Bouchon de bouteille

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Bouchon en liège pour vin d'appellation indiquant une « mise en bouteille à la propriété ».

Un bouchon est un accessoire fermant le volume de la bouteille pour éviter que le liquide contenu ne s'écoule ou ne s'évapore. 80 % des 16 milliards de bouchons produits chaque année sont en liège mais les bouchons à vis et les bouchons synthétiques prennent de plus en plus de place dans le marché mondial[1].

Les bouchons de champagne et de bière sont maintenus par un muselet et une capsule afin d'éviter que la pression interne de la bouteille ne les éjecte. Il en est de même pour le cidre, le vin mousseux.

Bouchons de liège[modifier | modifier le code]

Les bouchons de liège sont utilisés pour les bouteilles de vin, de vins de champagne, de cidre et de bière, mais aussi pour les bouchons à tête pour spiritueux (bouchons de liège naturel sur lequel est collée une tête réalisée dans un autre matériau  : plastique, bois, métal, porcelaine, etc.).

Il existe plusieurs types de bouchons de liège :

  • Pour le vin, on utilise de préférence des bouchons cylindriques pleins, c'est-à-dire composés de liège massif.
  • Pour les bouteilles de bière ou les vins tranquilles, les bouchons peuvent être de liège aggloméré, fabriqué à partir de fragments de liège provenant de chutes de fabrication, les granulés de liège auxquels on ajoute une colle polyuréthane alimentaire étant pressés puis extrudés sous forme de bâtons coupés à la longueur souhaitée puis adaptés et chanfreinés par ponçage au diamètre définitif[2].
  • Pour le champagne, le mousseux, la bière ou cidre, les bouchons sont constitués d'une base conique massive, surmontée d'une tête agglomérée (voir Bouchon de champagne).

Les bouchons de liège se recyclent. Planète liège offre aux associations comme Les Amis de Fambine (www.lesamisdefambine.fr) la possibilité de les collecter afin de les recycler au profit des habitants de l'île dont l'association s'occupe depuis plus de 10 ans.

Histoire[modifier | modifier le code]

Son usage était déjà connu des Grecs qui obstruaient les amphores avec du liège recouvert de plâtre ou de résine. Le bouchon de liège est ensuite éclipsé par une cheville de bois recouverte de tissu. Ce n'est que vers 1728 qu'il réapparaît au service des bouteilles de champagne. Le premier brevet du tire-bouchon, rendu nécessaire pour ouvrir les bouteilles ainsi bouchées, est déposé par Samuel Henshall en 1795[3].

En 2013 est recréé[4] un bouchon en liège (microgranulés agglomérés) ne nécessitant pas de tire-bouchon. Le bouchon adapté au filetage intérieur spécifique du goulot de la bouteille fait qu'on peut l'enlever et le remettre à volonté[5].

Propriétés[modifier | modifier le code]

Le liège est le matériau le plus communément utilisé pour les bouchons car il remplit plusieurs exigences. Il est étanche, souple et poreux à l'air. À la fois poumon et filtre, le bouchon de liège permet une circulation de gaz entre le vin et le milieu extérieur et assurerait, selon un mythe répandu, la micro-respiration du vin. Selon que cet échange est équilibré ou non, le vin vieillirait bien ou mal. Un bouchon court, poreux, permettrait des échanges faciles et activerait le vieillissement. Pour les grands vins que l'on veut conserver longtemps dans les meilleures conditions, on devrait employer des bouchons très longs, de première qualité. En réalité, le vin n’a pas besoin de cette micro-respiration par l'intermédiaire du bouchon pour bien évoluer par les processus d'oxydo-réduction. Les travaux de l’œnologue Émile Peynaud et du professeur Pascal Ribereau-Gayon ont montré dans les années 1960 que le vin évolue avec l’oxygène qu’il contient en lui (celui dissous dans l'alcool et celui contenu dans l'espace entre le haut du vin et le miroir du bouchon)[6].

Par contre, la souplesse est une qualité primordiale du bouchon de liège. Ainsi, après avoir été comprimé lors du bouchage, il doit « regonfler » pour obturer le goulot de façon bien étanche. Les bouchons de Champagne sont maintenus par un fils métallique appelé muselet et une capsule afin d'éviter que la pression interne de la bouteille ne les éjecte. Il en est de même pour la bière, le cidre, le vin mousseux[7].

Fabrication des bouchons de liège[modifier | modifier le code]

Planche de liège, avec un bouchon taillé à l'emporte-pièce.

Dimensions :

  • Le bouchon standard cylindrique présente, en France, des cotes de 49 ou 44 mm de longueur pour un diamètre de 24 mm après rectification. D'autres pays ont d'autres traditions ainsi en Italie on utilise communément des bouchons de 26 mm de diamètre qui garantissent une plus forte tenue dans le temps.

Après un tri sévère, on coupe les planches de liège en lanières de 47 à 48 mm de hauteur (pour fabriquer des bouchons de 45 mm). Grâce à un emporte-pièce, on va « tuber » (à 25 mm pour fabriquer des bouchons à 24 mm) dans ces lanières. Le volume du bouchon est créé.

Les bouchons sont alors traités pour être nettoyés. C'est aussi une opération délicate car il ne doit pas subsister de résidu du produit de nettoyage, sous peine d'apparition ultérieure de goût faisant penser au goût de bouchon. Les bouchons peuvent ensuite être marqués du millésime du vin et du nom du producteur, sans que ceci ne relève par ailleurs de la moindre obligation légale. Puis, recouverts de paraffine et de silicone avant que les bouteilles soient bouchées.

Le liège technologique[modifier | modifier le code]

Le Commissariat à l'énergie atomique a inventé une méthode afin de retirer le TCA (2,4,6-trichloroanisol) du liège et donc le risque de goût de bouchon du vin. Pour laver le TCA, ils utilisent du CO2 à l'état supercritique[8].

Bouchons synthetiques Vinova

Bouchons synthétiques[modifier | modifier le code]

Les bouchons de liège ont deux désavantages : le risque de contamination par le TCA et le risque de couleuses (bouteilles dont le bouchon fuit). Les bouchons synthétiques évitent ces problèmes en respectant la perméabilité à l’oxygène qui laisse vieillir le vin. Ces bouchons peuvent toutefois mener le vin à s'oxyder et à prendre un goût de pétrole après dix-huit mois. Ces bouchons sont recyclables. L'association 1 Bouchon : 1 Sourire les collecte afin de pouvoir les recycler au profit de personnes handicapées.

Les bouchons synthétiques extrudés ou coextrudés[modifier | modifier le code]

Les bouchons extrudés sont fabriqués comme un spaghetti de 22 mm de diamètre qui est ensuite coupé afin d'obtenir des bouchons de longueur standard (ex. de 37 mm ou 43 mm). Ce type de bouchon a une structure cellulaire proche de celle du liège, que l'on peut contrôler au microscope pour vérifier l'homogénéité des cellules. Les bouchons coextrudés ont une partie externe poreuse qui protège la structure cellulaire centrale et qui contribue à obtenir une élasticité parfaite. La technologie de l'extrusion permet d’obtenir des bouchons identiques. Par conséquence, la conservation du vin en bouteille est identique pour un même lot d’embouteillage. Une des matières premières utilisées pour la fabrication des bouchons coextrudés est le polyéthylène.

Les bouchons injectés[modifier | modifier le code]

Les bouchons injectés sont des mousses synthétiques coulées dans un moule, de ce fait ils ont une structure interne beaucoup moins homogène et les caractéristiques des bouchons sont beaucoup moins constantes qu'avec l'extrusion.

Les bouchons type vinova[modifier | modifier le code]

Ces bouchons mixtes sont une dernière évolution dans le monde des bouchons synthétiques. Ils combinent les avantages de l’extrusion avec une structure mousseuse régulière et de l’injection avec des extrémités fermées. De ce fait ils ont une structure cellulaire homogène, et ils ont des bouts fermés. La partie extrusion garantit la constance des paramètres de fabrication tout au long de la production. Le moulage assure des dimensions précises et un chanfrein.

Autres matériaux[modifier | modifier le code]

Le vigneron peut utiliser un obturateur alternatif de bouteille de vin (en) :

Bouchons de verre[modifier | modifier le code]

C'est un cylindre de verre, cette méthode est souvent utilisée en chimie. Un anneau d'étanchéité en plastique permet le maintien du bouchon. Il s'appelle « Vini-Lok »[9], du groupe allemand Alcoa.

La capsule[modifier | modifier le code]

Certains producteurs abandonnent l'embouteillage par bouchon en faveur de capsules vissées ou capsule couronne pour la bière, des cidres et certains vins pétillants (notamment la deuxième fermentation des champagnes). Rappelons que les premières capsules vissées avaient une étanchéité faite d'une rondelle de liège.

Économie[modifier | modifier le code]

Le principal producteur et exportateur mondial de produits en liège est le Portugal dont l'industrie emploie directement près de 13 000 personnes et 12 000 dans le transport et la récolte saisonnière. Le Portugal produit 50% du liège dans le monde, devant l'Espagne 30%[10].

Le principal producteur mondial de bouchons de liège (bouchons pour vins tranquilles, vins effervescents et bouchons à tête pour spiritueux) est la société Corticeira Amorim (pt) (Portugal, fondée en 1870) qui, avec 3 500 employés et 295 millions d'euros de chiffre d'affaires, détient une part de marché mondiale de 25 %[1], comme sa part de marché en France (600 millions sur les 2.4 milliards de bouchons de liège)[11].

Le principal producteur français est la société Oeneo, après sa reprise du groupe Sabaté. Le bouchonnier français qui propose la plus large gamme de bouchon de liège est la société Bourasse[12].

Écrins de Bouchons en inox

Collection[modifier | modifier le code]

Les collectionneurs de bouchon se nomment des Buttappoenophiles. L' « Écrin de Bouchon » est un objet de luxe permettant à son possesseur de conserver, d'exposer ou d'offrir le bouchon d'une bouteille de vin exceptionnelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Office Européen des Brevets, « Amorim dope le liège de 40 à 85 % en volume », sur Les Échos,‎ 15 mai 2013
  2. Le bouchon sur Ecce Vino
  3. Michèle Barrière, « Le bouchon », Historia,‎ novembre 2011, p. 24 (ISSN 0750-0475)
  4. Les producteurs d'eau de vie ont déjà utilisé ce procédé sur leurs bouteilles en grès.
  5. « Helix, un nouveau bouchon liège présenté à Vinexpo », sur Sud Ouest,‎ 18 juin 2013
  6. Revue des œnologues et des techniques vitivinicoles et œnologiques, Bourgogne-Publications,‎ 2004, p. 58
  7. Pascale Scheromm, Quand le raisin se fait vin, Éditions Quae,‎ 2011, p. 146
  8. « La guerre des bouchons », Stéphanie Bellin, Science et Vie no 1068, septembre 2006
  9. Domaine Julien Meyer : Vini-Lok - Blog OenoPhil
  10. (en) Peter Wise, « The cork industry : Search for export life after ‘great bottle stopper’ debate », sur ft.com,‎ 14 juillet 2010
  11. Teddy Follenfant, « Label EcoBouchon : Amorim France recycle et redonne vie à vos bouchons de liège », sur neo-planete.com,‎ 16 mars 2012
  12. Site des bouchons Bourasse

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]