plus de 50 millions d'américains à l'époque ; l'équivalent de nos jours en France d'un Michel Drucker
  11. il censurera aussi en 1967 les Rolling Stones en leur faisant changer les paroles de Let's spend the night together par Let's spend some times together
  12. Elvis se verra contraint de chanter Hound dog en costume avec un chien dans les bras lors de son second passage chez Ed Sullivan
  13. dont Chuck Berry est, sans le savoir encore, le leader, avec l'inspiration qu'il donnera aux Britanniques de la décennie suivante, en particulier à Keith Richards
  14. Andrew Loog Oldham dans son livre Stoned:« Les rationnements de guerre eurent lieu jusqu'en 1954 »
  15. une véritable explosion démographique, peut être en réponse à la guerre, a lieu à partir de 1945, pour durer jusqu'en 1965, date à partir de laquelle il faiblira légèrement jusqu'en 1975, pour atteindre le taux d'évolution démographique actuel
  16. jusqu'à la chute du mur de Berlin en 1989
  17. ici classé parmi les Britanniques, car c'est là qu'il commence sa carrière et réalise ses deux premiers albums; son groupe, l'Expérience, est composé de musiciens britanniques, ainsi que son manager Chas Chandler et son producteur Eddie Kramer ; il fera d'ailleurs sa 1re tournée en France en décembre 1966 en 1re partie de Johnny Hallyday, qui l'a personnellement invité
  18. Elvis n'a jamais donné un concert au-dehors des États-Unis; son manager, le Colonel Parker s'y est toujours opposé, pour des raisons qui le concernaient directement
  19. date de sortie du 1er album, mais dès 74 comme le montrent les bootlegs
  20. le riff d'intro d' hygiaphone, digne d'un Keith Richards s'inspirant d'un Chuck Berry
  21. le duo avec Bon Scott sur la reprise d'AC/DC Ride on
  22. citations de Jacques Mesrine, appel au désordre social, dénonciation de la petite-bourgeoise, etc.
  23. le Royaume-Uni demande l'aide du [Fonds monétaire international|FMI] en 1976 !
  24. On appelle Mme Margaret Thatcher, le premier ministre britannique de l'époque, la « dame de fer »
  25. le solo de batterie sur l'album Made in Japan de Purple, Dazed and Confused de Led Zep…
  26. Les Sex Pistols :"God save the queen, the fascist regime…", "I don't know what I want, but I know I gonna get it"…
  27. "Mick fréquentait trop le Club 54, on ne pouvait pas éviter ça" raconte Keith Richards
  28. "Je n’aime pas que l’on me considère comme le plus pondéré des Beatles, j’aimerais être plus direct comme John. Lui, d’une activité débordante, le plus fort partout, il pouvait aussi être un animal en action, ce dont personne ne se doutait. Après sa mort on en a fait un Martin Luther Lennon, mais il n’était pas du tout cela, il n’était pas du tout un petit saint. John était un putain de paranoïaque, dépressif et paumé, qui a tiré profit de chansons qu’il n’avait même pas écrites…"

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]