Effet de la bière sur la santé

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L'effet de la bière sur la santé est une thématique similaire à celle de l'œnothérapie depuis qu'Hippocrate affirma qu'une consommation modérée et régulière de vin avait des effets positifs sur la santé. De nombreuses études tendent à montrer les bienfaits d'une telle consommation de bière (sans pouvoir toujours l'expliquer), en dépit de la présence d'alcool, dont la surconsommation engendre des troubles, voire des risques majeurs pour la santé. Sans être une panacée, la bière semble ainsi prévenir les affections du cœur, de la circulation sanguine, certaines formes de cancer et réduire le risque de mortalité. Toutefois, s'il vaut mieux boire une ou deux bières que pas de bière, il est déconseillé d’en absorber plus de trois quotidiennement selon le consensus général. La bière, nommée aussi pain liquide par les anciens, apporte aussi nombre de constituants nutritifs non négligeables (glucides, aminoacides, minéraux et vitamines).

Histoire[modifier | modifier le code]

Allocation de bière en 3000 av. J.-C.

En Égypte ancienne, les femmes utilisaient la bière à des fins cosmétiques ou dermatologiques (cette tradition est toujours vivante en République tchèque sous forme de bain de bière).

En Grèce antique, Hippocrate utilisait la bière pour faciliter la diurèse et combattre la fièvre. Arétée la conseillait en cas de diabète et de migraine.

Au Moyen Âge, elle stimulait l’humeur et l’appétit, et calmait (favorisant le sommeil). La bière remplaçait aussi avantageusement l'eau souvent contaminée en ce temps, car les substances infectieuses étaient détruites lors du brassage.

Au XIXe siècle, la bière était encore fabriquée et vendue en pharmacie, additionnée de plantes aux vertus diverses (le gruit)[1].

Au XXe siècle la médecine a dénoncé les conséquences nocives de l’abus d’alcool et les médicaments ont remplacé l’alcool en tant que remède.

Effets positifs de la bière sur la santé[modifier | modifier le code]

La bière aurait des effets bénéfiques pour le sommeil, le cœur, les os, les reins, et elle préviendrait aussi nombre de cancers ainsi que la sénilité[2].

La consommation idéale se situe à deux demis (50 cl) par jour en moyenne pour les femmes et trois (75 cl) pour les hommes. Toutefois il existe des variations selon l'âge, le sexe, le pays, l'alimentation :

  • Seuil à deux consommations par jour[3]
  • Seuil à 3 consommations par jour[4]
  • Seuil à 4 consommations par jour[5]
  • Seuil à 6 consommations par jour[6]

Conjuguée à une mauvaise alimentation, une consommation d’alcool de plus de 80 grammes par jour (6 à 8 verres ou deux litres de bière) peut déboucher sur une cirrhose du foie, un cancer de l’œsophage, de l’estomac ou du foie, une fatigue, des difficultés de concentration, des accidents de la circulation et du travail… Selon une autre étude, le risque de cancer lié à la consommation de bière augmente significativement à partir d'un demi par jour[7].

Nutrition[modifier | modifier le code]

La bière contient nombre de composants (vitamines, oligo-éléments, glucides, etc.) pouvant contribuer au bol alimentaire quotidien.

Sommeil[modifier | modifier le code]

Le houblon contient de la lupuline, qui aurait des propriétés calmantes et antidépressives (vérifiées chez la souris)[8]. Au Moyen Âge, on utilisait la bière et le houblon pour améliorer l’humeur et le sommeil en utilisant des oreillers garnis de la plante.

Lactation[modifier | modifier le code]

Cet effet serait dû à l'action des polysaccharides de l'orge, qui favoriseraient la lactation mais qui sont indépendants de l'alcool[9]) On peut donc tout aussi bien consommer de la bière sans alcool, évitant par-là même les risques liés à la consommation d'alcool.

Traditionnellement, les sages-femmes recommandent la consommation modérée de bière de table ou de bière brune à faible taux d'alcool car outre l'apport en liquide important, elle augmente le taux de vitamine B et son effet relaxant assure une meilleure montée du lait.

Attention ! Une autre étude réalisée à Philadelphie aux États-Unis, a montré que la consommation d'alcool pendant l'allaitement, provoquait un transfert de l'alcool dans le lait maternel, qui en contient autant que le sang, et donc une consommation d'alcool par l'enfant, pouvant provoquer chez lui des troubles moteurs[10].

Diurèse[modifier | modifier le code]

Les résines de houblon pourraient stimuler le fonctionnement des reins, facilitant l'élimination de l'excédent d'eau, des toxines et des déchets retenus dans le corps[réf. nécessaire]. La bière contient beaucoup d'eau (90 %), ce qui décuple son effet diurétique et l'alcool diminue par ailleurs la production d'ADH ou vasopressine, hormone antidiurétique empêchant l'élimination de l'eau.

Calculs biliaires et rénaux[modifier | modifier le code]

Une étude française a démontré que les buveurs modérés de bière encouraient moins de risque d'avoir de tels désagréments[11].

Ulcères gastriques[modifier | modifier le code]

Une étude allemande a mis en évidence le rôle protecteur d'une consommation modérée d'alcool contre les bactéries responsables des ulcères gastriques[11].

Affections cardiaques[modifier | modifier le code]

L'éthanol (alcool présent dans les boissons alcoolisées) diminuerait le « mauvais cholestérol » et favoriserait la production du « bon cholestérol », minorant ainsi les risques d'infarctus et de maladies cardiovasculaires[12]. Une recherche sur presque 500 000 hommes d’un âge moyen de 56 ans confirme ce fait[13]. Le risque semble diminuer de 30 à 60 % en fonction de la population examinée.

L’alcool influence la coagulation en diminuant la concentration de fibrinogènes, qui favorisent la formation de caillots de sang (thrombose) et d’obstruction des artères coronaires. Cet effet est limité car une consommation de 10 grammes d’alcool par jour est nécessaire pour réduire de 4 % ce risque[14].

L’homocystéine est un aminoacide présent dans la circulation sanguine. Lorsque sa concentration augmente, on constate un accroissement des risques de maladies cardiovasculaires. Or ce risque apparaît surtout chez des personnes qui souffrent d’une carence en vitamines B6, acide folique[15] et vitamines B12[réf. nécessaire] ; or la bière est riche en vitamines de ce type[évasif].

Une étude réalisée en République tchèque en 2000, a démontré que la consommation régulière et modérée de bière pourrait avoir des effets protecteurs sur le cœur[16]. Elle a prouvé que ceux qui avaient consommé de la bière (pas plus de 3 demis - 75 cl - par jour) avaient un risque d'attaque inférieur à celui des abstinents. Elle a aussi montré que les effets protecteurs étaient nuls chez les individus qui consommaient en excès.

Par ailleurs, les consommateurs modérés de bière (et de vin) souffrent moins d’hypertension artérielle et d'infarctus du myocarde que les buveurs réguliers de boissons spiritueuses[17]. Boire modérément de la bière serait plus favorable au niveau du cœur et des vaisseaux sanguins que boire du vin dans les mêmes proportions[18]. Cet effet bénéfique serait doublé avec la bière sans alcool[19].

Ostéoporose[modifier | modifier le code]

La bière est riche en silicium (comme le montre une étude réalisée par le Department of Food & Technologie de l'université de Californie en 2009), qui accroît le développement des tissus osseux, et qui permettrait de prévenir certaines maladies comme l'ostéoporose[20]. Elle contient également des phytoestrogènes (hormones végétales) qui pourraient avoir les mêmes effets. Les bières fabriquées avec du malt d'orge auraient une teneur en silicium plus importante que celles faites avec du malt de blé. Une autre étude, réalisée en Californie en 2009, sur un groupe de femmes âgées en moyenne de 43 ans, a montré que celles consommant de la bière avaient les os les plus denses.

Diabète[modifier | modifier le code]

Le diabète de type 2 (qui survient après 45 ans, dit « diabète de l'âge mûr ») se caractérise par un accroissement du risque cardiovasculaire. Or, la bière pourrait avoir des vertus contre les maladies cardiovasculaires. Bien que les études soient encore rares, il semble que la consommation modérée d'alcool réduise le risque de développer un diabète[21]. De plus, selon le Dr Ivo De Leeuw, professeur belge spécialiste du diabète : les personnes diabétiques qui boivent quelques verres d'une boisson alcoolisée par jour réduisent leur risque de décès prématuré pour cause d'affection cardiaque.[22]

Une recherche récente sur les effets de l’alcool sur la mortalité suite à des affections cardiaques chez des diabétiques non insulino-dépendant (du type 2) démontre que suite à l’augmentation rapide du taux de sucre dans leur sang, les patients courent un risque accru d'hypoglycémie et de rétrécissements au niveau des artères coronaires, parfois suivis d’affections cardiaques fatales. Il s’avère que les diabétiques qui consommeraient moins de deux verres de boissons alcoolisées par jour devraient faire face à des risques moindres de mortalité prématurée suite à des affections cardiaques en comparaison à des personnes diabétiques qui ne boivent pas du tout[23].

Par ailleurs selon le Dr Trolle, la simple consommation d'un verre de bière n'influe pas sur le régime calorique d'un diabétique[24].

Cancers[modifier | modifier le code]

La bière contient des composants ayant des propriétés antitumorales in vitro, dont des antioxydants et des flavonoïdes (qui font partie des phytoestrogènes) comme le xanthohumol et l'isoxanthohumol[25]. Un régime riche en phytoestrogènes protègerait contre divers cancers (du sein[26], de l'endomètre[27], de la prostate[28]) et contre les maladies cardiovasculaires[réf. nécessaire] et tout en minimisant les désagréments liés à la ménopause[réf. nécessaire].

La consommation d’alcool peut augmenter le risque de cancer du sein, ce qui relativise l’effet favorable sur le cœur et les vaisseaux sanguins, comme indiqué par une enquête sur 85 000 femmes âgées de 34 à 59 ans[29].

Enfin, une étude japonaise a montré un lien entre la prévention du cancer et la consommation de bière sans alcool chez les souris[30].

Toutefois, de nombreux autres travaux démontrent aussi que l'alcoolisme augmente les risques tumoraux. La consommation excessive d'alcool est connue par ailleurs pour accroître les risques de tumeur de l'oesophage, de l'estomac du foie et du sein[31]. Des études récentes faites par l'Institut National du Cancer affirment même qu'un seul verre de bière pris quotidiennement augmente considérablement les risques de cancer de la bouche, du pharynx et du larynx[32],[33].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La renaissance de la cervoise de gruit
  2. (en) M. H. Stampfer, J. H. Kang, J. Chen, R. Cherry, F. Grodstein, Effects of moderate alcohol consumption on cognitive function in women, N Engl J Med. 352 (3): 245–53, 2005.
  3. (en) MH Crique, Lipoproteines as mediators for the effects of alcohol consumption and cigarette smoking on cardiovascular mortality. Results from the Lipid Research Clinics Follow-up Study, Am. Journal of Epidemiology, 1987;126:629-37.
  4. (en) K Yano, Coffee, alcohol and risk of coronary heart disease among Japanese men living in Hawaii, New Engl Journal of Med, 1977;297:405-409.
  5. (en) P Boffetta, Alcohol drinking and mortality among men enrolled in an American Cancer Society prospective study, Epidemiology, 1990; 1:342-348.
  6. (en) Klatsky, Alcohol and mortality, a ten year Kaiser-Permanence expiricience, Ann Intern Med, 1981;95:139-45.
  7. Recherche menée par la Pre Andrea Benedetti, de l'Université McGill, la Pre Marie-Élise Parent, de l'INRS-Institut Armand Frappier, et le Pr Jack Siemiatycki, de l'Université de Montréal, en 2009
  8. Paul Goetz, Phytothérapie, la santé par les plantes, Vidal, 2007.
  9. (en) B. Koletzko, F. Lehner, Dr. von Haunersches, Beer and breastfeeding, University of Munich, Germany. Adv Exp Med Biol., 2000.
  10. (en) Mennella J. Monell, Alcohol's effect on lactation., Alcohol Res Health. 2001, Philadelphia, Pennsylvania, États-Unis.
  11. a et b Dossier de presse Beer & Society Info Center - fev. 2003.pdf
  12. (en) Vladimir A. Daragan, Alexei M. Voloshin, Svetlana V. Chochina, Teodor N. Khazanovich, W. Gibson Wood, Nicolai A. Avdulov and Kevin H. Mayo, Specific Binding of Ethanol to Cholesterol in Organic Solvents, Biophysical Journal, Volume 79, Issue 1, 2000, p 406-415, & M. H. Crique, Lipoproteines as mediators for the effects of alcohol consumption and cigarette smoking on cardiovascular mortality results from the Lipid Research Clinics follow up Study, Am. J. Epidemiology, 1987;126:629-637.
  13. (en) N Engl J Med 1997;337:1705-14, & R. D. Langer, Lipoproteines and blood pressure as biological pathways for effects of moderate alcohol consumption on coronary heart disease, Circulation, 1992;85:910-915.
  14. (en) S. Renaud, Lancet, 1992;339:1523-1526, & H. Hendrickx, Effects of moderate dose of alcohol with evening meal on fibrinolytic factors, British Medical Journal, 1994;308:1003-1006.
  15. (en) E. B. Rimm, Folate and vitamin B6 from diet and supplements in relation to risk of coronary heart disease among women, JAMA, 1998;279:359-364.
  16. (en) Samánek M, Cas Lek Cesk, Does moderate alcohol drinking decrease the incidence and mortality rate in ischemic heart disease?, 2000.
  17. (en) S.P. Chou, Alcoholic Beverage Preferance and Risks of Alcohol-Related Medical Consequences: a preliminary report from the National Longitudinal Alcohol Epidemiologic Survey, Alcohol Clinical & Experimental Research, 1998, vol.22, nr.7, & L. M. Hines, M. J. Stampfer, J. Ma, Genetic variation in alcohol dehydrogenase and the beneficial effect of moderate alcohol consumption on myocardial infarction, N Engl J Med. 344 (8): 549–55, 2001.
  18. (en) U. Keil, The Relation of alcohol intake to coronary heart disease and all-cause mortality in a beer-drinking population, Epidemiology, 1997, & K. J. Mukamal, K. M. Conigrave, M. A. Mittleman, Roles of drinking pattern and type of alcohol consumed in coronary heart disease in men, N Engl J Med. 348 (2): 109–18, 2003.
  19. (en) Double benefit from alcohol-free beer, Food Navigator, 17 May 2005.
  20. (en) Juan D. Pedrera-Zamorano, Jesus M. Lavado-Garcia, Raul Roncero-Martin, Julian F. Calderon-Garcia, Trinidad Rodriguez-Dominguez, Maria L. Canal-Macias, Effect of beer drinking on ultrasound bone mass in women, Nutrition 2009, vol. 25, n° 10, pp. 1057-1063
  21. (en)I.J. Perry, Prospective study of risk factors for the development of non-insulin-dependent diabetes in middle age British men, British Medical Journal, 1995, p. 310.
  22. Interview sur Vivat.be, 2009.
  23. JAMA 1999.
  24. Jean-Jacques De Blauwe, La bière, un atout pour la santé, Éditions Ellbore, Paris.
  25. (en) Clarissa Gerhäuser, Andreas Gescher, Beer constituents as potential cancer chemopreventive agents, European journal of cancer (1990) A. 2005, vol. 41, n° 13, pp. 1941-1954.
  26. (en)) D. Ingram, Case-control study of phyto-oestrogens and breast cancer, Lancet 1997.
  27. (en) M. T. Goodman, Association of soy and fiber consumption with the risk of endometrial cancer, Am. J. Epidemiol, 1997.
  28. (en) F. O. Stephens, Phyto-oestrogens and prostate cancer: possible preventive role, Med. J. Aust. 1997.
  29. (en)N Engl J Med 1997;337:1705-14
  30. (en) Non-alcoholic beer may help mice fight cancer, Reuters, 21 January 2005.
  31. (en) Li Yan, David Baer, Gary D. Friedman, Natalia Udaltsova, Veronica Shim, Arthur L. Klatsky, Wine, liquor, beer and risk of breast cancer in a large population, European journal of cancer (1990) A. 2009, vol. 45, n° 5, pp. 843-850. & Journal of the National Cancer Institute, 2009; 101 (5)
  32. http://sante.lefigaro.fr/actualite/2009/02/18/9432-seul-verre-dalcool-augmente-risque-cancer
  33. http://www.e-cancer.fr/prevention/alcool/espace-grand-public

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]