Nicolas Béhuchet

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Nicolas ou (Colin) Beuchet ou Béhuchet était un financier et un amiral français du XIVe siècle, né en 1288 et mort exécuté le 24 juin 1340.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un financier au service des Valois[modifier | modifier le code]

Bourgeois originaire du Mans, Béhuchet est dès les années 1310 un agent financier de Charles de Valois. En 1314, il donne sa procuration à l'un de ses concitoyens manceaux pour régler un différend avec ce prince. Il travaille surtout pour le fils de celui-ci, Philippe de Valois, comte du Mans. Il est principalement percepteur de ce dernier mais opère aussi certains versements.

Devenu roi en 1328, Philippe de Valois nomme Béhuchet « maître de ses eaux et forêts ». La même année, il joue un rôle dans l'organisation des garnisons en Flandre. Il est anobli comme chevalier en septembre 1328 et, maître à la Chambre des comptes, s'occupe de fiscalité et de négociations financières. Il dirige notamment la ferme de la taxe de quatre deniers par livre pour les marchandises sortant du royaume. En 1331, Béhuchet devient trésorier du roi, charge qu'il occupe quelques années.

Ce bourgeois ambitieux parvient même, mésalliance rare à l'époque, à épouser une descendante de Louis VI en la personne de Philippa de Dreux, dame de Châteauneuf, issue des vicomtes de Beu, branche cadette de la Maison capétienne de Dreux.

Commandant de la flotte française[modifier | modifier le code]

Malgré sa méconnaissance de la guerre maritime, Nicolas Béhuchet est placé au début de la guerre de Cent Ans à la tête d'escadres françaises en tant que « capitaine général de l'armée de mer ». Avec ses navires, il effectue plusieurs raids sur les côtes anglaises en raison du conflit franco-anglais lié à la succession pour la Couronne de France.

En effet, le roi Édouard III d'Angleterre, Petit-fils de Philippe le Bel, est évincé de la succession de France en 1328. Ceci se fonde sur un choix fait lors de la succession de Louis X de France en 1316. Dénonçant ce fait, il part en campagne militaire pour obtenir la Couronne de France, entraînant dans cette quête une nouvelle guerre franco-anglaise.

Il lance des attaques navales contre l'île de Jersey qu'il ne parvient pas à conquérir en raison de la résistance des Jersais commandés par le seigneur Renaud V de Carteret et son aide de camp le gardien des îles Anglo-Normandes Drouet de Barentin qui fut tué au château de Mont-Orgueil et auquel Renaud V succéda comme gardien de l'île de Jersey. Renaud V réussit à sauvegarder l'île de Jersey des forces françaises.

Contrairement à sa voisine, l'île de Guernesey fut conquise et occupée par les troupes françaises qui débarquèrent sous le commandement de Béhuchet.

Le 24 mars 1338, ses navires incendièrent et pillent Portsmouth.

Le 23 septembre 1338, il remporte avec Hugues Quieret la bataille d'Arnemuiden, à l'issue de laquelle il fait massacrer les prisonniers anglais.

Bataille de l'Écluse[modifier | modifier le code]

La bataille de l'Ecluse, en 1340, lors de laquelle Nicolas Béhuchet trouva la mort.

En 1340, Béhuchet est choisi par le roi avec Quieret pour commander la flotte française et empêcher le débarquement de l'armée d'Édouard III près de l'Écluse. Les deux commandants décident de transformer la flotte en « barricade » afin de stopper la flotte anglaise. Mais le 24 juin, celle-ci anéantit les navires français tandis qu'un très grand nombre de marins, privés d'échappatoire, périssent noyés.

Pris par l'ennemi, Béhuchet est pendu sur-le-champ à cause de la cruauté dont il a fait preuve à Arnemuiden.

Descendance[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, les descendants sont la famille Beuchet qui compte quelques 300 personnes en France. Parmi les plus connus demeure Joseph Beuchet (né en 1904) et Joseph Beuchet fils (né en 1930) qui se sont succédé à la tête de la manufacture d'orgues Beuchet-Debierre à Nantes. L'entreprise familiale ferma en 1980. Par l'alliance de leur ancêtre Nicolas avec Philippa de Dreux, la famille conserve encore par droit de sang, le titre de Seigneur de Musy, même si, depuis l'abolition des privilèges à la Révolution Française, ce titre de noblesse ne vaut plus grand chose à notre époque.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • Raymond Cazelles, La Société politique et la crise de la royauté sous Philippe de Valois, Bibliothèque elzévirienne, Paris, 1958