Château d'Annecy

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Château d'Annecy
Image illustrative de l'article Château d'Annecy
Le château vu des jardins de l'Europe.
Nom local Château de Genevois-Nemours
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIIe siècle
Fin construction XVIe siècle
Propriétaire initial Comtes de Genève
Destination initiale Résidence comtale
Propriétaire actuel Ville d'Annecy
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1959)[1]
Coordonnées 45° 53′ 51″ N 6° 07′ 35″ E / 45.8975, 6.1263945° 53′ 51″ Nord 6° 07′ 35″ Est / 45.8975, 6.12639  [2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Genevois
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Commune Annecy

Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie

(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Château d'Annecy

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château d'Annecy

Le château d'Annecy est un ancien château fort, du XIIe siècle, remanié à plusieurs reprises, qui se dresse sur la commune d'Annecy dans le département de la Haute-Savoie en région Rhône-Alpes.

Ancienne résidence des comtes de Genève et des ducs de Genevois-Nemours, le château d'Annecy est propriété de la ville qui l'a restauré et transformé en musée.

Le château d'Annecy fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du 12 octobre 1959[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Le château d'Annecy est situé dans le département français de la Haute-Savoie sur la commune d'Annecy, sur le dernier promontoire rocheux de la montagne du Semnoz, formant éperon, qui domine la ville au sud, à 470 mètres d'altitude. Il surveillait la route reliant Genève à l'Italie, au débouché de la cluse du lac, ainsi que les ponts qui franchissait l'émissaire du lac. Surplombant le Thiou et son île, la vue portait sur toute l'étendue de la plaine des Fins.

Histoire[modifier | modifier le code]

On ne sait rien de son origine, sinon qu'elle est fort ancienne. Il y aurait eu déjà une forteresse au VIIIe siècle. La première mention connue date du 10 octobre 1219[3], lorsque la famille de Genève en fait sa résidence principale, contrainte d'abandonner Genève à la souveraineté de son prince-évêque[Note 1], et où dès la fin du XIIe siècle, sont datés des actes.

Entièrement détruit lors d'un incendie survenu le 27 avril 1340[3], il est reconstruit à l'identique par le comte Amédée III de Genève. Robert de Genève y entreprend d'importants travaux et le transmet à sa mort, survenu en 1394, à son beau-frère Humbert de Thoire-et-Villars, qui le lègue à son tour à son oncle Odon de Villards, lequel le cède le 5 août 1401[3],[Note 2] au duc de Savoie Amédée VIII.

Celui-ci le restaure en 1403[3], après un nouvel incendie, et en fait la résidence de son second fils, Philippe, qui reçoit le Genevois en apanage en 1440. Le duc Louis en fait de même avec son troisième fils Janus de Savoie. Le duc Charles constitue le 15 août 1514[3] un nouvel apanage dit de Genevois-Nemours au profit de son frère Philippe de Savoie. Le château ayant fait l'objet de travaux entre 1430 et 1487[4] par les comtes de Savoie, les Genevois-Nemours à leur tour y feront d'important remaniement entre 1533 et 1571[4].

Le 5 octobre 1600, lors de la Guerre franco-savoyarde, Henri IV fait une entrée triomphale à Annecy accompagné d'Henri Ier de Savoie-Nemours de la cornette blanche et du régiment de Nérestang. Il passe la nuit au château.

Le château est pris le 20 mai 1630[3] par l'armée française, commandé par le maréchal de Chatillon, malgré la résistance de son gouverneur Louis de Sales. Louis XIII y passe alors plusieurs jours.

En 1659, à la mort d'Henri II, dernier de la famille des Genevois-Nemours, le château fait retour au duché de Savoie, qui en fait la résidence du gouverneur de la place d'Annecy.

La forteresse est transformée temporairement en caserne lors de l'occupation espagnole de 1742[4], et subi alors de graves dommages.

En 1793, le château est déclaré bien national, baptisé « Maison de la Montagne », il sert à abriter les armées républicaines, puis impériales. Il gardera cette fonction jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, puis sera envahi par des sans-abris.

En 1952, un nouvel incendie l'endommage et en 1953, la commune d'Annecy, le rachète à l'État. Restauré, il abrite aujourd'hui une présentation permanente des collections des musées de l'agglomération d'Annecy et l'observatoire régional des lacs alpins.

Description[modifier | modifier le code]

l'entrée du château

Le château d'Annecy se présente sous la forme d'une grande enceinte polygonale de 55 X 125 mètres, qui épouse les contours du rocher. Elle aurait entouré, selon des textes anciens, notamment dans un texte daté de 1402[4], une tour maîtresse rectangulaire, aujourd'hui rasée, située en face du « Vieux Logis », qui aurait été reliée à celui-ci par des galeries de bois. L'accès au château était commandé par un pont-levis qui enjambait le fossé, comblé aujourd'hui ; place actuelle. Autour de la cour s'élèvent divers bâtiments dont le plus ancien, au sud, du côté le plus vulnérable, est un « donjon » carré du XIIe siècle[4], dit « Tour de la Reine ».

Sur le front nord, deux tours dites de « Saint-Pierre » et de « Saint-Paul », du XIIIe siècle, encadrent le « Vieux Logis » des XIIIe et XIVe siècles. Toujours au nord, le « logis neuf » et le « logis Nemours » disposées de part et d'autre du « Vieux Logis », sont des créations du XVIe siècle. Au sud-est, la « Tour et le Logis Perrière » ont été bâties entre 1445 et 1487[4]. La « Tour » érigée en 1455[4] remplace l'ancien donjon alors en ruine. Le chemin de ronde a été refait au XVIe siècle. La porte de la herse est une restauration de la fin du XIXe siècle, entre 1868 et 1873.

la « Tour de la Reine[Note 3] »

Massive, haute de 38 m, de 16 m de côté avec des murs ayant une épaisseur de plus de 4 m, elle est dotée d'archères à ébrasement simple. Elle domine le front sud, qui est l'un des plus vulnérables. Son accès se faisait à 13 m de hauteur au niveau de la courtine. L'examen archéologique permet de distinguer deux phases de construction. La base aurait été édifiée dans la seconde moitié du XIIIe siècle, et les élévations, au siècle suivant, à la charnière des XIVe siècle et XVe siècle.

le « Vieux Logis »
Le Vieux Logis, flanqué à gauche du logis de Nemours et à droite du logis Neuf.

C'est un édifice rectangulaire de 29 x 15 m, la « Grande Salle », flanqué de deux tours, la « tour Saint-Pierre » et la « tour Saint-Paul », qui font face à la ville, et auquel est adossée une aile résidentielle au sud-ouest.

La « Grande Salle » abrite au rez-de-chaussée la salle aux quatorze colonnes, aménagée en 1340, qui fut salle du poêle « grand pèle », transformé en cellier en 1394 et dont on doit les aménagements actuels à Amédée VIII, en 1430. À l'étage, la salle d'apparat, « grande salle des fêtes » édifiée en 1333, communiquant avec les appartements, possède une cheminée refaite au XVIe siècle, ainsi qu'un plafond à caissons refait par Amédée VIII. Ce dernier y fit ajouter une grande vis. Cette salle fut dotée entre 1340 et 1345 de fenêtres à meneau et croisillon. À la charnière entre la « Grande Salle » et l'aile résidentielle, au centre de la façade, une tourelle contient un escalier à vis, « grand viret », datant de 1430.

La « tour Saint-Pierre », connue en 1753 sous le nom de « Tour des Princes », orientée au nord-ouest, fut érigée en 1430 à la place d'une tour plus ancienne appelée « Tour du Pommier ». Elle servit vraisemblablement à augmenter le potentiel résidentiel. Au XVe siècle, elle fut reliée à la grande salle et à la chambre ducale, et dotée d'un oratoire. C'est la seule tour du château d'Annecy qui ait conservé, au complet, ses créneaux et mâchicoulis.

La « tour Saint-Paul », datée de 1383, orientée au nord-ouest, mesure 25 m de haut. Au premier étage, on trouve une belle chambre à plafond du XVIe siècle. Amédée VIII fit placer en 1430 dans cette tour un miroir pour surveiller les ennemis, ce qui la fit nommer la « Tour du Miroir ».

L'aile résidentielle comprend, au rez-de-chaussée, au sud, une cuisine, refaite en 1340 et reconstruite au XVe siècle. Elle comporte deux cheminées gigantesques, dans l'une desquelles s'ouvre le four. À l'étage, on trouve la « chambre rouge », mentionnée en 1251 et une chambre de parement. Son arcade couvre un puits de 40 m de profondeur dont la présence est déjà mentionnée en 1428.

le « Logis Nemours »
Échauguette du logis Nemours.

On doit ce logis à Charlotte d'Orléans-Longueville, duchesse de Genevois-Nemours qui l'a fait rebâtir en 1545[Note 4]. Il est doté d'une échauguette. Pourvu de beaux appartements ; la pièce principale en étant la « chambre des cerfs ». Dans l'une de ces salles, l'on peut encore voir une frise peinte au sommet de ses murs et également des latrines à deux, voire trois places.

Le musée est installé dans le Logis Vieux et le Logis Nemours.

le « Logis Neuf »

Il est édifié en 1562 par le duc Jacques de Genevois-Nemours. Au premier étage on peut encore voir des plafonds datant de 1571. Ce logis a beaucoup souffert, il a entre autres été amputé de moitié pour aménager une terrasse au pied de la Tour Perrière.

la « Tour et le Logis Perrière »
Tour et Logis Perrière

L'élément majeur est sa tour haute de 33 m et de 12 m de côté. Le contrat de construction de la tour est passé en 1445 par le duc Louis Ier de Savoie, sur l'emplacement du donjon de l'ancien château, détruit par le feu. Cette tour fut nommée « Tour Nouvelle » en 1487, « Tour du Trésor » en 1565, « Tour du Gouvernement » au XVIIIe siècle, et enfin sous la Révolution « Tour de la Montagne », où elle servit de prison. Ses créneaux ont été détruits en 1758, lors d'un incendie. Un souterrain reliait cette tour avec une maison située côté Perrière. On en perd sa trace en 1673. Le logis, « logis du Gouvernement » au XVIIIe siècle, est accolé dans la deuxième moitié du XVe siècle par le comte Janus, pour y placer les services de la chambre des comtes. On y voit un reste de décor peint, ainsi que des dessins faits par les soldats, lorsque le château servit de caserne. Au rez-de-chaussée, on trouve une belle chambre du XVIe siècle. Une vis, à la charnière de la tour et du logis, permet de desservir l'ensemble des niveaux. Aux différents niveaux du logis, un mur de refend sépare l'espace en deux. Une grande vis est placée dans l'angle sud-est du logis. Dans la « Tour Perrière », qui domine le lac, on a aménagé dans l'épaisseur de la muraille le passage du chemin de ronde. La communication avec le logis a disparu.

Ils abritent l'Observatoire régional des lacs alpins.

la terrasse

Elle offre une vue en hauteur sur la vieille ville, ses ruelles étroites et ses toits entrelacés.

Complétait cet ensemble, dans la cour du château, une chapelle, qui fut détruite au milieu du XVIIIe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Accord conclu entre Guillaume II, comte de Genève et l'évêque de Genève, Aymon de Grandson.
  2. Cession du comté de Genevois au duché de Savoie.
  3. Avant le XVIIIe siècle « Grande Tour », puis « Tour du Trésor ».
  4. Les travaux se poursuivirent de 1553 à 1565.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France,‎ 1987, 1304 p. (ISBN 2865350703).
  • [Georges Chapier 2005] Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti »,‎ 2005, 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 303-308.
  • [Christian Regat - François Aubert 1999] Christian Regat et François Aubert, Châteaux de Haute-Savoie : Chablais, Faucigny, Genevois, Éditions Cabédita,‎ 1999, 193 p. (ISBN 978-2-8829-5117-5).
  • [Jean Mesqui 1997] Jean Mesqui, Châteaux forts et fortification en France, Paris, Éditions Flammarion,‎ 1997, 496 p. (ISBN 978-2-08012-271-1).
  • Elisabeth Sirot, Le château d'Annecy, Presses universitaires de Lyon, 1990.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]